‹ L'action françaiseChapitre 76 sur 189 · UNE RÉPONSE A H. DE MAHY · texte numérisé non relu

UNE RÉPONSE A H. DE MAHY

C'est affaire à lui de dire cela aux agents des comités socialistes et aux F.*. F.\ des Loges maçonniques! Mais M. de Mahy se douterait-il que celte liberté u très facile » pourrait bien avoir besoin de quelques garanties? car il parle avec mystère et majuscules d'une Réforme... Laquelle? Il aurait pu l'indiquer.

D'ailleurs, cela est clair. La France n'a plus besoin d'un sauveur. Elle se sauvera elle-même. C'est comme si l'on disait qu'un blessé n'a pas besoin de chirurgien, et qu'une personne qui se noie n'a pas besoin qu'on lui tende la perche. Surtout, qu'une a main sacrilège » n'intervienne pas! — A un simple coup de sifflet (qui le donnera?) tous les parasites cosmopolites disparaîtront dans le troisième dessous, comme les diables à l'Opéra.

Pour que s'opère cette heureuse révolution, une seule chose est nécessaire. Tout le secret consiste à créer une majorité républicaine à Vimage du pays; elle pourra entreprendre et appliquer les réformes et améliorations que voudra le peuple souverain. — Mais le parti républicain n'est pas un parti, mais sept ou huit partis ! il ne peut pas faire une mo/m/é, il ne fera jamais qu'une concentration. Naguère, M. de Pressensé, en un article qui fut le dernier qu'il écrivit à la Eevue des Deux Mondes (1), s'escrima et d'estoc et de taille contre la malencontreuse concentration. « Mais, « lui répondit quelqu'un , votre majorité répu- « blicaine ne sera jamais et ne pourra jamais

(1) Revue des Deux Mondes, 1897. Les Conseryateurs et la République.

« être autre chose qu'une concentration! i Avec cela point de réformes ni d'améliorations, le peuple souverain les demandàt-il à cor et à cri. Une concentration, cela peut servir à faire vivre un ministère, mais aucun bien solide n'en peut sortir.

Mais le peuple souverain est là? Et M. de Mahy rappelle que Monsieur Tout le Monde a plus d'esprit que Voltaire. Plus d'esprit, soit, et Voltaire lui-même en fût demeuré ^d'accord, mais s'il se fût agi de gérer les affaires de Voltaire, il est probable que V(»ltaire aurait pensé qu'il en était plus capable que Monsieur Tout le Monde.

Veuillez agréer, Monsieur, mes très humbles salutations.

D. Richard Cosse.

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