‹ L'action françaiseChapitre 5 sur 189 · FINIS EXERCITUS · texte numérisé non relu

FINIS EXERCITUS

faux. Qui ne se souvient du soin qu'il mit à classer les pièces du dossier comme authentiques, douteuses ou fausses? Il fut même blâmé de cela par quelques-uns des nôtres qui eussent désiré, (la trahison de Dreyfus étant suffisamment démontrée], ne pas voir s'ouvrir des discussions à côté. Gomme il le dit dans sa lettre au Ministre, il a pu découvrir des faux, il n*en a pas commis; diffamé par une certaine presse, il veut se défendre, et il en rend compte au Ministre, qui a autorisé les officiers à s'adresser directement à lui.

Hier, les dreyfusards lui avaient/aiY son portemonnaie en le mettant en non-activité, parce qu'il avait dit que Delcassé était un menteur^ parce qu'il était prêt à déclarer que ce même Delcassè avait fabriqué ou fait fabriquer le document frauduleusefnent qualifié « Décalque de la dépêche Panizzardi ».

Aujourd'hui, le F.'. André lui enlève la liberté, parce que, sans doute, il craint que la patience de Tofficier soit à bout, et que l'heure soit proche où les turlupinades du Siècle et de V Aurore sur ce qu'ils appellent le dossier ultra secret soient dévoilées par le récit des entrevues clandestines de Reinach et de Trarieux avec Tornielli.

Véritablement, ces gens-là tendent le dos, et on les croirait bien botes si on ne les savait pas de si mauvaise foi. Déjà nous avons extrait du dossier Trarieux une pauvre petite pièce, en publiant, le 1^' avril, Tarticle De V Amnistie du complot Éeinachiste et de V exacte intention gouvernementale^ qui a eu, même à l'étranger, une immense publicité. M. Trarieux a peur de voir

déballer ce dossier. Il s*est Daturellement imaginé que Tauteur était le commandant Cuignet, qui doit en savoir long sur son compte. De là, sa colère, contre lui ; de là, l'ordre intimé au F.*. André, par la plus internationale des francmaçonneries, de mettre cet incorruptible témoin (1) dans l'incapacité de nuire.

Déjà, malgré la Constitution, en dépit des lois, le F.'. André avait bouleversé le haut commandement et détruit Tœuvre du général de Miribel. Il manque aujourd'hui au règlementque lui-même avait élaboré lorsqu'il avait autorisé les otïiciers à s'adresser directement à lui.

Tel est son bon plaisir.

Quels sont donc ces républicains qui soutiennent ce ministre de malheur?

Quand je pense que M. Waldeck-Rousseau, à Lyon, a déclaré que le Président de la République avait sur la marche des affaires une influence décisive, involontairement mes yeux se portent sur le dessin de Forain à propos de

l'enquête sur la monarchie Je comprends

alors, sans les approuver, ceux qui songent à cet expédien t pour sortir du cloaque, ne serait ce qu'un moment, pour respirer.

J. Caplain-Cortambert.

(1) On sait qa'ane enveloppe contenant des billets de banque fut ofterte au commandant Cuignet et refusée par lui, lorsqu'il fit une demande de réintégration dans les cadres.

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DEE YFUSIENNES

Le ministère a résolu de mettre inflexiblement en œuvre le mot de 9 on chef : // rCy a plus d'affaire Dreyfus. Il en résulte naturellement, comme quand Méline eût dit, du haut de la tribune : // n*y a pas (Paffaire Dreyfus^ que l'affaire Dreyfus occupe tout le monde et qu'on ne parle plus que d'elle.

Francis de Passe ensâ {Aurore du 25 décembre 1900).

L amoistie est faite. Les dreyfusiens recommencent donc une série nouvelle. L'heure est venue de dresser avec précision le tableau de leurs entreprises contre la paix publique, contre la justice, contre la loi et contre l'Etat. Quelque fastidieuse que paraisse cetle besogne, elle est nécessaire. On les connaîtra mieux, peut-être les comprendra- l-on quand on aura vu la suite de leurs intrigues.

Us ont été les maîtres du pouvoir dès septembre 1898. Mais Ton se tromperait si Ton supposait que dès lors ils n'ont cessé de triompher. La vérité est toute différente: ils se sont heurtés quotidiennement à une infinité d'obstacles, ils ont subi mille revers ; bien loin que la fatalité fût pour eux, comme on Ta écrit, ils ont dû la combattre ou, pour user d*un vocabulaire plus

digne d'eux, la corriger au moyen d'adroits coups de pouce. Inconstitutionnels ou illégaux, délictueux ou criminels, ces coups de pouce expliquent seuls la réussite partielle de leurs travaux.

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