‹ L'Action française et la religion catholiqueChapitre 25 sur 46 · POLITIQUE DABORD · texte numérisé non relu

POLITIQUE DABORD

il conseille de se pourvoir d'une organisation appropriée aux besoins.

De combien de façons, en combien de sens ridicules n'a-t-on pas retordu notre politique d \ abord! On ma fait dire en particulier qu'il excluait et même excommuniait les œuvres religieuses, la piété. Faction sociale, l'apostolat catholique lui-même! Cependant si l'on eût transposé dans l'ordre militaire ce qu'on nous faisait dire dans l'ordre religieux, il eût fallu nous prêter aussi l'idée passablement absurde et passablement démentie par nos actes les mieux établis que, avant d'aller faire son service militaire, un camelot du roi devait commencer par renverser le gouvernement (i) !... Notre thèse de la primauté de la question politique est établie sur un point de fait : ce point de fait est relatif à la France d'après la Révolution, il ne se rapporte qu'à ce pays et à ce temps. La primauté du pouvoir politique en France provient de la destruction des autorités sociales autonomes entre 1789 et 1800 et de la centralisation qui s'est développée alors et depuis. Ce pays terriblement centralisé, appartient à qui tient l'Etat. Or aujourd'hui cet Etat tout-puissant n'est pas un Etat indéterminé. : quoique anonyme et collectif, il est très défini. Il appartient à un parti, à un esprit, à un personnel, à une idée aussi profondément hostiles à l'Eglise de Rome qu'à la tradition de la France. De là se tire cette conclusion de bon sens qu'un tel Etat agissant par mesures très générales et échelonnées sur un long espace de temps viendra toujours à bout des meilleures initiatives individuelles, isolées, dispersées, fragmentaires : toujours courageuses sans doute, elles seront toujours vaincues. Rien de décisif ne peut donc se faire

,1) Voir l'appendice X.

Page 1