‹ L'Action française et la religion catholiqueChapitre 24 sur 46 · POLITIQUE D'ABORD · texte numérisé non relu

POLITIQUE D'ABORD

Il y a dix ans, un gros garçon assez répandu et riche en anecdotes dont il ne sut jamais extraire une idée générale à moins que d'être fausse et de rapporter de l'argent, ameutait contre moi quelques conservateurs candides en prétendant que ma critique de la liberté politique devait s'entendre comme la négation de la liberté morale et ne pouvait donc s'accepter en sécurité de conscience ! Il se lit écouter et croire quelque temps. Il en obtint même une direction de journal jusqu'à ce qu'on se fut aperçu de sa versatilité, de sa vénalité et de sa fantaisie.

D'autres ont assuré que le moral est méthodiquement sacrifié par nous au politique, et que par suite nous sommes incapables d'apprécier l'élément humain, l'élément volontaire, par conséquent moral, qui entre forcément dans l'action politique. Ce qui est tout confondre à plaisir ! Il y a une partie de la politique, qui, ressortissant de l'action, ressortit naturellement de la morale et c'est même dans cette partie que se trouvent les règles de la raison d'Etat, eus dans lequel des hommes chargés de très grands devoirs réclament et obtiennent,

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en cette proportion, les droit- correspondants. Ifaia il y i une antre partie de la politiqne i laquelle on ne comprend rien -i «»n ne la distingue pas d'avec la morale : c'est L*étnde «le la bonne structure de lor-anisation <le l'Etat. Cette politique descriptive et statique diffère de l'étude des réglée «le sa dynamique. Sans doute, comme il est juste qu'un Etal soit bien organisé, il le - rait fort mal -il l'était contre la justice. Mais. boui cette réserve, la fin poursuivie par ce département «h* la politique n'est proprement ni le droit, ni le devoir, mais l'utile : il n'y est pas question, en tout premier lieu, de mériter ou de démériter, mais de réaliser, les biens publics qui sont tout d'abord de sécurité intérieure et extérieure, «le police de gouvernement, de puissance militaire. Sans être séparées et sans M OOUtredire en elles-mêmes la morale et la politique sont

alors si distinctes «qu'elles semblent appartenir a deux mondes sans communication, mais il n'en est rien.

Un exemple.

Moralement, il est tirs beau c'est l'indice d'un lui

effort qu'un peuple livré à lui-même, sans gouveme-

ment véritable, tel que le peuple français, ait pu faire

l'aire L'effort «le se donner la loi du service militaire de

troifl ans. Mais politiquement, il est très laid, il BSl odieux, il est affreusement abominable qu'un peuple SOÎt réduit à défendre sa sùrrte élémentaire par un de Ces tours «de force morale qui peinent échouer pu fois

snr mu. Bal ce i dire que la politique «m la morale -nient ici en contradiction ? Non. puisque la morale pi eiit aux hommes d'être prévoyante, à\ b d avoir

soin de leur \ Le, de ne pas se lii rer i ni el leur race aux

inspirations du hasard. Le précepte moral, dan

téralité, prescrit d'être bon politique et prosent toute

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