i l'action nANçAtss i kt r.\ moulai
Eioes? Nous pouvons nous lxinuT ft répondre
I L&BOHMHIl 0l observe/nous. »
Ouainl vous nous mirez lu^, je prierai dfl HOOII une seule école politique, dans laquelle OU ait pou— <
aussi loin et multiplié avec autant d'abondance et de précision, lonta 1m raisons qui, établissant la légitimité «Tune eause, dois eut dispenser du recours aux argumenta frappants; quand vous nous aurez ensuite observés, dans notre action quotidienne, dans L'histoire de notre lutte à Paris et dans les Provinces, je vous prierai égalemenl de bien vouloir citer un seul groupement politique disposant dé forces importantes, disciplinées, puissantes comme le nôtre, et qui en ait usé avec autant de modération dans l'énergie* avec autant de sagesse dan- L'efficacité (i)... Le beau mot de Lucien
Laconr mettre la violence au service de la r-aison peut être inscrit dans le blason de V Action française. Il énonce L'idée que nous nous faisons des application-
de la force, et il les justifie.
i Effleurée dans une note <!«• la page nB, où Boni rapj-
Its fumeux SY0U2 de llriand. la question dl 1 <tl.iac.ite de
campagnes aurait mérité d'être traitée à fond dans un ehapitre particulier. A. esté des assauts donnés an franc-maçon Thalamaa on nu juif Bernstein, que protégeaient tout ri Lee for res <!«• L'Btat, il y a la lérit des oampagnea menées surtout par Mau-
Pujo contre Le juge Indigne Totti, ijui fat révoqué ; contre l'instituteur Beucké, révoqué aussi; contre L'instituteur Autis-
srrété; sonars le jeune- s . » 1 *- w r Detpeea, également an il y a la mite au jour <iu oonuneree honteux Valonsi-Brass srd« Collet et dea ligues maçonniques i décoration. Il y a les admirables révélations de Léon Daudet sur rAeautf-Gaerre, conflrmées «le toute pari en Pranee et a L'Etranger. Mais Is grandi preuve «le L'efiieaeité de l'Action fran\
intellectuel et moral, la modification de lOprit public et du
langage politique, très sensible Jusque dans le monde républicain, au sommet du gouvernement et dans les milieux r lutionnaires, sosame le constatent des nuées d'articles,
brochures, des VOlumei dont le Faites un roi. de Ma Sembat, a fourni le meilleur modèle.
Un savant écrivain ecclésiastique 1 1 1 ayant paru concevoir un doute à l'égard de notre « mesure », Maurice Pujo répondit aussitôt que M. 1 abbé du Passage ne pouvait certainement pas blâmer les Camelots du Roi de s'être levés pour chasser de la Sorbonne, au prix de dix mille jours de prison, un insulteur de Jeanne d'Arc, ni « Maxime Real del Sarte de s'être fait assommer « par deux cents lâches pour les avoir empêchés par « une action directe, dont le félicita l'éminent évèque ce d'Orléans, de traîner dans la boue la Sainte de la i Patrie », ni « nos amis Lacroix et d'Harmenon qui, « il y a six semaines, en brisant un panneau injurieux, « ne permettaient pas que le clergé fût insulté sur nos « boulevards. »
Pujo terminait en disant :
Enfin, M. du Passage ne déplorera pas sans doute que ces actes, qui se sont passés de la légalité et même de la douceur aient eu pour effet de faire hésiter les ennemis de l'Eglise et de la patrie chaque fois qu'ils méditaient de nouvelles offenses. Il relira les déclarations de M. Briand, l'auteur de la loi de Séparation, avouant officiellement au banquet Mascuraud d'octobre 1910 que ces actes, en lui créant « des difficultés graves »»; l'avaient contraint à changer de tactique et à « lancer au pays des paroles de concorde... »
J'ai lu avec une véritable satisfaction dans la réponse de Téminent critique religieux qu'il n'avait pas eu un instant la pensée d'incriminer certaines démarches vigoureuses énumérées ci-dessus (a).
(1) M. l'abbé du Passage dans les Etudes du 20 septembre 1913.
(2) M. l'abbé du Passage avait seulement fait allusion, dans cet ordre d'idées, à « certaines violences de polémique ». J'ai déjà
•::;•: i kcnon i ha v usi i i la moeali
Ainsi, ])cu à peu, selon la dialectique éternelle, notre biatoire compose La défense de nos principes par Les vivants commentairei qu'elle en fournit. Ce n'eel pas la première foie qne j'en fais la remarque. Mais j iju'ici je n'avais pa^ oaé en tirer une eonaéquence que je hasarde à titre de pure hypothèse et de nouyeauté périlleuse, légitimée pourtant par quelques-uns de noa actes et surtout par les nobles jeunea gens qui en ont
les héros :
— Si pourtant nos choix dea moyens avaient aussi leurs délicatesses cachées? S'il se trouvait par impossible que nous eussions, nous aussi, une conscience?
répondu sur ce dernier point. Maurice Pnjo expliqua ainsi les raisons al Les causes de notre système de diaeuscion:
■ Nous trouons qne V Action françaim I couvent appelé un ehai an chat. Mais n«nis feront remarquer à l'éminent rédacteur des Etude» que, si L'on appelle cela des violeneei de langage* nom y a\tnis ehaqne fois été réduits par cette violence eonmoisa gus oonttttue la maaçatêt foi évidente, de telle sorte que le mot propre qualifiant la chose nous paraissait le seul moyen de rétablir La clarté. Au aurphis, on ■ n les résultats heureux pour la vérité qu'a obtenus cette méthode, et on s m Lee résultats beaucoup plus faibles des discussions aoadcinhju.
î.t qne cette façon d'appeler Rollet un fripon ait des Ineon vénients, qui Le nie '.' Rien n'est parfait Mais le nui cet <ju il
n'y a pas mieux. Kn renonçant I ce failde ineon venieiit . on
perdrait des aTantageadont La râleur aat Inealeulable. Action françaiêê dn 1 ' octobre 191s
Pnjo a raison On ne saurait trop répéter: mit SMMC curn Mis
•uni hùbendu, nutiUa enm hiê sunt anUttenda.
Je l'avouerai très rondement : nous avons fait jadis à peu près le nécessaire, le suffisant et le superflu pour donner à penser à tous les sots de France et de Navarre que nous composions un terrible ramas de bandits.
« Nous ne sommes pas des gens moraux, » a grondé en riant notre farouche ami Yaugeois, et ce texte dûment tronqué de toutes les ironies et de toutes les colères, de tous les sourires et de toutes les explications qui l'illuminaient, est allé rejoindre un certain nombre d'autres textes de nous qui, traités de même façon, nous faisaient amplifier cette énormité gaie.
La moindre connaissance du passé ancien et récent aurait dû avertir de la portée de tous ces textes. Comme la plupart de ceux qui ont trait aux interprétations révolutionnaires de l'Évangile, ils se rapportent à cet âge béni où le vocabulaire entier de l'Éthique avait été mobilisé et monopolisé pour Dreyfus. Homme moral signifiait dreyfusard. Homme de conscience , homme à conscience de cristal, une des hautes conscience de notre temps : telle était la monnaie courante qui correspondait, or pour or, aux noms de Gabriel Monod, de
\<:n<>\ FRANÇAIS! » ET LA MORAL]
Mathieu Dreyfus, de Scheurer-Kestncr, de Zola, et «lu Picquart Lui-même 1 ... Maintenant que l'on sait quelquesunes de Leurs petites farces, on en rit. Mai-, ;i L'époque,
«ni ne î-ia i t pas, el sept an- encore après le procès <!<• Hennés, mi manifestant catholique, conduit devant le juge Worms, Les menottes aux mains, aotreami Bernard
.le Vesins, b il énonçait au tribunal L'impératif <1« conscience, se trouvait dans la nécessité d'expliquer
«lue la conscience dont il parlait «'tait une conscience catholique avec ses lois, - s, ses contrôles \ ivants
tant ce mot-là rendait alors le son de L'anarchie judaïque! tant il respirait l'insurrection protestante et L'individualisme révolutionnaire !
Nous l'avons exposé, Lucien Moivau et moi au Correspondante i> ; parler de sa conscience tout court et de
sa moralité personnelle, c'était alors, pour le seul amour de Dreyfus, s'opposer a L'édifice des traditions, îles institutions, des Lois, des mmurs, des i*: tait nier Las
compétences, bafouer les arrêts et les jugements,
ouer L'autorité de fouies Les autorités et les compter
pour rien ou prosterner tout cela devant les passions, les caprices et L'intérêt «l'un seul, c'est-à-dire phi]
phiquement, kOUt au fond '■ du moi île chacun de nous.
L'argument dreyfusien tire de la voix de la conscience
dispensait même de rien discuter au préalable. Donner
<\c> raisons étant une charge qui obligeait a mettre
raisons en ordre, on se tirait d'affaire en confiant non seulement l)re\ fus. et SOS n^'s. mais les tribunaux militaires et civils, L'armée L'Etal et la patrie an critérium Souverainement expéditif de Kousseau : « ... Tout ce nue
i je sens être bien est hien, tout ce <{iic jeserui être mal est l moi i le meilleur de* cusuisles est lu conscience... Lu
i i..- iojuin ifoS. i.';<rti<ir esl lasuatUi datas au PtHttqmre-
ligieusf suas .e titre : l Individu contre la Franco, notre Conlr L n.
« conscience ne trompe jamais, elle est le vrai guide de « V homme, elle esta Vâme ce que V instinct est au corps : 9 qui la suit obéit à la nature et ne craint point de « s'égarer... Conscience! conscience ! instinct divin, ce immortelle et céleste voix, guide assuré d'un être « ignorant et borné, mais intelligent et libre, juge « infaillible du bien et du mal, qui rend l'homme sema blable à Dieu. »
L'usage mille fois honteux que nous vîmes faire de ce passage de la Profession de foi du Vicaire savoyard eut pour effet de nous persuader de l'utilité des casuistes; il y avait peut-être nécessité spirituelle et sociale à ne pas laisser Thomme intérieur se délivrer, à tort et à travers, de ces brevets d'infaillibilité divine, sans égard à la nature de ses impulsions ni à la justesse de ses pensées! Sans donc mépriser le sens exquis des valeurs \ morales que tout homme porte avec lui, nous admirions le Catholicisme d'imposer à la conscience une discipline explicite. Pour l'expression fidèle de cette idée, je demande à citer une page qui, sans être contemporaine de l'Affaire Dreyfus, n'est pas d'hier puisqu'elle remonte à 1906 (1). Elle élucide même mon sentiment :
Tout ce que pense l'homme reçoit, du jugement de l'Eglise, place proportionnelle au degré d'importance, d'utilité ou de bonté... Rien, au monde, n'est comparable à ce corps de principes si généraux, de coutumes si souples, soumis à la même pensée et tel enfin que ceux qui consentirent à l'admettre n'ont jamais pu se plaindre sérieusement d'avoir erré par ignorance et faute de savoir au juste ce qu'ils devaient. La conscience humaine, dont le plus grand malheur est peut-être V incertitude, salue ici le temple des définitions du devoir...
Aux plus beaux mouvements de l'âme, l'Église répéta
(1) Préface du Dilemme de Marc Sangnier, devenue la conclusion de ma Politique religieuse.
236 i. action kran(,:aisi: i et la mou ai/f
comme un dogme de foi : Vaut n'été* pat dm dieux. A la plus belle Ame elle-même : Vousiïétmpat un Dieu non [>lu*.
En rappelanl le membre à la notion du corps la partir à L'idée el à L'observance du tout, Les avis de L'Eglise éloignèrent l'individu «le L'autel qu'nn fol amour-propre lui prop >sait tout bas de s'édifier à lui-même; ils lui représentèrent combien d'êtres et d'hommes, existant pris de lui. méritaient (1 être considérés avec lui : - N'étant pas seul au monde, tu ne lais pas la loi du inonde, ni seulement ta propre loi... Ce sage et dur rappel à la vue des choses ne lut tant écouté (pie parce qu'il venait de L'Église même. La meilleure amie de chaque liomme, la bienfaitrice commune du genre humain, sans cesse inclinée sur les unies pour 1rs cultiver, les polir et les perfectionner, pouvait leur interdire de se choisir pour centre de tout.
Louer L'Église d'avoir discipliné la conscience humaine en lui donnant les définitions du devoir, cela est-il amoindrir ce devoir ou nier cette conscience? L'auteur
de ces lignes est aussi l'écrivain qui, le :>~ octobre J*)i3,
a invoqué devant La Cour d'appel de Paris les loit
inécrites, ce qui n'était (Tailleurs pas chose nouvelle pour Lui; il avait invoqué Les marnes lois quinze ans auparavant, Les 5 et <> septembre i<s(j<\ devant Le cadavre sanglant du colonel Henry : L'écrivain qui a
pris ces deux initiatives peut-il être Classé parmi les
adversaires du for intérieur? On L'y classe pourtant.
et cela ne l'empêche point de subir l'accusation inver • en raison même de la célèbre défense du soldat malheureux tombé la gorge ouverte, mais qui avait crié quelques heures avant de périr : — Ma conscience ne
me reproche rien!
Nul ne prenant cette défense d'un bon serviteur trahi par les événements, par les partis, par le régime, il avait fallu m'en charger. Ceux qui ont suivi dans détails la campagne que je menai, tant pour montrer la bonne foi d'un dévouement irrité et désespéré que
pour établir par une analyse minutieuse l'inanité juridique de certaines accusations, pour montrer, par exemple, l'inexistence morale d'un « faux » proprement dit reproché au malheureux chef de notre Service des Renseignements, ceux-là savent très bien que ni le ridicule propos de « faux patriotique » ni aucune méconnaissance des lois de justice et d'honneur ne sont à relever contre moi dans cette campagne. Ceux qui voient de moins près et jugent aujourd'hui sur pièces incomplètes peuvent être persuadés ou non : qu'ils me permettent seulement de les prier de se méfier ! Une revanche dreyfusarde est au fond des attaques réitérées sur ce sujet-là. Pour moi, je fus mis en repos, voilà quinze ans entiers, par le grand mot qu'un ami savant, un maître pieux m'adressait, fin septembre 1898, dans la bonne tempête d'outrages furieux qui m'assaillaient de tous les points du monde protestant, maçonnique et juif :
— Ce mois durant, vous avez côtoyé tous les abîmes, vous n'avez pas lâché la crête du roc...
Admettons cependant que j'aie été précipité et fracassé victime mémorable des égarements du sens propre. En ai-je moins à répondre du reproche contraire : tout donner à la direction extérieure ecclésiastique, refuser tout crédit à la voix de la conscience ?
Au moment de la réhabilitation frauduleuee du traître Dreyfus, nous avons réuni 35, 000 francs pour frapper dans le bronze et dans l'or, afficher, propager, la protestation du général Mercier : Ma conscience .. . ma conscience... ma conscience. Cela ne cadre pas très bien avec ce reproche. Admettons-le pourtant, admettons-le encore. Mais en l'admettant, en admettant que les termes de notre confiante admiration pour l'Eglise aient été de nature à inciter les catholiques à négliger le point de vue de leur sens intime, est-ce que cette Église que
238 i ICTION PRAJfÇMSB I 1:1 LA MORALE
nous banni «l'être le temple des définitions du devoir h 'est { m >i ut la, toujours prto à rappeler le terme oubl Notre ■ axées i porta donc avec lui son oorrectif. il
n'en «vst pas do mémi du cas inverse, le cas de DOS
contradicteur qui n'exagèrent pasreulorilé del i
ah 1 non, mail le seul magistère «lu libre cri Intérieur.
Ce cas inverse, on me pu met lia de Is «lire, o i natif, douteux, ni rare même, car il ebond> jnetement
«lu même c«M«; «l'on Relèvent les diffamations eontre nous. On sait ce que les profossceri il rUniver
kantienne ont l'ait «les malheureuses générations IU> quelles ils vantaient le (juid incuncussum dun sens intime absolument autonome : le desordre n'est peut être pal moindre là on circulent les doctrines de la deum eratie chrétienne et du sillonisme auarchique.
I ne rencontre assez récente entre la Démocratie et 1\ 1 rtion française en témoignera.
Le 3 octobre ir)i-j. dans un discours où il avait prétendu traiter «le l'année et de 1 humanité, M. Marc
Sangnier descendait sa pente ordinaire. Ayant baanoonp à se faire pardonner sur le chapitre du patriotisme, l'auteur du drame Par la mort (où la Revanche SSfl bafouée» avait multiplié ses protestations de lidelité au vent nouveau de la renaissance du patriotisme; mais ce taisant, il ne voulait pourtant renoncer à aucune d<anciennes habitudes desprit; aussi prêchait-il aux jeu-
aei soldat! l'obéissance, m insistant sur la faculté de
desobéir, et teUT HUSSOilIlll il la discipline, en soulignant
qu'il dépendait de leur unique l>on vouloir < h s'j OOB
former.
La discipline militaire «lisait il. doit être consentie, el te
service militaire librement accepté. Il tant donc, avant tout,
rater sa consciente Si la «tonsiieace «âéfcnd an soldat <i(
lircr, il ne doit pas tirer...
Un auditeur demanda :
— Et si la conscience d'un soldat anarchiste lui ordonne, comme on le lui apprend dans certains manuels, de tirer sur ses officiers? Doit-il tuer ses chefs ?
Sangnier eut quelques secondes d'hésitation, mais, ne pouvant se dérober aux conséquences de son principe ni voir ce que la question comportait de contradictoire, il répondit :
— Parfaitement, il obéira à sa conscience.
La discussion poursuivie dans l'Action française du 6 octobre 1912 au ier novembre suivant accula Marc Sangnier et ses collaborateurs à quantité de tours et de détours où, s'autorisant du Catéchisme dont ils invoquaient avec persistance la lettre mal lue, ils ne cessèrent de soutenir cette donnée extravagante : — un acte intrinsèquement mauvais, l'homicide, doublé d'une rébellion, dont le premier au moins est toujours condamné par toute conscience humaine, mais sur lequel la même conscience serait, par hypothèse, « invinciblement erronée » ! . . .
Bien que la pensée d'un acte pareil suffit à créer dans l'âme contradiction, doute et conflit, elle était présentée comme susceptible d'établir cet état de tranquillité, de calme et de certitude impliqué dans l'état d' « ignorance invincible » 1
Le Catéchisme à la main, Y Action française proposait les sages solutions de la théologie morale qui concordent avec celles du bon sens éternel : il n'y a pas à agir, en de tels cas, mais à s'abstenir; l'abstention, motivée par le doute, conduit à consulter des personnes sages et à solliciter leur direction éclairée... Mais l'amour-
240 « l'action krançai là mor a m:
propre de l'orateur do 3 octobre ne s'accommodait point de semblables mesures. Après avoir hésité tout d'abord
à publier daae son journal le texte monstrueux de solution, M. Marc Sangnier en arriva à la maintenir telle quelle, etlesderniers mots de son journal furentune
sorte de : tac ΀ê chefs si le ctvur Ven dit, que ratifia la mémorable consultation d'un ecclésiastique. M. l'abbé C... écrivit et signa dans la Démocratie du 12 octobre
Pii' les affligeantes lignes suivantes:
Quant à moi, je n'hésite pas à dire qu'un soldat a qui sa conscience ordonnerait sans hésitation de tirer sur son chef ne commettrait pas de faute en le faisant.
Si extraordinaire, si isolé que paraisse ce fait d'extrême aberration silloniste, il n'y a pas un patriote, ni un honnête homme, qui n'en soit profondément affecté. Comme Y Action française l'écrivait dès le lendemain, ce n'est paa au moment où la France a besoin de tous 1 niants qu'on peut lui souhaiter d'être abandonnée par ses prêtres. De nombreux ecclésiastiques protestèrent tout aussitôt que L'ignorance ou la Légèreté d'un
SOU] ne pouvait être imputée au corps. L'attitude énergique du journal Y Univers aurait d'ailleurs suffi a garder le pays de généraliser.
Il n'en est pas moins vrai que ces diviuiseurs de la conscience individuelle, OOUX surtout qui mènent une action politique comme Sangnier, jouent avec le feu. Ils soufflent a des auditoires fort mélangée Lee passions, Let
lUments et les idées les plus propre- .< rcr des
désordres irréparables. On ne voit paa Ma bien le mal qu'il peut y avoir a trop redire, même h redire
qu'il faut respecter sou gênerai, lui obéir et. en tout Cas, ne pas lui tirer des coups de fusil : on. m cette en vie étrange passe dans lame, aller d'abord chercher
les avis d'un bon confesseur. Mais au contraire on voit avec clarté le péril intellectuel et social institué par la proclamation indiscrète des droits incoercibles du dieu intérieur et de ses oracles définitifs. Ce péril est si grand, il détermine tant de risques et il éveille de telles possibilités de cruautés lâches, comme on en vit à la Commune de Paris, qu'il faut se demander si tous ces vulgarisateurs de l'idée de révolte qui nous parlent toujours de leur conscience en ont une.
Nous qui ne sommes pas des gens moraux, nous avons constamment déclaré que le devoir est au-dessus du droit et qu'il faut, quand le droit s'exerce sur quelque sujet épineux, l'entourer avec soin de toutes les lumières et de toutes les garanties qui sauvent d'erreur. Eux ont surtout souci de dégager, d'isoler, d'alléger et, en même temps, de surexciter les personnalités responsables, après les avoir réduites à leurs propres forces ou plutôt à la faiblesse de leurs impulsions les plus subjectives en s'effbrçant d'éteindre un par un les flambeaux de raison, d'autorité, d'ordre social extérieur capables d'épargner ces méprises funestes dont l'occasion est recherchée avec une ardeur maladive, avec une sorte de sadisme sentimental.
Pareille besogne conduite en connaissance de cause serait moralement une scélératesse. Elle n'est innocente qu'en raison de l'inconscience à peu près fatale que la Démocratie impose peu à peu à ses défenseurs les plus « conscients ».