UNE RÉPONSE A M. DE HAHY
ce type d'organisation, et que la troisième République en a porté à leur comble les fâcheuses conséquences, en y ajoutant Tinstabilité, Tirresponsabililé qui sont la caractéristique de la démocratie républicaine. Le cosmopolitisme dont gémit M. de Mahy, et qu'il fait remonter assez injustement au règne de Louis-Philippe, se développa sous le se(^ond Empire, grâce à la défaite des partis royalistes (1), et vit s'achever son triomphe par Tavènement de cette coalition de la haute Banque internationale, juive ou méthodiste que la troisième République a servie de toutes ses forces et de toutes ses faiblesses.
C'est ce que M. de Mahy veut bien appeler « être trop gouvernés ». Est-ce que, s'il voyait un charretier ignorant et brutal tirailler et maltraiter indignement ses chevaux, il s'écrierait : ik Voilà des chevaux trop conduits » ?
L'histoire de ces chevaux-là, c'est la nôtre... M. de Mahy a-t-il oublié la page magistrale où Ta.ine{Oouvernementréi>olutionnaire,^. 149 etsuiv.) a démontré avec évidence que le plus dur tyran, et le plus égoïste, nuit moins à une nation et pèse moins sur elle qu'un collectivité irresponsable? Ce qui l'épouvante surtout, c'est de voir, après on coup d'État, son bien-aimé suffrage universel mis en demeure de sanctionner moutonnièrement un rapt! Quel rapt? Mais il est accompli dès maintenant, le rapt! Nos gouvernants ont fait main basse sur toutes nos libertés, à commencer parle droit de suffrage. Oh! les Loges maçon-
(1) La fortane des grands financiers juifs a commencé sons TEmpire.
niques savent que les boites de scrutin sont en bonnes mains.
M. de Mahy après cette consultation sur les maux de la patrie, croit devoir en indiquer le remède. ïlfauty dilAl^ fortifier les âmes, coordonner les volontés pour les déterminer à se ressaisir^ à secouer le joug des cosmopolites et exercer enfin notre fonction de membres du peuple souverain. Là est tout V espoir^ toute la possibilité du salut. Là seulement.
C'est la politique tant soit peu chimérique de Michelet. Le peuple a fait ceci, le peuple a fait cela, il a fait toutes les grandes journées de la Révolution. Rien n'est moins vrai. Le peuple tout seul ne fait rien que vociférer (i), il n*agit que dirigé par d'habiles meneurs qui le connaissent bien. Le « peuple », quoi qu'en ait dit Michelet, n'eût jamais fait le Dix Août, sans la tète et la main de Danton; Tune faisait appeler Mandat à l'Hôtel de Ville, un geste de l'autre donnait le signal de l'assassinat. Le « peuple » de M. de Mahy est toujours le même que le peuple de Michelet. Nous en avons des exemples récents.
Un chef! demander pour la France un chef, à la face des nations de l'Europe si bien gouvernées, si étroitement inféodées à leurs dynasties traditionnelles, c'est c s'orienter vers le passé v !
(1) On l'a bien tu lors de l'élection Boulanger, le soir du 27 janvier 1889. Ce n'était pas le tout que de crier : A l'Elysée ! à TÉlysée ! La foule no fit que cela. Point de chef, personne ne marcha. Le brav* général ne se soucia point de jouer le tout pour le tout.