‹ L'action françaiseChapitre 42 sur 189 · MM^MM · texte numérisé non relu

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Aphorismes de politique positive.

Une vaine philosophie a eru, depuis quarante ans, révéler à ses adeptes une vérité inconnue en leur disant dans le Contrat social : « Si le a législateur, se trompant dans son objet, étaa blit un principe différent de celui qui naît de « la nature des choses, TËtat ne cessera d'être « agité, jusqu'à ce qu'il soit détruit ou changé « et que l'invincible nature ait repris son em- « pire » (Rousseau); et la reIigion,depui6 quatre mille ans, faisait chanter aux plus simples de ses enfants ces paroles, dont le passage qu'on vient délire n'est que le fastueux commentaire : « Si Dieu ne bâtit la maison, ceux qui la bâtisa sent travaillent en vain. »

La France, premier-né de la civilisation européenne, sera la première à renaître à l'ordre ou à périr.

Il y a des hommes qui par leurs sentiments appartiennent au temps passé, et parleurs pen-

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sées à l'avenir. Ceux-là trouvent difficilement leur place dans le présent.

Les États, en général, cherchent aujourd'hui la force dans l'administration plut<)t que dans la constitution; dans les hommes plutôt que dans les choses. Il leur faudrait toujours, pour ministres, des hommes d*un esprit supérieur et d'une extrême habileté, et la nature en est avare. Encore faudrait-il que les ministres de la constitution, qui sont les corps politiques, fussent toujours d'accord avec les ministres ou agents de Tadministration ; ce qui n'est pas facile, parce que tous veulent quelquefois changer de rôle : ceux qui administrent veulent faire des lois, et ceux qui font des lois administrer.

Autrefois, en France, l'administration allait d'habitude et Ton ne s'occupait même pas de la constitution; nous ressemblions à un homme robuste qui dort, mange, travaille, se repose sans songer à son tempérament. Aujourd'hui il faut soigner la constitution comme l'administration, faire aller J'une comme l'autre, les mettre d'accord si Ton peut.

J'aime dans un Etat une constitution qui se soutienne toute seule et qu'il ne faille pas toujours défendre et toujours conserver. Ces cons-

tilutions délicates ressemblent assez au tempérament d'un homme qui se porte bien pourvu que son sommeil ne soit jamais interrompu, son régime jamais dérangé, sa tranquillité jamais troublée, qu'il ne sorte de chez lui ni trop tôt ni trop tard, et qu'il n'aille ni trop loin ni trop vite.

On peut plutôt gouverner avec des faibles quand les institutions sont bonnes, qu avec des forts quand elles sont mauvaises.

L^ où les lois n'ont élé que la volonté des plus forts, toutes les volontés des hommes puissants peuvent devenir des lois.

Les grandes propriétés sont les véritables greniers d'abondance des nations civilisées, comme les grandes richesses des corps en sont le trésor.

Les peuples se gouvernent par des exemples plutôt que par des lois, et par des influences plus que par des injonctions.

Bien des gens ne voient le désordre que dans le bruit et la paix que dans le silence.

La disposition à inventer des machines qui exécutent le plus de travail possible avec le moins de dépense d'intelligence de la part de l'ouvrier s*est étendue anx choses knorales. Le juge lui-môme, au criminel, est une machine qui ouvre un livre et marque du doigt la même peine pour des crimes souvent fort inégaux; et les bureaux ne sont aussi que des machines d'administration.

Les capitales sont devenues à la lettre la tête des Ëtats, et quand la tête est malade tout le corps s*en ressent. La division de l'Espagne en royaumes particuliers est une des choses qui ont

le plus contribué à son héroïque résistance

Il faut de l'unité dans le gouvernement et de la diversité dans Tadministration. On fait aujourd'hui le contraire : le pouvoir est divisé et l'administration uniforme.

Donald.

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