‹ L'Action française et la religion catholiqueChapitre 6 sur 46 · LES ÉLÉMENTS D'UNI IMPOSTUBJ · texte numérisé non relu

LES ÉLÉMENTS D'UNI IMPOSTUBJ

Ces catholiques d'Action française i on les confesse,

on les dirige. Us fréquentent Les sacrements. Ueurs

guides spirituels ne se sont jamais aperçus que leur lui

ou leur conduite eût souffert Le moins du nionde, ni

qu'elle eut lait souffrir en rien. 11 Sglisede France. Pourtant, si, comme dit une des dupes <lc M. L'abbé Pierre, nous travaillons i aœc une hardiesse débridée et mu' '■nergie inlassable à restaurer le paganisrne en France et à dresser dans tes coeurs des Français des autels a • l'infamie païenne « (i), eominent ce travail n'a-t-il été ni an çuni subodoré parles témoins, de la première lieure et du premier plan, dont L'intégrité catholique n a jamais été contestée ?

Admettrons-nous un aveuglement momentané de leur

part? Soit encore : mais comment L'alarme, une (bis donnée par M. I ' ; 1 1 » 1 > « - Pierre, ne leur a- 1- elle pas ouvert Les yeux ? Eut-elle été seulement spécieuse et justifiée au moindre degré, L'accusation devait nécessairement

réveiller en eux le souvenir certain d'impressions correspondantes et conQrmatives. Ils ne se sont rappelé rien de semblable. Au lieu de s.- souvenir et de réflé ehir, ils ont ri ! Parfaitement : ces catholiques, m éprouvés, si réguliers au'on les appelle les catholiques du Syllabus, oui éclaté de rire au nei de m>s diffamaleurs...

Même, il> nous ont l'ail, a nous, a< Q OS «redit

croissant, ils nous ont prodigué les marques d'une amitié de plus en plus alléetueuse. ( hic le lieutenant de Boisllcurx . en particulier, me permette de lui dire Combien son attitude ('tonne et même rexolte ce que

j'ai, malgré tout, d'honnêteté obscure : n'est-ce pas lui,

le beau premier, qui devrait m'aceahlcr en, consommant i Plario dans V Avenir 4* Beiau dp i .juillet ru».

le triomphe de l'abbé Pierre? Il doit savoir ce qu'il faut savoir, s'étant dévoué, de longues soirées, parfois des nuits entières, à la dure besogne du secrétariat de la rédaction. Souvent, seul avec moi, à l'Imprimerie, dans ces heures nocturnes où affluent les bonnes nouvelles, les nouvelles de nos succès, du triomphe des bons et de la déroute des pires, tous événements qui tendraient à démontrer le gouvernement temporel d'une providence, il m'a entendu m'écrier dévotement : « Il y a des dieux immortels ! » A quoi il se contentait d'opposer d'une voix grave : « Non, il vïj* en a quUn... » Que fallait-il de plus pour le persuader que je conspire une renaissance du paganisme?

Après ces amis et ces collaborateurs catholiques, il y a, tout voisins, établis aux degrés les plus variés de la hiérarchie religieuse, des prêtres savants et jneux, des moines de tous Ordres, les uns blanchis dans l'étude et l'obéissance, les autres dans la plénitude du zèle ardent de la jeunesse, il y a même des prélats universellement respectés et admirés, dont l'amitié pour nous ne fut jamais un mystère. Il leur est très facile, à tous, de connaître ce qui se dit, ce qui se fait, se pense à V Action française. Pour être informés de première main, il leur suffît de demeurer en relation suivie avec nos meilleurs compagnons. Comment donc ces prélats, ces religieux, ces prêtres n'ont -ils pas su le premier mot du noir complot qu'allèguent M. Pierre et tous ses pareils ? Quand on leur en a rapporté le conte, comment n'en ont-ils cru absolument rien ? On ne dira pas que ces hommes d'Église soient connus pour une tendance quelconque au latitudinarisme : ils se trouvent être les plus fermes sur la doctrine, on les cite pour ceux « dont la délicatesse est extrême, toute V Église le reconnaît, non seulement en charité mais encore et plus

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encore en intégrité de foi (i). • En constatant et en condamnant L'incroyance de tel on toi de nous, ils déplorent à litre égal le manque de bon sens, le manque d'équité que dénotent les infamies colportées contre

nous.

Seraient-ils égarés par l'aUeetion ? A Supposer que

L'affection puisse les égarer au point on notre ennemi se montre égaré par La haine, encore est-il qu'ils aiment ce qu'ils connaissent : notre ennemi déteste ce qu'il Ignore absolument. Qu'il ne dise pas : — Mais je connais bien Leurs écrits! — Les écrits qu'il diffame de manière honteuse sont précisément ceux qui nous ont valu quelques-unes des hautes amitiés qui nous honorent Le plus.

J'appellerai aussi Les morts dont Le témoignage est incorruptible. Sur Le cénotaphe idéal qui réunit au

grand nom de Charette, à ceux des camelots du Roi,

Gripon et Lejeune, Les noms d'André Buffet, de Frédéric

Amourelti, du colonel de Parsrval, de Richard Gosse et

de tant d'autres nobles Français inséparables de L'historique de notre action, un nom s'inscril avec une clarté

de vertu et de gloire que nul n'égala jusqu'iei et que

bien peu pourront atteindre par la suite, c'est celui de L'enseigne de vaisseau Jean Gabolde, «lu cuirassé Léon Gojnbetta, mort glorieusement, Le a5 septembre 1911,

dans la catastrophe du cuirassé la Liberté. Jusqu'ici

nul des nôtres n'est tombé devant L'ennemi; mais Jean- Gabolde a succombé sous L'uniforme, à La tète de

homme-, au secours de ses camarades et pour le sen ire

de la patrie. Le faible hommage que nous sommes en état de lui rendre doit consister à conserver son acte dans La mémoire de nos amis en perpétuant Le Lien

(l) Expression tir M 1 Al »l '<• Apprit à propos d'un prélat

éminent, uni tle {'Action fronçai

qui l'unissait à notre pensée. C'est à lui qu'il faut demander si nous avons été ses « mauvais conseillers • .

Dix-huit jours après le désastre, j'ai reçu de Toulon cette lettre d'une singulière beauté.

12 octobre 1911.

Monsieur,

Le 25 septembre 191 1, à cinq heures trente du matin, l'enseigne de vaisseau Jean Gabolde, du Léon-Gambette, était réveillé par les premières explosions de la Liberté.

Habillé en hâte, il arrivait sur le pont, premier officier de son bord. <« Sans alarme 0 a témoigné un quartier-maître, il taisait mettre la chaloupe à la mer et disait à ses hommes : • On a besoin de nous là-bas. »

Et lorsque le commandant montait sur le pont, il voyait la chaloupe cingler vers la Liberté et l'enseigne, debout à son banc, les bras croisés et fixant le danger.

Quelques minutes plus tard, la chaloupe accostait la coupée de la IJberté. C'était à l'instant précis de l'explosion finale ; criblée de débris, elle coulait à pic avec tout son armement dont un seul homme fut sauvé.

Le premier corps retrouvé fut celui de l'enseigne Gabolde. Intact, il avait gardé sur la l'ace un sourire de confiance et d'orgueil. Et lorsque quinze jours plus tard, on renfloua la chaloupe, la dernière relique qu'on en retira fut le galon de la casquette de l'officier. L'insigne du chef était resté à bord, attendant la prise du commandement d'un autre chef.

Cet enseigne de vingt-neuf ans — mon ami — était, Monsieur, un de vos fervents disciples. Dès longtemps il avait émondé son esprit de tout romantisme, il avait élu pour règle de sa conduite l'accomplissement journalier du devoir professionnel et, lucide jusque dans son dévouement, il voyait un but précis à atteindre et il y marchait droit.

Nous avons souvent, ensemble, lu et commenté vos ouvrages. 11 en était tout imprégné et j'ai retrouvé dans ses papiers quelques essais très brefs où c'est à travers votre influence que s'affirme une âme ayant discipliné sa passion.

Aussi, Monsieur, je ne crois pas me tromper en vous adressant comme un hommage ces quelques détails sur sa mort, et je vous prie d'agréer l'expression de mon profond et reconnaissant respect.

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Ces aoms »l' hommage et de disciple sonl absolument inacceptables pour moi. Je ne les ai transcrits qu'afin de bien établir la vivacité et la force des amitiés qui s'étaienl aonées entre la pensée de Jean Grabolde et cette Action française qui se < 1 < > i t maintenant de lui assurer une postérité intellectuelle et morale digne de Le continuer. Les conscrits auxquels nous avons si souvent répété la vieille devise : au premier ramgj% voient par lui comment on se lient, comment <>n vit et comment on meurt au poste désiré par tous. A la prochaine occasion, parexemple, à la prochaine guerre, on saura ce que peut un si noble modèle sur les cœurs dignement préparé». On verra briller d'autres âmes qui aauonl aussi diêcipliné leur passion à L^écoie de nos idées. En attendant, que cette belle mort du jeune enseigne porte témoignage pour nous! J'écrivais dans notre journal le .><> octobre

[Q] i, et pour ainsi dire sur la sépulture fumante : Les renseignements personnels que je me suis empresse

«le recueillir nie l'ont une obligation de compléter la licre et

pure image qui risquerai! d'être faussée par une omission de grave importance : Jean Gabolde était on catholique romain animé «l'une fol profonde. Cette foi! m'écrfl-on, éiaii pratiquée avec une sérénité si une fermeté gui ne se sont famaiê démenties.

Xi cette foi, ni laccoinplis.Neinenl journalier du devoir

professionnel, jusqu'au plus entier et an plus lucide des sacrifices, ae l ont empêché d'être ainsi, de tout son coeur, de tout son esprit, avec ce qu'A y a de plus intimement essentiel a notre o-uvn La magnifique adhésion qui nous arrive

d outre-tombe — et de quelle tombe! n empêchera point

i( v sophistes 1 1 Les rhéteurs de nous accuser de corrompre

La .i< ones84 , Cet unique témoin suffirait à leur répliquer. Si d ailleurs nos doctrines politiques, toutes pétries d« - id< i -

de pâtre et d honneur, avaient ému ce héros de la jeune

France, c'est qu'elles étaient déjà en lui dans la force du

me et dans la beauté de la Heur. Nous ne gardOUS que le très grand avantage moral d'avoir été admis dans la société

constante d'un esprit et d'un cœur de cette élévation. Le drapeau de Y Action française en demeure impérissablement honoré.

J'avais le devoir de recueillir et de rappeler dans un ouvrage de défense l'honneur que nous faisait cet esprit inconnu mais étroitement uni à notre pensée, ainsi que j'en ai pu juger quand j'ai tenu entre mes mains quelques-uns de ses manuscrits m.

Ainsi, quand le diffamateur est éloigné de nous, tant de corps et de fait que par les quiproquos risibles accumulés dans sa lecture et son commentaire, nos témoins sont moralement ou matériellement avec nous : ils ont le droit de nous désigner, d'un très beau terme de la langue catholique, comme « leur prochain » très direct. Nous les approchons et ils nous approchent physiquement ou non mais de toute part. D'après certains mots mal compris, quelqu'un a supposé que nous étions obstinément résolus à ne rien connaître ni aimer en dehors de l'étroite enceinte d'un petit clan organisé sur le modèle d'une famille. C'est exagérer une idée que nous croyons juste : nous ne sommes pas convaincus que la « charité du genre humain » soit une passion d'usage habituel dans la vie ; selon moi, c'est de proche en proche que de tels sentiments prennent efficace et vigueur : la meilleure façon d'aimer et de connaître l'humanité est de connaître et d'aimer son frère d'abord. Ces frères, ces amis, ces lecteurs, dont la foule cordiale nous presse, méritent bien qu'on les écoute les premiers si Ton tient à se faire une idée équitable de nos actions.

ii) Il ne m'appartient pas d'invoquer un autre ordre de témoignages, celui des jeunes gens qui sont entrés en religion après avoir fait partie de nos groupes. On en trouvera rénumération dans un article du comte Bernard de Vesins à l'appendice III.

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