UNE GRANDE PERSONNE
Le Temps Yeni que la « démocratie » sache, fasse, dise quantité de choses dont chacune est fort compliquée.
— N' est-il pas évident^ s'écrie- t-il, que la démO'^ cratie elle-même sait mietu que... et mieux que..* ce dentelle a besoin pour ses aspirations et pour
ses mtérêisf... Pourquoi la démocratie s'embarrasse^ rait^elîe,.. Pourquoi feraiUélU intervenir.,, etc. ? — Le Temps veut nous persuader que la démocratie est une grande et savante personne, gaiU larde, débrouillarde et pourvue de quantité d*autres qualités :il serait plus sage de commencer par le commencement et de prouver d'abord que la démocratie est une personne. Ouest sa conscience ? Où est sa volonté? Quel est, à tout le moins, son système d'innervation et de sensation? Tant qu'on n*aura pas faitcette preuve, la grande personne du Temps gardera son ancien renom de vaine Nuée.
LE CHŒUR
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NOTES SUR « QUO VADIS f >>
Un de nos lecteurs adresse à notre collaborateur Charles Maurras les curieuses remarques suivantes à propos du livre (infiniment moins curieux) de M. Sienkiewicz.
A Y Action françaisôy on a un peu souri du prodigieux succès de Qîm vadisf De très bons catholiques, très enthousiastes du livre, m'en ont fait présent. J'en connaissais déjà un passage donné il y a quatre ans par le Correspondant. Eh bien, au point de vue littéraire, c'est une œuvre intéressante, un roman bien construit sur le modèle de nos bons romans français.
Mais ce que j7ai constaté dès les premières pages, c*est que Tauteur polonais n'avait fait autre chose que mettre en scène avec assez d'adresse Tadmirable ^in^Am/ de Renan. Tout y est, les caractères, les scènes (1), avec cette différence que les personnages ou les objets que Renan a dessinés en quelques lignes d'un trait magistral ont été par Sienkiewicz mis en action et même avec quelque peu de prolixité. Pétrone, entre autres, parle beaucoup trop ! « Ce Mérimée sceptique au ton froid et exquis » ne devait point bavarder comme une pie.
La lecture de Quo Vadisf m'a montré clairement que les étrangers notables ne dédaignent
(1) Comparez, Apôtres, la vision de Marie de Magdala. — Quo vadiê ?p. 198.
point de se parer de nos plus belles plumes. De.ux traductions anglaises, trois allemandes (et six russes ] ! Un Français a plaisir à voir que c'est le génie de la France, parlant par la voix d'un de ses fils les plus illustres, que nos ennemis admiraient naïvement dans la glose un peu abondante de M. Sienkiewicz.
En France, dans la France la plus catholique, reflet du livre a été prodigieux. Voilà comment la philosophie sait faire, par infiltration, son chemin dans lef> âmes ; de sorte que si les philosophes ont conservé beaucoup de catholicisme, les catholiques, à leur tour, boivent les eaux delà philosophie. Ce Renan, dont presque tous (oh ! pas tous) n'ont jamais voulu lire une ligne, les voilà qui le dévorent, un peu épaissi sans doute, mais très reconnaissable dans Tœuvre du poète polonais. — Comme vous dites. Monsieur, a on se rencontre aux portes des églises, dans les nefs et aux bas-côtés ». On se v traduit les uns les autres » et Tœuvre commune peut ainsi se fonder.