QUELQUES TRAITS MORAUX ET CIVIQUES
« La Mort de Bayard^ par Beaufort. — Sujet « inadmissible.
« Les Chasses de Louis XV. — Rejeté. »
En pendant, quelques décisions comme cellesci :
« Virginvus prêt à poignarder sa fille, — Sujet « républicain.
« Mardius Torquahis condamnant son fils à la « mort. — Sujet vraiment républicain. »
A noter, sous ce voile, les revanches protestantes :
« Le Duc de GtUse le Balafré chez le président « de Harlay. — Rejeté sous le rapport des « idées républicaines.
c< Assassinat de Coligny. — Sujet qui rap- « pelle toute Thorreur que doivent inspirer le « fanatisme, Tintolérance (ceci tout à fait bien « placé) et la mémoire de Charles IX et de « Catherine de Médicis. »
Devant Thistoire de Joseph le jury hésite, mis en défiance par la superstition, puis, ayant reconnu que la défense républicaine n'a pas sujet d*en trop rien craindre, il ajoute :
a L'histoire de Joseph paraissant susceptible « de fournira la peinture des sujets heureux et « quelquefois moraux, le jury présume que les « artistes peuvent être autorisés à la traiter dans -« ses détails. »
Comme on le voit,le jury prend de nombreuses précautions. Je ne sais si M. Ranc s'y fût laissé corrompre.
Le sujet i'EUazar^ moins heureux, est rejeté « sous le rapport des idées fanatiques i» ; en retour,^ Bain 4e Psyché porte la note « Sujet ad-
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missible ^, et U Printemps d'Amédée Y dJiloo «Sujet convenable )>. La Veuve du Malabar est snp" primée « comme présentant des idées atroces », mais Dlî/8se chez Gircé est conservé « en ce qu'il avertit les hommes de fuir les douceurs de la volupté ».
CUopâtre au tombeau de Marc Antoine est rejeté « comme immoral » ; pour Herminie chez les bergers^ ce sujet « n'a rien de répréhensible ».
Tout un défilé de ce genre de notes de moralitéjplaisamment mêlées à celles que dictent les considérations politiques, complète à point le portrait des censeurs. Parfois le charabias se mêle au prêche, comme dans ceci, sur Méléagre, Mèléagre jugé dans sa moralité par les émissaires de la Convention :
« Mèléagre entouré de sa famille^ qui le supplie de « prendre les af mes pour repousser les ennemis prêts a dserendre maîtres delà ville de Calgdon. — Tableau « dont le sujet ne paraît pas compatible avec les « idées républicaines, relativement au senti- « ment qui dirige Méléagre, lequel est sur le « point de sacrifier sa patrie à Tesprit de ven- « geance dont il est animé, et qui, prêt à voir ce son palais réduit en cendres, se rend moins à tt l'amour de son pays qu*à son sentiment perce sonnel. »
Sur quoi Méléagre est déclaré déchu de ses droits à inspirer les hautelissiers des Gobelins.
Si maintenant on veut apprendre quels sujets sont les plus dignes de servir à cette industrie, les mieux accordés aux principes et aux mœurs républicaines, le document porte mention d'un ouvrage commandé par la Convention qui, mieux