‹ L'Action française et la religion catholiqueChapitre 37 sur 46 · UN ARTICLE DE M. HENRI BAZIRE EN · texte numérisé non relu

UN ARTICLE DE M. HENRI BAZIRE EN

Nous écrivions dans la revue de /'Action française duiov septembre igof.

On peut voir dans la Revue de la Jeunesse catholique, une polémique curieuse, dont Y Action française fait le sujet. Un jeune écrivain fort distingué, Al. Vimal, a présenté notre œuvre à la Jeunesse catholique en des termes assurément trop flatteurs, mais non sans établir avec beaucoup de précision et de justesse notre filiation intellectuelle.

U Action française est bien née d'une réaction énergique de la sensibilité et de l'intelligence française contre Y Action morale et protestante de M. Renouvier, de M. Henry Michel, de M. Desjardins et de leurs funestes anus, aujourd'hui maîtres de l'Université, de la librairie, du journalisne et de l'Etat m. Du moment que l'on se prononçait contre ces messieurs, contre cette race, contre ces idées, il fallait de toute nécessité adopter une discipline mentale et morale soit complètement catholique, soit amie et voisine de la position catholique. L'Action française ne s'est point dérobée à cette obligation. M. Vimal le constatait comme un fait, et n'en cachait point son plaisir.

Pourtant, son étude inquiéta, et la direction de la Revue

(i) Voir à ce sujet dans ma Politique religieuse les pages 65 et suivantes.

de lm Jêunêêêe catholique lit précéder L'article d me note :

courtoise, mais où L'on parlait (le notre nfjgsjnlamc 1

que »... M Henri Battre, quJ fat, tout le monde kc i président de le lenneeee catholique, - d lani an

nouvel article (août i * ^ * 'i qnece terme lui parattjaate. Notre logique « très robuste <-t trèf terrée - dit-il ■ m m eique guère dn cnristianisuie . Nous ne croyons p;^ quelle ait | se piquer d'antre chose que de logique. II n'y a pas une

Logique païenne et une logique chrétienne, une LogjqaC tint Thomas d Aquin et une logique dont Aristote auiait eu le monopole. Des 1ms, chrétiens, paient ont la même Logique, comme ils ont même Politique i . lin d'antret termes, les idées politique! que nous croyons Lee vraie* ne peuvent être déduites uni(/uenwnt du paganisme (l'-s uns on du christianisme des autres, car, en lait, elles sont commun

De l'ait, la royauté — comme la république — 1 aristocratie comme la démocratie - mit été pratique.

brts différente, mais suivant des lois Identiques, par

le monde moderne et par le inonde ancien. La cite antique

est tombé» «n décadence quand l«- ver de la démocratie L'e

rongée : et les parties du monde moderne auxquelles le même animalcule immonde s est attaque inclinent au même destin. Tradition, discipline, hiérarchie, l'imille, association s(

lanée, autorité, responsabilité el hérédité du pouvoir, — voilà ce qui crée et conserve les Btata, qu'ils soient anci

<[ii ils soient modernes. Qsj n en trou\era pas qui se soient trait! .i Ces conditions, et le** conditions opposées n'ont jamais donne que «les BtatS intérieurs, débiles ou m

il est parfaitement possible que les mtosji mainte-

neurs <le la fénérSJUeS et stupide constitution élective dfl La

Pologne aient l'ait leur salut éternel. Mais la Pologne, elle, ■ péri Blk ■ disparu de la ente en exécution «lu principe

qui vent «pu- le meilleur, le plus sage du Le plus vertueux

des hommes soit réduit on pâtée quand il ne MÙ1 pas

i d DJB hachoir mécanique de la toive de 50 000 I Q< \.m\ Nous ne voulons p,ts rtrr une Polo prin-

grand r étsit ndi II pour tigniflei ssses Dlsin

<pi iicr politique rt non d'action politique.

<lc ce qu'il faut voir et savoir, non ilr ce qu'il faut

cipe essentiel. Nous nous plaçons au point de vue du maintien de la nationalité française. Si, comme nous le croyons d'autre part, comme le croient tous nos adhérents catholiques, le maintien de cette nationalité est utile au catholicisme, il v a concordance, il y a convergence et sympathie entre les deux points de vue. Le patriotisme des Français catholiques est avivé par leur sentiment religieux. Ils sont donc avec nous, comme nous sommes avec eux, pour des raisons diverses. Et, dès lors, pourquoi nous gourmer ?

Coopérons (i). , , „,

Mais nous sommes en Gaule, dans la Gaule d avant César. Le Français d'aujourd'hui fait retour au type anarchique des premiers Gaulois et notre terre redevient le lieu d'élection des bisbilles civiques. Oh! la rivalité des cités, des clans des maisons, des revues, des journaux et des clientèles. M. Henri Bazire écrit :

« Les choses ne sont pas si simples qu'elles peuvent le paraître, et M. Vimal a un peu forcé l'opposition ; parce qu'elles se ressemblent, ces deux enseignes (Action morale, Action française) ne se partagent pas à elles seules la clientèle intellectuelle; et, pour une fois, rien ne nous presse de choisir entre la bonne Action et la mauvaise.

<« Oh! je sais bien ce que l'on peut nous répondre : « A la Jeunesse catholique, vous êtes des agissants et des vulgarisateurs, et vous ne vous embarrassez guère de spéculation. Pas assez! Vous prétendez avoir une ligne : mais justitiez-la donc quelquefois, ne fût-ce que pour les nouveaux arrivants . — Au fond, d'ailleurs, vous tenez pour l'Action morale, non pour celle de MM. Desjardins et Bérenger, mais pour l'action morale que conçoivent et pratiquent tels catholiques sociaux ou démocrates chrétiens dont nous entendons sans cesse les grandes périodes sonores, d'autant plus sonores qu'elles sont plus vides, et qui peuvent bien satisfaire le cœur ou l'oreille, mais assurément pas l'esprit. Nous sommes bien décidés à ne plus nous payer de mots, le verbalisme nous perd; quand une société est vermoulue, inutile de longtemps chercher, c'est que le rhéteur s'y est mis. Assez d' ■ Actions morales » prétextes à discours; à Y Action française, on

(i) C'est exactement ce que je repétais à Sangnier vers la même époque. — Note de 1913.

U'ITMtlCI !Y

pense; à l Action française, on louche i< I l'on n< .

trait, méthode vraiment scientifique, que sur le fondement «le l'observation. Nous allons | YÀetionftançaiM i

■ A eeni qui seraient tentés <!<• tenir ce langage dooi i drons Beontetl II y a trente ans et plus, bob senleineul en France, mais m Belgique, en Allemagne, ea ffntnsi Autriche, en Italie, de* Bommesont surgi qui an viens iil>«:ralisme ont opposé des idées pocislei Mcondes, liai.. dont ils proclamaient tirs haut l'inspiration chrétienne A • •- s novateurs qui se réclamaienl «le la tradition, <»n voulut bien concéder le générosité eu leur refusant le titr. tavanti l- reproche ne tint pas longtemps; ils étaient instruits, documentés; leurs déductions cherchaient le contrôle «le l'expérience; «lans leurs rangs il y avait non seulement <i te gentilshommes et des théologiens, mais aussi des proresseurs «le Faculté et «les techniciens. Entre le viens libéra

lisme à s«m déclin et le collectivisme ascendant, l*éCOle SOClale catholique prit une position que consolidèrent bientôt «le très hauts appuis et que dans ses points essentiels n ndit inexpugnable IKneycliqu» livruin lonuirmu Cette

école, la conn. us?

« — Nous 1 ignorons si peu, nous i epondra-t-on peut-être, (pie nous choisissons précisément dans s«s ranjjs un de nos

mai' oiaies, snhomsnedont vous m

ie/ j.as l'autorité, celui qui lut le théoricien par excellence

de cette école eu France, ie Marquis de Ka Tonnera-Pin.

>i cette réponse nous est laite, nous ne dissimulerons pas notre satisfait ion. Mais nous exprimerons le souhait

que quelque Jour, aptes nous l'avoir maint» m i"is rJfirnsé,

on nous démontre qui- I accord existe bien entre M. de la

Tour-do-Pia et M. liaUrvas sur le roademenl «le L'organisa-

tion sociale, les lins et les obligations qu elle présuppOSl Bn Vérité, M Henri Ba/ire nous parait un mortel bien

pointilleux 1 Bhl qu a t il besoin de se voie démontrer ■ si

M. de la Tour-du-1'in el M. Muniras s accoi dent ? PoUJ notre

part, nous l'engageons éé tontes nos têtues I pilai las satho-

i Voila L'origiaC 'h' la guerre QJU'on nom S tait. I.ll, fttt

ci autant plus ridicule «pic BOUS n'avons jamais clicrcl;

débaucher irai «pic <•<• toit, .lisant plutôt tnx jeunes esprits «pn

\ eu. ncut .1 BOS Idées «1«' rester où il> étaient pour les y repaiolte autour doux. - Noti de ÏQM$.

liques de s'entendre directement avec M. de la Tour-du-Pin! Qu'ils aillent à lui! qu'ils l'écoutent! qu'ils létudient sous toutes les faces de sa pensée! Nous n'en demandons pas davantage, et notre collaborateur Maurras, qui a été des plus ardents à lire, à commenter et à prêcher l'éminent auteur des Aphorismes de politique sociale, n'en pourra cacher sa satisfaction. Tout de même, il se gardera d'ajouter, comme le fait bien épineusement, bien inutilement, M. Henri Bazire : « L'objection ne sera pas détruite, ni le reproche écarté... » etc., etc. Car à quoi ces nouvelles difficultés tendent-elles?

A deux buts ;

i° Recommander un livre de M. Fidao, le Droit des humbles (i), livre en effet recommandable, qui témoigne de bonnes lectures, plus peut-être que de l'exacte intelligence des doctrines qu'il veut défendre ou contester.

2° Opposer les « besognes très humbles » des amis de M. Bazire (réformes immédiates, création de conseils du travail, extension du mouvement syndical et mutualiste) aux « critiques altières des savants ou des philosophes qui se disent, par mandat de la raison ou de la science, autorisés à tracer les plans de la société future ». M. Bazire tient-il absolument à nous imputer le péché d'orgueil? Nous accepterons son reproche si cela doit fournir une preuve certaine de notre humilité. Mais de bonne foi, là encore, pourquoi créer des oppositions fictives lorsque, évidemment, la coopération est possible 12) ? M. Bazire peut-il nier que ce temps troublé ait besoin de cartes, de plans, d'indications précises, non pas sur « la cité future », mais sur la forêt, sur le labyrinthe où nous errons depuis si longtemps. « Théoriciens », nous essayons de voir et de faire voir, selon le vrai sens de ce mot dans le Jardin des racines grecques. Praticiens, si vous êtes tels, nous ne vous demandons pas de cesser votre œuvre, mais d'opérer, de pratiquer conformément à d'évidentes nécessités. Nous ne vous reprochons pas d'agir, mais bien d'égarer votre action. Tout ce que nous voyons démon-

(1) Chez Perrin.

(a) Nous n'avons jamais cessé de réitérer ces propositions jusqu'au jour où pour nous lasser, suivant un procédé courant on nous insulta. — Xote de igi3.

•".'-t) UTKNnici; iv

tre saut erreur, parbleu! mais aines monte. z-noiis 1 erreur

que le problème est politique. Vous ne fora rien si roui ne

travaillez d abord à nous emparer de 1 ) .tut. On vous a pris

bien «les écoles, <>n ■ détroit voi

DOS! : 00 peut vous arracher «le la même manière C6I i tutions syndicales, ces mutualités auxquelles \«»us VOUS

donnes avec tant de zèle, <!<• dévouement et de passion

Kst-ee donc qu'il l'aille arrêter cette oeuvre-là? Aucunement. Il faut la subordonner, la mettre a sa place, qui, dans Tordre des temps, est la seconde. Nous ne disons pas que

L'œuvre politique est plue importante en §oi que L'œuvre

sociale, nous ne pouvons pas 1«' dire, ne le croyant pas, —

mais elle doit la précéd r. L'ensemencemeni est plus important que le Labourage, pourtant le labourage précède 1 ensemencement. Nous supplions les personnes pratiques d'être

plus pratiques encore qu'elle! ne sont, d'être aussi pratiques

tpie les paysans, lesquels labourent avant de semer.

M. Henri Bazin- nous rccuse-t-il? Nous allons invoquer

un témoignage auquel il Lui sera difficile de reprocher aucun « paganisme Logique

L'ABUS DSI pascal a LYOS Bn ctlet, M. l'abbé de Pascal conte, dans le Iù\'fil fran-

çai$, qu'il est aile passer quelques jours à Lyon parmi «les

catholiques, <l<>nt la majorité semblait animée des mêmes sentiments (pie M. Ha/ire

Void ses Impressions «pic nous BOUS permettons de distribuer sous trois chels.

a Excellence </<* V Action ■ sociale ».

.. Je viens d.- passer à Lyon quelques jours pleins d I

gnements très pratiques. Pendant une témoin* entier.', des cours théoriques et pratiquée eur Lee question! social* i

plus actuelles ont été laits, par des hommes compétent-

matières, a un auditoire de plus d, ',,„» personnes,

3oo prêtres environ, venus de |,»us les points «le la Franco,

<>t près de aoo laïcs. Question «le la propriété, question «lu travail, question «i«'s syndicats et des issociations pro sionnelles, ont été Largement traitées an double point de vue

«le la doctrine et des applications. Le succès a «lep <

toutes les espérances, et Tonne saurait trop louer le dévouement des jeunes, actifs et intelligents initiateurs de cette œuvre désormais fondée. Ils ont compris que, pour agir il fallait vouloir, et que pour vouloir, il fallait avant tout savoir et penser. Au fond, l'idée mène le monde, et lorsqu'elle a pénétré les âmes, elle est une force d'une puissance incalculable. C'est ce que ne semblent pas comprendre im trop grand nombre de soi-disant conservateurs, qui ne veulent ou ne peuvent ni penser, ni vouloir, ni agir. ■

(Notez que M. l'abbé de Pascal ne parle encore que d'une « pensée » « sociale », celle dont M. Bazire doit reconnaître la nécessité : je ne fais pas à M. Bazire l'injure de penser qu'il veuille « agir » en aveugle.)

b) Le respect de toutes les opinions y est nécessaire.

« Je dois cette justice aux membres de la réunion de Lyon, professeurs, conférenciers, auditeurs, que pendant ces jours où l'on a remué tant d'idées, abordé tant de sujets délicats, il n'y a pas eu une seule phrase imprudente, un seul mot téméraire, la moindre allusion offensante : tout s'est passé en pleine lumière de la vérité, et en pleine chaleur de la charité chrétienne. »

Au lendemain de cette « semaine sociale >, féconde, M. l'abbé de Pascal lit une conférence à la Jeunesse catholique et royaliste de Lyon: après avoir donné ses impressions sur ce second public, l'écrivain catholique se retourne vers les amis de M. Bazire, qui sont les siens :

c) Il faut à V action sociale un instrument, la Monarchie i .

« Et qu'à leur tour, mes amis sociaux souffrent que je leur dise : les réunions les mieux concertées, les plus utiles, les plus pratiques, comme celle qui vient d'avoir lieu à Lyon, n'auront qu'un effet... platonique, s'ils n'arrivent pas à forger l'instrument politique apte à réaliser les réformes que nous souhaitons. Or, cet instrument ne peut être la République de plus en plus maçonnique : pourquoi user son temps et ses forces à nettoyer de l'ordure révolutionnaire un régime que, chez nous, rien ne peut purifier, lorsque, à

i Je me permets de faire remarquer que M. l'abbé dé"Pascal ne présentait pas l'Action sociale comme l'instrument de la monarchie, mais la monarchie comme l'instrument, et. en somme, la servante de l'action sociale, comme, aussi bien, de toute action de salut public. — Xote de rgi3.

AIM'IM-Kl IV cùte fk nous, a QOtl trOUVC nu r

donné dans le passé la mtsaii I qui. ayant

fait la i il capable de la

îinih p rsuad i de celle doubl ooaanae :

«lu saint i»a> s bureaucratii admi-

nistré de plus »•" plus, dans ce pays on fBtat peut tout n'aura rien l'ait de lerienx tant qu'on a i pas i m]

<lc l'État et de ses ponTolrs.

Il faut donc tain- de la politique.

Ile politique?

( est proprement à quoi répondent nos « théories ■. Biles ae sont pas très différentes de celles de M. L'abbé de PaseaL BDei a ' parement Les mêmes, au point <1<- vu.- poUtiqne, sur le tnrain <l< m réalités, des nécessités nationale!

it d'ailleurs trop nfffWSSntfll pour DOQS laisser

le temps de débattre quelques anano - Le sort de notre année, de notre marine, de n dations libres devrait

vraiment avertir les intéressés ! Il leur faudrait eent ans et la

protection on Ls bienveillance dn pouvoir poni

dénient selon qu'ils le refont! Mais r. .muent disputeront-ils leurs bureaux, leurs groupements, fa d'études, au feu qui dévore des institutions cent rois plus

soli.l

Jarn Deipkùbl (ledit amfda riiinnm,

iléons tupertmU, dommê;Jmm proximut arétt

i i i .. : i ai i bien tels que M. Henri Basire

sont affligeant

Voilà Comment nOtti répondions à M. Henri Bfesin*, il y a

neuf anit

à la page il I

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