‹ L'action françaiseChapitre 65 sur 189 · PARTIE PÉRIODIQUE · texte numérisé non relu

PARTIE PÉRIODIQUE

« soient observés intégralement, avec une égale « complaisance. »

Mais quels sont ces enseignements?

Le mot de démocratie a deux sens, également courants et qui sont mêlés à plaisir.

i** Au premier sens, conforme à Tétymologie, ^^(wra^wveutdire le gouvernement du peuple, de la foule, du plus grand nombre. « Gouvernement de tous par tous », écrivait Tautomne dernier un des chefs de la démocratie chrétienne en France.

Le Pape exclut ce premier sens.

« Qu'il soit tenu pour condamné (nefas ait) de « détourner à un sens politique le terme de déa mocratie chrétienne. Sans doute la démocratie, tt d'après Tétymologie môme du mot et l'usage « qu'en ont fait les philosophes, indique le ré- «c gime populaire ; mais, dans les circonstances a actuelles,il ne faut l'employer (sic v^urpandaest) a qu'en lui ôtant tout sens politique et en ne lui € attachant aucune signifîcalion que celte bieni( faisante action chrétienne parmi le peuple... »

2** Quant au second sens, invoqué volontiers par d'excellents nationalistes, même par de bons royalistes, il est plus subtil : démocratie^ alors, désigne l'étal démocratique de la société, état de confusion et de mélange qui supprime toutes les classes ou qui substitue à leurs nombreux rapports mutuels un système uniforme de nivellement et d'égalité.

Le Pape exclut pareillement la démocratie ainsi entendue au sens « social ».

La démocratie chrétienne, dit-il, «doit main- « tenir la distinction des classes, qui, sans con- « tredit, est le propre d'un État bien constitué

a (dispares tueatur ordines^sam p^roprws hene cotis- « titutae civitaiis) » .

« La démocratie chrétienne, ajoule-t-il, doit « accepter de donner à la communauté humai- (L ne une forme et un caractère en harmonie « avec ceux qu'a établis le Dieu créateur [eam u demum humano conviciui velit formant atque indoa lem esse qualem Deus aiictor indidit). » Nos amis naturalistes traduiront aisément en maxime de droit naturel cette belle doctrine de la beauté du monde et de l'ordre de l'univers, inspirée ici par le sentiment du droit divin. Nécessité de subordonner pour coordonner et pour ordonner, il n'y a poini de faribole d'orateur qui puisse aller contre cette mathématique !

Mais, pour qu'on ne se trompe pas sur son intention précise, le Pape prend soin d'observer que, si Ton veut juger sainement de la démocratie chrétienne, il faut laisser de côté les opinions de certains hommes a sur la puissance et a la vertu d'une démocratie chrétienne, opinions « qui ne sont pas exemptes de quelque excès ou « de quelque erreur [qude immoderatione aliqua « vel errore non careant). » Laissant ces exaltés à leur rêve, Léon XIII développe que « l'action sociale chrétienne», par laquelle il déBnit la démocratie et que notre ami Henri Vaugeois nomma la démophilie, ne pourra s'opérer selon la méthode démocratique, au sens historique et philosophique du terme; cette œuvre, dit le Pape, exige le concours de la hiérarchie. Je cite : u II faut surtout appeler à son aide les bonnes u œuvres de ceux à qui leur situation » (locus^ c'est-à-dire leur position^ leur fonction publique

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