DEUXIÈME PARTIE
Vie propre de la Caisse en 1897
Opérations de l'exercice. — Les résultats généraux de 1897, pour Tensemble des caisses d'épargne, tels que nous les avons notés, se sont à peu près reproduits ici, avec les différences en moins qui tiennent & la mauvaise situation des affaires locales, à la gène de la population^ aux intermittences du travail dans les couches qui vivent du salaire. Il n'y a pas eu de reprise sur les versements, mais leur diminution a été bien moindre qu'en 1896 ; les retraits, au lieu de s'accroître, ont sensiblement décru ; le solde dû n'est pas arrivé au point de relèvement, il a baissé encore, mais dans une mesure beaucoup moindre.
Les versements, au nombre de 72,114 (au lieu de 71,424), n'ont atteint que fr. 15,913,603, en diminution de fr. 185,166 sur ceux de 1896; le nombre des opérations est supérieur de 690. — Marseille-Centrale entre dans le total pour fr. 9,314,834, le réseau des Bureaux Auxiliaires pour fr. 1^470,866, celui des Succursales pour fr. 5,127,903...
Les remboursements se sont élevés à fr. 18,857,241 en 69,195 paiements (au lieu de 70,469), en diminution de fr. 1,666,931 sur ceux de 1896. — Marseille- Centrale y. ligure pour fr. 11,483,164, le réseau des Bureaux Auxiliaires pourfr. 1,473,121, celui des Succursales pour fr. 5,900,955...
La déchéance trentenaire a frappé 147 comptes représentant une somme globale prescrite de fr. 6,114 81. L'art. 20 de la loi du 20 juillet 1895, qui édicté la prescription des comptes abandonnés et le partage de leur montant entre les caisses d'épargne et les sociétés de secours mutuels dans des proportions déterminées^ a été appliqué pour la première fois aux comptes publiés le 30 juin 1896 et atteints par la prescription le 31 décembre 1896. La part proportionnelle de notre Caisse dans
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Tensemble des dépenses (attribution aux sociétés de secours mutuels, frais de publication locale et au Journal officiel) a été réglée par TAdministration supérieure à fr. 3,915 29 : il est resté, comme reliquat net revenant à notre Fortune personnelle, une part de fr. 2,199 52. Cette part atteindra fr. 6,463 dans la répartition des comptes prescrits au 31 décembre 1897.
Les intérêts capitalisés, tant sur les comptes soldés en cours d'exercice que sur les comptes restant ouverts au 31 décembre, se sont* élevés à fr. 1,672,797, chiflBre en diminution de fr. 44,409 sur 1896.
Le nombre des livrets existant au 31 décembre 1897 atteint 161,264 ; il était de 155,242 au 1*' janvier. C'est un accroissement de 6,022 contre 5,915 en 1896 et 7,340 en 1895.
Le capital dû à nos déposants était, au 31 décembre 1897, de fr. 63,469,337. Il a diminué dans l'année de fr. 1 million 174,494.
L'ensemble de notre activité a embrassé 162,249 opérations, 2,871 de plus qu'en 1896. Elles ont donné lieu^ en y comprenant les intérêts sur comptes soldés et les intérêts capitalisés, à un mouvement général de fr. 38,653,100, soit de fr. 1,879,291 de moins que l'année précédente, et à un mouvement de fonds de fr. 41,921,104 99.
Tels ont été les divers chapitres de nos opérations. Il nous reste à dégager les résultats qui les résument.
Nous avons eu bien moins de retraits qu'en 1896 (fr. 1,666,931 en moins). La diminution des versements a été considérablement moindre, fr. 185,166 à peine au lieu de plus de 4 millions. Les remboursements en numéraire dépassent encore les versements, mais de fr. 2,943,638 au lieu de près de 4 millions 1/2. Les intérêts capitalisés n'ont plus décru que de fr. 44,409 au lieu de fr. 200,000. Le stock des dépôts, tout compte fait, a continué de baisser, mais de fr. 1,174,494 au lieu de fr. 2,705,719. Les livrets existants au 31 décembre 1897 sont en augmentation de 1,80 ""/o. — Ainsi le mouvement de recul qu'a eu pour but et qu'entraînait forcément le jeu des parties restrictives de la loi de 1895 tend à se
l'activité d'une caisse d'kpargnb autonome 257
ralentir, et si, sortant du cadre de ce compte-rendu^ nous jetons un coup d'œil sur le début de l'exercice en cours, nous constatons pour les cinq premiers mois de 1898 que l'excédent des retraits représente fr. 1,452, 272 tandis qu'il dépassait 2 millions pendant la période correspondante de l'an dernier.
Par suite du maintien à 3,25 Vo à partir du 1" janvier 1898 de rintérét à bonifier aux caisses d'épargne par la Caisse des dépôts et consignations^ nous avons maintenu à 2,75 ''/o en 1898 l'intérêt à servir à nos déposants.
Nous avons, à titre d'essai, et à raison de l'encombrement qui se produit dans le premier trimestre, organisé jusqu'au 31 mars cette année une seconde séance l'aprës-midi en la réservant aux dépôts. La tentative a réussi dans une certaine mesure, et quoique n'ayant pu commencer que dans la seconde quinzaine de janvier. Elle sera renouvelée Tan prochain dans des conditions plus complètes.
Statistique des opérations. — Comme pour les opérations de 1896, l'analyse statistique de celles de 1897 prouve de nouveau que la thèse d'une altération du caractère des caisses d'épargne est un préjugé démenti par les faits, et d'autre part que l^épargne de notre clientèle laborieuse a une tendance à fléchir légèrement en sa quotité.
Le premier point apparaît à tous les tournants à mesure qu'on décompose les chiffres.
Sur 80,247 versements au lieu de 76,374 en 1896, 58,719 vont de fr. 1 à fr. 200 ; 3,721 vont de fr. 1,001 à fr. 2,000.
Plus que jamais il est intéressant d'interroger l'analyse statistique de nos opérations.
Sur 72^114 versements au lieu de 71,424 en 1896, 52,052 vont de fr. 1 à fr. 200 ; 2,408 vont de fr. 1.001 à fr. 1,500. La moyenne a encore diminué : elle tombe à fr. 220 67 au lieu de fr. 225 en 1896, fr. 258 en 1895 et fr. 270 en 1894.— Sur 69,195 retraits au lieu de 70,469, on en compte 46,706 de fr. 1 à fr. 200, au lieu de 47,926 : 5,389, au lieu de 5,238, vont de
258 l'épabgnk dd 1-euple
Tr. 1,001 à fr. 3,000. La moyenne descend à fr. 273 au lieu de
fr. 291.
Li proportion des dépôts les plus minimes, enlre fr. 1 et fr. 200, représente 72,49 ■/. au lieu de 72,58 en 1896 ; les versements de fr. 1,001 &fr. 1,500 n'ont fourni que 3,30 *', au lieu de 3,71.
Sur les 161,264 livrets, on en trouve 75,688 dont le solde ne dépasse pas fr. 30, avec une moyenne de fr. 13 ; 21 ,298 de fr. 21 à fr. 100, avec un solde moyen de fr. 46 : 9,130 de fr. lOl à fr. 200, avec un solde moyen de fr. 138 ; 14,035 de fr. 201 à fr. 500, avec un solde moyen de fr. 328 ; 13,034 de fr. 501 à fr. 1,000, avec un solde moyen de fr. 713 ; 10,598 de fr. 1,001 àfr. 1,500, avec un solde moyen de fr. 1,221 ; 8,311 de fr. 1,501 à fr. 3,000, non passibles de la réduction, avec un solde moyen de fr. 1,722; 1,120 de fr. 1,501 et au-dessus réduits au nouveau maximum de fr. 1,500, avec un solde moyen de fr. 1,530 ; 7,645 de fr. 2,001 et au-dessus réduits au maximum de fr, 3,000, avec un solde moyen de fr, 2,050. — Ainsi les livrets inférieurs à fr. 200, avec un solde moyen de fr. 31, représentent 65,80 '/• "il toi»' *« "eu de 64,25 •/, en 1896 : et encore ceux au-dessous de fr. 20, les rudiments d'épargne, ont passé de 68,603 à 75,688 ; tandis que les livrets au-dessus de fr, 1,000 ne représentent pas plus de 17,16 7. de l'ensemble.
L'avoir moyen de nos déposants en 1897 n'est que de fr. 393. Il était de fr. 416 en 1896, de fr. 451 02 en 1695, de fr, 458 98 en 1894.
Notre clientèle demeure toujours la même.
3,325 livrets ont été ouverts cette année à des ouvriers et journaliers, 809 h des domestiques, 606 à de petits employés, 681 à des artisans industriels, coinmerciaux ou agricoles, 250 à des militaires ou à des marins, 34 à des sociétés populaires, 4,392 à des mineurs et mineures pour la plupart de familles ouvrières ; en sorte que sur 11,418 livrets nouveaux, si on en déduit 134 de professions libérales et 1,317 sans métier déclaré, on en rattachera 10,067 au personne! populaire.
Un des prétextes donnés pour introduire des re dans la loi de 1895 éLait celui-ci que les livrets au-d fr. 1,500 représentaient non des dépôts de petits épi mais des fonds de roulement de commerçants, de rei magasiniers, qui les mouvementaient comme de i comptes-courants. Sans nous demander si ce n'est pi clientèle normale et aussi intéressante de travaille' répondions que, sauf des exceptions toujours néglige faisait une pure hypothèse démentie par la classiQc: fessionnelle. En tout cas, si le fait avait été réel, 1 réglementations restrictives, notamment l'interdictio ser plus de fr. 1,500 dans l'année, aurait éliminé à les livrets supérieurs à fr. 1,500. Nous avons eu la de le rechercher. Au 31 décembre 1894, l'année qui la loi, nous comptions 16,756 de ces livrets ; au 31 1897, après plus de deux années d'application de U en comptons 17.076, Le nombre n'en a. doncpasdim s'est plutôt accru, ce qui révèle qu'il s'agit non poi de comptes-courants de capitalistes, mais d'économ peu accumulées par d'humbles familles qui, au lieu une coupure de rente ou une obligation, préfèrei sous la main un modique pécule dont elles touche les intérêts. Le petit nombre, et qui diminue plutôt, t de rente confirme encore ces constatations.
Ainsi la statistique continue d'établir, et avec croissante, que le grief d'une dénaturation des caiss gne soit par des dépôts disproportionnés au but, si quaTîtédcs clients, est inexact.
La proporttOQoalité des épargnants à la populai déjà à regagner la légère diminution qu'avait fait : le dernier recensement de la population des Bol Rhône. Nos 161,264 déposants représentaient au 31 234 livrets par 1,000 âmes, au Heu de 226 en 1896 1 en 1899-^ c'est une proportion de 1 pour 4,S habita n'en étions qu'à 1 pour 6,4 en 1886. L'arrondiss Marseille représente 75 '/. ; ceux d'Aix et d'Arle;
260 L liPAHGNB DU PEUPLE
l'autre 8 •/„. Le calcul par cantons laisse le premier rangà celui d'Aîx, avec 41 déposants sur 100 habitants ; viennent ensuite Roquevaire (33), Salon (24), Marseille (23,5), la Ciotal (23), Martlgues (22), Arles (19,5), Aubagne (19,4), Trets et Fuveau (19,2), Saint-Rémy (18), Gardanne et Septèmes(17), Tarascon (12), Chàteaurenard et Barbentane (10) ; les autres sont au-dessous de 10.
Dans la classification par sexes, les femmes conservent leur avantage : 6,355 livrets contre 5,039 ouverts aux hommes. Sur les 6,355 déposantes, 1,719 étaient mariées, dont 1,261 munies de l'autorisation maritale ; 468 avaient agi seules ; 2 oppositions se sont produites, soit 18 en tout depuis la loi de' 1881 sur 7,799 livrets ouverts à des femmes procédant de leur chef.
Au point de vue de l'âge, nos déposants nouveaux se subdivisent en 7,102 majeurs et 4, 292 mineurs. Sur 2.130 mineures, 82 ont agi sans assistance, et sur 2,162 garçons, 30.
Les dépôts scolaires ont encore augmenté ; 14,464 (au lieu de 12,783) à Marseille, pour fr. 47,353, pendant l'année scolaire, période de statistique qu'on prend à Marseille à raison des récompenses données aux instituteurs, et 3,703 dans les Succursales (au lieu de 3,719), pour fr. 15,683, pendant l'exercice 1897. Les écoles participantes k Marseille sont au nombre de 94 au lieu de 82 en 1896 : il n'y en avait que 16 en 1889.
Notre classification par nationalités accuse, sur 161,264 livrets, 148,142 de titulaires français et 13,122 d'étrangers.. Sur fr. 63,469,337, il appartient fr. 57,022,767 à des nationaux, et fr. 6,446,570 à des immigrés. Le contingent de nos compatriotes augmente en nombre de 5,944, et diminue en sommes de fr. 878,036 ; le contingent exotique augmente de 178 en personnes et diminue de fr. 296,458 en argent. Parmi les étrangers, l'ordre reste le même : les Italiens en tête, avec fr. 5,925,231, en diminution sur 1896 da fr, 253,206 ; les Suisses au deuxième posle, avec fr. 246,656, en diminution defr. 22,217; les Allemands au troisième, avec fr. 77,235, en diminution de fr, 4,713 ; les autres nationalités figurent pour fr. 196,958, en diminution de fr. 16,322.
L ACTIVITE D m
Bureaux Auxitiair tion du 39 juin 1897 cré l'Estaque et une Succui nous avons inauguré 1< l'Ëstaque-pIage, et le 2
Le nombre de nos él passé de 35 à 3? .
Développements dt cette rubrique, vous tro développement de l'épa quotité disponible des '.
maintenant se rattacb allocations modiques ] du 20 décembre 189E minime épargne, éparg de diffusion ou de défen
Il y a été pourvu en 1 efiet au budget, partie disponibles votés antér peu à peu de nos comp
A. Services de mini.
pas encore suscité des o naire et automatique, q magne, ne cessent de si
- des caisses d'épargne.
B. Timbres-épargn en 1893), s'est encore ai de 418,385 timbres, ai augmentation de 76,5' 493,950 timbres rentrés timbres, et les parti 481,190 timbres, et les
262 l'Épargne du peuple
de la Joliette arrivant en tête avec 3.970. Le total depuis la mise en circulation le !•' février 1891 atteignait, au 31 décembre 1897, 2,600,100 timbres émis, et 2,497,064 vendus-Sur ce nombre, 2,393,485 timbres avaient été versés comme dépôts de 1 franc par la rentrée des cartons, qui sont vérifiés et incinérés chaque mois.
Épargne de V enfance
Nous avons continué les encouragements aux instituteurs qui servent le mieux l'épargne scolaire (fr. 1,500), les prix d'ordre et d'économie aux élèves des écoles participantes (fr. 540).
Propagande de l'épargne
Nous avons distribué, à la fin de décembre et au commencement de janvier, 12,000 de nos almanachs propagandistes d'épargne et de prévoyance (fr. 900), qui sont extrêmement appréciés de notre clientèle, et à la préparation desquels nous apportons le soin le plus attentif.
Épargne relative à Vhabitation
A. Épargnes de loyer. — 20 dépôts de cette catégorie intéressante, qui pourrait être si utile aux ménages ouvriers en se vulgarisant, ont obtenu les petites primes d'encouragement ; il faut y joindre une modique allocation (fr. 150) à une conférence de Saint- Vincent-de-Paul qui nous verse des dépôts d'épargne de loyers majorés de primes. — Le crédit ouvert en l6J2 sur les X"" disponibles des bonis étant épuisé, le Conseil a décidé de comprendre désormais dans le chapitre ouvert au budget pour le développement de l'épargne ce mode excellent, qui rentre exactement dans l'exception admise par le ^ 18 de l'Instruction du 20 décembre 1895 en faveur des modestes encouragements destinés à stimuler l'épargne.
B. Encovragement à V épargne immobilière. — Les pri—
^Vr^- '■ -^n • »^ *ïT^WT»«TTi««^ii|;ac52iw''»r'a;ï»aanww« 1 1.- c • rj
l'activité d'une CAI6SB d'ePARGNE AUTONOME 263
mes offertes n'ont détera>iné aucun de nos locataires du Groupe de la Capelette à aborder l^acquisition de la maison de famille par annuités.
Défense de l'épargne ouvrière contre l'alcoolisme
Nous avons maintenu par de très modestes allocations les bibliothèques circulantes organisées maintenant dans huit quartiers ouvriers et dans notre groupe de la Capelette (fr. 650); nous avons affecté fr. 1,100 à renseignement de prévoyance et de tempérance dans onze écoles primaires de quartiers ouvriers.
Les efforts défensifs que nous poursuivons ainsi depuis si^i ou sept ans, et que la mutilation de Tart. 10 dé la loi de 1895 nous a forcés de restreindre en d'étroites limites, auraient-ils peu à peu porté quelques fruits? La consommation marseillaise, de 23,482 hectolitres d'alcool pur en 1895 et de 24,889 en 1896 ('), est descendue en 1897 à 22.924, quoique le
(1) JerappeUe que MarseiUe, en 1875, n'en était pas à 6,000 hectol., et c'était déjà beaucoup plus qu'arant 1870 !
Années
Quantités d'alcool pur
Nombre de déblU