‹ L'Action française et la religion catholiqueChapitre 8 sur 46 · LES ORIGINES · texte numérisé non relu

LES ORIGINES

losophiques avait eu beau me gâter le style en un âge où il aurait dû M forme* et mûrir : ni la magie def poètes et tics écrivains, ni la splendeur des arts n'arrêtèrent de me soutenir et de m'cxalter. En même temps, un intérêt inexplicable mn intérêt dont ne rend compte ni ma situation d'écolier solitaire, sans biens à acquérir, sanfortune à détendre, n'ayant rien désiré que d'intellectuel, ni ma condition de nouveau venu à Paris, d'une modeste bourgeoisie de petite ville éloignée) un intérêt pourtant très fort et qui dut procéder de quelque instinct profond, m attachait et me suspendait, de plus en plus, à cette poignante question de l'ordre social et du salut politique français. Déçu, un peu perdu et désemparé par l'échec essuyé chez les philosophes, il me restait deux accès mis la vie.

Comme l'esprit que je portais dans l'une et l'autre voie était alors vidé de la foi et du sentiment religieux, il eût peut-être convenu à certains logiciens 1 1 1 que j'y portasse également un esprit d'hostilité au catholicisme, mais ici je dois avouer que, l'eusse -je du, je ne l'aurais pas pu.

Non que les facilités matérielles m'eussent manqué. Né conservateur et catholique, l'idée de mettre en rapport de synthèse les sentiments traditionnels du monde de droite et les idées philosophiques, historiques ou scientifiques professées à gauche ne me serait vraisemblablement pas venue, si, de ma vingtième à ma trentième année, je n'avais tout d'abord vécu aueontaet per-

i ,1e doutais encore de L'existence <!<■ tels logiciens au moment où j'évoquais cette silhouette possible mais ce ne sont

pas des fantômes. Une petite brochure qui semble venir de

Limoge* : « Quelques réflexions sur la Politique religieuse de M. Charles Estanrras n» développe avec complaisance ce thème :

Si. incrédule, il avait eombattu l'Eglise, personne n rail étonne, etc.

l'incroyant et le bienfait du catholicisme 09

pétuel et familier de l'adversaire, parmi des parlementaires méridionaux plus ou moins radicaux, ensuite sur les frontières du monde juif. La faveur des maîtres du jour n'eût guère dépendu que des concessions qu'il m'aurait convenu de faire. Mais le goût décidé pour un certain nombre d'idées qui, par d'étranges faitsexprès, n'étaient jamais celles dont on m'aurait su gré, m'a toujours mis en contradiction, et quelquefois en lutte, avec ces premiers compagnons. En 1898, l'affaire Dreyfus sonna la décision de l'âge mûr : tout comme, quatre années plus tôt, ma passion provincialiste m'avait fait solennellement expulser du cercle officiel des Provençaux de Paris, les relations qui m'étaient chères furent alors rompues par conviction antisémite et par horreur extrême du parti de Dreyfus. Ni dans un cas ni dans l'autre, il n'y avait eu froissement de personnes ni d'intérêts, mais simplement le goût et le soin des idées.

Le même goût et le même soin me gardaient d'attaquer le catholicisme.

Comment l'aurais-je fait?

Mes idées sociales et politiques tendaient à la défense du Foyer, du Métier, de la Cité, de toutes les institutions qui composent un ordre et soutiennent la société et la France. Croyant ou non croyant, comment méconnaître que cette France était la fille de ses évêques et de ses moines ? Quand tout en serait oublié, leur nom demeurerait inscrit sur une terre qu'ils ont modelée. Les appellations de la carte restent le trophée continu de la victoire et du labeur ecclésiastiques. Cette religion à laquelle nous devons l'organisation et la conservation du pays, n'a pas cessé d'être le centre de la plus ferme résistance aux divers efforts d'anarchie et de révolution qui l'abaissent depuis cent ans. L'esprit civique et

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