‹ L'Action française et la religion catholiqueChapitre 21 sur 46 · ACTION FRANÇAISE I ET LA MOUAIX · texte numérisé non relu

ACTION FRANÇAISE I ET LA MOUAIX

« Il est vrai que, nominativement, M Bazin1 n a ]i;is

été condamné. C'est le gérant de La Libre Parole, conformément à la procédure en usage. Mais 1<' gérant d'une feuille poursuivie ne l'ait que tenir la plaça du directeur du journal et de l'auteur de l'article et. s il y a emidam nation, elle est j»our ceux-ei. Or, dans L'espèce, Le directeur de la Libre Parole et l'auteur de l'article

auquel M. Kocafort répondait, étaient une aeul même personne : M. Henri liazire. i Mais M. Henri Bazire avait le plus vil Intérêt a

donner le change aux lecteurs de la Vendée catholique : nous sommes a huit mois des élections, et M. Basira a par là-bas une vieille candidature en souffrance.

Toujours la i conscience dans la tiroir ■ ! On L'en tire

pour la parade des grands scrupules.

Qu'il s'agisse de discussion ou d action pratique, nos réprobateur! se montrent les plus déloyaux, les plus tortueux et les plus perlides des hommes. Leur vertu ne se retrouve jamais que pour nous llétrir.

Quant ace qui est des achats de conscience, le plaisant est qu'abstraction laite de la v;mité du texte invoqué.

lequel nest rue me pas de /unis, osa moyens corrupteurs,

dont on nous reproche de conseiller l'usage, ont toujours été la hantise du inonde eonservateur libéral, mais ont toujours été désaVOUC* par ROUI en tant que moyens principaux. Il suffit de feuilleter le petit Manuel que j'ai écrit avec mon eininent ami l'historien Henri Dutrait-Oozon sur le point de MLToir Si le coup de force est possiols, pour J trouver notre pensée en termes nets. 11 v est dit en toutes lettre

Les conservateurs se montrent bien légers quand Bs rent que, dans certains cas, tont p<"< rédoir» a un

marché Qnan< n r. Non. Qui reserve sa contianco à L'unique

pouvoir de l'argent court grand risque d'être déçu. Cette obsession digne d'usuriers juifs ou d'écumeurs parisiens n'a rien de politique. L'argent est bien la plus efficace des ruses. C'est aussi la plus vaine. On ne fait rien sans lui ni avec lui seul et, pour l'utiliser, il faut les cerveaux, les cœurs et les bras. Quelques-uns de ces bras doivent tenir le 1er. La mono manie du moyen financier conduirait à beaucoup dépenser pour n'obtenir que des complications dangereuses. La propagande (qui ne se fait pas sans argent j importe beaucoup plus que l'emploi direct de l'argent à la réussite du coup de force. Quand Henri IV acheta les chefs de la Ligue, ce fut après les avoir vaincus. Il était trop subtil pour leur offrir grand'chose avant d'avoir prouvé sa force, ses adversaires étant trop à l'aise pour le jouer.

Et plus loin, en réponse à un journaliste conservateur qui préconisait en tout et pour tout la formation d'un trésor de guerre de 4° millions :

L'expérience montre qu'il faut le répéter : l'argent est nécessaire, mais si l'on s'en tenait à l'unique souci du moyen linancier, on n'aboutirait qu'à des complications dangereuses. L'argent tout seul ressemble à la diplomatie réduite à ses propres moyens : telle, par exemple, que la pratiquait M. Delcassé, qui « manœuvrait » l'Empereur et le grand Seigneur, sans se mettre en peine d'un appui militaire. L'argent ne représente la force qu'à la condition d'être doublé et secondé par le fer.

En note de la page où nous effleurions ce sujet délicat, nous faisions même constater et toucher du doigt que la doctrine de la corruption était conseillée par un publiciste hostile aux idées de Z'Action française et que les rédacteurs de l'Action française lui répondaient par une doctrine tout à fait différente.

On dit, il est vrai, qu à la ruse, nous préférons la

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force et les moyens de sang, comme il et! trop - » • n - 1 1>I <par L'inhumanité de nos polémiques...

Quelque jour, en glanant à travers la presse contemporaine, le paradoxal érudit qni voudra bien se souvenir de noua pourra se récréer a nourrir deux dosa contradictoires des éléments de notre < I « m 1 >I«» réputation.

Dans 1 un, figurera L'hommage, unanimement rendu par des adversaires venus des points extrêmes de L'horizon politique, à ce que l'on veut bien appeler la modération raffinée, parfois i «le notre discussion et Le grand soin avec lequel nous nous appliquons a moucheter La pointe «le nos idées de peur de blesser Les

personnes L'autre dossier, parfois cueilli aux mèneplaces, formé d'opinions souvent tombées des mêmes plumes, exprimera sur Le même homme, exactement L'idée contraire : brutalité, violence, demi-cruauté ! Si le collectionneur est un imbécile, il terminera en demandant comme L'autre : est-il bon ? est-il méchant? Il conclura peut-être en disant : l'un et l'autre. Mail le scoliaste joint à L'intelligence quelque loisir, avec Le

j^oùt des travaux compliqués, il aura bientôt en main

La clef du contraste a'il observe que nous avons raisonne argumenté, traité en poussant au delà des limites du concevable 1< lurces de la conciliation aussi Longtemps que ces procédés nous fuient possibles dans chaque cas donné; mais, une fois que l'antagoniste nous a privés des plaisirs de l'arme court" nous axons manié de notre mieux celles qu'il nous ;i avaix

Cher Monsieur, cher ancien Contradicteur courtois

qui vous plaignes de nos violences, pourquoi oubliezvous que «est vous qui, Le premier, avea d. : fous n'avons fait que rous suivre. Au beau langage do

idées avait succédé grâce à vous l'œuvre matérielle de l'imputation mensongère ou de la manœuvre perfide, qui s'efforçait de mettre en jeu notre personne : nous avons réjDondu en découvrant la vôtre. Vos agressions personnelles ne nous ont pas l'ait grand mal, c'est un fait. Les nôtres vous ont parfois percé jusqu'à l'âme, c'est un autre fait, car vous avez crié alors que nous avons ri. Nous n'aurons pas la prétention d'en déduire que vous étiez plus vulnérable que nous, mais dirons simplement qu'il aurait été facile de ne pas entrer dans la voie qui vous a été douloureuse.

On pourra faire ainsi l'histoire de nos relations avec M. Faguet ou avec M. Judet, par exemple; on a vu plus haut le cas de M. Fonsegrive. Pour un troisième, son aventure est citée tout au long dans mon livre le Dilemme de Marc Sangnier.

Il y a deux Marc Sangnier dans ce livre : celui qui exprimait devant nous le goût des idées, le désir de mener avec notre concours des campagnes d'assainissement et celui qui, sans même se rendre compte de l'énormité de ses dires, nous enveloppait aussi naïvement que publiquement dans la complicité dune tentative d'assassinat. Il nous a fait changer de ton. Mais à qui la faute? De qui venaient l'inhumanité et la discourtoisie? Qui nous a forcé à qualifier une calomnie ? Marc Sangnier qui multiplie les épithètes aussi facilement que les déloyautés, se rebiffe et pleurniche toutes les fois que celles-ci lui valent d'être désigné par ses nom et prénoms.

Dautres occasions se sont offertes de tirer les mêmes justices, et, sans qu'elles aient été toutes saisies, la liste est déjà longue des malhonnêtetés, des sottises et des perfidies qui ont été branchées ou liées sur le pilori par nos soins.

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