POUR TROMPER LE CONSEIL DE GUERRE DE RENNES
A la faveur du huis-clos et de ses surprises, du concours gouvernemeutal et des grosses malices de la presse juive, on avait pu tromper la Cour de Cassalion, quant au fond de TaiTaire, et ainsi l'entraîner à tromper le public. L'énergique et intelligente altitude du général Mercier, entouré d'un état-major aussi savant et avisé que vigilant, avertit tout de suite les meneurs dreyfusiens qu'ils perdraient leur peine devant le Conseil de guerre de Rennes. Des manœuvres aussi grossières que Tatteutat Labori n'étaient point capables de troubler les membres de ce tribunal militaire. Quant au défilé des témoignages, pour un Hartman, un Sébert ou un Picquart qui tentèrent de déformer quelque subtile vérité d'ordre technique, vingt réfutations spontanées et irrésistibles devaient se produire à chaque séance. Cette émulation généreuse avait même gagné au-delà du monde militaire : quand M. Poincaré assaisonna de plaisanteries d'assez mauvais goût une faible critique des observations de M. Bertillon, l'on vit un mathématicien illustre, membre du Collège de France et de l'Institut, M. Camille Jordan, faire à son tour la critique de son collègue, lui relever ses fautes et rendre enfin justice au sagar^ génie de l'inventeur calomnié.
Aussi bien les amis de Dreyfus le sentaient-ils
vaincu d'avance si Ton touchait au fond de Taffaire. Ils se mirent en tête d'empêcher ce débat de fond. Dès le lendemain de Tarrêt, M. Cornély avait eu mandat d'imprimer qu'il y avait « chose jugée » : le Conseil de guerre de Rennes devait être conduit par ce « jugement > de la Cour comme un petit enfant par la main de sa nourrice. Le Temps faisait écho à ces belles propositions et, dès lés premières dépositions, on comprit que les dreyfusiens n'auraient d'autre tactique que d'invoquer à tout propos le jugement, d'ailleurs imaginaire et inexistant, de la Cour. Ainsi cherchaient-ils à frapper d'inertie, de paralysie le sens propre des juges ou, en les égarant à hésiter, à délibérer sur l'étendue de leur compétence, les détournaient-ils du sujet débattu devant eux. Cette diversion n'était point exempte d'adresse et n'a pas été complètement inutile à Dreyfus.
C'est sur l'origine du bordereau que se porta l'effort dreyfusien. On ne cessa de rabâcher que la jurisprudence de la Cour souveraine avait prononcé là-dessus et que l'attribution du bordereau à tout autre que Dreyfus était un fait judiciaire absolument acquis et dont personne n'avait le droit de douter en justice.
Souvenons-nous des termesdont s'était servie, dans son arrêt du 3 juin, la Cour de Cassation en résumant les faits relatifs à ce bordereau :
« Attendu », disait-elle, « que ces faits inconnus cr du Conseil de guerre qui a prononcé la con- « damnation tendent à démontrer que le borde- « reau n'aurait pas été écrit par Dreyfus »...
t Tendent à démontrer » signiûe sans doute
autre chose que n'eût signifié « démontrent », et ce conditionnel « n*aurait pas élé écrit » n'équivaut pas au modeafTirmatif. Cependant, Texpert Charavay, qui déposa le 28 août, énumérant les trois raisons précises qui lui avaient fait attribuer à Esterhazy le bordereau qu'il avait attribué, quatre années plus tôt, à Dreyfus déclara :
« C'est la découverte de récriture d'Esterhazy ;
« C'est le faux Henry ;
« C*est r arrêt de la Cour de Cassation, n
Ce témoignage fut trouvé assez plaisant :car, si la Cour avait douté que le bordereau fût de la main d'Alfred Dreyfus, c'avait été sur une expertise de Charavay, et soudain l'expert, pour défendre son expertise, en arrivait à s'appuyer sur le jugement de la Cour! Ainsi, selon Pascal, la doctrine prouvait-elle les miracles, et les miracles prouvaient ils à leur tour la doctrine (1). Mais, pour être aussi vicieux en logique que les arguments de Pascal, le cercle de M. Etienne Charavay ne parut à personne d'une irréprochable moralité. Mentait-il? Portait-il un faux témoignage? Ou seulement, par fanatisme, faiblesse d'esprit, concession à son entourage, faisait-il à la pure vérité quelque tricherie? Le pauvre homme nous a quittés depuis trop peu de temps pour que la discussion instituée sur un pareil sujet soit décente. Il me suffit de l'indiquer.
M. Scheurer-Kestner, qui est mort également peu après le procès de Rennes, était
(1) M. Ernost Havet, pôro du dreyfasien Louis Havet, blâma beaucoup ce raisonnement de Pascal.
retenu par la maladie. Mais il adressa au Conseil de guerre un témoignage écrit. Cet écrit, j*ai regret de le dire, renferme une falsification de texte certaine. A. défaut de couronne et de palme, on déposa sur le cercueil de ce vieillard une copie de ce double extrait : .
Texte de Varrét de la Cour de Cassation, Ces faits « inconnus du Conseil de guerre qui a prononcé la condamnation »
tendent à démontrer (non démontrent) que le bordereau n aurait pas été (et non n'a pas été) écrit par Dreyfus.
Texte du témoignage de M. Sckewer-Kestner, Quant à l'identité dont j'avais été frappé entre récriture du bordereau et celle d'Esterhaz;, elle a été reconnue.,. par la Cour de Cassation elle-même.
Ainsi la Cour, toujours la Cour! La manière dont M. Scheurer-Kestner falsifia dans cette déposition écrite un arrêt que chacun pouvait lire sur les murailles des trente mille communes permet d'apprécier le reste de sa conduite. Qui put dénaturer à ce point un fait si public a dû prendre d'étranges libertés avec des faits mystérieux ou mal connus. L'intérêt de parti devait précipiter ce pauvre esprit dans les plus incroyables machinations. Qu'il y fût d'ailleurs un inconscient, c'est la seule hypothèse dont on puisse accorder à ses mânes le bénéfice.
Mais ni M. Trarieux, ni M. Bertulus ne sauraient bénéficier d'hypothèses semblables. Jurisconsultes l'un et l'autre, ils ne purent pas se tromper sur la lecture d'un texte aussi clair. L'un revêtu d'une haute charge de judicature, l'autre avocat, ancien ministre de la justice et sénateur, s'ils ont commis le crime de falsifica-
tjon de documents, ils Tont compliqué par là même d'abus de confiance et de forfailure. Ils ont déshonoré leur fonction, en même temps qu'ils en abusaient d'une indigne sorte. Leur triple crime est fort aisé à établir. Relevons encore une fois le texte de Tarrèt de revision :
c Attendu que ces faits inconnus du Conseil et de guerre qui a prononcé la condamnation « tendent à démontrer (et non démontrent) que « le bordereau n'aurait pas été (et non n'a pas « ê/«) écrit par Dreyfus... »
Or, M. Bertulus déposait, le 17 août, avec une insistance, une emphase, une violence que tout le monde nota :
« Je le crois (que Dreyfus est innocent] parce c que le bordereau est d'Esterhazy, et j'ai le « droit de dire pourquoi, parce que la chose a « été souveratnement jugée par la Cour de Gassac iion.
c La Cour de Cassation est le pouvoir su- « préme de la justice en France.
a La Cour de Cassation a dit : Le bordereau est H cTEsterhazy.,,
« Il y a là une vérité judiciaire absolue, La Cour « d^ Cassation Va dit. Je suis un magistrat, je le « dis après elle, je le dis avec elle, n
Rien n'égalerait le scandale de ces mensonges réitérés si M. Trarieux n'avait pas déposé dixhuit jours plus tard. M. Trarieux ne se borna point à mentir comme M. Bertulus. Il fit le menaçant contre ceux qui accomplissaient leur devoir. Il leur reprocha au nom de la Cour de Cassation les recherches que la Cour elle-même avait ordonnées. Prenez la peine de relire aux pages
précédentes ce texte de Tarrét, que je n'ose recopier une troisième fois, veuillez ensuite y comparer celte diatribe de M. Trarieux :
<( La Cour de Cassation a jugé que c'était «c Esterhazy qui a écrit le bordereau, si bien « qu'il est étrange qu'à cette barre, et contrai- « rement à V autorité souveraine de la chose jugès^ « on revienne remettre en question ce que per- « sonne n'aurait le droit de remettre en question. »
Sur les sept juges du Conseil de guerre, il y avait cinq esprits fermes. Ils consultèrent le texte de l'arrêt de revision. Un simple coup d'oeil sur ce texte les assura que le témoin Trarieux et le témoin Bertulus jouaient une comédie indigne. Demander l'emprisonnement immédiat de ces histrions leur parut sans doute indiqué par la loi et par le bon sens. S'ils ne le firent point, ce fut par un scrupuleux désir de p&raître aussi impartiaux, longanimes et tolérants qu'ils l'étaient en réalité. Ahl ce désir, né d'un scrupule, les arrêta mal à propos. Ils se turent. Ils laissèrent les saltimbanques et les charlatans pousser jusqu'au bout leur système d'intimidation, et, comme il arrive en pareil cas, les débiles payèrent la générosité des forts. Pendant que les cinq se rendaient à la manifeste évidence de la culpabilité de Dreyfus, il se rencontra deux cerveaux troubles el vacillante pour douter du principe même de leur juridiction.
Esprits fort droits, mais simples iet limités, ils se dirent : « Ce juge et ce législateur conc( naissent la loi mieux que nous. Notre bon «r sens pourrait apprécier les faits aussi saine-
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« raent que n'importe qui. Mais il ne s'agit « point de faits. Il s'agit de nosdroils. Les juris- « tes les doivent mesurer. Ils sont de la partie. « C'est eux qu'il nous convient d'écouter, au « moins par prudence... »
Les paroles intérieures furent probablement un peu moins nettes que dans ce discours écrit. Mais leur sens diffus était celui-là. La fraude, le mensonge et le faux témoignage introduits au procès de Rennes par despersonnages de qualité créaient dans les esprits une brume efficace. Et les deux votes négatifs sont sans doute sortis de là.
Si donc, comme s'en est plaint M. Anatole France, le verdict de Rennes manqua de logique rigueur, si, en un certain sens, il forma « un « petit être fait d'une tête de rat emmanchée « à une arête de poisson et finissant en queue « d'hirondelle », une manière de chimère en même temps que d'avorton, « une infime créa- « ture absurde et mauvaise », tant de disparates s'expliquent, se justifient quand on compare aux viles machinations d'un Trarieux et d'un Bertulus la candeur de ceux qui s'y laissèrent piper. De cette rencontre inégale devait résulter nécessairement un verdict mal lié, quoique juste et généreux dans l'ensemble de sa teneur.
POUR TROMPER l'oPINION PUBLIQUE
Les dreyfttsiens n'étaient pas moins défaits I Us eurent beau crier, pleurer, se répandre en
4â l'action française
discours d*indigDatioD et de merci, ouvrirméme une souscription pour élèvera Rennes le monument expiatoire de la grande iniquité perpétrée, leurs manifestations variées ne réussirent pas à dérouter Tesprit public. Ils apparurent au public ce qu'ils étaient, manifestement: confondus. La gr&ce de Dreyfus, enveloppée dans une formule dédaigneuse du général de GallifTet, parut même ajouter à la victoire du sentiment national : pour être gracié, Dreyfus s'était désisté de tout pourvoi en revision, avouant une fois de plus la justice du châtiment qu'il évitait. Mais les patriotes commirent ici une faute. Faute bien française ou, plus exactement, gauloise. Ayant vaincu, ils négligèrent de poursuivre los avantages de la victoire. Quelques-uns, au rang desquels nous avons le plaisir de compter nos meilleurs amis, s'étaient bien déclarés pour une offensive énergique. Mais ils ne furent pas suivis. Au lieu de s'élever contre les faux, les forfaitures, les trahisons et les fauxtémoignages commis autour de Dreyfus par les dreyfusiens, nos amis préférèrent s'acharner à défendre (contre des ennemis politiques grimés enjugesI}BuffetetDéroulède,Lur-Saluces,Habert et Guérin. Diversion fatale, qui conduisit jusqu'aux abords de l'Exposition, et celle-ci occasionna des diversions nouvelles. Le parti de Dreyfus utilisa tant de loisirs. Par les loges, par les prêches, par les synagogues et aussi par les comités centraux républicains, qui sont les maîtres du pays électoral, par une infinité de campagnes de presse aussi puissantes que sournoises, les dreyfusiens s'ingénièrent à tromper
l'opinion tant<)t8ur le sens et tantôt même sur la lettre du verdict de Rennes. Des Loriquets à rouelle jaune enseignèrent à leurs villageois ignorants Facquittement d'Alfred Dreyfus ou leur annoncèrent sa réhabilitation prochaine.
M. TrarieuK avait eu, à Rennes, une exclamation pleine de superbe :
— &*, àvait-il dit en toisant un trop modeste contradicteur,s'tZ pouvait exister des lois gui me fussent applicables...
Il dédaignaou redouta, quant àlui,d'appliquer les lois aux accusés de la Haute-Cour ; mais tous ses amis, depuis M. Ranc jusqu'à M. Thévenet, vinrent siéger dans ce tribunal révolutionnaire. Les ennemis d'Alfred Dreyfus étaient envoyés en prison, en exil ou en disgrâce; sesamis,au contraire, continuant k occuper les plus hautes situations politiques, ouvraient l'Exposition, recevaient ou distribuaient des récompenses, des croix d'honneur, de l'avancement. Les magistrats, les'o£Bciers,les fonctionnaires antidreyfusiens étaient chassés ou reculés. M. Berlulus recevait enfin son illustre robe rouge et M. Bertillon perdait la moitié de sa place. — Simples et médiocrement sensibles aux nuances, toujours prêtes à projeter leurs impressions en signes éclatants, les foules n'allaient-elles point conclure du dreyfusianisme ofliciel à la pure innocence du traître et de ses complices?
Telle était la joyeuse espérance des dreyfusiens. C'est une espèce de miracle que le peuple français ne Tait pas accomplie. Ses conducteurs naturels l'abandonnaient. Il eût fallu de vives campagnes de presse qui se fussent toujours ter-
minées en justice et devant le jury : les nationalistes se sont exténués dans la plus vaine des campagnes électorales. Les élections auraient dû étreTun des moyens donlon eût affaibli l'ennemi commun : elles sont, au contraire, et naturellement, devenues une fin . Or,en rase campagneélectorale, dans le conflit des intérêts sordides ou des passions violentes, l'intérêt général et le désir du bien public ont fatalement le dessous. Nos succès parisiens ont été la goutte d'alcool qui acheva de nous dérouter. Mais, chose remarquable, ce que le mouvement nationaliste a perdu depuis une année, le parti dreyfusien ne l'a point regagné. La France ne croit pas plus à l'innocence de Dreyfus qu'au patriotisme de Delcassé, de Waldeck, deMillerand ou de Monis. Ces personnages restent tous semblablement odieux. Mais, par Teffet des dégradations qu'opère le Temps, leur nom s*enfonce dans une espèce d'oubli. L'amnistie, la vraie, la voilà! C'est la plus désastreuse.
Pour l'amnistie légale, l'effet en est manqué. Comme on l'a vu assez souvent par ce tableau des machinations dreyfusiennes, l'engin fut retourné contre ses auteurs. Il les a meurtris de plus d'un éclat. Les débats de la loi n'ont fait que réveiller le souvenir des scélératesses commises. Ils se sont donc amnistiés! C'a été le cri général. Le refus grimacier des principaux a coupables »,Dreyfus, Picquart, Joseph Reinach, n'y a rien fait.
Biais, quand il pense aux crimes entassés par
les dreyrusîens, le public ne songe d'habitude qu'au crime essentiel, capital, au crime politique, au long attentat, préparé et réussi, contre Tunité et la sécurité nationale. — Bientôt^ le fait d'avoir été un peu consciemment du parti de Dreyfus équivaudra à la notation d'infamie: car les graves et sanglantes difficultés qui se préparent pour la France et qui auront éclaté sous peu rendront inconcevable l'idée qu'un honnête homme ait pu préférer le parti d'un quidam, jugé et condamné comme traître, aux intérêts les plus pressants de TËtat et de la patrie. Bientôt^ rAffaire étant comprise de chacun, ainsi qu'elle doit l'être, comme une immense conspiration contre la patrie, l'idée du dreyfusien désintéressé et sincère deviendra une chimère incompréhensible : il faudra relire nos plus minutieuses analyses psychologiques pour atteindre aux causes impersonnelles de l'épidémie dreyfusienne. Et encore en doutera-t-on 1 L'on préférera certainement accuser soit de mauvais génies, soit la méchanceté des hommes. On admettra de plus en plus péniblement que les principes révolutionnaires, les idées suisses, l'inepte et cruelle philanthropie romantique aient pu allumer dans une foule d'honnêtes cervelles une passion presque religieuse en faveur du prisonnier de l'Ile du Diable et induire ces innocents à poursuivre et à obtenir la publication de nos secrets militaires, la désorganisation du haut commandement, la désunion de tout un excellent corps d'officiers, enHnla réduction et l'exténuement de l'armée française tout entière... On ne comprendra pas que de vagues
imaginations de rhéteurs aient engendré un si grand nombre d'impulsions destructrices ni que de purs réves^ en apparence sans venin, aient fructifié en actes mortels. Quand les temps que j'indique se seront révolus et qu'on nous relira, nous serons trouvés indulgents. Nous disons habituellement drenfusien ou dreyfusiste. On se plaira à dire, comme aux premiers jours d'étonnement et de rage, dreyfusard. L'avenir fera croire que non seulement les meneurs, mais les menés, non seulement les bergers, mais le troupeau, ont volontairement combiné avec leur Dreyfus toute la suite des catastrophes françaises. Déjà le peuple éprouve le courus sentiment que ceux qui s'amnistient veulent s'amnistier d'un vaste crime de trahison imaginé et commis en chœur.
Ët,aufond,le peuple sent bien! Parmi d'innombrables dreyfusiens abusés, le dreyfusien conscient et volontaire pullule. Un Reinach, un Waldeck, un Clemenceau ont fort bien su tout ce qu'ils faisaient.Quand ils parlaient de re vision, ils savaient à, quelles raisons et à quelles nécessités d'Ëtat ils se heurteraient,ce qu'il faudrait détruire d'utile à la patrie et rompre même des défenses de cette patrie elle-même. Un procès de police militaire jugé à huis clos était, de sa nature, tout à fait impossible à reviser normalement. La revision ne pouvait s'opérer qu'au milieu d'un trouble infîni et au prix d'immenses dommages. C'est ce qui est arrivé. Les dépositaires de la formule jacobine sont les derniers qui puissent s'en excuser sur leur ignorance. Ils ont, en le sachant, procédé en purs anarchistes. Le seul tort
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de M. Méline, qui avait bien défini le plan de cette anarchie, fut, au début de leur campagne, de ne point les traiter en conséquence. Il n'a point osé appliquer à des attentats contre ]a patrie la dixième partie des peines qui furent appliquées depuis par M. Waldeck à des complots fort vagues et à peine suivis d'effet contre la forme seule ou le seul personnel du gouvernement.
Puis donc que les Français commencent d'avoir la perception du crime politique, nous avons tenu à la compléter par un tableau tout aussi clair de leurs crimes de droit commun. Crimes, délits, usurpations de pouvoir,iilégnlité8,disions- -nousen commençant : la récapitulation que Ton vient d'en lire est sommaire ; du moins, apprenons-la par cœur. Nous ne sommes pas des procureurs, mais des citoyens. Soustraites désormais à tonte peine légale, ces menues hontes dreyfusiennes ne peuvent échappera l'exécration des Français. Quand ils les connaîtront, ils sauront les marquer d'une flétrissure éternelle.
Charles Maurras.
Nous tenons à rappeler à nos lecteurs que le très intéressant article de M. de Mahy, dont un extrait a paru ici le 15 novembre, se doit lire in extenso dans la belle brochure publiée sous ce titre : La France et le Transvaal^ par notre ami E. Landry (28, rue Serpente).
FŒTOR JnDAIGnS(l)
Le bon Dieu, préroyant dans sa sagesse que son peuple choisi serait dispersé dans le monde entier, donna à tous ses membres une odeur spécifique qui leur permit de se reconnaître et de se retrouver partout ; c'est le fœlor judatcus.
SCHOPBNHAUBR.
. Le personnage est une manière de batailleur dont le cynisme s'attaque aux plus puissants, ne se fiant contre leur nombre et leur force qu'à sa maitrise en Tart des mauvais coups. Vous apprenez qu'en outre ce bruyant pourfendeur recherche la renommée, non pas les bénéfices, et môme, loin de viser à la richesse, oublie de réserver les sommes que lui comptent les exploiteurs du talent. Vous demandez ce qu'est cet homme. Que ne Técoutez-vous clamant par la place où de groupe en groupe il promène sa pompeuse obscénité : Je suis Juif, de Juiverie authentique, et circoncis; regardez si je mens. Et par ce geste je vous insulte tous, vous qui n'êtes pas de chez nous et vous mes congénères honteux.
Vous vous étonnez. Juif, ce querelleur audacieux, à peu près dénué de tempérament utilitaire? Mais, objectez- vous, le propre de l'Hébreu n'est-ce pas la souplesse, l'obséquiosité,
(1) D'autres étudieront Tartificieux charmeur et son rossignol dlmitatioo. Notre tâche se borne à découvrir quelques aspects de l'Ame Israélite.
ropportunisme surtout dans Tisolement? Au lieu d'un oez rabattu ou droit tout au moins, TOUS lui voyez une trompe bel et bien relevée, provocante; de sorte que TOUS ne croyez pas les hâbleries du fanfaron. C*estque vous jugez mal. Indépendamment de certaines particularités, la caractéristique du Juif n'est pas tant de porter crochu Tappendice facial que de l'introduire partout et toujours de le mal moucher. Considérez celui-ci; puis remarquez ce ton de voix, cet accent ni germain ni franc, à peine humain.