PLUS VRAIE
Sous le ton léger qu'il affecte et qui lui réussit bien mal, notre juif universitaire laisse éclater son fanatisme.
Renan, tout chaud de la fîôvre des défroqués, le cerveau embrumé de métaphysique allemande, met ses restes de religiosité au service des mystiques idées de 1848 et écrit un gros livre qu'il publie quarante ans plus tard avec un sourire. Or la fumeuse idéologie de V Avenir de la
Science^ à peine supérieure à celle de Quinet, est devenue aujourd'hui le bien de M. Henry Michel ; on ne songe pas à Tempécher de se pré- < valoir de cet illustre parrainage. Mais Ton ne peut souffrir que M. Michel prétende : « Le Renan qui pense comme moi est plv>s vrai que l'autre. » C'est proprement du fanatisme. Et nous invitons M. Michel à prendre à Y Action Française quelques leçons de libre-pensée. Car, lorsque nous citons la Réforme intellecttielîe et morale, ou les Questions contemporaines, ou Caliban, nous ne disons pas que l'auteur de ces ouvrages est un Renan « plus vrai » que l'autre, mais seulement qu'il a écrit, en tel lieu, telles choses qui appuient ou confirment les idées que nous défendons. Renan nationaliste n'esl pas pour nous le vrai Renan davantage que le bon Renan, C'est Renan lui-même, et qui est en cette occasion nationaliste. Et, lorsqu'il ne l'est plus, il ne cesse pas d'être pour nous « Renan », tout ainsi que les idées nationalistes demeurent exactes à notre point de vue quand Renan ne les partage pas. Pour être si exigeante et souffrir si peu la discussion et le partage, il faut que la n Vérité » de M. Michel soit d'une nature bien fragile.