‹ L'action françaiseChapitre 73 sur 189 · UNE RÉPONSE AH. DE MAHY · texte numérisé non relu

UNE RÉPONSE AH. DE MAHY

pharîsaVqae consultation du suffrage universel dûment adultéré, en rappelant des faits très récents et d'autres actuels.

Ne parlons pas de la Commune. M. de Mahy croit-il que la révolution sociale dont nous sommes menacés aura lieu sans effusion de sang? Nous n'en sommes encore, il est vrai, qu'aux promenades des drapeaux insurrectionnels, au sac et à Tincendie des églises, aux jugements iniques prononcés par des tribunaux politiques, aux budgets fabuleux qu'on essaye de masquerpar le vol et la spoliation, aux grèves sans cesse renaissantes qui se multiplient sur tous les points du territoire, à l'abaissement de notre force militaire, que le F.*. André ruine par tous les moyens ; quant au suffrage universel, il faut convenir qu'il n'est pas du tout «adultéré » par la mainmise des Loges sur le scrutin d'arrondissement. On demande à M. de Mahy quel coup d'Etat pourrait nous donner pis ?

Il est vrai que ce républicain de bonne volonté affirme hautement que tous ces maux, tous ces dangers ne doivent pas être imputés à la République tout court, mais à la République parlementaire, à qui l'on doit demander compte « des abominations sous lesqxiélles la vraie République risque de succomber ». — « Vous la confondez, dit-il, ae;^ les auteurs du mal dont elle souffre et c'est eUê que vous tuez, sans que votre système puisse toucher aux parasites qui la dévorent, et sans prendre garde qu'aussitôt la République jetée par terre les parasites s'abattraient sur le régime nouveau oii ils pulluleraient et multiplieraient à merveille. »

M. de Mahy ne prend pas garde que la Repu-

blîque est une maison ouverte, exposée par conséquent à toutes les entreprises des coupe-jarret ou des coupeurs débourses, qu'on ne peut donc séparer les conséquences de la cause qui les a produites, et l'avènement des hommes au pouvoir de la forme de gouvernement qui leur en a rendu Taccès si facile. Le jacobinisme est Tessence, le principe même, en France, de la forme républicaine. Un principe arrive toujours à produire ses conséquences, bonnes ou mauvaises, comme un arbre ses fruits.

Sa prévoyance prétend voir de nouveaux parasites, une fois la République tombée, s'abattre plus drus que jamais sur le nouveau gouvernement, comme les essaims de mouches sur le renard de la fable. Mais dans la fable, c'était toujours le même renard; et les parasites redoutés de M. de Mahy n'auraient si beau jeu que si une nouvelle République succédait à l'actuelle. Ce serait vrai aussi du césarisme qui, étant une forme du jacobinisme, nourrit, par tradition, beaucoup de mouches importunes. Mais nous n'avons pas besoin de redire que le programme tracé par M. de Montesquiou, et sur lequel tout le monde à V Action française est à peu près d'accord, ne comporte nullement le césarisme.

M. de Mahy relève, non sans quelque raison, les maux qu'on a pu reprocher aux divers gouvernements qui se sont succédé en France depuis un siècle ; il oublie que ces maux ont eu leur source principale dans la centralisation excessive établie par la Révolution et complétée par l'Empire ; que tous nos gouvernements ont subi

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