‹ L'Action française et la religion catholiqueChapitre 5 sur 46 · LES ÉLÉMENTS DUNE IMPOSTURE · texte numérisé non relu

LES ÉLÉMENTS DUNE IMPOSTURE

Par là, les vues qui animent chacun des incroyants iT Action française, quelle que soit sa philosophie personnelle, les doit l'attirer vers l'ordre naturel catholique et, sur les mêmes points précis, ces mêmes vues nous éloignent aussi des différentes communions religieuses qui sont, en France, les plus opposées au catholicisme, à savoir le protestantisme, la maçonnerie et le monde juif.

Par là encore, ce qui retrancha de l'Eglise toutes ces sectes, e'est ce qui nous rapproche d'elle. Ce rapprochement d'ordre politique et social se répète en matière de littérature, d'art, de mœurs : rencontrant les mêmes adversaires individualistes, nous rencontrons aussi dans les mêmes accords, limités et précis, la pensée organique des catholiques rigoureux.

Contre eux et contre nous se prononce l'esprit des révolutions de la France et de l'Europe au siècle écoulé. Pour eux et avec nous, se prononce la volonté de réorganiser. Fuir l'anarchie, rechercher l'ordre, est-ce une raison méprisable de se trouver réunis et retranchés dans le même camp ? Un commun désir de la paix dans l'ordre ne peut-il pas fonder une action commune, pour un pays aussi profondément troublé que la France? C'est le contraire qui choquerait ! Comment les défenseurs de l'ordre se désintéresseraient-ils de l'Église ? Les catholiques ont-ils avantage à refuser le concours de défenseurs réfléchis et courageux de l'ordre public ?

Le sérieux de ces accords et du programme qui en découle est donc certifié par la force et la profondeur de leurs raisons d'être au fond de nous-mêmes.

Reste à les vérifier par leurs résultats.

Car il y a des résultats. Nous ne vivons pas dans le simple face-à-face de notre plume et de notre papier, ni dans le pur essor des spéculations de la philosophie.

Beaucoup plus et infiniment plus qu'aucun des hommes politiques de l'opposition parlementaire, l'Action française agit : elle a donc eu à régler et à trancher souverainement dans Tordre de son action ces questions pratiques qui sont des questions de gouvernement ; l'accord conçu par nous a été aussi pratiqué et vécu. Son application a eu lieu dans une enceinte très limitée, assurément, — ce qui peut affaiblir la valeur de l'expérience, — mais avec des moyens matériels inférieurs à ceux dont dispose un gouvernement établi, — ce qui apporte à notre expérience une signification et une force probante supérieure .

Eh! bien, d'après ces résultats réels du concert d'Action française à l'intérieur de nos groupes, la situation des catholiques parmi nous a-t-elle été accrue ou diminuée ? Et leur influence ? Les faits répondent. Dan : notre Institut, non seulement la chaire du Syllabu est toujours occupée par un prêtre ou un religieux , qui est laissé parfaitement maître de son enseignement mais le secrétariat général de l'Institut, autant dire la gestion, la surveillance et la haute main appartiennent à un catholique. Ce catholique, M. Louis Diinier, dira s'il eut jamais un litige avec ses collègues sur aucune question d'ordre spirituel. Les autres catholiques, nominalement étrangers à la direction de l'Institut, ont toujours été écoutés dans les vœux et désirs qu'ils exprimaient.

Après l'enseignement direct, voyons la politique du journal. On peut dépouiller toute la presse conservatrice et religieuse, monarchiste ou républicaine, de Paris et des provinces, on n'y trouvera point d'organe dont l'attitude ait jamais été plus correcte à l'égard de la hiérarchie catholique, à commencer par le plus humble des clercs et à finir par ceux des membres

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de L'épiscopat français qui farent tort, nous

L'espérons pour adversaires acharnés de notre cause ou de Dotre œuvre Noua uoui lommei i cet égard, Lut dit jusqu'à la discussion, jusqu'au simple lait d'examiner. Raison : cette autonomie absolue du catholicisme qui avait été stipulée en tête de tous nos projets. C'est à l'Église à régler ses affaires intérieures, non I l'État, ni aux membres de l'État, ronctionnaires «.u citoyens. Dans tous Les cas souvent fort difficiles, imposé! ;. Action française par Les agressions dont .-lie était l'objet, elles •est toujours souvenue de -a qualité éminente de sujette du Roi de France, et coopérât] , Tune tradition nationale et royale, qualité qui imp< 1,. respect «lu domaine religieux et des autorités qui y régnent. .le voudrais pouvoir baisser un peu la voix pour ajouter : aurait-on osé prendre à notre égard tant ,1,. libertés odieuses, qui seraient dangereuses avec d'autres que non-, si l'on ne nous savait fermement résolus a la règle de ce respect?

Nous avons bien des ennemis. On les défie tous d'apporter, d'alléguer un seul lait «le manquement

volontaire a la Ligne ainsi adopfc fK l'on pense que

, r n'est rien, il n'v a qu à rouvrir les collections de la

preese — de Is presse de droite — depuis i [ngt ai

L'organisation qui s'est impose une règle si renne et qui la suivie était cependant une œuvre de violents, de fanatiques, de fous furieux, on le «lit a sati< U nous honorons d'avoir lait porter nos plus dures vio l, .„■■,■- ,,r Les nommes, sur les partis, but Les institntions qui avaient fait violent e aux intérêts de 1 l g

, pour 1 exeeptioa unique MU, pa£ laadvi

I L'appendioe II aosuaenl mt asoM»eé< * VActUm ftançal* L*élévaUon de M^Peaoa I L'éplseopai

autant et plus peut-être qu'à ceux de la Patrie : « par tous les moyens » i selon la devise trop diffamée, et qui sera examinée plus loim nous avons attaqué les ennemis, les oppresseurs, les diffamateurs du catholicisme, nous avons défendu l'Eglise, ses héros, ses saints, ses actes, son honneur, son histoire, en quoi nous ne faisions qu'exécuter ce que nous avions formulé, et, toutes les fois que nos amis catholiques, dans la zone croyante où nous ne pouvons pénétrer, ont accompli quelque devoir public du même ordre, ils ont trouvé en nous, soit la sympathie et l'admiration, soit l'appui matériel que comportait un si noble exercice de leur dignité.

Mais il est vrai qu'on leur adresse alors un reproche singulier : qu'ils offrent une cloche à l'église de leur paroisse ou plantent une croix de granit commémorative d'un grand désastre sur l'Océan, ils se voient accusés et incriminés pour ce zèle. Oui, les mêmes hommes dont nous aurions ralenti, attiédi ou même troublé la foi catholique subissent alors l'accusation opposée. Ils sont jugés coupables ou suspects d'en trop faire. La perfidie murmure et siffle que des manifestations religieuses, irréprochables, ne sont pour eux que des « moyens ». S'il vous plait, le moyen pour quoi? Ce n'est toujours pas un moyen pour se faire nommer députés, puisqu'on leur reproche parfois aussi de ne pas songer à se présenter. Serait-ce le moyen de seconder leur propagande monarchiste? Hélas ! l'anticléricalisme juif,

libéral, radical et maçon a fait assez d'avances

assez vaillamment repoussées et d'ailleurs repoussées spontanément et sans effort — depuis les tentateurs de Louis XVI jusqu'à certains agents louches, au cours de la crise royaliste de 1910 — pour qu'il ne soit plus dit que la fidélité au catholicisme, qui surélève certains

| LES ELEMENTS D i M IMPOSTUHJ

obstacles immédiats au dessein royaliste, Le simplifie ou le facilite i .

Adhérant à La tradition des rois <Ie I : Les

]• >yalistes à' Action française ae séparent pas 1<- roi des raisons du règne • iiroi de France apostat «lu catholicisme romain ne, se comprendrait plus Loi-même et citerait contre lui une nouvelle Sainte Ligue; d<> Français de tradition, politiquement s de l'Eglise,

ne seraient pas intelligibles a leur propre pens<

Uee actes religieui de nos .unis catholiques ue font que s'accorder avec Leurs idées politiques, au lieu que bien souvent leurs acte- politiques ont commencé par servir Leur foi religieuse. Non moins souvent, tous les nôtres, ans distinction aucune de croyance ni

d'incroyance Ont cru devoir prendre part a ce bon s, r \ iee et a ce bon eoiultal. Cesl ainsi qu'ils mit imposé la

bration pacifique dans Les ruea de Paris de la fête de Jeanne, vengé La libératrice de la patrie des inji.

de Tlialamas ou des honteuses int'ainies de quelques

rapins, organisé la protestation contre un»' pièce de théâtre dans laquelle Les œuvres catholiques étaient diffamées. Toutes les fois que des images outrageantes pour le clei - 'ut étalées sur nos places, Les aôl

sont intervenus pour mettre eu moroeaui ces outrages et rétablir L*honneur du sacerdoce et de Le foi. Enfin L'échec des fêtes de Rousseau provient d'eux et

d'eux s.uls.

La précision importe ici. J'insisterai don.- : non seu i Vers is.,; on 1895, peu tprèa la mort <iu comte <!«• Paris,

un <• ri\.iin royaliste considérable \iut trouver M' \r «1 ne

d'Orléans pour lui proposerun programme de monarchie anti cléricale cl laïque. Cétait le tempi <>u M Joseph Bjeinacfa écrivait du prince Jeditqu'ilya là quelqu'un... «-t m pas si bien «lin- Le prétendant sollicité répondit qu'un roi . • . ! faire li

lement ces actes de défense religieuse sont l'œuvre de l' Action française et de ses admirables camelots du roi, mais elle est leur œuvre exclusive. Il n'existe aucune organisation religieuse ou patriolique qui ait le droit de s'enorgueillir de pareils faits d'action directe en l'honneur de l'Église. Action d'autant plus méritoire qu'elle a du être payée par la prison, l'amende, les coups, le sang versé, les interruptions de travail, toute sorte de risques personnels et professionnels. Action qui peut ressembler à une duperie, car toutes les fois qu'elle se produit, elle semble étouffée de propos délibéré par les porte-parole des associations religieuses que je m'interdis de nommer ici, certains affectant d'en rougir, et certains autres d'ignorer. Mais peu importe, et même tant mieux, car il n'est pas mauvais d'être ou de paraître des dupes ! Dupes ou non, les actes restent et par eux-mêmes ils comptent. A supposer qn'il n'y ait de notre part qu'une habile machination d'apparences, il faut avouer que ces apparences à elles seules représentent d'appréciables réalités. Jamais des candidats n'auraient donné des promesses aussi voisines des réalisations. la' Action française garde jusqu'à présent le privilège d'inscrire sur ses drapeaux autre chose que des paroles.

Les témoins de Y Action française ce sont ses actes. Témoins qui se font assommer et emprisonner ! Beaux et rares témoins, que Pascal aurait crus. Ceux qui ont la croyance moins aisée que Biaise Pascal me permet tront de leur dire encore :

— Eh ! bien, soit ! Soit, les raisons de notre rencontre restent insuffisantes. Soit, ni l'éclat des résultats, ni leur abondance ne suffit non plus. Ecartez donc le critère évangélique de la vertu de l'arbre, obstinez -vous à vous demander, avec l'entêtement de l'imagination et

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de l'idée fixe, m, malgré tout, il n'y a pas, clic/ nous. quelque chose, antre chose, et qui ressemble «1«- près «>u

de loin à a- que racontent ceux <jui Haïrent un piège OU

qui prétendent même l'avoir vu «le Leurs yeux. Cou descendons à examiner la question.

Ou la question est insoluble, et vous croirei cette infamie, une infamie en l'air, pour le seul plaisir de la croire, ou bien voua chercherai s savoir qui flaire et

qui ne Maire pas, qui voit les piégea et qui les oie, Dancet ordre «le l'intuition, OU les raisons ne comptent plus,

une seule chose doit importer : 1< sens et le bon sens «le

l'appréciateur. L'on connaît déjà l'abbé Pierre et M façon de lire ou de commenter. On connaîtra plus loin Bel émules et l'on dira si leur méthode vaut beaucoup mieux.

A la faiblesse de la vue, de l'odorat ou de la pensée,

ils ajoutent ce grand principe d'erreur ou de fantaisie : ils sont parties dans cette cause. M. Labertlionnière. est un moderniste condamné plusieurs l'ois par L'Église, M. Lugan a écrit une brochure contre nous dans une revue ésotérique et vaguement Bpirite, tous les

autres empestent les ragOÛtS de la démocratie et du

sillonisme. De tels antécédents ne plaident pas le sangfroid ni l'impartialité du témoignage. Enfin, un fait

matériel, flagrant, auquel il faut B'arréter un instant :

ces Messieurs Ignorent tout de nos personnes, de notre caractère, de notre existence. Ils ne nous connaissent pas pins que nous ne les connaissons. IN n'ont pas d'autre information directe sur nous qœ ((die qu'ils tiennent de la lecture de nos articles et de nos livres,

et l'on peut imaginer comment ils la font. Ils sont

donc livrés Burce point au caprice fertile de l'idée i conçue Nous vivons en revanche en relations constant!

quotidiennes avec des catholiques, croyants et pratiquants, qui sont nos amis et nos compagnons de toutes les heures. Depuis quinze ans, ils nous prodiguent les marques d'une affection à laquelle nous espérons avoir correspondu. Ces catholiques, on ne saurait trop le redire, appartiennent à la règle la plus sévère, au groupe le plus militant. Ils sont aussi de ceux qui ont hasardé quelque chose de leur carrière, de leur avenir, de leur vie, pour l'honneur de la foi. Voici un professeur sorti de l'Université pour être allé saluer des religieux expulsés, voici un officier qui a brisé sonépée pour ne pas violer la porte d'un sanctuaire, voici un défenseur d'église qui, aux Inventaires, s'est fait condamner à deux ans de prison. Ces hommes d'une rare trempe morale sont d'ailleurs bien connus, chacun dans son ordre, pour la hauteur de la raison, la vivacité de l'intelligence et la fermeté du bon sens. De l'avis de bons juges, il n'y a pas à Paris un état-major politique qui, pour la réunion des talents et des valeurs, soit comparable à celui de Y Action française; parmi les catholiques, l'un est élève de l'Ecole polytechnique, l'autre collectionne les diplômes de doctorat et d'agrégation universitaire, le troisième, fils d'une de ces longues lignées de soldats, comme en produit l'Ouest, vendéen et breton, était cité par ses chefs pour un des espoirs de la jeune armée. A qui fera-t-on croire qu'ils aient pu vivre si longtemps près de nous sans prendre garde à nos embûches, et que leur œil, leur nez, leurs oreilles n'aient jamais perçu les indices d'un abominable et grossier complot tramé par nous contre la pensée catholique, quand l'œil, le flair, l'ouïe d'un Pierre ou d'un Laberthonnière les auraient pu saisir et déchiffrer sans difficulté, à longue distance de nos maisons, de nos bureaux, de nos salles de réunion?

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