‹ L'Action française et la religion catholiqueChapitre 14 sur 46 · PREMIÈRE GUERRE PIM · texte numérisé non relu

PREMIÈRE GUERRE PIM

critère et de lui seul découlent le ] > I n ^ simplement, le plus régulièrement <lu monde, votre haine des id< i de votre façon constante d'opposer ani Dn Lis de L'Homme Les devoira dea homme- en société. M n'est paa Qécessaire d'aller chercher Nietssche pour cela, ni de

faire de VOUS un nouveau Nietzsche, ni «l'imputer a rOS

doctrines dea postolata » anti-chrétiens. Frédéric Le Play y anffit. Des postolata en science sociale, maia si vous en aviez, vous manqneries à votre méthode qui aura été d'observer les laits sans idée préconçue. Votre • empirisme organisateur i ne comporte point d'autres postulats que L'amour delà France. Que signifie donc La charade insérée au Correspondante Je n'y comprends absolument rien.

Charade, oui. Je n'y aurais non plus rien compris m je n'avais vu d'asses près, et à l'œuvre, L'intrigue que l'auteur Laissait entrevoir, avec ses instigateurs et ses agités, dans Le coin obscur ou il nous accusait en termes claira d'avoir préféré la vogue «le nos idées à Leur Logique. Le prestige naissant de V Action française sur Les jeunes générations était reconnu depuis L'année précédente i . Noaê niions (i r Action française •• était déjà une maxime qui hantait les jeunes esprits, et nulle

polémique mené.- correctement n'avait servi les idées

que nous combattions, (lela exaspérait la petite nation

des rhéteurs à qui La seule perspective «le travau rieux inflige, suivant Leur âge, la migraine ou la méningite. Et par une échappée sommaire, maia tragique sur L'avenir, Lesagi nts électoraux et parlementaire- Ere miasaient d'entendre annoncer que nous ruinerions Leur industrie tôt ou tard On était a six dm Lectiona

de 1906.

1 Voix enoors L*appendioc IV.

l'agression 103

Dans l'année qui suivit immédiatement la déclaration de guerre du 10 décembre io,o5, nous eûmes beaucoup trop à faire pour nous occuper de répondre : ce fut Tannée des inventaires, nos amis catholiques prenaient le premier rang dans la résistance aux violences républicaines; c'était l'année de la réhabilitation du traître Dreyfus, nous avions à défendre la vérité, le droit, la raison, la justice contre des actes officiels outrageants pour l'honneur d'une partie de notre armée ; c'était l'année où le ministère Clemenceau s'installait pour trois ans et s'efforçait de rendre universelle, en lui donnant force de loi, la séparation entre les Français et les Romains, c'est-à-dire les catholiques, et personnellement je me trouvai absorbé par la vive campagne dans laquelle j'entreprenais, non sans succès, de faire sentir que la notion de Rome était consubstantielle à la notion de la France, de la civilisation et de l'humanité (i). M. Clemenceau rengaina son « romain », c'est un fait, les clemencistes l'imitèrent et je publiai à la fin de 1906 mon Dilemme de Marc Sangnier dont la préface « Barbares et Romains 1 a recueilli l'essence de ces panégyriques du bienfait spirituel et moral de l'Église.

L'année suivante seulement, grâce au dévouement de Lucien Moreau, qui se chargea de démasquer la pauvre

(1) Les critiques amis qui ont bien voulu élever des objections du reste fort justes du point de vue catholique, à mon Je suis Romain, n'ont-ils pas un peu perdu de vue les circonstances dans lesquelles je l'ai écrit et la loi du combat auquel je faisais l'ace ? Cette analyse du nom romain ne portait pas seulement sur l'histoire ecclésiastique, mais sur toute l'étendue de l'histoire de nos rapports avec la Ville considérée comme métropole intellectuelle et morale. Le divin Jutes, tant critiqué, même chez d'excellents esprits bienveillants, s'imposait de ce point de vue. L'expression ne signifiait pas ombre d'irrévérence, niais simple fidélité à l'ordre des faits qui démontrent que l'idée de Romain est contenue dans l'idée de Français. Rien de plus, mais rien de moins.

104 Parafai GUKRIŒ PUHH

méthode et les honteux procédai mis 80 mon veinent

contre nous, V Action française ]>ut revenir sur notre essaur. Le Correspondant avait comi olli-

citer nos répliques. Une fois lues, elle refusa de Les hier. Les réponses de Moreau parurent ches nous, et l'incident détermina l'entrée en scène d'un nouvel teur, libéral eonnu, ancien député, une des lumières de la démocratie chrétienne, alors directeur du Correspondant, l'îien qu'il usât d'un langage beaucoup plus distingué, M. Ktienne Lamy ne lut pas aussi habile que son collahon teur, car il laissa trop voir la pensée qui ;•■ inspiré l'agression. Avant lui, on s'était borné à signaler comme un « scandale » la pu de catholiqu

l Action Jrançaise \ il commit l'énorme maladresse de traiter par la prétention et la négligence absolues catholiques si nombreux, qui venaient de donner aux portes des églises un gage nouveau de Vaillance et de fermeté, Dans une phrase qui résumait toutes les prétentions

de sa pensée, M. Ktienne Lamy osa écrire qu'un rapprochement politique avec lui se réaliserait tout naturellement le jour où Les membres de l'Action française

déjà < amis delà tradition de leur pays et de la \ii.

dent i acquis sans réserva au catholicisme ». i Par cela seul qu'il ne leur suffira point d'être Les champions

du catholicisme et qu'ils en seront Les fidèles, les ///// Jetions de leur potftifUê se trouveront corrigées, car

elles tiennent toutes à ce que le catholicisme ne le- ;i

pas acore pénétrés... M. I am; ajoutait même :

qu il aura l'ait en VOB VOUS

ne seres pas moins monarchistes, mais l! ra pour

vous nn\vr chose qu'une fonc de la monarchie. Vous continuerai à préférer que toutes deux triomphant ensemble, mais vous comprendre! que Leur importance n'est pas égale.

L AGRESSION 105

Vous vous trouverez, par le témoignage intérieur de votre eonseience, d'accord avec les conseils de la papauté, avec la conduite suivie par les grands chrétiens de France, et l'unité que vous souhaitez et où vous prendrez place, se trouvera ainsi accomplie...

« Devenus croyants... ». Ainsi poursuivait bonnement M. Etienne Lamy. Si généreux que fussent les catholiques (Y Action française, ils trouvèrent que la mesure des insolences était comble. M. Lamy s'attira aussitôt une réponse que, naturellement, il n'inséra point : elle se recommandait par la forte évidence de sa teneur et par l'autorité de ses signataires, qui étaient M. l'abbé de Pascal, professeur à l'Institut d'Action française, le comte de Lur Saluées, président d'honneur de la Ligue d'Action française, Louis Dimier, secrétaire général de l'Institut d'Action française, le lieutenant de Boisfleury, alors administrateur de la Reçue d'Action française, Bernard de Yesins, alors président de la section versaillaise d'Action française. Notre revue publia cette page. J'en rappelle les points capitaux :

C'est à des catholiques comme nous, que vous prop< si légèrement l'hypothèse d'une conversion ! Vous annoncez un amendement de certaines doctrines politiques après :a conversion religieuse — de qui? D'hommes qui sont aussi catholiques que vous !

« Devenus croyants » à vous entendre, les chefs de l'Action française penseront comme vous . Nous allons bien vous étonner. Nous sommes croyants et autant que vous « acquis sans réserve au catholicisme ». Cependant, sur aucun des points où il vous plaît, à cette condition, de garantir notre accord avec vous, nous ne pensons comme vous, Monsieur. Ni sur l'union de l'Eglise en France avec la Monarchie française, ni sur la manière dont la morale s'associe à la politique, ni sur la démocratie, vos \ues et les nôtres ne sont les mêmes. Pour prouver qu'au point de vue catholique, M. Fidao et vous avez raison, vous vous remettez à l'ave-

106 PBBMIJEB1 Gl'EHitF. PUNK

DÎT. Selon vous, le jour <>ù nous mtihis convertis, n< >n^ avoueront que vous avez raison. Telle est votre preuve. Or

cette preuve est faite contre vous. Des catholiques, dm mbres dirigeants de V Action française, repoussent vos vues el celles de M. Fidao.

Peut-être demanderez vous comment cela peut se (aire quand M. Pidao <'t vous prétendes tirer «les principes catholiques la justification de ces vues. S il fallait une réponse provisoire à c<ia, nous répondrions que votre désaccord

avec nous procède des mêmes raisons qui, au temps où la France catholique tout entière se rassemblait autour du Maréchal, vous lirent, jeune député, voter pour Gambetta,

et prendre un rang, dont l'histoire se souvient, parmi les troiê cent soixante-trois. Dans cette rencontre. Monsieur, les catholiques de Y Action française (Missent été contre vous et contre Gambetta. Ils eussent été ainsi du point de vue catholique. Contre vous et contre Gambetta du point de vue catholique, ils eussent donné la main aux incroyants d'Action française. A un catholique comme vous, soutenant la politique de Gambetta, ouvrant la porte aux conséquences que cette politique nous réservait, ils eussent préféré, par

amour pour l'Eglise, l'alliance des incroyants ennemis de

Gambetta et de cette politique.

\<»> amis terminaient à peu près ainsi .

... Rien n'empêche (pie nous nous accordions sur le programme de 1 Action française avec des incroyants s ils sont réalistes en politique, tandis que ce programme repoi

les tenants des sectes dissidentes, toujours libérales, individualistes el en route vers l'anarchie. Les catholiques ennemis de ce libéralisme funeste sont à V Action française

chef eux. Cela, disons-nous, seproui tplique aisé-

ment. Ce n'est pas ici le lieu de L'expliquer. Quant à la

preuve de tait, celui de la signature au bas de cette lettre pourra suffire...

L'embûche des politiques libéraux était clairement

démasquée par la simple allusion au passe gambettiste de M. Etienne Lamy.

l'agression 107

Le passé anarchique des libéraux est toujours à recommencer. On le vit bien à la fin de cette année 1908 quand la question Thalamas se posa au Quartier Latin. Thalamas, l'insulteur de Jeanne-d'Arc, que l'Eglise allait béatifier, rallia tous les radicaux, tous les socialistes, tous les anticléricaux, plus les agneaux sans tache qui, suivant M. Marc Sangnier, plaçaient avant tout la haine des royalistes (1). Mais, sauf ces sillonnistes, tous les catholiques, tous les conservateurs, tous les patriotes se rallièrent à « l'Action française qui tenait le drapeau de la sainte de .la patrie : on ne vit contre Jeanne-d'Arc et contre nous que les sillonnistes, « petit groupe, étrangement obstiné, qui se dit volontiers catholique avant tout et qui se montre avant tout Vennemi de toute entreprise contraire au régime républicain » (2).

Le fruit de ces deux attitudes ne se fit pas attendre ; les deux groupes obtinrent chacun ce qui lui revenait.

L'année 1909, qui avait vu Thalamas giflé et fessé dans sa chaire puis expulsé de la Sorbonne, après onze semaines d'assauts méthodiques et d'émeutes organisées, cette année ne s'écoula point sans voir, sur les ruines du cabinet Clemenceau, Aristide Briand dans son discours de Périgueux proposer cette détente et

(1) Cette collaboration des sillonistes et des amis de Tlialamas est avouée chez M. Marc Sangnier. Il ne faut pas en parler comme d'une erreur passagère. C'est un article de leur programmetactique. La condamnation papale de 191 o n'y a rien changé. Dans leur journal la Démocratie, au numéro du 8 octobre 1910, page 2, colonne 2, rendant compte d'une réunion tenue au Quartier latin, on lit : « Vingt affaires sans doute furent évoquées. Jusqu'à cette seconde affaire Thalamas en Sorbonne, où nos amis combattirent à côté des républicains radicaux, qui les expulsèrent ensuite de leur fédératiom. »

(a) Lucien Moveaa. Réponse à MM. Pierre et Lugan.

10K l'HEMIKRE GUERRE PUHIQU1

cet apaisement que, plus tard, il confessa Loi avoir t '■!<'• arraches par la force de notre assaut (i).

Symétriquement, comme en exécution d'une constante de l'histoire, les membres de la Fédération républicaine pour laquelle Sangnier avait trahi Jeanne d 'Arc an Quartier latin, L'expulsèrent sans autre forme de pro ainsi trente ans plus tôt, les vrais républicains qui avaient utilisé l'autorité, l'activité, L'éloquence de M. Etienne Lamy contre le Maréchal, une fois niai de la place, le rejetèrent comme un pauvre cil pressé.

Les premières attaques contre Y Action française oui été inspirées par la politique, et quelle politique !

i I*n censeur qui décls mltat des campagnes de r Ac-

tion française « moins que. médiocre » néglige dru noter, par exemple, cette conséquence certaine incontestablement ave Voici le textr officiel des .'<\' u\ de Briand : « Par suite de constances lâcheuses on n'est pas 1> maître des événements, même quand <>n s !<• pouvoir), indépendantes delavolonl membres du Gouvernement d'alors, des difficultés gra avaient surgi teindupavs; le pays ■rail ten-

dus; une campagne ardente de discrédit se faisait eonto régime parlementaire, contre les institutions républicaines. Et il tant bien convenir que l'opinion, mécontente pour des raisons Injuste n, si nous voulez, mais mécontente, ne faisait pa une atmosphère d'hostilité suffisante a eetti m contre

in République. On voyait chaqn ■ Jour les i de Justice envahie par des bandes désireuses de violence •( de sordres ; on voyait des statues de républicains intègres tt di$ de notre vénération, maculées, insultées } ou sentait que la l'ataille électorale allait se passer dans cette atmosphère d*hosti lit** - Les travailleurs s'écartaient du parti républicain, le I semblait devoir républieains et es

profond qu'il semblait Impossible I combler.

« Alors, j'ai eousid. : |>r< m et devoir du G

do mt nouveau, c'était de lanoer au pays des paroles

corde. . >< DiSOO BTS nu Ihuvj; WSd, M OOtobre ;

FEUILLETS ANONYMES — « AVEC NIETZSCHE, A L'ASSAUT DU CHRISTIANISME » — M. LUGAN

Pour connaître la vanité intrinsèque de ces attaques il suffisait d'une rapide enquête faite loyalement sur des données exactes. On en jugera par l'expérience d'un jeune ecclésiastique, grand lecteur du Correspondant : M. l'abbé Léon Jules avait pris la plume pour réfuter nos réponses; toutes recherches opérées, textes vérifiés, pièces lues et comprises, il déclara nous faire justice en nous donnant raison. M. l'abbé Léon Jules a lui-même conté l'histoire de son erreur rectifiée (i).

La direction du Correspondant elle-même avait dû faire droit à certaines vérités évidentes et en donner acte aux représentants de Y Action française sur un certain nombre de points. Par exemple, ceci :

...Lorsqu'ils ont parlé du privilège de l'Eglise, MM. Maurras et Lucien Moreau n'ont pas entendu s'ériger en arbitres des droits de l'Eglise, mais bien indiquer que le devoir et l'intérêt de l'Etat seraient d'offrir ce privilège à l'Eglise sans prétendre d'ailleurs le lui imposer. Dans leur pensée ce pri-

(i) Revue catholique et royaliste, 1912, 1913.

110 PREMIÈRE OUERRE 1MNIQUE

vilège n ;i rien de contradictoire avec la liberté de l'Eglise, niais bien avec légalité des cultes qui. surtout dans un pays en grande majorité catholique comme la France, ne peut, suivant eux, que compromettre cette liberté.

En ce qui concerne les tendances religieuses de Y Action française, à la suite d'explications loyalement échangées et qui ont dissipé tout malentendu, nous ne faisons aucune

difficulté de reconnaître que si le Directeur de la Revue, ainsi qu'un petit nombre de brillants écrivains, ne sont pas des croyants et l'avouent eux-mêmes sincèrement, 1 immense majorité de leurs collaborateurs et de ceux qui dirigent le groupe ou adhèrent à ses doctrines politiques sont 1res fermement catholiques. A Y Action française, les catholiques ne sont pas seulement le nombre, et, parmi les maîtres qu'ils se plaisent à citer, il en est, dans le pal comme Bonald et J. de Maistre, dont le caractère catholique est évident, et, dans le présent, dont la notoriété catholique n'est pas moindre.

Nous en disons autant des conférenciers envoyés de Paris en province et qui tous, nous le savons, sont de très termes catholiques. Parmi eux il en est que personne du Correspondant ne peut avoir été suppose vouloir oflrnser, car l'un est prêtre, trois autres ont brisé leur carrière ou leur épée par fidélité à leurs convictions religieuses et tous ont combattu ou soufïért pour leur foi.

Les uns et les autres nous ont d'ailleurs affirmé qu'ils professent un égal respect pour l'Eglise et pour son chef, le Souverain Pontife; que, bien loin d'avoir des arrière-pensées de gallicanisme, le souci qu'ils ont de l'intérêt français, sans parier de raisons d'un autre ordre, leur a toujours fait repousser cette erreur jadis funeste à notre pays; qu'enfin, la seule Eglise qu'ils reconnaissent comme catholique n'est et ne sera jamais que l'Kglise romaine.

Le débat, cette fois, est définitivement clos fi).

Clos ici, le débat devait se poursuivre au dehors du Correspondant.

(i) Il faut se reporter pour tout ce débat au Correspondant des eo décembre 1905, 10 décembre i^*»;, h» juin et aâ juillet 1908, à la revue <l Action francaisr ds deuxième semestre de i»h>: et de tout iyo8.

La naissance de notre journal quotidien m, la victorieuse offensive de nos vaillants amis les camelots du roi, étaient venues enfler les griefs de nos ennemis politiques. Les journaux concurrents, les orateurs rivaux, le spectacle des foules de plus en plus nombreuses rassemblées par nous chaque jour stimulèrent aussi la nouvelle attaque. Autre excitant, rapproche des élections. On était en 1909 : comme les agressions actuelles arrivent à la veille des élections de 1914 et comme, au moment de l'agression du Correspondant, on était à la veille des élections de 1906, les élections de 1910 pressaient les conservateurs libéraux de se débarrasser de nous autant que possible, au plus tôt.

Les faiblesses et les impuissances auxquelles nos progrès faisaient honte, se figuraient parfois avoir été frustrées du laurier quelles n'avaient même pas rêvé de cueillir, tant la branche paraissait haute, tant l'effort, même en imagination, les avait toujours effrayées ! Mais elles n'ont pas hésité à concevoir ni à exécuter la honteuse manœuvre dite des « feuilles anonymes » ?

Il faut en marquer le moment. Dirigée par Pujo, Maxime Real del Sarte, Gaucher, Lacour, Marius Plateau, la jeunesse à! Action française était alors en bataille contre le maître de l'Université qui avait dénoncé « la Jeannolatrie » . En bataille non pas avec des mots ni des bulletins de vote, mais avec des poings et des cannes, dans les rues du Quartier latin. Ce service public leur méritait quelque dix mille jour de prison. Lucien Moreau y fut blessé et j'eus l'insigne honneur d'être conduit au poste. A cette heure précise (2), ac-

(i) 21 mars i9o8.

(2) Cette coïncidence inspira au Comte de Lur-Saluces une vibrante protestation qu'on trouvera à l'appendice. V ; Pire que les Juifs.

112 PKEMIÈRE f.L'KlîHl- 1MNK

coururent, comme au secours de Thalamus, de petit i

feuilles MM QOBQ d'auteur ni d im, r:ni< ur sur lesquc] 1rs on avait entassé ce que Montesquiou appela paiement les textes pour nous pendre, textes tronqi ou mutilés, i défigurés, textes groupés soui

titres plus fallacieux <>t tendancieux les uns que Les

autres j»our en dénaturer le sens et la portée, tei originairement tirée de nos ouvragée, assis qui parai

eut avoir l'ait un certain séjour dan; l<s archives de

l'écrivain de nationalité composite introduit quatre années plus lot au (lovrespondant et qui pouvait ainsi s'applaudir de continuer la mission traditionnelle de L'Etranger diviseur de notre patrie.

Il faut cependant reconnaître qu'il y avait pn dans L'audace et 1 ampleur de la falsification.

L'auteur anonyme, que nous avons su depuis être notre compatriote, y avait remplacé la cautèledu Levantin par une sorte de ftiri/i franeesc dont je veux donner au moins un exemple recueilli par Lucien Moivau ci il i!e Montesquiou. Un texte destiné à nous convaincre d'évolutionnisme moderniste est reproduit jusqu'à trois fois dans les feuillets anonyme

Voici d'abord la transcription littérale de ce texte, tel

que nous le voyons attribué a .Maurras dans les séries l,

a et 5 :

<( Quand nous nous disons catholique*^ il ne sa il pas (M

es tradltionnaliême grossier qui formule : ■ Nous a>.

été Catholiques, noie 1<- serons tOUJOUTS . connue si 1

lu i ion religieuse, le changement de religion étaient

.. phénomènes tout à fait inédits, sans exemple dans L'histoire .. OM m: Titvni PLUS Q1 i m question de l'ai! i

Ce texte serait manifestement conforme, ainsi que le

Compilateur le note dans sa ileux'n me série, à cette pi> «position condamnée parle Sytlabus et d'après laquelle la lut ion divine est imparfaite et pur conséquent sujette à un

progrès continuel et indéfini de la raison humaine. Il serait en revanche pour ce qui concerne l'auteur, contraire à la vérité, puisque Maurras ne peut se dire catholique, et en ce qui concerne le fond, à la doctrine de Y Action française, où l'évolu tionnisme est peu en faveur. Et si cela ne peut guère étonner un lecteur insuffisamment informé sur Maurras et Y Action française, cela est certes fait pour surprendre quiconque a pu nous connaître.

Reportons-nous maintenant au véritable texte de Maurras, et lisons-le tel qu'il figure à la page 255 de notre numéro du io mai 1906 :

« Je parle du catholicisme entendu et interprété dans sa stricte rigueur, il ne s'agit point de ce traditionalisme grossier qui formule : « Nous avons été catholiques, nous le « serons dès lors toujours »>, comme si l'évolution religieuse, le changement de religion, étaient des phénomènes tout à fait inédits, sans exemple dans l'histoire. Il s'agit de tout autre chose : de quelque chose qui démontre que, en politique ou en sociologie, toute séparation d'avec le catholicisme, bien loin d'exprimer un progrès, décide un recul, on ne traite donc plus d'une simple question de fait. Cest de savoir quel est, quel a été et quel peut être le meilleur fait, le fait le plus heureux et le plus favorable, que nous nous occupons ici. »

Notre censeur, on le voit, n'a pas reculé devant deux ou trois faux matériels et plusieurs suppressions également frauduleuses pour faire dire à un texte de Maurras exactement le contraire de ce qu'il disait. Maurras ayant pris soin de spécifier que le catholicisme dont il va parler est « le catholicisme entendu et interprété dans sa stricte rigueur », on commence par supprimer un avertissement si gênant par sa netteté. On le remplace par un « quand nous nous disons catholiques »> aussi vague qu'il serait absurde sous la plume d'un incroyant. Ou supprime un « dès lors •> qui montrait que Fauteur critiquait, non point la fidélité catholique, mais ceux qui la justifient uniquement par la tradition. On supprime ensuite une phrase trop explicite, qui montrait qu'aux yeux de l'auteur la question du catholicisme est tout autre chose d'une « question de fait » . On n'a plus qu'à remplacer la phrase où cela est dit en propres termes (« on ne traite donc plus d'une simple question de fait ».) par une phrase

11 i !'I!i:mii:re guerre punk

d'une signification diamétralement opposé,- (M DS b doue plus Ql DM question de fuit ■ ». On néglige, bien entendu, lu ph—ff suivante, où la question est posée da

Savoir I l\\\r\ est, quel i éU et (fliel peut être ». lion le fuit,

mais ■ li* meilleur luit », Si ou il upparaît donc de la fa

lu plus éclatante que le point de rai de afansras est in

untipodes du point de vue « cvnliilionniste . L'Opération n ssl pas plus dilieile, et ls tour est joué : dira- 1 on que i par inadvertance ?

Comme Lucien Moreau l'ajoute fort bien, il y n dans ces falsifications énontées un précieux témoignage : pour réussir a rendre nos écrits odieux, la preuve en est faite, il faut les falsifier.

L'autorité du colonel de la Tour du Pin avant été- for« mellement invoquée contre nous dans un des feuillets anonymes, l'auteur hautement respecté de W/.s un ordre social chrétien me fit le grand honneur de m adresser une protestation dans laquelle on lisait i

Il n'y a pas d'oeuvre humaine qui as souffrirait de l'épouillage auquel se vous cette publication dépourvue de fierté. Mais puisqu'on s voulu dre? de mes faibles ailes de quoi (aire voler une Sèche contre V Action française^ j'y prends

l'occasion de m'oxpliquer sur cette action, vraiment bien française, que vous menés au grand soleil.

Je constate d'abord que vous n'y engages d'autre responsabilité que la vôtre et celle de vos ass ms ménager

vos personnes : et cria déjà commande le respect. Ensuite,

quelques coups plus nu moins assures que vous échang

dans une mêlée hcvitable on pays ■ ahuri », comme disait Le Play, vous tenei haut le drapeau sur lequel vous av.v

inscrit non seulement la restauration <lu trône, c'est-à-dire

de In liberté do l'r.tat, mais celle de toutes les autres libertés

publiques qui ont disparu depuni la proclamation «le la

liberté individuelle : lu liberté de IT.-lise, celle de l.i Province, celle de la Commune, celle de lu Profession, celle de

i Action /rnixaiar quotidienne .lu ») j;nn

c.ii. tries Maure

la Famille. En cela vous montrez une conception du bien public plus complète que ne le sont toutes les revendications particulières de l'un on l'autre de ces biens essentiellement solidaires ; et pour cela vous avez rompu avec le principe absolu et souverainement anti-social de la souveraineté du nombre dont la masse de ceux qui en pâtissent ne sait encore se dépêtrer. Aussi j'aperçois dans votre œuvre, et dans elle seulement, la voie du salut bien repérée, et fje ne saurais me laisser associer à une complicité anonyme contre cette œuvre, n'ayant jamais manqué de signer tout ce que je produis du nom de votre serviteur affectionné.

« La Tour du Pin Chamblv •> .

En lisant l'appréciation du noble vétéran, l'auteur des feuillets anonymes dut s'apercevoir qu'il avait été bien mal conseillé. L'honneur n'oilrait qu'une retraite, il s'y jeta ou s'y laissa jeter, se nomma ou se laissa nommer : c'était M. l'abbé Pierre... Déjà! J'ai fait connaître au début de ce petit livre comment M. l'abbé Pierre nous cite, comment il nous lit. 11 ne me restait qu'à montrer comment il s'est d'abord présenté à nous et sous quel masque de compilateur sans aveu.

On excusera cette rigueur. Xi le mépris public, ni le sentiment de la justice ne sont capables d'émouvoir M. Pierre. Il reparut quelque temps après avec une brochure délirante intitulée Avec Nietzsche à Vassaut du Christianisme, dans laquelle il recueillait le contenu de ses premières feuilles à peine expurgées des mensonges les plus grossiers, mais aggravées de confusions nouvelles, en évitant de s'expliquer sur les nombreuses falsifications qui lui avaient été publiquement reprochées.

Son titre était risible. Avec Nietzsche ! Je me suis toujours opposé à ce Nietzsche, et ceux de nos amis qui le lurent jadis avec un peu de complaisance pourraient

1 i«*. l'ItlMILIlE r.lRRRK IM M'

définir leur sentiment, déjà modifié, d tpri m< -

qu'employa Jacques Bainville, en réponse à nneencji] Littéraire sur l'anarchiste allemand :

Nietzsche roi révulsif I beaucoup de y nni i

bommes qui Appartiennent à ma génération. Il l<s — et ils en ava'n nt souvent besoin I B'aflranchir de Kous- • .m et <I<- Kant, à rejeter la religion des Droits de L'Homme. Cette sort.- «le Voltaire barbare administre ans médication violente et •ommaire, propre toutefois I léuaiir dans Les cas graves, comme celui «l«s Jeunes Français qui lortent de notre Université. Nietssche est l>«>n pour eommnniqneT le mépris «lu fanatisme <-t de conformisme républicains. A<hli<> (ira nnrns, répète, à radresai des idoles <l- i;s" et de nos dogmes d'Etat, Le lecteur qui l'a compris.

Quant u Lecteor qui se ferait Nictaschéen et I la lectrice qui se ferait Niet/.seheenne ,y n est bien évident qu il faudrait éviter «les animaux aussi dangereux. Nietzsche ne me parait utilisable que pour une inaicutique «lu premier «l- gré. I Se < h rmain honteux, enragé <1<^ littérature françaj

entrouvre les routes de la raison et rend hommage à la

véritable supériorité <l«- L'esprit, (".'est un Allemand du wiir si, -rie (jui s'incline devant 1«- génie français. Nietzsche i si un témoin de la primauté politique et intellectuelle que

nous avons possédée jadis en Allemagne Sa Critique de la <■ Kultur i allemande forme la partie essentielle de son

œuvre. On y trouvera une justification supérieure «lu natio-

nalisnie fiançais.

Si maintenant «m me permet «le remonter le DOOTS «l«v

Ninut ans. une page «le m«m premier livre marque Le souvenir de la rencontre initiale avec 1 auteur de /<ira-

thouêtra. En voici le texte

l.st il possible, I <|U«' vous n< eonn.i

Niet/seii, ■•.• Mais e, tait la première 1«>N que j'entendais ce nom. Ce Nietzsche est nu Sarmate ingénieux, éloquent et assez inbtil. Quoique d'esprit blsarre, il n'a pu lire sans profit notre Platon Cependant r effroyable désordre <l«' sa

pensée finit par le conduire à un anareliisine orgueilleux. Sa

naissance l'y destinait. Fidèle à cette barbarie, il est même devenu fou. J'ai tenté, au contraire, les triomphes de la raison.

La vogue de Nietzsche dans les années qui suivirent ne me réconcilia point avec le Sarmate. J'approuvai une fois un jugement de lui, dur, mais exact, sur Sainte-Beuve (i), Une autre lois, chargé de rédiger une note préliminaire (2) sur un écrit d'Hugues Rebell, j'eus soin de marquer que dans la mesure où quelquesunes de ses idées venaient de Nietzsche, elles étaient à l'antipode des nôtres: « ... A côté de nos idées-mères, les pages qui suivent proposeront d'autres idées toutes contraires qu'il serait équitable d'appeler nietzschéennes» (3).

(1) Trois idées politiques, p. 37.

(2) Revue d'Action française, i5 août 1906.

(3) M. Hoog, qui tire argument de cet article de Rebell, s'est bien gardé de mentionner cette note, pourtant inscrite en tête de l'article. Quand on le] lui fit remarquer, il répondit dans la Démocratie :

« Nous n'hésitons pas à dire que nous regrettons que cette note ne nous ait pas été communiquée en même temps que l'article de M. Rebell. Nous en aurions eu connaissance, que nous l'aurions publiée... »

Vraiment? Quelle bonté! Nous n'aurions pas été des faussaires! C'est d'ailleurs à savoir... Mais il importe peu. Ce qui importe, c'est l'aveu. L'aveu de la façon dont M. Hoog avait travaillé contre nous. On lui « communique » des articles ou des morceaux d'articles et il projette là-dessus commentaires, taux sens et injures.

Par quelles mains ont été réunis ces matériaux?

M, Hoog a réitéré le regret « de n'avoir pas eu connaissance » tandis qu'il composait «sa brochure », « de la note concernant l'article de M. Rebell ». Or cette « note sur l'article de Rebell» précédait cet article. Elle a paru avec lui dans V Action française du i5 août igo5. Si M. Hoog avait eu cet article sous les yeux, il y aurait également vu cette note.

Mais l'eut-il comprise? Son commentaire, après l'erreur découverte et avouée» marque suffisamment qu'il n'eût pas su la

118 PRl MIKIU- MJIRU PT'NIf-

Antérieurement, dans YKnqnrtr sur la Monarchie [(,(>() rencontrant ce nom que l'on prononçait à pro-

DOf «l'un ami, j'avais écrit :

Quelques niais le prendront pour un disciple de Nietzsche, mais tous les esprits Informée savent que ce Germain

mâtiné de Slave n'aura jamais été que notre condisciple. 11 a été à la même école que nous et né, comme ce pauvre M. de Pressensé, de protestante barbares et pénétré «lu suc d'abondantes sottises, Nietzsche n'a pas toujours comprie

très bien ce que nos maîtres lui enseignaient. Nos jeunes

Français l'ont déjà dépassé, amendé et j'espère qu'ils le feront vite oublier.

Dans une autre occasion, à la Gazette de France^ Lee

nerfs s'en étant peut-être mêlés, il m'arriva de în'ein

porter jusqu'à Le traiter nùment de polisson. Néanmoins, à V Action française personne ne prétend découper tous les goûte suc le même modèle, il nous plaît même de régler nos différends par un procédé de discussion et non de suppression brutale; plusieurs d'entre nous prirent la défense de celui qu'ils nommaient familièrement le bon barbare ou le barbare utile, limitant d'ailleurs cette utilité à l'enceinte de

l'armoire aux poisons, qui s'appelle une pharmacie 1

lire. Nous (lisions que [es » Idées alctiehéonaes > étaient des idées foules contraires à • nos Idées-mères . M Boog traduit:

i Si \ Action front aise, une fois en passant, a pu écrire qu'elle

repoussait les idées nietsohéennes... »!

<i .Nous disions dans ['Action française de S9 juillet :

• V Action ff<incaisc se n mira le témoignage <|ii'elle a toujours

tout l'ait pour sauver ses unit de ses edmirationa pleines de danger : l'absurdité eabriolsnte ou pittoresque d'un Carlyie, d'nn Nietssehe et d'un Gobinean peut diTertir Leblbliothéeaire on le pharmacien, car oes théories la sont drcMes », d'une part, et peuvent, d'autre part, rendre des I oertsinei Intelli-

gences malades 11 les n'en s. ml pas moins des substances phar-

maoentiqnes à enfermer soigneusement dans l'armoire os l'on met hydrargyre, strychnine et assu fœtida. Biles pourronl

On apprécierait les résistances que suscitaient le nom et la pensée de Nietzsche à Y Action française par le tour, par l'accent de certaines paroles de Pierre Lasserre, chaque fois qu'il introduisait son héros avant de le soumettre à l'examen de sa critique : t Concevez l'utilité de Xietzche. Je vous demande même un peu de initié », disait-il, « pour la crispation de ce beau visage » i . Cela n'empêchait pas Lucien Moreau d'appeler Nietzsche un prophète d'anarchie et le nietzschéisme un aboutissant original de l'esprit réformé (m). Ces échanges de vues ne sont pas d'une officine de nietzschiens.

Pour toutes ces raisons, il m'aurait paru tout au moins ridicule de me défendre de l'accusation de nietzschéisme. Pourquoi pas de tolstoïsme? Quant à dépouiller les textes de M. Pierre, tout me manquait alors, le temps et la force. Plus actifs, mes amis Lucien Moreau et Léon de Montesquiou se dévouèrent à souligner les principales erreurs et sottises de ce libelle. Leur brève

vir à médicainenter les moins détraqués de nos adversaires. Il y a mieux pour alimenter nos amis. Il y a les troupeaux de nos pâturages et le froment de nos labours, les fruits de nos vergers et les plantes de nos jardins. Notre éducation politique peut se faire entre Montluc et Bossuet, le Loyal Serviteur et Joseph de Maistre, Auguste Comte et Richelieu. S'abstenir des empâtements et des radotages barbares, fussent-ils amis ou voisins de la vérité, est d'autant plus facile qu'on peut joindre à tant de leçons pures, lumineuses et fortes, l'exemple continué des quarante rois qui, en mille ans, ont constitué le pays. Ne désapprenons pas ce qu'ils nous apprennent si bien. Ne gâtons pas ce que leur art a disposé dans un ordre si beau. ■

(i) Lasserre, dont l'abbé Pierre a ridiculement falsifié les anciens commentaires de Nietzsche, s'est expliqué avec beaucoup de force et d'entrain dans l'Action française du 2 novembre 190'j et du 17 septembre 1911.

a Revue de l'Action française du 1 ■ juin 1903. — Cette question de Nietzsche à l'Action française est très justement élucidée et réglée par le Père Descoqs, Autour de L'Œuvre de Ch. Maurras, a* édition, pp. 39a et suiv.

120 PRBMiimi ausRsi punique

et substantielle brochure ■ mérité <le devenir classique a V Action française.

Ce travail décisif contenait aussi une réfutation méthodique des imaginations, plus discrètes, mais à peine moins déraisonnables que venait de publier vers le même temps M. Lugan. Mes amis mont l'ait lire à la page 106 du livre de M. Lugan ces lignes qui me sont destinées :

Quand on écrit : ■ La vertu est bien belle. De grands saints D ont pas cru qu'elle lût capable de trouver le chemin du ciel toute seule. A plus forte raison est elle insuffisante sur la terre dans les complexités de la vie politique. • {Dilemme de M vite SANGiflER, Action française, l5 août igo4, P- 2 Que veut-on bien dire? Quels sont OSS grands saints qui n'ont DUS cru qu'il lût donné à la vertu de trouver le chemin du ciel toute seule i ? Si cela signiiie que la vertu doit être aidée, protégée de Dieu et des hommes, <>n a raison, mais peut-êtref!) sous entend-on, logique avec les principes (! !) que la vertu, la pratique des [ois inorales qui commandent tous les actes humains, n'est suffisante ni pour trouver le ciel, ni pour surmonter les difficultés de la vie politique, fin

d'antres termes les nécessités sociales et civiles ne sont pas

compatible* avec les exigences de la morale et de la vertu. Sans entreprendre d'accorder cette extraordinaire

cascade de conséquences dépourvues de lien rationel, je

me suis reporté à celle de mes pages, qui a la lourde responsabilité d'avoir suggéré ce vagabondage d'imagination. Le morceau que m'emprunte M. Lugan est précédé de Lignes qui les expliquent et qu'il faut montrer à leur place :

La perception de l'intérêt général, qui suppose de la vertu

(I) C'était une allusion à la parolfl dfl Saint 1. titée

précédemment : • Priei Dieu comme si vous ne oompties pas

sur vous. Travaillez comme si vous neeomptiei pas surDi'

et du talent, mais aussi une qualité impersonnelle, cette compétence, qui résulte d'une longue évolution économique et historique réelle....

La vertu est bien belle. De grands saints n'ont pas cru qu'elle fût capable de trouver le chemin du ciel toute seule. A plus forte raison est-elle insuffisante sur la terre, dans les complexités de la vie politique.

Je disais insuffisante et M. Lugan me faisait dire incompatible. Et, à la page même où M. Lugan croyait pouvoir me faire « sous entendre b que les nécessités sociales étaient « incompatibles » avec les exigences de la morale et de la vertu, j'avais posé, dans le passage qui précédait immédiatement le tronçon par lui détaché, que « LA PERCEPTION DE L INTÉRÊT GÉNÉRAL SUPPOSE DE LA VERTU I !

Pris la main dans le sac, il a écrit, dans une brochure nouvelle, on ne sait quelle paraphrase intrépide pour tenter de se rattrapper. M. Lugan ne parait point se douter qu'une aventure pareille disqualifie.

Sa nouvelle brochure n'a rien opposé aux premières réponses de nos amis (i). Elle se contente de reproduire indéfiniment les erreurs de fait qu'on lui a signalées avec une patience extrême, les altérations de textes dont il ne semble pas avoir saisi la valeur, les confusions d'idées qui font corps avec son esprit. Un modèle si pur devait provoquer les imitations. De nombreux champions se mirent en ligne. On ne compte pas les revues, les journaux, les simples prospectus qui furent lancés contre nous avec la même obstination dans la calomnie et le faux. Parfois, quand un événement comme la crise

(i; Les réponses au livre de M. Lugan ont paru tout d'abord dans la Revue d'Action française. Quand elles ont été réunies en brochure, leur avant-propos s'est borné à juger la fastidieuse réplique de M. Lugan.

IJ'J I'RKMIKRIl (iUEHRE ri'Mon

royaliste de [910 paraissait deyoir aboutir à étouffer

notre voix, l'attaque ralentie Semblait SUfiSi Languir.

Mais, qu'un vif succès se dessinât, somme en 1911, quand nous arrachâmes le juif déserteur Henri Bernstein ;i la Comédie Française en six belles soirées de soulèvement parisien, 00 comme en 1913, quand 1*' .1 Worms prononça contre moi la condamnation inique et absurde qui sse valut un véritable triomphe moral, tout aussitôt les petits papiers recommençaient à voleter, par enchantement et de toute part, en épais tourbillons. On n'a jamais pu découvrir d'où venait L'argent. Nos lecteurs ligueurs et amis en conçoivent parfois une impatience irritée. Nous en gardons une sérénité

parfaite, ayant même lini par n'y plus prendre garde, que le trait soit Lancé par an écrivain aussi remarquablement illettré <pie M. Georges Hoog on par quelque suppôt de M . .Judet, comme l'auteur de la mystérieuse brochure parue à L'imprimerie de L'JSWair, ce nommé Fabien Ghalenave, qui écrit paisiblement : • Le fond

de la pensée de M. Maurras est cpie Léon XIII est un

pape protestant et juif 1. (1)

Mais il convient de tourner la page «'il l'honneur de

L'homme de talent fourvoyé dans ce pale troupeau.

1 < )n peut voir dans m:i Politiqw religimtt oit. n du livre m ce «pic j'ai dit du pape Léon MM. <:<■ Fabien Caa< Lenave, ;'■ force d'impudence, aurait mérité, ^<>n chapitre. 11 eal nn peu trop sut C'eal Lai qui ■ écrit : ■• Pour dégoûter lî.Miic il t'agit du Vatican de La centralisation, M Maurras ;i pris Le parti de la Qatter : aussi nous parle t il de ton horreurbien connue de Vabut de pouvoir. Mais 6*681 bien mal flatter on pouvoir abaolu que de lui parler d'abua depouvoir.il n'y ■ d'abus (i«- pouvoir que Là <»u i<- pouvoir n'eal p;>s absolu En vérité? Ce Pabien Cbalenave rail penser aux raisonne menta de M Etienne Lamy.

Page 1