‹ L'Action française et la religion catholiqueChapitre 31 sur 46 · JUGEMENTS PORTES PAR DES THEOLOGIENS SUR MON LIVRE · texte numérisé non relu

JUGEMENTS PORTES PAR DES THEOLOGIENS SUR MON LIVRE

la Politique religieuse.

Voici tout d abord une étude qu'a bien voulu consacrer au livre, dans le Bloc catholique de Toulouse, une personnalité « particulièrement autorisée » du monde religieux. Les extraits que Von va lire de ce très pénétrant, très perspicace et très rigoureux examen inviteront le lecteur à se reporter au texte de V article, modèle d'exposé critique et logique.

Le théologien du « Bloc catholique »

Léminent théologien auteur de cette étude commence par dégager la pensée du livre, le point de vue où s'est placé Fauteur pour récrire.

« Il s'agit donc de politique religieuse. Mais, qu'on y prenne bien garde, il ne s'agit pas de religion. L'auteur ne parle pas de religion. Ce n'est pas une question religieuse qu'il traite. C'est une question politique, exclusivement politique. Il est vrai que cette politique a pour objet la religion; mais, précisément, parce qu'il s'agit de politique, c'est du point de vue politique, et non du point de vue religieux, que la religion est ici considérée. Encore serait-il plus exact de dire que ce n'est pas la religion qui est considérée, mais une société religieuse, une société reli-

286 AI'l'IM.H I 1

use ii. s déterminée, la société religieuse qui s'appelle ri. -lise romaine. ■ // est impossible de mieux définir.

L'auteur, se plaçant an point de vne français, an point de vue de (••• corps social qui est la nation française, existant comme nation, avec ses caractères distinctif's. son sol. Sa population, son histoire, et voyant en l'ace de loi, non

seulement en France, mais dans Le momie, cette autre société nettement caractérisée par sa doctrine, par sa hiérarchie,

par son action dans le monde, qui s'appelle L'fcglise catholique romaine, Se demande quels doivent être les sentiments de la nation française et de quiconque a le bonheur d'appartenir à la nation, à l'égard de cette société religieuse. »»

Tout le livre tient dans les limites de la question ainsi //osée.

i BPBIT DU LIVRE

l'A la question ainsi posée est résolue j>ar fauteur de la façon la plus nette, la plus catégorique t on oserait presque dire la plus audacieuse qui se puisse imagine/' :

Maurrai déclare qu'à peine de se condamner à un recul

insensé vers la barbarie, tout homme, mais surtout un Français, — parce que la France a en la gloire d'occuper dans l'histoire de la civilisation une place hors de pair, — doit aimer passionnément] V Église catholique romaine; et non pas une Eglise catholique romaine plus ou moins frelatée, OU modernisée', on laïcisée ; non! mais l'Église catholique romaine la pins intégrale avec son l'ape, ses évéqiies, ses curés, ses congrégations ; avOC sa doctrine religieuse, moralepolitique; avec son Syll/ibus, qu'il reproduit intégralement dans son livre.

C'est donc 1 acceptation, non seulement sincère et coin plète, mais encore aimante et enthousiaste de ll—lisr catho

lique romaine, que, «lu seul point devin- politique, l'auteur

propose a tout I rainais.

OBJBC1 tOWS ni SOLUBS

Leminent théologien du Bloc catholique posée en revue les diverses objections qui ont été faites . cette acceptation

serait une acceptation intéressée ; V auteur ri accepterait pas l Église pour elle-même, mais uniquement parce qu'elle sert ses fins politiques, etc., etc. Il insiste particulièrement sur une objection formulée dans un article fort important et d ailleurs animé d'intentions bienveillantes paru à la Croix du samedi i/f décembre igi2 :

On se demande si la position même prise par M. Maurras et par V Action française, en tant que telle, n'est pas une position fausse essentiellement et même dangereuse, en tout cas peu en harmonie, sinon même en opposition formelle, avec la vraie position à prendre par les catholiques français, sur l'ordre même du Souverain Pontife et de leurs évêques.

Elle serait fausse essentiellement et dangereuse, parce qu'elle entend établir un ordre politique sans baser cet ordre sur Dieu, créateur et maître de la société comme des individus; ce qui est, déclare-t-on à bon droit, une monstruosité, puisqu'on veut édifier sans la seule vraie base ; et qui ne voit le danger d'une pareille méthode accréditée parmi des hommes où sont des catholiques, et qui demandent même à rallier autour d'eux, pour l'œuvre qu'ils veulent réaliser, tous les catholiques?

Réponse :

Assurément, l'objection est grave et mérite de fixer l'attention. C'est la plus grave qu'on puisse faire contre le mouvement et les doctrines politiques dont il s'agit.

Mais n'y a-t-il pas une équivoque dans l'objection ainsi présentée ? Les promoteurs de ce mouvement et les tenants de ces doctrines demandent-ils comme condition essentielle de l'adhésion à ce mouvement et à ces doctrines que Dieu soit exclu de leur œuvre et qu'en effet on édifie sans Lui? Si oui, la cause est entendue. Nous sommes en présence d une entreprise monstrueuse, blasphématoire et qu'il faut réprouver hautement. — Mais si la question est tout autre; s'il ne s'agit que d'une question de fait, non de principe; si, partant de ce fait qu'il y a en France de nombreux esprits qui, non seulement ne sont pas croyants, au sens surnaturel et catholique de ce mot, mais qui peut-être même n'ont pas une conception philosophique ou métaphysique très ferme sur le Dieu que pourtant la raison peut connaître, et qui cependant, malgré l'état d'esprit qui est le leur au point de vue

LNs

foi catholique oa ndM» métaphysique, oui mu me rationnelle très nette et très juste du (ait concret qu'est la nationalité française, considérée <lu point de vue de la seule raison naturelle, et qui, en raison de cette rue, timant d'ailleun passionnément leur pays, veulent travailler , tels qu'ils sont, ne pouvant point, par hypothèse, et quelles qu'en soient les causes, être actuellement autre chose, au bien de leur pays. — est-ce donc un crime, si ces hommes4à s'unissent, demandent que s'unissent à eux, sur ce terrain pi qu'est Je bien de la France, vu de ce point inférieur sans doute et Incomplet, maie qui n9 eut pas faux, tous ceux qui pareillement aiment la France, et qui d'ailleurs on! peur cette même France an amour éclairé d'une lumière plus haute et plus parfaite, soil dans Tordre de la raison philosophique, soit dans l'ordre de la foi surnaturelle? Assurément non. Car autre chose est exclure, autre chose ne pas affirmer. Si on posait comme condition d'alliance l'exclusion de lamétaphy sique on de la foi dans l'esprit ou dans les actes de ceux qui adhèrent, ce serait un crime d'adhérer. Mais si, réservant tous les droits de la raison philosophique et de la foi, seulement ne les Invoquant pas comme condition essentielle d adhésion puisqu'il en est qui ne peuvent les faire valoir, — alors que cependant tous peuvenl s'entendre sur l'ordre des faits concrets où coïncident d'ailleurs excellemment les

donnes supérieures de la raison et de la foi, —et alors surtout que dans es commerce intime, non seulement les adhé rente positivistes n'ont jamais un mot contraire aux peni on aux croyances de leurs coadhérents, mais, de plus, ont pour tout ce qui constitue la manifestation extérieure de leur pensée ou de leur foi les sentiments que révèle le livre de la Politique religieuse, vraiment comment oser

parler encre ,1e monstruosité, de blasphème ou de crime? Ne Serait-il pas loyal et sage de renoncer une lois pour

toutes à une équivoque si foncièrement injuste et si dommageable pour la cause (pie l'on entend mieux servir?

Ouvrons ici une parenihi

luths ai posas Un autre théologien, lecteur de la Politique religieuse,

nous écrivait depuis, à propos de la même objection, exami-

née et réfutée au Bloc catholique. On nous saura gré de citer ces lignes, elles aussi curieuses et fortes :

m Est-il absolument vrai qu'à « ce projet d'ordre social, sans base religieuse autre que la reconnaissance pleine des droits... manque la pierre angulaire, Dieu et son Christ... »? Là où est le catholicisme, Dieu et le Christ ne sont-ils pas pierre angulaire? Sans doute, ce n'est pas à cause de Dieu ni du Christ que les incroyants posent ce fondement ; mais puisqu'ils le posent, il faut bien qu'ils le posent avec Dieu et le Christ, qui en sont inséparables : autrement ce n'est plus le catholicisme. Là encore, il faut donc distinguer les motifs du projet lui-même. On ne construit pas l'Etat sur les raisons pour lesquelles on veut l'église catholique, mais sur l'Eglise catholique directement, avec tout ce qu'elle contient, quoique pour quelques-uns ce ne soit pas à cause de tout ce qu'elle contient. S'il y a erreur, c'est dans les motifs qui poussent, et non pas dans le fait à promouvoir.

On commet encore une confusion quand on dit que l'union de Y Action française entre croyants et incroyants est « en dehors de la foi » et donc « libérale ». D'abord remarquons que le libéraUsme ne consiste pas à s'unir avec des acatholiques, mais sur un terrain acatholique. Or, le terrain de l'Action française est-il acathoUque? Je le nie, et complètement, pour les raisons que je viens de donner. Encore une fois, l'union est sur la conclusion, qui est intégralement catholique, et non sur les motifs, qui d'un côté ne le sont pas.

On ajoute : <« Tout effort de construction politique qui ne repose pas rationnellement sur Dieu... est une folie et un blasphème. » Distinguons : fondement logique et fondement ontologique. La u construction » « repose sur Dieu » quoique les motifs n'y reposent pas. Maurras met Dieu à la base de la vie nationale, puisqu'il combat pour restituer à l'Eglise sa liberté et tous ses privilèges, quand les catholiques libéraux se contentent pour elle du droit commun! Ses motifs ne sont pas inspirés par la foi... Sont-ils pour cela inefficaces? Tel un père de famille qui veut donner à ses enfants une éducation chrétienne parce que, seul, le catholicisme est capable de les rendre respectueux de son autorité paternelle. »

fcPKNDU I i

Mais revenons à iartiele du Bloc catliuliqu

pi | dhdi OBJECtltm

„ Reste le second reproche, qoe La position dont U s'aj e»t une position pen en harmonie, sinon mêo fopmeUe avec La position ordonnée par le tife et l.s évêques de France... il semble crac loppositi ,1... déni procédés d acUon ne pent être ni plus Oagrante ai plu8 irréductible. D'un côté, en effet, L\» a pew cri Je 11 Kement Po/i^ue dabordi De l'antre, ie mot d ordre- qui ^vient sans cesse eal ceimVd : Pas de politique! innir exclusivement sur Le terrafai de la défense relig dehors et au-dessus de tous les partie poliiiquee, entendant paI. là très expressément Les partis qui se spécifient sondes diverses réformes de gouvernement : repubuq

empire, monarchie, af^i, i Ions de plus près; et voyons si

même sur ee DOinit OU tfeêi pus vietin.e dune déplorable

éqL^rsme Le Sonverain Pontife et Les évêqnes de France demandent à ions les catholiques français de ae pas rajrc de PoUtiqnc, an - us qui vient d'être précisé, et de se mettr* dehors el an dessus «1rs partis politiques dont nous venons (lr ri(.r miels sont bien le sens et La portée de leurs Instructions? BsWse a dire que, purement et simplement, pour Les cathoUques de France, Le bien consiste ■ être en d< el ,U(|,ss„s de tons l.-s partis, s,, désintén ssant de tous pt.tis et fuyant Jusqu'à Leur ombre, ou, simplement, ' en raison des dissentiments que provoquent ces divis des partis - dissentiments qui ne peuvent point se icrraJtter par un quelque chose s'imposent I loua, du point de vue catholique, il est mieux de ue mettre en avant, même comme moyen d< défense religieuse, que quoi tous

1, a catholiques français peuvent « : doivent s'< -.•■ adr<

Pvant, cependant, tons les droits de La vérité politique

française que Les catholiques, plw is les antres, oui

le droit el Le devoir de promouvoir?

El qui ne voit Les conséquences de l'une ou de lant

I acceptations? Entendre Les directions dont il s'agit dans

to premier sens, c'est faire de I ngiise l'apologiste et la pro-

motrice de l'indiffërentisme politique en matière concrète de tel pays déterminé. Ce qui est manifestement contraire à la raison et aux plus formelles déclarations de Léon XIII. Car si l'Eglise, avec la raison philosophique elle-même, proclame qu'en soi il peut être indifférent pour un pays qu'il soit régi par telle ou telle forme politique, d'ailleurs légitime et raisonnable elle ria jamais entendu enseigner qu'il soit indifférent, à tel pays, d'être régi par telle ou telle forme...

Il y a donc, à n'en pas douter, une vérité politique d'où dépend très certainemenl le bien d'un pays, soit au point de vue naturel et humain, soit au point de vue des intérêts surnaturels des hommes qui vivent dans ce pays. Et s'il en est ainsi, pourrait-il être légitime et bon de se désintéresser de cette vérité politique, même et surtout au point de vue catholique? N'y a-t-il pas, au contraire, une obligation stricte de s informer de cette vérité et de s'y conformer dans la mesure même où on la connaît et dans la mesure où il est possible de la servir? Que si, pour des raisons et des contingences particulières, on est obligé de la taire, ce ne pourra jamais être qu'un pis-aller, non un idéal ou une perfection en soi. Quant à la mise en œuvre des autres moyens d'action ou de défense religieuse, en dehors ou indépendamment de l'action politique au sens dont il s'agit, on peut la promouvoir comme une nécessité qu'il faut subir, mais non certes comme mie chose meilleure en soi, ou comme la seule chose qui importe et dont il vaille la peine de s'occuper. Nul doute, en effet, que tous les autres moyens d'action ou de défense religieuse ne puissent être fécondés et multipliés pour ainsi dire à V infini, par le fait qu'on aura dans le pays telle ou telle forme de gouvernement. Et si quand, de fait, se trouve dans un pays une forme de gouvernement qui semble avoir pour tare indélébile et en quelque sorte organique, dans ce pays, lliostilité la plus foncière à l'Église catholique romaine, des hommes viennent proposer de substituer à cette forme une autre forme d'ailleurs exigée, à leuis yeux, par la nature même du pays et qu'ils veulent qu'elle ait pour l'Eglise catholique romaine les sentiments et la conduite dont témoigne la Politique religieuse, ces hommes-là n'ont-ils pas quelque droit de dire aux catholiques de ce pays : Politique d'abord!

kPF]

Non pm que pour eux, commua* feini de le tar attribuer

Ut politique l'emporte sur la religion, ni m*m Im WMywM

politique» sur lu moyens proprement religieux : mais pa

que dans m but désorganisé au point de vue religieux où

plutôt orgmtiêéen sens hostile à lu religion, il est infiniment

plus important, pour assurer le bien «le la religion. de transformer d'un seul conp, si possible, L'organisme politique cet l.tat, que de travailler à dee œuvres partielles ,l(. perfectionnement moral portant but les unités on sur les - i,»cau\ éparpillée dana L'imm adue de

cet Liât. Et donc ai l'on peut travailler loi-méme à cette transformation $anê d'ailleurs finir .mires œuvra de

défense ou d'uetion religieuse, pourquoi ne pas le l'air.?

Pourquoi surtout, on au nom de quels principes, blâmer cens qui le font, et les traiter en ennemis <>u en suspects, du

point du vue «l.s intérêts religieux, qu'ils sont Les premiers ,, vouloir servir, et à vouloir servir on raison direct leur excellence, proclamée par eux, hautement, et sans comparaison dans L'ordre de dignité, la meilleure et la premier»?

Qu'on cesse donc, s'écrie en terminant 1 auteur de vigoureuses réfutations, d'opposer ce qui, loin d'être contraire, est si harmonieusement hiérarchisé! i

vÉamcATioM

Dans le même sens le théologien SU* nous eitions tout à r heure écrivait parallèlement à la doetrine du Bloc catholique :

Le point central <le la lutte n \ si pas politique, maisreli-

rieui dune, ta issU terrain d'usioa genérsieesTective est le terrain religiens Le terrain religieux, voilà l'uni tielle. ■ Il v a une distinction seolastique bien simple a faire. . i.t. point central de la lutte n'est pas politique , Formellement, transes! radksJement, j<* nie. Oui. on attaque surtout la religion; nui, la décadence vient surtout «le ee que la

société n est pins religieuse . mai- n est la cas

vous bien sûr que cette cause n'est pa- psincipaksneai politique? VOUS VOUlCS ramener les aines a Dieu < I I beau, mais comment y arrive; BPJSfS 1 U

un obstacle politique à la restauration religieuse ? Et sachant que tant que durera cet obstacle politique, le bien, sauf miracle, n'arrivera pas à triompher, comprenez-vous tout l'intérêt de la canaille à nous voir abandonner une lutte politique seule capable de nous sauver?

Il faut tenir compte de la nature d'une société pour y bâtir la surnature. Un gouvernement s'oppose à votre action religieuse, empêchez-le de le taire... et si le seul moyen est de renverser, renversez-le. »>

Jugement des « Études religieuses »

Peu apr es , paraissait dans les Etudes, fondées par les Pères de la Compagnie de Jésus (n° du 20 juin iqi3j, un article de M. labbé Yves de la Brière sur la Politique religieuse. Le lecteur nous saura gré de reproduire tout ce qui a trait au noyau du livre.

Après avoir montré et critiqué divers aspects de la préface et V épilogue, M. Yves de la Brière écrit :

« D'autres publications de M. Maurras, étrangères d'ailleurs à son action politique, et où l'auteur développe ses conceptions philosophiques et littéraires, appelleraient, de notre part, des critiques fort graves. Mais, sur ce terrain positif et pratique des rapports actuels de l'Eglise et de l'Etat en France, nous devons dire que M. Maurras défend toujours les mêmes droits et libertés de l'Eglise que, de leur côté, les écrivains religieux, y compris les rédacteurs des Études, ont défendus avec toute leur énergie, durant la même période et devant les mêmes adversaires.

« Par exemple le chapitre Congréganistes et Congrégations (p. 2ii-23i) plaide la cause des Instituts religieux au nom du droit naturel d'association et du bienfait moral et social de l'organisation catholique et corporative. « Quelle que soit la dignité personnelle des congréganistes, déclare M. Maurras, elle est de beaucoup dépassée par la dignité générale de la Congrégation. Il ne convient donc pas de défendre le droit des Congrégations par celui des congréganistes, mais le

'J0'l VIM'ENDICi: I

droit des eongréganistes par celui des Congrégations... —

Le problème peut être bien posé, DM dit-on, mais on ne vous écoutera pas. — Kt je réplique : Ktes-vous écouté

davantage?

« Toute une série de remarquables chapitres est consacrée aux luttes religieuses de l'année [Qo6. C'est l'apologie de la

résistance de Pie X et des catholique* français à la loi de séparation (p, a£o-»3o5). Deux, chapitres exposent les résultats et Lei enseignement! de la bataille des Inventaires. La simultanéité entre l'élection présidentielle de M. Pallièreset l'apparition de l'encyclique Vehementer uns, condamnant la loi de Séparation, inspire à M. Maurras des pages d'an relief saisissant, qu'il intitule: les deux Grandeur* ; à propoê du Pape et du Président. Le chapitre suivant : Par itiglise dt France^ Vaffranchietemeni de CBeprUt est écrit à L'occasion de la première Assemblée de L'Bpiscopaf français à l'archevêché de Paris. Mais plus aigniflcattf encore est le chapitre Intitulé : La Leçon politique d'un fait religieux, à propos de l'encyclique Gravi$$imo Ofjieii, rejetant les associations cultuelles. Pour qualifier l'attitude prise par le Saint Père eu lace d'une redoutable alternative. II. Maurras choisit le mot de prévoyante \ fit L'auteur montre combien clairvoyante, combien divinatrice est la décision par laquelle

Pie X préfère les risques immédiate d'une rupture ouverte

aux complications éventuelles, aux pièces tortueux d'une paix sans honneur.

1 Mentionnons enfin plusieurs chapitres et un appendice

qui traitent de la démocratie et dn libéralisme catholique

(p. 127-208 et {06 {16 - M Maurras commente, sur ce point, avec un rare bonheur d'expression les enseignements doctrinaux de Léon XIII et de Pie X. Certaines pagCS «le Charles

Maurras ont eu l'enviable privilège d'être reproduites dans

Le Traité- De /jf/esiu, au sujet des rapporta entre la puissance

religieuse et la puissance séculière, par un théologien aussi

exigeant et rigoureux «m matière d'orthodoxie que le cardinal Billot. D'autre part, une controverse sur la part de i

ment démocratique dans le gouvernement de L'Église ayant

mis le positiviste Charles Maurras aux prises avec un académicien catholique libéral, LajUSticC nous impose de reconnaître (pie l'exacte Interprétation de l'cnseignemeat du Saintfut manifestement du côté de M. Maurras.

« Peu d'écrivains étrangers à notre foi religieuse auront proclamé avec autant de relief que M. Maurras la merveilleuse fécondité de l'Eglise catholique en toutes sortes de bienfaits pour la vie des peuples. Mais notre fierté de croyants s'accommode mal de voir reconnaître cette fécondité morale et sociale du catholicisme sans qu'on reconnaisse pareillement l'origine transcendante où le catholicisme trouve le secret divin de sa fécondité. Nous ne voulons pas admettre qu'un ami du dehors, tel que M. Maurras, reste toujours captif du paganisme hellénique et des préjugés positivistes. Dans les bienfaits séculaires de l'Eglise, auxquels il rend hommage avec tant de droiture, il devra discerner mieux que le signe d'une grande institution historique, il devra discerner, comme parle le Concile du Vatican : un grand et perpétuel motif de crédibilité en faveur de la religion chrétienne et un témoignage irréfragable de sa mission divine. »

Jugement de la « Revue thomiste »

Presque en même temps que paraissait aux Études ce maître article, la Revue Thomiste donnait les appréciations suivantes sur le même ouvrage, que V auteur anonyme compare au beau livre du R. P. Dom Besse sur l'Eglise et les Libertés :

« Un autre livre qui traite du même sujet, et qui porte exactement ce titre de Politique religieuse, a été publié un peu avant celui du R. P. Dom Besse, par Charles Maurras. Et c'est déjà chose fort curieuse de voir ce même sujet traité par deux hommes qui ont sans doute bien des points de contact, mais qui, d'autre part, diffèrent si profondément en des points essentiels. Chacun sait, en effet, que Charles Maurras, bien que d'origine •ntholique, n'a pas le bonheur de vivre dans la foi de l'Église.

« Or, il se trouve que le religieux bénédictin Dom Besse et le non-croyant Charles Maurras se rencontrent dans les mêmes conclusions en ce qui est de la politique religieuse. Us demandent, l'un et l'autre, que l'Église catholique soit

>0<', UTENDICE I

traitée dans 1 Ktat et par 1 Ktat, comme la suprême bienfaitrice des hommes qui, par suite, doit être consid* t< <■. non ilnn oil hostile, ou jaloux, ou dédaigneux, mais avec la plus profonde délérenee. évidemment, ce ne sera pas poulies mêmes raisons que le R. 1*. I)om Hess,- . i Charte*

Mann-as demanderont ee même traitement pour L'Église catholique. Mais, si le R. P. Dom Boms ■ d'autres raisons

plus spécifiquement religieuses et catholiques, il (ait tiennes,

sans réservée, tontes les raisons, spécifiquement politiques, de Charles Maunas. Ht, d'autre paît; Charles ftiaurras,

dans les raisons qu'il formule, entend si peu préjudiciel- aux raisons du R. P. Doiu liesse, qu'il a été le premier a reeoininander le livre de ce dernier et à déclarer qu il était le complément indispensable du sien.

«Ceci doit être remarqué pour apprécier connue il convient la portée de renseignement de Charles Mauriac sur les vrais rapports de L'État avec L'Eglise, le seul point de sa doctrine dont nous entendOBS parler ici. Ces rapports, Maurras luimême taisant sienne la formule la plus exacte qui en ait été donnée par les docteurs catholiques, ne craint pas de les définir par la comparaison classique de L'âme et du corps. 11 veut que L'Etat, Chargé des intérêts matériels, soit

à L'Eglise, chargée des intérêts spirituels ce que Le corps est

I 1 Ame. Et, sans doute, nous le répetons, il ne donne, de Cette définition, que des raisons extérieures, si l*OH peut ainsi dire, ou politiques et humaines. Mais, pour être d un ordre inférieur, par rapport aux raisons spécifiquement religieuses et Catholiques, elles n'en demeurent pas moins des raisons vraies. Kt bien que fauteur ne donne que celleslà parce qu'il ne peut pas, lui, dans son état d esprit actuel en donner (fautifs, eonune Cependant, non seulement il admet qu on en donne d autres, mais qu'il serait le premier à ne pas comprendre et à blâmer ceux qui, le pouvant en effet, ne les donneraient pas, et qu il applaudit avec une

entière loyauté I ceux qui tes donnent, comme la fait. I

1 Institut même <1 Action franeaise, et dans son livre, si intégralement catholique, Le R. P. Don» Basse, que peut-on souhaiter de plus, du point de vue de la plus stricte orthodoxie?

i D'autre part, comment ne passe réjouir de voir apporter. dans le temps OÙ nous vivons, parmi homme du dehors et qui

ne laisse pas que de s'imposer aux pires ennemis de 1 Église, un hommage, tout extérieur sans doute et d'un ordre purement humain, mais un hommage vrai à l'Eglise catholique, comme celui que forme la Politique religieuse'? Il y a, dans ce livre, telles pages qui resteront parmi les plus belles qu'aient jamais écrites, hommage rendu à l'Eglise catholique, ses admirateurs du dehors. Et n'est-ce pas déjà un précieux hommage entre tous, que cette identification de l'Eglise catholique avec l'idéal de la « civilisation », au sens plein de ce mot, si bien que toute hostilité à cet endroit est tenue pour un signe indubitable de « barbarie » ? Du seul point de vue social et politique, les avantages assurés par l'Eglise sont déclarés tels qu'être son ennemi, c'est du même coup être l'ennemi du genre humain. »

Jugement du R. P. Pègues

Enfin, dans le Bloc catholique, à ce même propos des concordances du R. P. Dom Besse et de Maurras, le théologien éminent auquel on doit un très beau commentaire et une traduction complète de la Somme théologique, le R. P. Pègues, professeur au Collège Angélique, à Rome, écrit :

« Un autre livre, analogue à celui du R. P. Dom Besse, que, du reste, le Bloc catholique appréciait dans un de nos derniers numéros, la Politique religieuse, de Charles Maurras, reproduisait lui aussi, tout entier, le Syllabus de Pie IX. Quel signe des temps que de voir s'unir ainsi pour en appeler au Syllabus intégral, comme à un document sauveur, deux esprits aussi divers que Charles Maurras et Dom Besse! Et les conclusions de leur politique sont identiques, à l'endroit de l'Eglise catholique. »

Ces libres Jugements d'esprits supérieurs, qui répondaient à beaucoup de sourdes calomnies, ont contribué à la diffusion d'un ouvrage qui dissipe les préjugés et qui, fixant les patriotes sur la vérité politique, les initie au respect et à l'admiration du catholicisme.

à bi page 52

i L'ACTION FRANÇAISE RT LE CLKBGÉ MONSEIGNEUR PENON

SotU 00 titre, /'Action française publiait, le 6 mai fOIX,

l'article suivant :

Enfin ' «liront 1rs mécontents, et ce MN le seul murinurr qui pourra se inèh r aux véritables cris d< joie donl la l'ro-

rence entière va Miner L'élévation de M. le chanoine PenoM à L'évéché <lr Mouliné. Bt cette satisfaction, qui déborde la Provence, ne s'arrêtera ans frontières d'aucune opinion pollj tique ni d'aucun ordre social. Eminent par L'intelligence etJj par Le coeur, estimé e4 admire passionnément par ceux qui s'honorent d'avoir él Mgr Penon eut aussi le

talent <lc se taire surtout aimer.

a [86o I Simiane, non 1« >in «le Notre Dame d. s \

IOUS le pilon <ln Honet. de cette PaCC forte el tine d'agricul-

teurs propriétaires, véritable élite de La contrée, il s riait révélé comme professeur d'humanités su Collège catholique d'Aix, mais avec on éclat si vif, dans on concert d< pratitade el d'enthousiasme i ^- que L'on ressentit une

espèce d'alarme quand, tout d'un coup, de puissants devoirs

de t'amillr lui tirent abandonner 10 Cl aborder la

chaire et l« niinister paroissiaux I il s imposa

rapidement Cette générosité de l'esprit «pi il dépensait avec

p | | lèves <!. \ int une charité débordante env< rs ses pai

>ulard, alors archevêque d'Aii l'a]

sans transition du vicariat du Saint-Esprit aux fonctions de grand vicaire, et, naturellement, la vigueur, la fermeté et le courage du grand vicaire Penon le signalèrent à la haine du gouvernement.

Le décès du prélat vint donc lui faire quitter l'archevêché pour une modeste cure de village au milieu des paysans et des charbonniers. Mais ce curé modèle demeurait la lumière du diocèse, écouté de tous ses collègues, respectueusement consulté d'un jeune clergé dont il avait pétri l'intelligence, formé le goût, dirigé les débuts dans la vie de l'esprit. La cure importante de Saint-Remy de Provence, puis celle de la Madeleine, à Aix, vinrent graduellement corriger ce qu'il y avait, malgré tout, d'un peu choquart dans ce contraste entre un mérite reconnu, vénéré, hautement salué de tous et la modestie du rang occupé. Le nom de l'abbé Penon avait été prononcé plusieurs fois à certaines vacances de sièges épiscopaux ; personne ne doutait que, tôt ou tard, l'Eglise de l'Ordre ne rétablît un équilibre hésitant. A n'en juger que du dehors, il me semble que le pontificat de Pie X vient d'acquérir un nouveau titre à la reconnaissance des bons Français.

Je répète qu'il ne s'agit point là d'un triomphe de faction. Les élèves de Mgr Penon, au nom desquels j'ai d'ailleurs le droit d'exprimer ici une ancienne et profonde reconnaissance, appartiennent à toutes les nuances de l'opinion. Entre ceux qui sont fixés à Paris, j'aperçois Adéodat Boissard, de l'Institut catholique, Raymond de la Tour de Villard, secrétaire général de Y Univers, l'abbé Henry Bremond, Joachim Gasquet... Je n'en cite point d'autres pour éviter de compromettre qui que ce soit : il peut être compromettant d'avoir appris à lire Tacite, Virgile et Lucrèce sous ce maître de premier ordre du moment qu'il vient d'être élevé au pontificat par Pie X.

Tous du moins, qui que nous soyons, fonctionnaires de la République, défenseurs de la démocratie chrétienne ou constructeurs de la monarchie nationale, nous aurons conservé avec le même sentiment de respectueuse affection, le même souvenir ému du temps où Mgr Penon nous initiait aux devoirs de 1 admiration désintéressée. Ce beau souvenir est d'ailleurs mêlé d'un peu de mélancolie. Nous qui écrivons tant, nous qui écrivons trop, nous sommes bien obligés de

:*0n kPAMMCH il

lire qiM Mgr l'enon n a rien puMiê Il ne | est pas souri- <l<

PKI moniwnent ni trace de ses l.cons, et je ; que la Vfe êpiscopale, telle <pi il 1 < ntend. active, a: iiiiisiiiinr par le devoir, lui laissera un grand loisir pour nous enlevei 4 «I pour rei

\ain et ne poètl . d- \enu, «le I avis de t . m^. un ONtM persuasif et fort, il fera déplorer la h ist. 'ssr «1 un - tant il 'énergies magnifiques sont dépensées Cl doivent lï-ti ■ luttes <Jc détail contre \u\ ennemi miserahle auquel OB M

heurte parfont ht cependant, nn liège épiseopsJ oblig

donner des <lirections générales < t ft Irait- r de baul '. m problèmes publies: les catholiques, les patriotes et les honnêtes gène onfl donc ehan< neiUir «le la métropole du

Bourbonnais i\es directions et <l» > conseils digne* d être admires de tous. - Charles M.vritu \s.

L'un det anclenê il ces de Mgr l'enon, Adêodai me répondu par le billet euioani qui parai dans /Action française du qu mai tgn.

Ainsi qœ voni Paves écrit, quelles que soient lee distances (jui les séparent, le.s diversités de leurs opinions OU

les divergences de leurs méthodes, tous Lee anci ans

d<- MgrPenon se retrouvent unanimes dans leuratfectu k connaissance envers leur maitre d autrefois, demeure le plus lidele et le plus de \ . aie des amis. Pourquoi ne pr< nd rie/ vous j>as l'initiative d une souscription destinée à offrir à

I Bvéque de Mouline on ■onvenir ooUecttifde ses anciens

disciples

Ainsi fut fait. Les fonds f/es êOWCriptiom reriit'itlirs '

M Comité met anciens éièfUt du COUèg* ÛOtkolUpM

iiAix. Le collaborateur de /Action française 6a

dé son ancien tnaitri- en /-apporta /es un/a-essions suiea: publiées par /'Action française <lu i 'Juillet /.'///.

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