‹ L'Action française et la religion catholiqueChapitre 44 sur 46 · UNE LETTRE A M. LE DIRECTEUR DE « LA CROIX · texte numérisé non relu

UNE LETTRE A M. LE DIRECTEUR DE « LA CROIX

M. François Veuillot ayant publié l'hiver dernier dans la Croix divers articles relatifs à ma Politique religieuse, M. le Directeur de la Croix inséra courtoisement trois réponses que je lui adressai. La dernière me parait contenir deux éclaircissements précis, il ne me semble pas superflu de la reproduire telle quelle parut à la date du 12 mars iqi3. J'y ajoute quelques titres.

i° Que mon livre la Politique religieuse explique la structure du catholicisme aux non-catholiques.

L'autre jour, à propos de la politique religieuse effective de l'Action française — défense des églises, collaboration aux œuvres, adhésion aux Unions diocésaines, unions électorales d'ordre religieux — relativement à cet ordre d'action pratique, je vous disais que le Catholicisme étant absolument autonome et maître de son domaine chez nous,ye ne m'en étais jamais occupé.

M. François Veuillot traduit : « La politique religieuse, je ne m'en suis jamais occupé ■>, et il m'objecte que j'ai écrit un livre de 400 pages sous ce titre et sur ce sujet.

Il est véritablement trop facile et un peu abusif de mettre les gens en contradiction avec eux-mêmes en procédant à de pareilles confusions. Celle-ci me parait trop forte pour n'être pas un trait d'esprit un peu voulu. Mais je m'épuise à

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sur ces sujets, l'œuvre du pur malentendu ou de la pure ignorance. Qu'ai-je fait alors ? J'ai demandé à des catholiques qui ne le cèdent à personne en doctrine, en droiture, en loyauté si telle ou telle difficulté politique ou morale, objet de scandale pour beaucoup de Français — le Svllabus par exemple — pouvait bien s'entendre et se comprendre comme je l'entendais et comme je la comprenais. Ils m'en ont assuré. J'ai mis par écrit mon commentaire et, me retournant du coté des autres Français, patriotes, las du désordre, désireux de trouver une ère de paix nationale, mais encore bourrés de préjugés hostiles à l'Eglise, je leur ai traduit dans leur langue cette politique ecclésiastique, dont l'exposé loyal a fini par leur arracher parfois des cris d'admiration : saisis, comme il arrive volontiers à de vrais Français, au plus vif de l'intelligence, ils ont dépouillé de vrais préjugés et sont ainsi revenus, sinon à la foi, du moins à la défense des libertés catholiques, c'est-à-dire de l'autorité de l'Eglise et de l'ordre romain.

Un résultat pareil n'eût jamais été obtenu si je n'avais eu soin de multiplier les précautions, les avertissements, les distinctions, les analyses, de manière à éviter les fausses identifications et les confusions qui sont la plaie de ce grand sujet. M. François Yeuillot a bien voulu me louer, l'autre jour, d'une certaine vigueur de raison qu'il m'est arrivé de déployer dans ce travail. J'y ai beaucoup moins de mérite qu'il ne pense, mais certainement la meilleure manière de m'en témoigner sa satisfaction aurait été de porter la même attention scrupuleuse dans l'examen de ma pensée. Il m'a donné tout au contraire le droit de me plaindre de quelque excès de négligence dans son travail.

2° Que la politique générale des royalistes français se Justifie par rapport à la nature de l Etat républicain et à la nature de la France.

Pour en donner un exemple, il ne me reprocherait pas d'avoir parlé de L'idée royaliste corann1 « d'un lieu géométrique », m jouissant d'une jjrojjriété centrale unique », s'il avait pris garde que, selon moi, elle en jouit par rapport à l'Etat démocratique et républicain moderne envisagé comme essentiellement et universellement destructeur : — si je

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