‹ L'action françaiseChapitre 35 sur 189 · UNE LETTRE DE M. D£ MAHY · texte numérisé non relu

UNE LETTRE DE M. D£ MAHY

« par la persuasion seulcy laquelle implia querait une certaine ruse^ a quelque chose « de chimérique » . Et sans plus de cérémonie, sans prendre la peine de nous faire connaître ce qu'il faudrait en outre de la persuasion et de la ruse, vous nous montrez le résultat: « le pouvoir intelligent dlun « homme qui demanderait au suffrage uni- « verselsa sanction après avoir reconstitué « V État/.. y car le suffrage universel, exa pression très confuse et très inadéquate, a mais imposante, des désirs d'une grosse <c fraction du peuple de France, pourrait « servir à la rigueur^ et en raison même de <c ce qu'il implique d^ inconscience et de « hasard^ adonner poids et force défait ».

Quelle pure et saine origine, et quel noble fruit, un pouvoir escamoté, gagné par surprise, couvé par le mensonge et la ruse, éclos dans la violence et le coup d'Etat, baigné de sang, et couronné d'une pharisaïque consultation du suffrage universel, dûment adultéré !

Il y a un an, mon cher ami, que vous avez tracé ce programme. L'épreuve s'en poursuit. Pour le mener à perfection et traiter le peuple français avec ce dédain transcendant, il n'y a pas besoin de la Ligue de la Patrie, ni de VAction française, ni du parti nationaliste. Le cabinet Waldeck suffira.

Indigné à juste titredes abominations sous lesquelles la République risque de succomber, vous la confondez avec les auteurs du mal dont elle souffre et c'est elle que vous tuez, sans que votre système puisse toucher aux parasites qui la dévorent et sans prendre garde qu'aussitôt la République jetée par terre, les mêmes parasites s'abattront sur le régime nouveau où ils pulluleront et multiplieront à merveille. Ils ont survécu à tous les régimes précédents, royautés et empires, qu'ils ont ruinés; ils survivront à la République et je les vois entourer le pouvoir intelligent de l'homme qui aura su, avec votre aide, étrangler la République. Soyez tranquille, cet homme intelligent le sera assez pour s'entendre avec ces puissances. Leur sourire à son berceau lui semblera la meilleure aubaine du monde et l'aidera à jouer la comédie d'un libre vœu du suffrage universel.

En atteignant comme vous le faites la République tout court à travers la République parlementaire, vous commettez le même paralogisme, la môme injustice que les détracteurs de notre pays qui imputent au pays, à la race, à la nation, au peuple français les méfaits des parasites introduits chez

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nous. Voyez leurs écrits, en France et à Tétranger, leur Jangage, non pas d'aujourd'hui seulement, mais de longue date, avant la République. Ils parlent de la France comme vous parlez de la République. Ils veulent la mort de la France comme vous voulez la mort de la République. Mais non! vous n'avez pas ce noir dessein. Alors, cher ami, n'écrasons pas T Amateur des jardins pour le débarrasser de la méchante mouche qui le tourmente.

Certes, nous autres^ peuple français, nous ne sommes pas sans reproche. Nous avons eu le tort grave, bientôt irréparable si nous nous obstinons encore à ne pas vouloir nous en rendre compte et y couper court, nous avons commis la faute de nous laisser progressivement envahir et pénétrer par le parasitisme cosmopolite, bien avant que la République ne fût née. Celle-ci, généreuse et confiante, et d'ailleurs aux prises avec les difficultés quasi surhumaines léguées par son devancier, n'a pas fait le suprême effort quMl eût fallu pour rejeter le dissolvant. Elle fut, de ce fait, coupable d'imprévoyance, à un degré infiniment moindre toutefois que la Royauté de Louis-Philippe et l'Empire de Napoléon III. Sous le règne de ce dernier surtout, le parasitisme anglo-germanique nous avait pénétrés jusqu'aux moelles, rencontrant chez nous, dans l'or-

ganisaiion bientôt séculaire de nos sociétés bibliques et évangéliques, subventionnées par la grande société mère d'outre-Manche, un allié très fort, très considéré, sous couleur de liberté religieuse et de solidarité confessionnelle. La chose en est au point, maintenant, que si la République, en qui s'incarne la nation après la faillite de tous les autres régimes, ne se purge pas de ces parasites en les expulsant et en matant leurs suppôts chez-nous, la République et la nation périront ensemble.

Vous semblez attribuer « V explosion de dégoût et dliameuv proi'oquée par VignO' minie du dreyfusisme à je ne sais quel besoin trop longtemps déçu d'être gouvernés.., »

Gouvernés ! nous ne le sommes que trop en vérité. Notre gouvernement est gouverné par une caste qui se qualifie d'iNTELLECTUELs, ostensiblement dominée par les agents de l'étranger . Notre classe dirigeante, en grande partie, est dirigée par ces influences, coalisées avec la haute banque internationale, juive ou méthodiste. Et nous, peuple frant^'ais, nous succombons sous le poids de ces gouvernements superposés, plus arbitraires les uns que les autres, et vous ne vous

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