‹ L'Action française et la religion catholiqueChapitre 11 sur 46 · LES ORIGIN · texte numérisé non relu

LES ORIGIN

ques et neutres. Sous l'appareil universitaire et sorbonnique, se révélait une doctrine incohérente, arbitraire,

ntielleinent incapable de fournir d'antree preuves que de vagues appela ù la conacience et au cœur, mais fraudant pour faire accepter comme évident - et lumineuses ces Nuées de leur caprice ou de leur foi : Démocratie, Liberté ou Révolution. Leur croyance passait jusque-là pour science. Noua lui avons rendu son nom.

Pendant plusieurs années, nous nous somme» astreints à faire voir par uue analyse minutieuse que les nuées s'évanouissaient devant le soleil: objetsde l'opinion, non de la connaissance, ou conséquences de principes invériliés, nullement déductions d'axiomes admis par tous. Nous avons ainsi renvoyé ces prêtres de la Révolution à grands coups de pied quelque part, comme il faut le faire pour qui trompe sur la qualité des idées et des choses ou, à raison plus forte, des poids et mesures emplov,

Cette critique militante eut un résultat solide et qui dure. Sans le faire sonner, je dis qu'il a son prix marqué, reconnu, dûment avoué. L'un de nos adversaires a dû convenir de ceci :

lai aucune façon et pas plus par ses méthodes que par sou contenu, la doctrine de la Révolution ne ae peut réclamer de la « science » ; «lie lui est étrangère absolument, radicalement; et à s'en tenir au point de vue Strictement scientifique, il est vrai de dire que les idées révolutionnai aonl un néant : ,

Ainsi s est exprimé un libéro-démocrate de droite. Ouelques années [dus tôt, un adversaire de gauche,

i) Pidso, dans le C<>ircsj>uiulant du 10 dccciiilue [flOS, p. </,i.

M. Bougie, dans son livre la Démocratie devant la Science, avait du concéder que la Science ne disait rien, ne posait rien, n'insinuait rien en faveur de la démocratie, et demeurait • inapte à en démontrer le bien fondé a . L'auteur radical-démocrate devait borner son ambition au désir de prouver qu'il n'y avait point d'antinomie entre la démocratie et la science et que i la voie a était donc ce libre », ce qui d'ailleurs n'est pas exact.

Ainsi, du consentement mutuel des parties en cause, une erreur sociale fort périlleuse s'était vu retirer l'autorité rationnelle et la recommandation scientifique, il est vrai que, pour remplacer la science, on invoquait, à gauche, la conscience humaine, à droite, un évangile néo-chrétien. Mais on pouvait se fier au catholicisme pour couper l'ennemi de l'une de ces deux retraites : pour l'autre, nous nous en chargions.

Naturellement, c'est au cours de la bataille de Dreyfus que je poussai ma pointe avec le plus de vivacité contre le judaïsme et les formes diverses du christianisme inorganique ; ce fut aussi le temps où se multiplièrent ces impropriétés de langage qui s'expliquaient alors par la verve de la bataille et l'enthousiasme des coups. En ce temps-là, elles trompaient très peu de monde; chacun savait si bien ce que signifiaient réellement ces charges contre les « judéo-chrétiens » qu'on aurait peine à découvrir le texte d'une protestation catholique sérieuse qui soit contemporaine de cette époque ou n'y soit pas postérieure de cinq ou six ans. Et cependant, quel tapage ! quelles rumeurs! Le vieux cacique des Monods faisait ce qu'il pouvait, dans la Revue Historique, pour exciter les catholiques contre moi en exploitant ces équivoques de vocabulaire. Cette voix huguenote n'éveillait point d'échos. C'est qu'alors on voyait, ce qui s'appelle voir,

• i UM ou ici n'

pour qui, et avec qui, et contre qui chacun se battait : c'était le clan juif et protestant qui encaissait et, par conséquent, qui hurlait.

Aujourd'hui que ces vieilles citations de numéros de revues, devenus de véritables curiosités bibliographiques! sont ajustées et mises bout à bout par de tri pillards dépaves, le plus grave tort de l'exhumation est de produire et d'étendre un effet de scandale que MS textes n'ont jamais produit de leur vivant. Le petit livre d'où sont tirées la plupart de cas citations, mes «Manuels « peints par eux-mêmes, histoire naturelle et sociale « d'une famille de protestants étrangers dans la France a contemporaine (ij », n'a jamais été réuni en volume, mais il est appelé à revêtir, quand il paraîtra, uiir l'orme au moins différente du premier aspect de Befl matériaux disjoints.

Au fur et à mesure que s'accroissait et bs complétait

le noyau de l'Action française, cette première vie île batailles intellectuelles finit par comporter le temps de

l'étude et des discussions méthodiques en commun. Sou- \ eut ces débats cordiaux vinrent rectilier le tir et régler certains désaccords.

Mes amis Louis Dimier et Lucien Moi-eau ont-ils gardé mémoire d'une conversation déjà assez ancienne, qui tut importante pour moi?

La date précise m'échappe. Bile est de beaucoup postérieure à la premiers affaire Dreyfus et au Conseil de

Guerre de Hennés. Mais nous n'étions pas sortis de la

période d'incubation A peine si la nébuleuse d'Action française se débrouillait. Nom d'avions encore ni journal, ni ligue, ni Institut : notre humble revue, grise

(i)* Brochure fumeuse », disuit Barris, • avant d'avoir paru. »

encore ou à peine bleue, cessait pourtant d'être un simple laboratoire d'idées ; mais sa rédaction mêlée encore plus qu'hétérogène, était fort loin de nous permettre un accord politique très étendu.

1902 devait toucher au déclin, 1903 n'était pas commencé. Je vois encore la fin de ce déjeuner amical, Dimier parlant avec sa verve véhémente, Moreau silen cieux et approbatif en somme, moi impatient.

Dimier niait, catégoriquement, qu'il put m'être permis de prétendre à respecter publiquement le catholicisme tant que je m'obstinais à user du terme habituel de « christianisme » pour désigner les dissidents, les séparés, hérétiques ou schismatiques.

— Mais enfin, disais-je, vous devez voir, que, pour vous et les vôtres, j'écris toujours le mot <r catholiques ».

— Il faut écrire aussi «. chrétien », puisque nous avons seuls un droit véritable à ce titre.

— Cependant, reprenais-je, assez contrarié, la nomenclature est irréprochable de mon point de vue historique.

— Votre point de vue m'est égal...

— Voyons! Si j'appelle chrétienne toute la masse de faits intellectuels et moraux dérivés de la prédication de l'Evangile, en y comprenant, comme il le faut bien, tous les schismes et toutes les hérésies,- depuis Arius jusqu'au père Hyacinthe, ne convient-il pas d'appeler catholique la circonscription qui appartient en propre à 1 Eglise? Le christianisme enveloppant une flore innombrable de variétés et de dissidences, quand je parle d'un christianisme organique et fixé, de celui qui va directement de saint Pierre à Léon XIII, je distingue l'espèce du genre et dis : « catholicisme ». N'est-ce pas clair? Xest-cepas net? Comment voulez-vous qu'on se trompe sur mes intentions?

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