‹ L'Action française et la religion catholiqueChapitre 4 sur 46 · ï lu Élimina d'uni no · texte numérisé non relu

ï lu Élimina d'uni no

tenir compte oa sortir des réalftés de la politique religieuse française.

Pour ea tenir un compte véritable, que faut-il? D'abord, sans doute, le vouloir bien ; mais, en outre, oonnaltre Le catholieiame tel qu'il est. J'y ai mis. pour ma part, un soin particulier. J'ai décrit de mon mieux les caractères spirituels, moraux, historique. lOciami de L'Eglise romaine, et cette étude, à laquelle j'ai apporté

L'aspril «le soumission impartial qu'il faut appliquer à I étude des faite, a été jugée en général, non point Irréprochable certes — je ne suis pae théologien, — mais, dans ses grandes lignes, juste et exacte Assurément, ni mon Langage ni ma pensée ne peut être toujours de nature à satisfaire la oonedence catholique en ce qui

touche a l'appréciation du domine sacre ou à l'énonce de l'histoire ecclésiastique : mais si, sur l'un ou l'autre des deux sujets, une entière satisfaction eût été donnée

par mes semblablei et par moi, la difficulté se serait éranouie, le problème examine ne se serait plus p<

il n'y aurait eu à VActlOTl française, il n'y aurait en France (pie des catholiques parfaitement orthodo

Nous n'en sommes pas là.

Je ne demande point s il est hou qu'il y ait une Action

française. Doit-il y avoir une h' rame, même di\ isee et

déchirée entre les factions? Je n'ai rien i répond*

qui voudra considérer l'existence de la patrie française

comme on bien purement négligeable. A cens qui sentent comme moi. j'ose dire que le problème qui subsiste si hi France subsiste, est celui d'y faire coexister les croyants qui existent et les incroyants, qui existent

SUSSi, sans Sacrifier le premier des hieiis de l'Eglise,

constitution. Comment i>ourront-ils se tolérer, se rapporter les uns les autres sans toucher à ce

bien précieui '

Une action politique française n'a point l'objet immédiat de guérir des dissentiments qui portent sur l'être premier et dernier de toutes choses. Cette action correspond cependant à des nécessités et à des besoins qui ne sont pas contestables et dont la bonté, pour être théologiquement secondaire, ne semble pas à mépriser. C'est à rendre cette action possible, c'est à réaliser ce bien que nous travaillons.

Ceux d'entre nous qui ne peuvent penser comme les catholiques se sont fait un devoir de tout combiner pour éviter de les choquer à la légère, et de les contrarier par mégarde. Ce n'est point parmi nous que Ton a pu exhorter les catholiques à professer leur religion à la manière de Bossuet ou de Fénelon, ni qu'on a opposé aux décisions du dernier Concile la * tradition » des théologiens gallicans ou les visions d'un fidéisme condamné. Là-dessus, justement parce que les méprises innocentes étaient possibles, nous avons tenu à aller aux limites de la rigueur : quand l'Institut d'Action française s'est fondé, la question d'un enseignement catholique s'est posée naturellement en première ligne ; pour signifier ce qui doit être entendu par catholicisme, un non-croyant proposa la fondation d'une Chaire du Syllabus. De cette façon, personne ne se trompait et personne n'était trompé.

Ces procédés dont l'inspiration semble sans reproche eurent pour effet naturel de nous attirer l'attention, puis la faveur de ceux des ecclésiastiques français dont la doctrine générale était estimée la plus pure au point de vue du Siège romain, tandis que le clan libéral et moderniste s'agitait avec une remarquable unanimité contre nous.

Nous avions eu pour nous, dès nos premiers efforts, quelques-uns des hommes éminents qui, en 1892,

ï6 éLÈUEtm d'UKI IMFU0TUB1

avaient fondé la Vérité française, autour d'Etise Yeuil-

lot, à leur tête, M. L'abbé Charles Maignien dont Les

encouragements sont contemporains <!«• ne>s plu- an cienfl travaux politiques ainsi qu'en témoigne son livre Catholicisme^ Nationalisme^ Révolution. Son sunri fut confirmé parce qu'on pourrait appeler recelé de L'évéque de Poitiers, Mgr Pie. et aussi L*école <!<■ V Association catholique dont M. L'abbé «le Pascal, notre ¥i aéré collaborateur et ami, demeure le premier rep sentant dans L'ordre du clergé. Do cette façon, abstraction bute de toute arrière-pensée politique, on trouva de tout temps dans la zone de V Action française t ceux des catholiques français qui étaient le moins capables «le transiter sur les principes et dont l'attitude intellectuelle et morale correspondait aux initiatives dogmatiques nu disciplinaires qui marquent la tin du pontifical de Léon Mil et tOUt le cours du pontilicat de Pie X.

(lai- les événements furent assez malicieux pour fortifier n<>s raisons en les veriliant contre ces amis per-

Bonnels (nous en avions partout) qui nous frondaient

en souriant.

Nous objections à certains historiens et romanciers de

la philosophie religieuse : — Ce que vous dites ls peut être bel et bon, bien que fort déplaisant, a notre humble avis ; mais ce sera (ont ce que ^>us TOUdrCS, excepté

du catholicisme. Nous n'irons point de ce coté-la. Cela n'a aucun avenir... El l'encyclique Pascendi vient en effet déclarer, peu de temps après, que. au point de vue catholique, il fallait rejeter absolument ees doctrines.

Même confirmation de pronostics, en ce qui touchait le Sillon. Pendant sept ans entiers, l'auteur du Dilemme de Marc Sanjrnier disait a son héros : — Prenez

donc garde que de telles propositions exorbitent le catholicisme ; il est impossible qu'elles ne soient point désavouées tôt ou tard... Ce qui est arrivé. Ce qui ne pouvait pas ne pas arriver.

Nous n'y étions pour rien. Nos pronostics étaient aussi objectifs que la couleur de l'air ou l'heure du jour. Il restait les hommes. Quelque modérés qu'eussent été nos triomphes, ceux que nous avions avertis inutilement devaient finir par extravaser en nous leur personnalité avec ses rancunes et ses passions, mais aussi leurs croyances. C'est ainsi qu'ils nous imputèrent cette prétention à une orthodoxie de foi dont nous estimions n'avoir même pas le droit de nous occuper...

Nous n'avons jamais parlé d'orthodoxie ni de foi. Ce que nous avons dit, et redisons, c'est que la politique religieuse de la France doit être catholique et comporte le privilège (i) du catholicisme dans la société comme dans l'Etat. Ce programme est le seul point sur lequel nous ayons qualité pour entrer en discussion avec les libéraux. Mais ils tiennent à fuir cette discussion. Ils préfèrent se rappeler tous les torts qu'ils ont faits ou laissé faire à leur propre programme et, armés de ce beau souvenir, nous répondre qu'un programme n'est qu'un programme, que nous avons beau jeu à le rédiger dans l'éther et que, somme toute, il n'est guère lié qu'à notre goutte d'encre et à nos feuilles de papier.

Cependant, ce programme adhère assez visiblement à toutes les racines de nos pensées. Faut-il expliquer que voilà une garantie de sérieux ?

(i) J'emploie ce terme de privilège au sens large et courant.

KI.KMKNT- D'UNI !M

Les rencontres qui t'opèrent Mi es programme expriment la convergence de dispoeitiotii intellectuelles proiund' dlepœitionfl visent <Ies matières autre-

ment grevai que l'objet conrent des elliaBeee que Ton conclut tantôt pour <lcs campagnes de prêtée on campagnes électorales! tantôt pour le chois d'un candidataux portefeuilles on iu Nous ne nous bor

nous pas à tomber d'accord qu'il faut un Roi à le France ou i[uc la royauté en France esl «le tradition catholique: notre accord représente la synthèse de communes < général b sur les maux de I [ndividualisme et de L'Etauame ; l'accord vient, par exemple, de ce que, pour nous

tous, reniant appartient aux parents et non a l'Etat;

crue l'école dépend non de l'Etat, mais «les ramilles Boutonnes ou suppléées par d'autres organisations autonomes; que la Législation du mariage comporte l'indî Lubilité; que l'autorité publique ne repose pas but la volonté «lu peuple ; que la source réelle en est l'intérêt commun, en latin scolastique bonum commune ; qui bien commun a «les règles qui dépendenl «le la nature de- choses el des gens, de leur place et de leur fonction sur le terre; que, par conséquent, le sort des collectivités naturelles n'est pas livré à 1s fantaisie ni à l'arbitraire «le> individus qui les forment, il dépend de lois fixes, indépendantes de nous et nos supérieures, qu'il est possible de connaftn attitude i et, dès lors, d'uti-

(i) Il ul Intéressant <l«- n<>u- comment aa tique <l«iui

î.i pensée esl lingnUèremenl éloquente et communicetivcj M l'abbé Appei rtmé eette notion <i'.ni ardre natmuj

• ii*. le hardiment tus hommes politiques « La \ est u* Christ Tout œ que « oui I fondamentale, croulera. »

ippeUS

iiser à peu près comme on l'ait des autres lois de l'univers...

le Verbe, la Sagesse éternelle, la Raison immuable, la Vérité subsistante, par qui le monde a été fait, et sans laquelle rien n'a été l'ait.

Dans cette Raison qui est une personne puisque la Pensée de Dieu ne peut être que comme Dieu, éternelle, pleine, immuable, vivante, luit, de toute éternité, l'ordre des cboses créées : les lois des êtres, l'équilibre de l'univers, la constitution vitale des plantes, des animaux, des nommes et des anges.

Avant d'être l'auteur de la grâce, le Verbe est l'auteur de la nature. La société humaine est l'ondée sur les lois de la nature ; la grâce les redresse, les assouplit et les élève: elle y ajoute un nouvel élément d'un ordre supérieur, mais elle ne les contredit pas. elle ne les abolit pas. M'établir dans l'ordre de lagrâce, en écartant du pied l'ordre de la nature, c'est poser l'accident sur lui-même, sans substance. L'humanité subsiste sans l'Eglise comme le sauvageon sans la greffe : elle ne subsiste pas sans le Verbe, c'est-à-dire en dehors des lois établies par la Raison divine au cœur même des choses.

Que des catholiques arborent le Christ contre le Verbe! N'est-ce pas chez les catholiques que le Christ, qui siège à Rome, releva tant d'erreurs contre le Verbe, c'est-à-dire contre la Raison, et contre l'ordre naturel dans ce recueil qui, sous le nom de Syllabus, offusqua tant d'éminents chrétiens? Ils l'interprélèrent, le travaillèrent, le tordirent, finalement l'enterrèrent, et ils reprirent leurs déclamations sur le nouveau régime de la Liberté de conscience, de la souveraineté du peuple, de l'égalité des cultes devant la loi. de la Séparation de la Politique et de la Religion, principes qu'ils appelaient le progrès, le libéralisme et la civilisation moderne, et que Rome, devenue, dans un siècle insensé, l'unique soutien de la raison naturelle, de l'expérience et de la tradition naturelles, condamnait d'autant plus nettement que c'étaient de ses meilleurs fils qui la suppliaient de s'y rallier.

Ce sont des catholiques qui depuis trente ans ont élevé comme étendard sur le peuple chrétien, un Christ signataire des Droits de l'Homme, un Christ simple citoyen, un Christ, jeune époux de la jeune Démocratie, un Christ de la Liberté et de le Marseillaise, un Christ acharné surtout contre l'autorité traditionnelle et la sujétion légitime: les meilleurs, un Christ indifférent au gouvernement temporel des sociétés dont il est le fondateur et le législateur.

Combien est plus respectueux le positiviste à qui Dieu n'a pas encore accordé le don de la foi, mais qui cherche avec une entière sincérité dans l'histoire, dans les épreuves des peuples, dans la Grandeur et la Décadence des Empires, dans les témoignages successifs et identiques des grands hommes la lumière du Verbe, c'est-à-dire les lois de la vie ! Il regarde l'Eglise Romaine ; il y rencontre parfaitement pures toutes les parties de la Sagesse qu'il a démêlées çà et là dans les ruines du monde. Il admire l'admirable harmonie de son dogme et de sa discipline avec ce qu'il a reconnu des conditions du bonheur : du bonheur éternel ? Il ne sait pas ; mais du bonheur individuel, familial, social, national dans l'empire du Temps. Il félicite, il envie ceux qui l'ont prise pour leur guide vers la société invisible, elle les introduira comme Béatrix aux plus hauts royaumes de la Vie. »

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