‹ L'Action française et la religion catholiqueChapitre 38 sur 46 · AU-DESSOUS DES JUIFS · texte numérisé non relu

AU-DESSOUS DES JUIFS

Le comte de Lur Saluées écrivait sous ce titre dans /'Action française du 24 janvier igog :

Pendant que nos amis de l'Action française allaient chaque jour à la Sorbonne protester contre l'insulteur de Jeanne d'Arc et au théâtre contre l'auteur d'une pièce où le prêtre catholique est ignoblement bafoué ;

Pendant qu'ils se ruaient dans les bagarres bravant les horions et rendant les coups avec usure ;

Pendant qu'on les traînait dans les geôles de la République où leur inlassable gaîté bravait avec tant de crànerie les rigueurs rageuses d'un gouvernement d'apaches ;

Pendant que Maxime Real del Sarte subissait si courageusement les ignobles brutalités des gardes-chiourmes de Clemenceau ;

Pendant que les cœurs des vrais Français battaient d'émotion à la nouvelle du douloureux martyre supporté par ce fils apprenant la mort de son père et obligé de dévorer ses larmes au milieu des ricanements et des insultes des bandits avec lesquels la police républicaine le tenait enfermé ;

Pendant qu'André Gaucher souffletait une fois de plus les magistrats français de ses dénonciations vigoureuses ;

Pendant que des juges sans pudeur lui tendaient un infâme traquenard et, se faisant les exécuteurs de la plus basse vengeance, le condamnaient à deux ans de prison ;

Pendant que tous les nôtres allaient ainsi de l'avant, poitrine découverte et le front haut, affrontant les batailles el risquant leur liberté ponr la défense de l'Eglise et de nos traditions nationales :

oui. pendant ce temps-là <les êtres venimeux et Lâches, oeusement abrités sons Le voile de l'anonymat Le plus absolu, B'apprêtaii m à Les frapper dans 1. dos et à Les salir de leurs répugnantes calomnies.

Ces hommes qui tons les jours, soi! avec Leur plume vaillante, soit avec leurs poings vigoureux, s'efforçaient de venger L'honneur «le notre héroïne nationale et «1 imi >■ silence aux Lnsntteurs de notre religion, de vils pers

ni. sans se nommer eux-mêmes. 1rs dénoncer CODime

ennemis de cette même religion...

\. dirait-on pas que Les prudents auteuri ■ feuilles

sortirs «1,- je ne sais quelles mystérieuses officines se sont inspires drs conseils donnés jadis par la liante- Vente italienne a ses adeptes, dans une instruction connue de tons aujourd'hui : Montre/, ou plutôt faites montrer par quelques respectables imbéciles ces feuilles où sont relaies les noms , t i arrangés d< qne vous deves perdre

de réputation).

Certes Les respectables Imbéciles ne font jamais défaut et

on a raison de compter sur leur COnCOUTS. Mais quand on

Bonge <iue cette édifiante campagne est dirigée contre des

hommes an nombre desquels on voit un Bernard de Yesins Condamné à deux ans de prison pour avoir défendu le seuil de SOn église envahie, un Boistlenrv ayant brise son

pour ne pas la salir dans la honteuse besogne des Inventaires, un [Minier chasse (le T Université pour avoir apporté le courageux témoignage de sa sympathie à des religieuses

parlant pour l'exil, un André (iaucher, un Héal del 8 happés dans les conditions (pie j'ai rappelées plus haut, quand on constate (pie ces attaques venimeuses \ isent les

adversaires Les plus déclarés, Les plus Intransigeants, les

plus Irréductibles <t les pins audacieux du gouvernement

maçonnique, on en vient à se demander si nous ne nous trOUVOnS pas en prrsrncr d'une de ces inamcuvre- astucieuses à L'aide desquelles les entants de la Veuve s'entendenl

-i bien à utiliser la niaiserie des benêts pour L'accomplis- Sèment tic leurs desseins.

Eh! quoi, me direz-vous, vous allez soupçonner des homnies qui se montrent si scrupuleusement soucieux des intérêts de la religion, qui s'effarouchent peut-être à tort, il est vrai, du moindre propos capable d'effleurer la délicatesse de leur conscience, vous oseriez prétendre qu'ils sont les instruments des Loges ?

Eh ! eh ! on en a vu bien d'autres î Songez à la maxime : is fecit cui prodest, et méditez aussi ces sages avis formulés dans l'instruction de la Haute-Vente citée plus haut :

« Vous devrez avoir l'air simple comme la colombe, mais ■ vous serez prudents comme le serpent. Vos pères, vos « enfants, vos femmes elles-mêmes doivent toujours ignorer « le secret que vous portez dans votre sein; et s'il vous « plaisait pour mieux tromper l'œil inquisitorial d'aller à « confesse, vous êtes, comme de droit, autorisé à garder le « plus absolu silence sur ces choses. »

Dans tous les cas, qu'ils soient inconsciemment ou non les agents de la franc -maçonnerie, ce qu'on peut dire de ces tristes personnages c'est qu'en raison des procédés devant lesquels ils ne reculent pas, ils sont tombés au-dessous des Juifs.

à la page ISS BARBES BT L'HELLÉNISME

//s 00 titre, M. Pierre Gilbert publiait dont /'Action h%nçalBey le 26 février igiot cette discussion du Vay Sparte

Nous SYOnJ déjà paru- dfi la causerie laite. 1 autre jour,

par M. Maurice Barres sur son livre Le Voyage de Spart»,

liens \ (ii rouvrant .son livre.

Barrés, a Athènes, n'a pas trouvé trac m sensibilité s in

tèressàt très profondément uu\ inarbres antiques. | éclairs, dit-il, m éblouissent . ils ne me guident DUS

Ce qnl lui a manqué, écrit-il, en G on ébran-

lement de son être, 1 excitation de SOU imagination, un trouble du cour. Mais aussi qu y etait-il venu chercher?

■ .1 attends, dit- il, «les marbres athéniens qu'ils me renseignent

sur la vie puissante qui, jadis, anima celte lOC&étl Mais il remarque : Phidias a\ ait l'amour de lordre.des proportions

justes, d,s moyens simples; et ces qualités, peut être n'étaient-elles p;is sans mélange ohei - Ltoyens, maie

il <i su les chûiêir et les isolt I I ' DU insoluble

problème qui B tait passer la in< r a Maurice Bancs, l.t le

miracle grec L'irrite.

Réduit aux seules «ruvrrs des antiques. Pain s, qui veut

au moins reconstituer d'importants fragments de L'unité du

génie grec, retrouve sous les marbres la pensée d'Anaxagore. « Ce grand art de l'Acropole soulève les plus graves problèmes intellectuels. Cependant, le Parthénon n'éveille pas en moi une musique indéfinie comme fait, par exemple, un Pascal. »

Et il paraît bien que c'est la pensée de Barrés qui s'insurge contre la raison grecque. Au dénouement des Euménides, Eschyle et la Grèce nient la fatalité (i). Là-dessus, Barrés : « Nul plus large plan où faire rentrer les faits que ce déterminisme auquel l' Iphigénie essaie de contredire... Nous sommes asservis aux transmissions du passé ; nos morts nous donnent leurs ordres auxquels il nous faut obéir: nous ne sommes pas libres de choisir. Ils ne sont pas nos morts, ils sont notre activité vivante. •>

Nous voilà, probablement, au centre du dissentiment.

Maurice Barrés emportait avec lui des préjugés qui tendent à nier l'art humain. Quelle chaleur dès lors recevoir d'un beau marbre? S'il eût ouvert là-bas des yeux moins prévenus, que n'eùt-il pas ressenti? Maurras s'était soumis: « L'art d'Homère veut qu'on l'étudié en lui-même. De ce point de vue, quelles lumières ! « Le propre de la sagesse, dit le plus grec des Français, est de mettre d'accord l'homme avec la nature, sans tarir la nature et sans accabler l'homme. » Et encore : << // n'est rien que ne soulève la volonté tendue dun esprit préparé et fort.

Ah! s'il avait été pénétré de cette philosophie, quels héroïques accents Maurice Barres aurait tirés de son propre cœur!

Athènes, écrit-il, « ne tient que ma raison. Et qu'est-ce que ma raison, qui me semble à certains jours une étrangère, une personne instruite, préposée de l'extérieur à mon gouvernement? » Et il ajoute : « Epictète disait malheureux, l'homme qui meurt sans avoir gravi l'Acropole. Ah ! s'il existait un pèlerinage que Pascal nous eût ainsi recommandé comme la fleur du monde! » Le beau ne le fait pas sortir de lui-même.

S'il ne s'agit que de vénération et d'autels à élever dans notre cœur, à quoi bon une Acropole catholique? Une église

(i) C'est moi qui me permets de souligner ces mots.

àPPBJfDIGB \ I

est eocore un hommage que L'homme lait I Dieu de ince.

Les lem de Banèa a'omi donc pu triooiph< i idées

mondes. Voila son péché. Un être Lrè* ouvert à La sensation eût lié averti «l<- la variété du monde, et, j>;n- suite, .1 plasticité. <'.m- Minerve esl d'abord femme et puis déi

La richesse des phénomènes, condition de l'an et <1<- la

Raison, sollicite la main de l'homme. Mais Barrés n'écoute

pas assez les voix de L'univers. C'est sa marque de

île la nature tout ce qu'il ne peut modeler à la forme du

cœur humain. On imagine qu'un Barres moins intérieur ■

n'eût pas tout à l'heure demande1 a un KmpOJ [QOniSmC

L'explication de L'aventure athénienne et que le miracle ne L'eût pas autant irrité. Intime rançon d'un admira

infiniment varié : les sens nous le prédisent Et la preuve eu es! que, par ailleurs, nous ne manquerons pas de sujets d'entente avec Maurice Barrés. Ses belles lui Cran ment que< uous sommes libres de choisit- »,

puisque d'autres >nt mal choisi; et ses victoires sont le

fruil de son art. aine lurent bonnes mar-

raines «•- Lui accordant, politique ou écrivain, d'être Athénien sans le vouloir.

à la page 2/7

J'écrivais dans /'Action française du 2 g novembre igii :

... L'Action française est une image de la France, des raisons et des passions de la France, de ses poi:its d'unité et de ses innombrables diversités. Cependant, à quelques actes que l'événement nous ait conduits et quelques calomnies qui en aient été tirées, je défie que l'on trouve chez nous mie apologie du duel. Ce diable de Criton lui-même avouait, au lendemain d'une de mes rencontres, crue le vieil usage professionnel, condamné par la religion, n'était que faiblement défendu par la raison. Pour ma part, à chacune des six affaires qui m'échurent depuis une douzaine d'années, j'ai toujours entendu la voix intérieure me représenter avec fermeté que l'aventure n'avait pas le sens commun, qu'un coup d'épée donné ou reçu n'infirmerait ni ne fortifierait aucune de mes raisons, et qu'enfin :i n'y avait pas de proportion entre le risque, si léger fùt-il, et l'occasion de le courir, si grave fùt-elle, ces deux ordres étant de nature trop différente et pour ainsi dire incommensurables.

Il ne me souvient pas d'avoir jamais su opposer quoi que ce fût à ces graves propos, ni, il est vrai, de les avoir écoutés avec attention. Il me semblait entendre réciter une tables de logarithmes pour me dissuader de boire une tasse dr chocolat. Mais la distraction ne m'absout de rien, et je n'ai jamais espéré de me justifier devant ma raison, à

AIM'KNDK'.E VII

laquelle te cœur m bornait à présenter l'excuse suivante : — J<* n< d'écrire, d'affirmer, de juger. Mon papier

BOUflre sans protestation tout ce que je lui confie, ce <pii

aboutit déjà à déterminer des actions. Je ne puis :. fus* r d'assnmer, dans la forme et dans L'ordre des mœurs de mon temps, la responsabilité de ces lignes écrites et de tout ce qui peut s'en suivre. Le métier d'écrivain est déjà ravalé : Je ne puis pas contribuer à diminuer, fut-ce d'un degré, le dernier reste des responsabilités de la profession. Tel est mon plaidoyer au tribunal Intérieur, et je le transcris pour le petit nombre que cela intéresserait Pour le grand nombre, la question passionnante (à laquelle il ne peut

toucher ■ qu'en tremblant a dit un maître , C'est la

question religieuse, question posée aux catholiques croyants et pratiquants, pris entre la volonté déclarée de L'Eglise <t les attraits f ascuiateurs d'un usage qu'elle proscrit

A l'Action française, il y ■ des exemples connus et honorés de la strict»- observance. Il nous est arrivé de la nommer héroïque, <in raison des combats difficiles et obscurs

que cette conduite suppose au fond «les conscience, notamment cbe/. tels hommes pénétrés d'une Longue tradition militaire et pour Lesquels le souvenir (les ; dits du grand Cardinal demeure tempéré par d'antres souvenirs, ceux du duel régimentaire en vigueur dans nos armées Jusqu'à

tOUf derniers temps. Combien de colonels d un catholicisme

irréprochable, se succédant de père en Ois dans les mêmes

Commandements, S'y pliaient sans y voir de mal. laissant

Leurs pionpious en découdre sous l'oeil paternel du prévôt I

bons soldats «t CCS bons chefil avaient-ils seulement la

notion d'aucune faute?

Leurs enl'ants ont acquis un sentiment plus net de leurs

obligations religieuses, et ce scrupule < fort pour les

déterminer à tout subir, des injures ou d de l'ait,

plutôt que d'enfreindre la prohibition de 1 église. Non seulement cela est beau en soi, mais ici, en ce rond-point où se retrouvent des liançais de toute Origine et de toute philoi pliie, on n'a jamais hésité à rendre liomn 1k au moral.

On l'a témoigné à Bernard de Venins, on L'a tém

M. .Iules Challamel. VA quand les écrivains du Sillon, en

félicitant M. Challamel d'un relus ■ qui avait <lù coûter a son tempérament batailleur . ajoutaient qui! avait dû avoir

de la peine à entraîner « jusqu'au bout de leur devoir », ses amis, c'est-à-dire ses amis de l'Action française, les écrivains du Sillon nous diffamaient gratuitement, car les catholiques et les incroyants de l'Action française s'étaient unis pour accomplir, de grand cœur, leur devoir qui était de faciliter à M. Challamel tous tous les moyens d'obéir à sa conscience catholique.

D'autres catholiques croient-ils leur loi moins impérieuse? Ou se sentent-ils moins de liberté et de forces morales pour l'accomplir? Monsieur, disait Barbey d'Aurevilly en une circonstance pareille, sachez que je n ai jamais hésité à sacrifier mes principes à jnes passions. Il y a des passions généreuses et désintéressées. Il y a aussi des circonstances dans la casuistique desquelles personne n'a le droit de pénétrer de l'extérieur. Mais je ne serais pas surpris si plusieurs de ces catholiques (devenus latitudinaires pour exposer leur peau à une épée juive où à des pistolets huguenots) se disaient qu'après tout ils vivent sur le pied de guerre et que le combat singulier n'est qu'un épisode de leur vie militante où l'embûche les guette à tous les coins de rue.

De toutes les raisons qu'ils peuvent se donner, aucune ne doit les satisfaire, ou je le crains bien. Plus d'un peut se sentir emporté. En est-il qui cèdent aux mœurs, aux sollicitations, aux excitations? Il ne faut pas oublier, en ce cas, que les saints, les purs du Sillon y font leur partie. Le printemps dernier, nous l'avons noté le 2 mars, l'organe sillonniste se montrait fort curieusement favorable aux propositions batailleuses d'Henri Bernstein et la Démocratie publiait en grosses lettres renonciation du scandale : n Les

ADVERSAIRES DE M. BeRXSTEIN NE SE BATTENT PAS », et Ce fut

absolument après qu'ils se furent battus que le pieux journal se ressouvint de « marcher ■ contre le duel...

... A Rome, où l'on se connaît en âmes, on a défini les disciples de Marc Sangnier des d/nes fuyantes. Paris commence à reconnaître qu'il a une âme de fuyard.

De quelque laçon que l'on juge le duel, il restera toujours quelque chose de plus absurde et de plus immoral: c'est la phobie des responsabilités, caractère commun à l'agitateur démagogue, qu'il soit Jaurès ou Marc Sangnier.

à la page 233 LE DOSSIER D'UN AGRESSEUR

On trouvera dans la revue de /Action française du i 5 mai igo8, la reproduction complète des qamtre articles de la Gazette de France de fêerier-mart igoô />ar lequel J'avais

rameur riulenwnt M. FonSi letenr àtXjïkb

des frères Veuilloi <i demi-voilé du psendonyï

QuerdeCy au respect de la vérité évidente.

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