‹ L'action françaiseChapitre 4 sur 189 · FINIS EXERCITUS · texte numérisé non relu

FINIS EXERCITUS

J'ai montré que le livre de Barrés : V Appel au 9oîdat^ constituait une véritable étape de rinlelligence française vers sa victoire sur le cosmopolitisme. Ce livre explique en effet à notre entendement notre décadence militaire et, comme conséquence, la perte de notre influence dans les affaires extérieures.

L'article de la Xovoie Vremia^ dont toute la presse s'occupe en ce moment, vient encore renforcer cette opinion, à savoir que la culture de l'esprit militaire, le maintien de la discipline, donc la sécurité nationale, ont été rendus impossibles le jour où il ne fut plus possible à Boulanger de trouver une combinaison de couloirs gui tût garanti Vinamovihilité du ministre de la guerre et son indépendance technique.

L'intrusion de la politique dans l'armée étant devenue habituelle, le sentiment de la solidarité militaire disparut par suite, pour faire place auk sales combinaisons politiques, aux petits calculs personnels. Les divers généraux successivement nommés ministres grâce à la politique finirent par s'en dégoûter, et le général de Galliffet lui-même» qui avait poussé la complaisance, et aussi les ressentiments personnels, jusqu'à désorganiser le conseil supérieur de la

guerre, fut écœuré du métier qu'on lui faisait faire.

Avec le F .*. André, les conditions delà lutte se sont précisées. Ce qui est à proprement parler Tarmée active, c'est-à-dire la force dont les principes, les moyens et le but particuliers sont opposés — et même contradictoires — aux principes, aux moyens et au but de Tétat social vers lequel tend l'individualisme plus ou moins anarchique de la majorité, l'armée active est condamnée à périr : chacune des manifestations de l'esprit et de l'honneur militaires, révoltés par les abus du pouvoir civil, est réprimée.

J'ai estimé que le commandant Guignet, pourtant innocent de la publication de certaines pièces par le Petit Journal^ n'en avait pas moins failli aux règlements en montrant ces pièces — qui intéressaient la défense de l'armée — à un tiers, mais je l'ai félicité, parce que le mobile de cette faute, le sentiment de la solidarité, était noble, et était à la base même deTespnt militaire.

J'ai pensé de même à l'égard du capitaine Fritsch, lorsqu'il ne tint pas compte de la mauvaise volonté du ministre de la guerre de GallifTet à défendre l'honneur et l'existence même de l'armée.

Aujourd'hui le capitaine Fritsch attend vainement des juges.

Aujourd'hui le commandant Guignet est de nouveau victime d'un abus du pouvoir civil, représenté, en Tespèce, par le ministre de la guerre.

Le commandant Guignet avait découvert des

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