BUREAUX D EPARGNE DANS DBS QUARTIERS OUVRIERS
s'il est le grand obstacle à Pépargne, détruisant en germe à * chaque minute Tépai'gne qui allait naître, l'épargne lui est le grand obstacle. Lorsqu'on observe que le mal a un peu reculé Tan dernier autour de nous, que de 25.291 hectolitres d'alcool pur consommés à Marseille en 1898 on est descendu à 23.886 en 1899 (*), et qu'avec ce symptôme en a coïncidé un autre, la diminution du nombre des débits du poison, qui peut dire si rien n'est dû à l'influence des treize organismes d'épargne qui, dans nos quartiers populaires, appellent à la lutte contre l'ennemi et la facilitent?
Dans cette partie de notre rôle qui consiste à porter au devant de ceux qui travaillent et souffrent des moyens toujours plus aisés d'améliorer leur condition économique et morale, savez-vous quel rang a conquis l'institution à laquelle vous vous agrégez ? Le premier en France. Nous avons aujourd'hui 42 établissements en marche, nous en aurons 43 avant la fin de Tannée : Paris lui-môme n'en a que 41. Reportez— vous au petit guichet de nos pères, dans la magistrale histoire que M. Brière vient d'écrire : aux 106 livrets et aux 35.000 francs de l'origine, comparez nos 60 millions de francs de dépôts et nos 168.000 déposants. Devant une telle expansion, comment accuser d'impuissance l'initiative privée, la libre action locale, Taccomplissement infatigable du devoir social par de braves gens comme vous ? A cette œuvre silencieuse, etpourtant magniflque,soyez remerciés de venir apporter votre coopération dans un môme esprit démocratique et un môme cœur fraternel .
i décembre 1900 (2).
L'occasion fait réconomiseur — et il faut sente?* pour récolter^ — telles sont les deux idées bien simples, — simples au point de se traduire en proverbes — qui en 1887 nous
(1) Voir plus haut les nouvelles étapes de décroissance marquées en 1900 et 1901.
(2) Inauguration d'un Bureau au quartier du Rouet-S* ''-Marguerite.
i L EPARGNE DU PEUPLE
lidërent à entreprendre la création de bureaux auxiliaires la Caisse d'épargne de Marseille dans les quartiers popu- 'es de la ville. Il s'agissait de faire disparaître devant nos s modestes clients les obstacles qu'oppose l'extension du -ïmëtre urbain & la pratique de la prévoyance. Quitter le vail, faire un long trajet, perdre du temps, ce ne sont point 1 inconvénients négligeables pour ceux qui vivent du salaire. y rénéchit à deux fois, souvent on diffère, et l'argent destiné a Caisse d'épargne se dépensera ; et même s'il est conservé, n'est point la même chose de l'avoir & la maison que dans ablisseraeut préservateur où il porte intérêt, d'où il ne sera îré que pour de sérieux besoins ; du tiroir, il sort trop facilent, il se dissout en emplois secondaires. . . hlais l'inslallation d'Annexés à proche portée des ménages >destes ne pouvait aller sans de grands frais ; il fallait ^epter les charges d'une période d'attente. Qu'importe? Une litution qui avait alors plus de soixante ans derrière elle, en a maintenant près de quatre-vingts, sait attendre, les gs desseins lui sont permis. Le succès a justifié l'entreprise s rapidement qu'on ne le pouvait espérer. Elle a été pourvie avec une persévérance méthodique. En treize ans, ize de ce?, foyers secondaires d'épargne ont été organisés ouverts. Il a été d'abord pourvu aux besoins les plus actérisés, et nous avons ensuite pris pour règle de ne plus is porter que là 0(1 la population non seulement nous appelait avec insistance, mais démontrerait l'opportunité de son u,
^insi en a-t-il été dans cette circonscription, qui comprend zone de la gare du Prado, le Rouet, Sainte-Uarguerite, int-Tronc, le Cabot, de 22.000 à 23.000 habitants. Nous y icontrions, outre les établissements de la Compagnie des ;mins de fer Paris-Lyon-Méditerranée, toutes sortes idustries, huileries, savonneries, fabriques d'amidon, de ileurs et vernis^ de plomb, malterie, distillerie, mauuface de caoutchouc, ateliers de construction, carrosserie, primerie, tonnellerie, marbrerie, scieries mécaniques, fon-