‹ L'action sociale par l'initiative privée, avec des documents pour servir à l'organisation d'institutions populaires et des plans d'habitations ouvrièresChapitre 6 sur 102 · LES FRUITS DE LA LIBERTÉ D'ASSOCIATION UN PETIT PEUPLE TRÈS AVANCÉ · texte numérisé non relu

LES FRUITS DE LA LIBERTÉ D'ASSOCIATION UN PETIT PEUPLE TRÈS AVANCÉ

31 mai — 23 septembre 1899.

J'écris ceci de Copenhague, la ville aux contrastes pittoresques de grands navires, de mer vivante et de lacs tranquilles emmêlés aux verdures des parcs et au mouvement des rues. Il faut toujours, en étudiant les moyens pratiques d'amélioration sociale graduelle, garder les yeux ouverts sur les conceptions et les expériences de l'étranger, que nous continuons d'ignorer trop en dépit des sophismes contraires. Je voulrais donner, pour ce pays de Danemark insuffisamment connu du public français, quelques impressions et quelques observations sur les aspects qui nous occupent de façon plus particulière dans les sujets de solidarité ou de prévoyance. Non point simplement en vue de l'intérêt des faits en euxmêmes, ou pour grouper des renseignements que ne m'avait fournis aucune publication française ; mais surtout, dans Tesprit de la méthode que nous nous attachons à suivre, pour en dégager ce qui peut nous être une comparaison suggestive ou un enseignement profitable.

Ce petit peuple actif et calme, qui donne en tout l'aspect d'une sorte d'ordre gai, est visiblement heureux, et, sous bien des rapports, quoique hors du centre de la civilisation européenne, malgré des ressources médiocres, des moyens rcs-

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treints, de dures éprouves, très avancé sans s'en faire accroire. L'aisance y est générale, et le paupérisme inconnu ; Tinstruclion est extrêmement répandue (la primaire est obligatoire depuis 1814 1), presque tout la monde sait lire et écrire ; les salaires sont élevés (on me cite des journées de 14 fr. pour un ouvrier maçon en ce moment à Copenhague) ; le développement intellectuel en toule voie, sciences, lettres, arts, est étendu et hardi ; les mécanismes de la vie moderne et les progrès matériels les plus nouveaux sont d'usage courant... A quoi est due cette situation, si remarquable pour une nation de 2 millions d'àmes (') ? A des causes complexes ; mais principalementy il nous semble, au moins pour les questions qui nous occupent, à la liberté j à V instruction généralisée^ à Y esprit d'initiative^ au droit d'association .

Tout de suite, à la base^ nous la trouvons dans sa plénitude, cette liberté d'association, qui est nécessaire pour féconder l'initiative individuelle.

L'article 87 de la Constitution ou loi fondamentale du 5 juin 1849 revisée le 28 juillet 1866 porte nettement : Les citoyens ont le droit de former des associations dans tout but légal sans autorisation préalable.

La liberté de s'associer, hoimis pour ce qui est légalement mauvais ; la liberté totale d'association, quel que soit le but, à moins que le but ne soit prohibé par la loi pénale. Formule bien simple, mais combien plus compréhensive, plus vraie, plus efficace que celles où s'embarrassent chez nous même les bonnes volontés réformatrices ! Formule bien simple, mais que nous en sommes toujours à attendre plus d*un siècle après la Révolution française, au bout de près de trente ans de fonctionnement d'institutions républicaines, dans une démocratie sans limite, — alors qu'elle s'applique ici complètement et porte ses fruits sous une monarchie où ne manquent ni une aristocratie respectée, ni la grande propriété terrienne, ni

(1) %%o5,999(Denmark8 Stati^tk Aarbog, 1898, udgivet af Siatens Statistike Bureau).

A. LIBERTE n'ASROClATtON ET DE FONDATION

vestiges de la vie féodale, ne fût-ce que les anciens is et iiiajorats soumis au droit d'ainesse. . .

point une notion solide que de lier le progrès à une tique déterminée.

dans quelques ordres de Faits l'action de ces influenielies que nous venons de signaler comme nous

expliquer en Danemark l'état d'avancement social 3 vue de la vie populaire, lier de ces ordres de faits, dans un pays dont l'agn-

la plus riche source de revenus, occupe la moitié ilation, fournit à l'exportation ses principaux éléa naturellement l'évolution agricole, tion agraire est une des clés de la question sociale. rjes difficultés du travail manuel urbain, là où le s travailleurs ruraux les pousse vers les villes, leur ,it la quantité offerte de travail et contribue à créer ioyés. Il y a toutes sortes de hauts intérêts généraux jx champs le plus grand nombre possible de travail- Faits et à multiplier les cultivateurs autonomes, iltats admirables ont été obtenus depuis vingt-cinq la vie rurale danoise ('), grâce à ces trois forces :

l'association, surtout coopérative, et l'instruction, quelles n'a pas été inutile l'inexistence de l'absenni chez nous semble heureusement décroître), petits propriétaires ruraux résident et exploitent ; e familles de l'aristocratie foncière ont un établis- Copenhague , les autres y viennent quelques à l'hôtel et passent l'année sur leurs terres ; les

celles où subsistent des majorats ne recher(;bent

emplois publics, la plupart suivent les cours des

s esquissons très somioairemeiit d'après des renseiffnameDts

lie et inédits.

écoles d'agriculture et se font fermiers des pareots ou du frère alnë. Dans cet ensemble de conditions propres à favoriser le maintien des populations à la campagne, Tagriculture, une fois constatée Finsuffisance de rémunération de la culture en céréales^ s'est pliée avec souplesse à une transformation d'objet et de méthodes, principalement pour la production du bétail et de la laiterie.

L'instruction agraire a été répandue à flots par des organes aussi nombreux que divers. Gerts^ines écoles coordonnent l'enseigàement théorique et le pratiquent, surtout l'école agricole de Classen pour les fils de paysans à Nœsgaard, qui a une exploitation de 166 hectares. D'autres donnent l'enseignement théorique, l'École royale supérieure d'agriculture à Copenhague, l'École d'agriculture de la Société patriotique de Fionie à Odense. D'autres font prévaloir l'enseignement théorique : les Écoles agricoles de Lumby, de Eongens Lyngby, de Tune, de Ladelund, de Morso, de Dalum, de Mailing, de Grejsdalen, d'Âarup, de Nysted. D'autres se consacrent à l'enseignement pi*atique, par exemple l'Institut des apprentis fondé par la Société royale d'économie rurale. Le développement parait se faire aujourd'hui en ce sens : prédominance de l'enseignement théorique, et à côté de l'école, mais n'en faisant pas partie, une exploitation non pas modèle, mais ordinaire, conçue d'après les exigences de la vie pratique, pour illustrer ce que les élèves ont appris. Les « écoles populaires supérieures » sont la base, elles ont beaucoup contribué à donner aux paysans le goût et la possibilité d'aller au delà du savoir élémentaire et de s'assimiler une instruction professionnelle, elles sont en relations constantes avec les écoles d'agriculture. — Tout ce mouvement, que soutiennent les subventions de l'État, des bailliages, des communes, des caisses d'épargne, les dons, les legs, nous a fait songer à celui des chaires ambulantes en Italie. La forme diffère, et la chaire ambulante a l'avantage d'aller au-devant de l'agriculteur. Mais le principe est le même : considérer l'instruction agricole comme la condition du progrès rural, et la répandre passionnément.

ssociation, se mouvant en liberté, a complété l'œuvre, bord les associations professionnelles : l° au-dessous de iété royale d'agriculture danoise, qui oriente et guide, le 100 comices locaux, et 4 unions provinciales de ces es ; 2* des associations pour le progrès de l'élevage, les associations de contrôle ; 3* toutes sortes d'assocîa- 30ur le progrès de l'industrie laitière, 1.013 laiteries ratives avec 120,000 membres, produisant du lait pur les précautions sanitaires extrêmes, des agrégations de opératives, une association des régisseurs de laiteries ublie un périodique , fait des expositions annuelles, i l'intérêt des coopérateurs pour leur industrie ; 4" des ations pour le traitement industriel et la vente en com ies produits agricoles, tes associations pour la vente du e, les coopératives d'abattoirs qui soutiennent l'exportales porcs et fournissent surtout le marché anglais, la rie coopérative de Nykjebing au capital de 1.500.000 fr.(') possède 2.500 hectares plantés en betteraves, l'Asion d'exportation coopéiative des œufs qui embrasse rconscriptions et exporte de 15 à 20 millions de kilog. > ; 5' de très nombreuses associations pour les achats en Un, notamment les coopératives pour achat de pâtures stiaux, rOnion des assoclalions pour les fournitures, icïation des agriculteurs jutlandais pour l'achat d'engrais ques, etc.

s les associations d'avances, que favorise une loi du 26 1898, et qui font à leur membres des avances non de foncier ou de consommation, mais d'exploitation leme, pour couvrir les frais de leur industrie agronomique, îses sont de 1 fr. 40 par tête de Itétail. L'avance maxima 70 fr, par an et par tôle de bt!t;iil ; nul ne peut recevoir it plus de 4 . 200 fr. Le délai maximum est de neuf mois. IX d'intérêt, uniforme pour tous les coopérateurs, ne doit xcéder 4 1/2 "j,. L'administration est gratuite. Aucun

douno partaut los kroDe)^ en valeur de monuale fruiçalse.

LES FRUITS DB LA LIBEItTii P AP60CIATI0ÇI

membre ne ^o|t l'être d'une autre association simiU bénéfices vont à un fotjds de réserve destiné à remboi npports et àcoijvrip les pertes. Les pertes sont répart d'exercice contre les loerabres an prorata des valeu prunl ponr lesqiielles ils sont inscrits ; chacun vers 70 centimes par tête de bétail, et la réserve avance La réserve ne doit pas dépasser 14 fr, par tête de bé dans l'exploitation : ce chiffre atteint, les receltes t rembourser les contributions extraordinaires, ou à fc fonds destiné soit à «baisser le taux d'intérêt, soit à les œuvres d'économie rurale dans la circonscripti dissolution, l'actif peut être attribué à des entreprises iniques ou à des œuvres de bienfaisance rurale. Les a accordés par la loi aux sociétés qui satisfont à ces ci sont : 1° l'exemption de timbre pour les reconni de dettes , 2" la faculté pour chaque société de rec l'Ëtat un prêt dont le maximum ne doit pas dépasi par tête de gros bétaii, à 3 •/.d'intérêt ; les sociéla ••arants du remboursement proportionnellement valeurs d'emprunt, la réserve et le capit!<l en r aussi ; te remboursement a lieu en cas d'arrêt des tions, et en tout cas, à l'expiration d'un délai de à partirde l'application de la loi ; le total des prêts ne doit pas excéder 7 millions de francs; le mir l'agriculture assure un certain contrôle, dont les fi fixés par la loi de finances, et peut arrêter le fonctio de la société, exiger le remboursement, faire linuîi obligations de la loi ^nt violées pu si des fautes ont i mises dans la direction (').

Enfin les associations de secours, dont les plus im] sont l'Association pour venir en aide aux agriculteur siteux dujutland et à leurs survivants, l'Association di de Fîonie, l'Association des ménagers jullai^dais qu 3.700 membres, etc.

a comptait l'J7 de ces associations

par la liberté, l'instruction et l'association s'est renougriculture danoise, modifiant avec rapidité et vigueur itions et ses procédés. Si elle y a réussi, c'est, d'une ■ce que la niasse des agriculteurs a reçu, avec une éduratique, un enseignement théorique les préparant à Fession ; d'autre part, parce qu'elle a pu centupler ses ; les systématiser dans la libre expansion d'associas spécialisées, l'Élat n'imposant aucune autorisation, imite, et n'en accordant pas moins l'appui de ses sub- , contrairement à la théorie qui à l'encouragemenL espondre la dépendance. Cette liberté absolue, è'est s le droit commun : il n'existe pour l'association ranelle aucune loi d'exception et de privilège comme 21 mars 1884.

avons cette loi, et loin de nous la pensée d'en amoindrir ! ou les résultats ! Précisément dans les voies que nous le parcourir, l'agriculture française en a déjà tiré des Lisons et des œuvres dont la variété et l'intérêt ont en lumière avec une précision attachante par M. de ny. Mais enfin elle a ses limites, cette loi de 1884, louron lui en découvre quelqu'une, on discute jusqu'où ège le droit de s'associer et où elle s'arréic. Et nous issi pour le crédit les lois de 1894 et de 1899 ; mais on se sent, à cbaigue pas, arrêté, borné par quelque . La liberté pure et simple est préférable, et suffit à

bien, est-ce la raison qui nous ferait approuver avec réserve certains points de la loi du 26 mars 1898, et a tendance d'une loi du 1*' mars 1899 destinée à facihat de lots de terre par des ouvriers cultivateurs. : est autorisé & aCfecter, à titre d'essai, 2.800.000 fr. jtendant cinq années, en prêts aux ouvriers de camui voudraient acquérir une propriété rurale. L'em- ' doit justifier de son économie et de sa moralité ; il p|ir qu'il a travaillé cinq ans comme ouvrier rural et spose de 560 fr. Il peut adresser sa demande dans

LES FRUITS DB LK LIBBRTB D ASSOC

chaque circonscription à une commission d nommés par le ministère de l'agricutture et li et dont l'un au moins doit être un petit cuili\ de la propriété, comprenant bâtiments, bêla peut excéder 5.600 fr. ; nous vr.nons de voir i être possesseur d'une somme représentant valeur de la propriété. Le prêt pourra repn neuf dixièmes de la valeur de la propriété. 1 première hypothèque sur la propriété, U te bétail, etc. L'emprunteur paye un intérél Le prêt, dont TÉtat ne peut exiger le rem: une autre forme tant que la propriété est < petite cuKure, est accordé sans amortissen cinq premières années; après ce délai, l'eu outre l'inlérét à 3 'j,, i */. de la moitié de I pour l'amortissement ; l'amortissement de li s'effecluera ensuite par le versement de 1/2 * l'État est autorisé à aiïecter à cet objet pem répartie entre les bailliages proportionnel 1er des. Quand un ouviïer a choisi une terre do: l'acquisition, il inscrit aur l'imprimé qui li renseignements relatifs à ta contenance de la acquérir, au prix qu'il y peut mettre, aux p tion du bâtiment, à l'estimation approsimatii Quand il a reçu avis qu'il est agréé, il di Des avances peuvent lui être faites pendant 1 Personne ne peut obtenir plus d'un emprunt prunt n'est pas réduit par l'amortissement i valeur originaire de la propriété, celle-ci ave ne peut pas être grevée d'autres hypothèque taire la néglige, elle peut être vendue. Si l'en un de ses héritiers peut le romplacer, à la co faire aux clauses du contrat. Le ministère peut autoriser le propriétaire à vendre, s'il ji teur solvable.

On prévoit que l'État pourra consentir cl

[.IBEIlTIi D ASSOCIATION ET DE FONDATION

e cette nature. Tout cela n'est qu'un essai ; nous lissons point le but, qui est d'étendre de plus en iété individuelle dans le petit monde rural, et ce 1 de faire obstacle que concession aux déraison^ inant à parler de socialisme d'Ëtat parce que 1» État, mieux vaut nous abstenir au lendemain de manimement votée, sur les caisses régionales ; oi danoise n'a-t-elte pas fait de l'Etat un préleur , malgré tout, combien apparaît supérieur à ces artilicietles l'admirable développement spontané ^riculture danoise par la liberté et l'association 1

l'ont produit pour l'amélioration de la vie agraire l'association. J'ai retrouvé dans le régime de [>tilaire l'action de ces forces, confirmant tout ce is depuis douze ou quinze ans pour la réforme de France {*).

It pas moins, dans ce petit pays danois, de l'épargne au 31 mars 1897, époque de la plus itîque : 24 seulement étalent des annexes d'étade crédit. La plus ancienne remonte à 1820 t surtout multipliées depuis trente ans : j'en ai [ui datent de cette période. Pour ne tenir comple caisses d'épargne proprement dites, elles déte- Î5,251 fr. de dépôts, en 787,799 livrets. Leurs lépendammenl de divers fonds de garantie et de 3'élevaient à 41,463,808 fr. Le (aux d'intérêt nient était dans q'ielques-unes seulement infé-

Dent la Réforme des cai»M» d'épargne françainea, Une I institutions de prévoyance en Italie, l'Action mciale par ie, uotre Introduction à la nouvelle édition de Dix jourf alie, de Léon Say, le Concours dcfi caisses d'éparQnc au

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rieurà 3 l/2'*/o; les autres allouaient 3 1/2, 3 3/4, une centaine

Ainsi, dans cette nation d'un peu plus de 2 millions d'âmes, le nombre des caisses d'épargne est sensiblement le même qu'en France : 532 (ou 508 proprement dites) contre 545 chez nous(*). Les 508 détiennent plus de 700 millions, les 532 (^) 044 1/2 millions. La confiance et l'intensité de l'épargne, contrairement au préjugé qui nous croit une préén^inence sur ce point, sont donc considérables. Les réserves correspondent à 6. 061**/» des dépôts. Les intérêts servis sont bien supérieurs à ceux que peuvent servir les caisses d'épargne françaises.

Dan3 quelles conditions organiques ces institutions ont-elles atteint, au milieu d'un si petit peuple, une si vigoureuse expansion ? Dans la pleine autonomie, le mouvement naturel 4^ l'épargne sans aucune de nos limitations et de nos entraves, le libre emploi décentralisé qu'appliquent aussi l'Allemagne, la Suède-Norvège, T Au triche-Hongrie, la Hollande, l'Italie^ la Belgique, la Suisse.

Les caisses d'épargne danoises se sont fondées, ont grandi, se sont propagées sous le droit commun. Lorsque le nombre en est devenu si grand que quelques insuccès étaient inévitables, le législateur a pensé avec raison que le temps était venu d'un contrôle d'État : une loi du 28 mai 1880 a institua une inspection des caisses d'épargne et en a déterminé le fpnctionneipent ; c'est, en pareille matière, la fonction légitime de l'État. Quant à l'emploi, rien de plus éloigné de notre système, qui détourne J'épargne du travail, de l'agriculture, de l'industrie, de la vie locale, pour la jeter à peu près intégralement dans la Dette d'État, en superposant la responsabilité du Trésor, Au 31 mars 1898, l'ensemble des placements représentait, en dehors des encaisses, des immeubles et de

(1) Denmarks Statistih. De Danske Spareliasser, 1898.

(2) 547 au !•' janvier 1901, d'après la note sommaire du ministère du commerce du 13 février 1901.

(S) Dont 140 urbaineâ et 392 rurales.

divers, 275 millions de francs en préis hypotiiécaires ruraux (on sait la prépondérance de l'agriculture en Danemark), 124 millions en prêts hypothécaires urhains, 338 millions en obligations négociables, 11 millions en prêts sur nantissements, 75 millions en prêts sur cautions, 23 millions enpréts aux communes, 8 millions en prêts sur garanties diverses.

Pénétrons dans la plus importante de ces institutions : rien ne vaut, pour se rendre compte, des enquêtes directes.

Le Danemark ne fut pas en retard au moment de ce siècle où les caisses d'épargne apparurent. La Caisse d'épargne de Copenhague et environs surgit en mai 1820, deux ans après celle de Paris, trois ans avant celle de Milan, quelques mois avant celle de Marseille. Comme partout, un groupe de bons citoyens la fondèrent : ils la fondèrent libre, et libre elle a vécu. Au début, 14 directeurs l'adminisl raient : le nombre en a été ramené à 5 ; ils se recrutent par cooptation, mode qui pour les choix et l'esprit de suite a bien des avantages.

Le fonctionnementressemble, sauf les variantes inévitables, à celui des caisses d'épargne de tous les pays, avec une nuance de simplicité et de célérité dans les opérations. Un millier de personnes passent quotidiennement aux guichets : c'est la clientèle normale, en ses éléments multiples,que nous cherchons trop par une vue étroite à réduire aux plus pauvres, et où artisans, domestiques, ouvriers, petits patrons, marchands, employés prédominent. On peut verser de 0.70 c. à un maximum que la direction fixe, avec des règles de préavis. On ferme le dimanche par respect pour le repos dominical ; mais une séance est consacrée aux dépôts le samedi soir de 6 à 8 heures. Il y a trois bureaux de quartiers dans la ville. Les employés sont au nombre de 30 soua les ordres d'un contrôleur : ils jouissent d'un fonds de retraites formé par des dotations et des retenues.

Sous quel régime s'est développée l'institution? Elle est gérée dans une absolue indépendance. Elle ne s'est point bornée à recueillir les épargnes, ce qui n'est qu'une part du rôle exactement compris des caisses d'épargne,et encore moins

les absorbe-t-elle dans l'unicité d'un placement d'Étal par l'intermédiaire d'un organisme centralisant ; elle les reverse elle-même dans la circulation économique. Ki l'autonomie, ni le libre emploi ne sont limités par la législation ou par les statuts, qui posent seulement pour les emplois le principe de la sûreté.

La croissance de l'institution, comme collecteur et réservoir de l'épargne, se résume en quelqueschiffres. Au 31 décembre 1820, le solde dû était de 236,600 fr. Dès 1834, il atteignait 1,554,000 fr. La marche ascensionnelle est constante. Au 31 mars 1898, le slock est de 173,524,542 fr. en 115,063 livrets. C'est plus qu'à Paris ('), beaucoup plus qu'à Lyon et Marseille dont la population est nunjériquement comparable à celle de Copenhague (450,000 habitants environ) .

Développerle goût de l'épargne, l'attirer, la conserver, en assurer la restitution rapide, voilà la première fonction des caisses d'épargne. La seconde est d'en faire l'emploi dans des conditions de sécurité, de réalisation facile, de productivité suffisante, et d'utilité générale. Comment est ici pratiquée cette seconde fonction, point vif de la différence avec la méthode française ? Vériflons-le par la situation au 3 1 - mars 1 89â.

La masse active est représentée pav les placements suivants :

Obligations royales 4 "1, amortissables, rentes sur l'Ëtat 3 1/2 et 4 1/?, obligations de la Banque de Copenhague, de la Société decréditde Copenhague, de la ville de Copenhague, du port de Copenhague, de la cooimune de Frederiksbeig, de la Société de crédit des lies, des Fermes du Jutland, de la province du Jutland, pn>ls sur immeubles du Jutland et de Fionie, obligations de la Société de constructions navales Burmeist^r et Wains, de la Landmandsbank, de la Société de navigation des bateaux réunis, de la Société des entrepreneurs, de la Société des téléphones, fonds d'Ëtat russes, obligations des chemins de Ter russes, de l'Ëtat finlandais, de {a Norvège, oblif;ations des communes de Trondhjem, Christiania, Gothembourg, Stockholm, Maimo, obligations hypothécaires suédoises, obligations de villes de SuMe, actions du chemin de fer de Lolland-Falster, de la Banque nationale, de la B;knque ouvrière, d'uoe Société d'habitations ouvrières, etc.

(l>FT.l«1.133.Tï(au31 décembre 1898, fM3t.6ie.95t au 31 décembre 1S99.

il que la pluralité variée a été la règle, et combien les sont combinés pour aider toutes les formes de 5 nationale ou régionale : je ne relève pas plus de J5 fr. en valeurs danoises d'Étal, et libremeni. achetées, oductivité de l'ensemble a été plus favorable que d^ns à adduction exclusive en fonds d'État, puisque l'intérêt lUx dépiits est de 3 1/2 °/o; on ne recourt pas' aus ations peu utiles des taux gradués, stème a-t-il été dangereux? Si oui, des pertes altérée les gains auront empêché la constitution d'une personnelle un peu ample. Or la réserve représente ;al important, indépendamment d'une réserve extraorpour dépréciation de ractif(').

icore les bénéfices n'ont-ils servi qu'à réduire les par des réserves solides ? Non ; comme dans tous les ibre emploi, un large excédent a été répandu eu bienciaus. De généreux piélèvements sont faits chaque I allocations à des œuvres de prévoyance ou de bien- . Jugeons-en parla répartition de 1898. On a réparti r. entre les œuvres dont l'énumération suit :

des écoles du ?0 janvier 1866, Sociâté pour l'habillement des <aiivrps, Asile d'enfants 1870, Hospice du Saint-Esprit, IIApitnl de

Hefsne, Société ouvritre de Saint-Steplian, Scciéié ppur les Société d'Ostaliro pour la nourriture des pauvre», Société d'ali-

I pour les enfants dfs écoles. Asile du l^latkebjerg et Lande- Succursale de l'écote de 1892, Asile pour les estrupiés, Cr.'iche

, Société de secours Aaint-Mattiiou, Crolx-ltougi^, Asile de Société pour les prisonniers, Maison dt> travail de Norre-alle, îlie de Saini-Jean, Maison pour les infirmes, Maison de dia;çour tes ilumestiqiii'S, Société île secours pour les vieilles Gl|eji, Utmancho pour les adultes. Maison de repos pour jnstitu-

II murs ISOI, ces réserves ont diminué (fr. a.iSl.OOO), alngi que le lëpdts (fr. US millions environ), par suite d'une période de baisse les valeurs et d'une crise de retruits unormitle en noOt 1899 où l'on l'action du parti xocialiRte pour forcer les institutions do crédit k :r '.t la cessation d'un lock-out prolon;^ (p. Tl et s.) ; ces efforts \t d'ailleurs.

LES FHDITS DE LA LIBRIITIÎ D'ASSOCIATION 45

trices, Société d'éducation. Maison de secours (imites Slage, Association de gardes-malades, Bourses do voyagea, A.sile de malades en Islande, Société lie logemnnts pour vieillards, Asile de la princRSse l'hyra, Maison de travail de Christianshava, Société de gardes-malades de Cliristianshava, Association du 10 octobre 1874,. Association dps Asiles de Copenhague, Société des asiles de Frederiltsbei-g, Vesterbro ci environs, Uîuvre de Marthe, Bibliothèque scolaire, Société d'assistance pour û^vri^res, Fondation de la princesse Caroline pour gardes-malades. Asile infantile de Himmelbjeiçgaard, Asile infantile Kana, Société de secours de la baronne Gitdmann. Asile Saint-Jacques, Petite société de bienfaisance, Société des 4 skillinj^s, Asile d'Osierbro, Maison de travail de Frederiksborg, Âsilc de Godthaali, Asile du 1" novembre 1890, Maison de Norrebro pour nourriture do malades. Asile du jubilé du roi Christian et de la reine Louise, Maison de repos pour femmes, Asild Dethlehem, Société d'asiles pour enfants, Société Tabitha, Mission intérieure, Pulyclinique des pauvres, Couvre de Noël 18G(i, Maison de santé Saint-Jean, Œuvre du bon Noël, Société pour les libères. Société de bienfaisance. Société ponrprtme^et secours aux serviteurs. Asile de la reine Louise, Société de gardes-malades de Saint-Stéphan, Primes aux directrices d'asiles. Société d'alimentation de !<orreliro, Société pour la nourriture des écoliers de Frederiksberg, la Chaîne, Société pour les enfants de Copenhague, Asile de la princesse Louise, Asile Magdeleine, Asile de Bodroffvey, Institut Finsen contre le lupus, Hôpital d'enfants de la reine Louise, Société. de stations médicales. Société de diaconesses infirmières pour les pauvres, Aàle de Norrebro, Société technique, Société de secours pour les institutrices, le Hien des petits enfants. . .

Liste altachante et suggestive, où j'ai retrouvé comme à l'autre extrémité de l'Europe, dans le fondo erogabile de la Caisse d'épargne de Milan, le jailtissement continu de bienfaits par lequel l'inslilution jusHfle dans le retour d'une part des bonis réalisés sur la gestion désintéressée de l'épargne du peuple au bien du peuple, apr6s l'avoir fait dans l'enaploi des dépôts, la liberté que lui a laissée le législateur ! La voilà prise sur le vif, cette disponibilité des bonis que la loi du 20 juillet 1895 n'a pas osé accorder aux caisses d'épargne françaises, que nous réclamons pour elles, dont on leur marchande même une humble parcelle. Elle s'exerce ici librement, sans reslrictions, ni gènes.

La Caisse d'épargne de Copenhague n'est pas la seule

i ville. Grâce à la liberté, tl y en a une dizaine d'auseconde, par l'importance, est une branche de la ouvrière danoise, qui avait au 31 mars 1898 phrs de ns de francs en dépAts(') : avec les bonis de sa caisse !, la Banque ouvrière alimente d'ingénieuses organii retraites, de prêts, de secours. Une puissante attracépargne est, en outre, réalisée par la grande Assoie construction des ouvriers, qui est, comme les js anglaises et américaines, une caisse d'épargne à its réguliers et à emploi spécialisé. Nous en parlerons des logements populaires améliorés, de même que rons le concours des caisses d'épargne fourni large- 'œuvre des habitations & bon marché par te simple bre emploi bien avant nos lois de 1894 et 1895. avons ainsi retrouvé chez ce peuple intelligent et lour l'épargne populaire, les traits qui caractérisent e régime du libre emploi (*) : l'autonomie des instituitensité de l'épargne, l'absence d'entraves légales, Tintérét plus encourageant, la diversité et ta fécondité smenls, la disponibilité bienfaisante des bonis, la ar la contiance publique et par l'ampleur des réserni la déconcentration et la liberté de l'emploi, ni la té des vues, n'ont altéré la sécurité comme le prées étatisants. Tels sont ici, dans ce domaine encore, de la liberté et de l'association.

les y avons constatés de môme pour ce précieux prol'existence populaire, l'amélioration du logement, hk

mars 1901, tt. as.SSD.OOO, malgré la crise Indiquée p. t(. La Caltte de la Banque ouvrière danoise parait avoir dans cette phase diffl-

Buivi que la Caîasa d'épargne de Copenhague -les fluctuatlona du iatétêt et les mouvements du marché des valeurs ; sa réserve le S milliona.

>mplétera avec fruit notre enquSta directe par l'intéressant histoaisses d'épargne danoises, de 1830 à 1899, que M. Jullus Valentiner, laguo, a publié dana le Bulletin du créait populaire (mata IBDl); ent auteur conclut dans le rnSme sens que nous.

aussi, ce petit peuple nous a devancés dans le temps et dépassés dans l'action.

La population ouvrière de Copeahague était, il y a quarante ans, entassée dans des maisons où manquaient l'espace, l'air, la lumière. Cependant la ville grandissait, le nombre des habitants s'accroissait (notamment par le reflux du SIesvig après 1864), les industries se développaient. Le besoin apparut de faciliter au peuple le moyen de se procurer des demeures plus saines.

Une loi du 16 février 1866 accorda aux petits logements (de moins de 35 mètres carrés) des exemptions d'impôt et de taxes communales. Une loi du 16 avril 1873 les étendit aux logements n'ayant pas plus de 3 1 mètres carrés ; en province, aux maisons évaluées par l'assurance moins de 1,950 fr. à la ville et de 1,400 fr. à la campagne, laissant au gouvernement la faculté de concéder les mêmes avantages aux associations qui construiraient des habitations à. bon marché pourvu que l'intérêt des capitaux n'excédât point 4 */,.

Olte intervention du législateur était assez mal orientée et modeste. Klle s'est accentuée récemment dans la loi du 36 février 1898, qui autorise le ministre des finances à consentir sur les fonds du Trésor, jusqu'en 1907, et dans les limites d'un maximum global de 2,800,000 fr,, des prêts à 4 7*. amortissement compris, aux communes et aux sociétés qui construiraient des habitations ouvrières bonnes et salubres, sous condition que l'excédent possible soit employé à l'avancement de l'œuvre. Cette loi pourra être un adjuvant ; mais elle n'avait pas été nécessaire, l'initiative civique ne l'avait pasattendue ; ce qui a été fait avec l'ampleur qu'on va voir date d'une période bien antérieure,

I.e mouvement, comme partout, a eu des propulseurs divers, la philanthropie, le patronat industriel, la coopération, et a pris des formes variées. Ne nous arrêtons qu'à ce qui est original ou important.

Un objectif assez particulier fut l'idée d'assurer le logement gratuit pendant ta vieillesse. L' Association pour loger gra-

48 LA, I.IBERTK II AfiSOCIATION ET DE FONDATION

taitement les vieillards, fondée en 1871, a bâti des maisons dont le loyer comprend l'inlérât du capital à 4 •/„ les frais d'entretien, et une majoration calculée sur les bases de l'assurance-vie de manière à abaisser peu à peu le loyer qui, après un temps variable, selon l'âge de l'occupant, devient gratuit : au l" janvier 1898, elle logeait 7G familles, son avoir était de 311,725 fr., elle s'était annexé des caisses de maladies et de funérailles. — A cet ordre pourraient se rattacher des fondations dont le but est de fournir le logement à diverses catégories de personnes, la Consolation de la vieillesse (448 logements pour ouvriers h^&i, dont 210 gratuits), que fonda V Union ouvrière ;\es Habitations de l'Union médicale', des associations ou fondations spécialisées de logements pour instituteurs primaires, institutrices, maîtres de métiers, facteurs de la poste, artistes {'), etc.

L'effort de beaucoup le plus remarquable, et par sa nature, et par ses résultats, est da aux intéressés. II mérite d'être décrit avec quelque précision.

C'est en 1865 qu'une conférence donnée à la Société ouorière de Copenkayue par un médecin, M. Ulrik, détermina les ouvriers des Chantiers de construction navale Burmeisteret Wains à CYèùr V Associatiun de construction des ouvriers, qui a gardé dans son titre le nom de l'entreprise d'où surgirent ses vaillants fondateurs (*), Le but était de bâtir, avec les épargnes des sociétaires et des ressources d'emprunt, de petites habitations de familles que les sociétaires pourraient acquérir.

Dix ans après, on avait édifié 169 maisons, d'une valeur ensemble de 1,460,446 fr. Le nombre des afflliés suivait une marche ascensionnelle : les parts de membres (nul ne peut en

{Il L'État avait, à différentes époques depuis 1630, construit pour sea marine les groupes qu'on appelle la Colonie Nyboder |3i0 méDases) : amâ- Korëes dans ces dernières ancâea, lea liabitations de ces groupes forment un ensemble intéressant, quoique défectueux.

[i) ArheiderneB B'jQgeforeiiino sliftet af Burmeister et Waing arbeidere.

avoir plus de dix) atteignaieht, de 222 en 1867, uo total de 5,516 en 1875, de 15,158 en 1886, de 16,372 en 1890 ; elles restaient à 13,528 fin 1898. L'activité s'était parallèlement accrue : de 16 maisons par an en moyenne pendant la première décade, on passait dès la seconde à 41 ; de 1876 à 1885, on construisit 412 maisons, pour 4,335,352 fr. ; de 1886 k 1898, 539, pour 6,299,095 fr. Le prix s'en était progressivement élevé, et par l'effet de la hausse des terrains, des matériaux, de la main-d'œuvre, et parce que la société n'avait cessé de perfectionner ses types.

Je voudrais expliquer aussi clairement que possible (i) l'organisation et le fonctionnement très particulier de la société*

C'est d'abord, comme je l'ai définie en m'occupant des institutions d'épargne, une caisse d'épargne à versements obligatoires et à emploi spécialisé, par quoi elle ressemble aux Buildings oésociations ; c'est ensuite une coopérative de construction (non de prêt), qui crée des propriétaires.

L'adhérent s'engage à verser sur un livret nominatif une quotité de 50 centimes par semaine pendant dix ans, avec faculté d'anticiper jusqu'aux dix années de quotités, et octroi de délais aux cas de chômage prolongé, d'appel sous les drapeaux, de maladie. Il reçoit en échange : V après un an, pourvu que ses versements représentent 28 fr., ou après six mois s'il a forcé ses versements jusqu'à ce chiffre, le droit de participer aux tirages au sort de maisons édifiées par la société, et d'y gagner non point une maison fil ne s'agit pas de loterie), mais la faculté d'acquérir une maison, à prix déterminé, par le paiement de 26 annuités comprenant l'intérêt à 4 ''/o et 2 "lo d'amortissement ; 2*' au bout de dix ans, Toption entre le remboursement de ses mises avec le prorata des bénéfices ou leur maintien sans contribution ultérieure, le retrait étant, en cette dernière hypothèse, subordonné à préavis d'un an. Au cas de départ, le remboursement a lieu avec préavis de

(1) D'après les statuts^ comptes rendus, documents divers» et les notes de mes visites.

LA LIBERTÉ d'aSSOCIATION ET DE FONDATION

lis mois ; au cas de décès, les iiériUers sont remboursés Is ne préfèrent continuer.

La société construit les maisons par séries, d'une trentaine r exemple, ce qui en abaisse le coût. Le .tirage au sort a u ensuite devant notaire. Un de ces tirages est survenu pennt mon séjour, le 23 mai 1899, pour 30 maisons : sur la liste îgagnants.je trouve un serrurier, un maçon, un relieur, s employés, 13 femmes, 11 enfants ; c'est un des modes en ^ue d'épargne infantile que d'ouvrir un livret aux enfants nme dans les cuisses d'épargne. SI le gagnant n'use pas de 1 gain, il peut le transférer à un autre sociétaire : par suile prix de revient avantageux, de ta plus-value des terrains, :, , le transfert s'opère avec majoration, et la prime est pars assez forte ('). S'il use de son gain, un acte de cession de sse&sion et d'éventuelle propriété intervient, où sont Axés lits et obligations. La société garde la propriété pendant dix s : à ce terme, si l'acquéreur a rempli les conditions de cte (au cas contraire, il est tenu de délaisser), un titre de spriété lui est délivré. On voit les sûretés qu'a la société otites obligatoires, gage foncier, marge sur la valeur, irant dix nouvelles années, l'acquéreur ne peut vendre, sauf cas de mort, de déplacement forcé, etc. Ensuite il peut ndre ; mais aucun sociétaire ne peut posséder plus d'une lison, toute spéculation étant ainsi évitée ; il reste d'ailleurs irais à des servitudes (surélévation qui dénaturerait les DUpes, débits de spiritueux, professions immorales). Des ions de propriétaires, dans chaque groupe, sauvegardent i intérêts communs.

La plupart des maisons contiennent deui logements, conisés chacun de deux chambres, une cuisine, une ou deux insardes, une déciiarge, une cave, le plus souvent un jarlet et une cour. Le prix varie suivant la position, les dimenms, les aménagements, l'époque de la construction :

l) Comparer à l'eachâte des prSts daos les Bvililings : le procédé daaois I semble pr€U:T iDoias à La ciitlque.

fr. 8,100, 9,600, 10,000, 11,000. Les annuités sur ces prix ne sont nullement disproportionnées aux salaires moyens, car Tacquéreur loue le second logement à un taux sagement limité par l'acte de cession : si l'on déduit de l'annuité le loyer normal du logement qu'il occupe et celui qu'il perçoit du sous-locataire, il aura déboursé chaque année, pendant la période de libération, une somme de bien peu supérieure aux loyers ordinaires qu'il aurait payés sans qu'il en restât rien, et il lui restera la propriété incommutable, l'exonération de la charge du loyer pendant les vieux jours, le toit familial à laisser aux enfants. J'ai visité quelques-unes de ces maisons : elles sont bien comprises, plus confortables que beaucoup de logements bourgeois, coquettes même ; ce qui pourrait y être amélioré tient aux habitudes locales ; elles font honneur à l'architecte, M. Bœttger.

L'administration de la société est gratuite* L'assemblée générale élit : a) un comité de direction de sept membres, qui gèrent ; b) un conseil de trente « représentants », qui représentent l'assemblée vis-à-vis du comité, surveillent les tra->vaux, sont consultés pour les acquisitions ou les ventes, et, en cas de désaccord, peuvent en appeler à l'assemblée ; c) trois experts et un suppléant, qui décident sans recours en cas de différends ; d) deux réviseurs pour le contrôle des comptes, et deux taxateurs pour veiller aux intérêts collectifs dans l'acquisition des maisons. Le personnel rétribué se compose de sept employés^ dont un architecte, un chef de bureau^ un inspecteur des maisons : c'est peu pour faire marcher une telle machine. Les frais généraux ont été en 1898 de 26,400 fr«

À la fin de l'exercice, les bénéfices sont répartis 10 ""/o à la réserve, le reste entre les sociétaires versant depuis six mois et pour chaque somme de 28 fr. dont leurs mises sont libérées. L'attributaire d'une maison ne participe plus : il continue ses versements de quotités, et, après les dix ans, la somme dont son livret est créditeur se défalque du prix de la maison. — D'où proviennent les bénéfices? D'un certain chargement que reçoit l'évaluation des maisons tirées au sort ; du fait que

2 lA IIBSRTK d'ÀBSOOUTION' KÏ DB FONDATION

acquéreur est débité d'avance par semestre et paye d'avance ar mois sans bonification ; du fait, que la société alloue aux lises le divïdeade par somme de 38 fr. et n'alloue rien sur !s versements inférieurs ; de la différence d'intérêt (lorsqu'il n existe) entre le taux des empnmts et celui des annuités 'acquisition.

Au 1" octobre I89S, la société avait construit et transmis .130 maisons, représentant ensemble 13.094.894 fr. sur isquels il avait été déjà remboursé 7.333.530 fr. ; 752 ossesseurs de maisons avaient re^u des titres de propriété ; 17 maisons étaient complètement payées. Les \ersements des conomiseurs s'élevaient à 3.791.941 fr. La réserve atteinait 473.103 fr. Une caisse de secours, dont l'actif était de 4.369 fr., aidait principalement les veuves d'acquéreurs dans i besoin à conserver la maison pour les enfoats. — Au 1" mai 899, le nombre des parts de membres arrivait à 13.756, elui des maisons à 1 . 1 50.

Comment a-t-on fait (ace à une œuvre aussi vaste? Par le apilal des quotités hebdomadaires qui grossit régulièrement 293.349 fr. en 1898), par les rentrées d'amortissement, et ussi par des emprunts à la Caisse d'épargne de Copenha~ me. Dès 1867, quand la société eut bâti ses dix premières aaisons, «Ile obtenait un prêt de 56.000 fr., et en 1868, 1873, 874, 1875, 1876, 1877, 1878, 1879, 1880, 1881, 1883. 1883, l'autres prêts successifs, en tout 1 . 754 . 900 fr. ; puis, en 1 883 ncore, 1884, 1885, 1886, 1887. 189] , 1892, 1893, 1894, 1895, 896, 1897, 1898, une nouvelle série, pour 3.636.700 fr. En renteetunans, la Caisse d'épargne avait avancé 5.381.600 fr., ■on sans avantage puisque le taux était de 4 1/3 '/*, est aujourl'hui encore de 4 ■/., et sans risque, puisqu'elle prêtait sur lypotbèque la moitié de la valeur : après les dix ans de lossession, l'acquéreur remet une obligation emportant ;ùreté foncière k la société, qui la cède k la Caisse d'épargne, luiautorîsealorsle transfert de propriété. La société s'acquitte tardes annuités de 6*/. l'an, amortissement compris, et verse, m outre, 1«3 acomptes extraordinaires qu'elle reçoit fréquem-

UB HRDITS BB LA UBBttTH D AâSOCIATION i3

neot d«s acquéreurs. La Caisse d'épargne marque encore sa sympathie en donnant à bail à la société, un local de bureaux à prix de faveur. — C'est le lieu de remarquer comment par la seule liberté, par te jeu naturel du régime de libre emploi, sans qu'il tàt besoin de lois spéciales, s'appliqua avec puissance d^sce petit pays, plus d'un quart de siècle avant nos lois du 30 Bovembre 1894 et du 20 juillet 1895, l'idée si juste du ooQcours des caisses d'épargae à ramélioration des logements populaires. Quand la loi du 26 février 1898 est venue autori' sant l'État à prêter à meilleur marché et jusqu'à 60 */. de la valeur, la société en a usé pour 224.000 fr. ; mais qu'est cet interventionnisme auprès de l'œuvre antérieure et strictement correcte de la liberté '?

Comment s'explique le succès de V Association de construction des ouvriers ? J'at essayé de m'en rendre compte, . car il est rare de le rencontrer à un tel degré. Les principales causes m'en ont paru être : 1* l'ingénieux mécanisme qui a établi des reiatious mutuelleraeat utiles entre les petits épargnistes et les ouvriers ou employés désireui d'un foyer ; 2° l'achat habile de terrains là oCi pouvait se prévoir une extension de la ville, et la notoire plus-value qui s'en esl suivie ; 3° la collaboration de bourgeois instruits et aisés avec des ouvriers ou employés. — L'histoire de Y Association me semble offrir un curieux exemple de l'expansion et de la durée que peut donner à un mouvement d'amélioration sociale pai la prévoyance et la solidarité le ferment d'un peu d'intérêt légitime. Les disposeura de frêles épargnes voient le placement à boa intérêt d'une épargne forcée, automati:|ue, qu'ils retrouvent au bout de dix ans, et l'obligation d'économiser à échéance fixe, que facilitent les hauts salaires ambiants, a été pour beaucoup uae source d'aisance. Us sont attirés aussû par ces désignations du sort, également avantageuses soit qu'on poursuive l'opération ou qu'on la cède.— Tout cela, dans une égalité démocratique, dans la confiance qu'une gestion éclairée a fait naître, et dans une liberté souple puisqu'on peut toujours se retirer, condition nécessaire avec une clientèle

xposée à voir tarir son pouvoir d'épargne par la maladie et ) manque de travail.

Près de 1.200 familles ont conquis, et par leur seul effort, ! Aome hygiénique, décent, agréable, où fleurissent, comme !S fleurs sur ses fenêtres, les douceurs d'une vie domestique aine. La mortalité, faible déjà & Copenhague (19 '/„ les huit erniéres années), n'a pas dépassé 13 dans la société : 13,4 antre 17,8, enl898. Les objectionnistes, qui partout critiquent ins faire, demandent si tous les occupants sont bien ouvriers 1 lus de la moitié des maisons paraît être en possession d'ouriers, et l'autre aun mains de ce personnel très modeste qui 'est pas moins digne d'aide que celui du labeur manuel, etits employés, etc. Il y faudrait ajouter les milliers de imilles auxquelles l'exode des plus diligents a fourni un tgement moins vicieux, et celles qu'a servies l'émulation iiposée aux propriétaires d'immeubles par la concurrence.

Tout en multipliant les foyers, l'Association a stimulé épargne, accoutumé le peuple à la régularité (elle connaît les etards, mais n'a pas d'insolvables), l'a intéressé & la paix ublique. Elle est un modèle d'harmonie des éléments sociaux, t d'aide des plus avancés aux plus faibles. Toutes les condiions, les confessions, les opinions s'y rapprochent. Le présient actuel est un contre-maître. M. fiasmussen ; la vloe-préidence active, exercée longtemps par le promoteur, M. Ulrik, est depuis bien des années par un négociant considérable, [. Mosés Melchior, qui s'occupe de la société avec un admirale dévouement de toutes les heures et une haute inlelligence.

Dans la belle œuvre économique et morale que nous venons & parcourir, tout est dû encore, l'agencement comme la irtune et les bienfaits du système, à l'initiative privée, à union sociale, à l'association sans entraves, à la liberté. Voilà i leçon à dégager de cette analyse, et plus intér^sante encore ue la leçon technique.

J'ai retrouvé dans la bienfaisance danoise cette pleine liberté et cet esprit d'association que nous avons vu se mouvoir sans entraves, avec une vigueur féconde, dans les sphères de l'activité agricole, de la prévoyance et de l'épargne, de l'amélioration des foyers populaires. Les effets m'en ont paru, pour la bienfaisance, une floraison d'œuvres poussées en tous sens, une aide préventive pour beaucoup de cas, et une . spécialisation très ingénieuse qui rend l'assistance plus éflScace .

Je voudrais donner une idée de l'expansion de ces efforts, et de ce qu'ils ont de caractéristique, en suivant dans les trois périodes de la vie, enfance, âge adulte, vieillesse, les éprenves qui appellent l'appui de la solidarité. Laissons de côté tout ce qui dépend de budgets publics. État ou commune, nous attachant aux institutions nées de Faction libre et privée, qu'elles soient issues de ia volonté de citoyens ou de princes, et marquant autant que possible les fondations qui leur permettent, un fonctionnement self-supporting .

Les faiblesses de l'enfance, de la naissance à la confirmation (après laquelle dans les pays luthériens du Nord l'individu, est responsable), ont suscité de nombreuses organisations.

L'Orphelinat royal, créé en 1727 par Frédéric IV, élève 270, orphelines à Copenhague, 244 dans divers bailliages ; il possède une propriété de 2 millions 1/2 de francs.

La Maison de secours de Frédéric Vil (1874) fournit à 363 filles pauvres et délaissées, surtout du bas peuple, instruction . et apprentissage; elle possède le château, les fermes, les forêts de Jœgerpriset un capital de 6.700.000 francs.

L'institut M arlha Vœrn(l814) élève des enfants besogneux de la bourgeoisie ; son avoir consiste en immeubles et 400.000 fr. en rentes.

La Société charitable entre sœurs (1790) habille et élève d^s filles de fonctionnaires et hommes d'affaires gênés.

LA LIBBBTU D ASSOCIATIcm ET DE FONDATION

La Fondation Labn (1799) élève 110 enfonts pauvres d'Oden-

i ; elle possède un immeuble et un capital de 415.000 fr.

Les Établissements de Flakkebjerg et de Landerapgaard,

idés par souscription en 1836 et 1867, élèvent 1.720 garçons

Etndonnés.

L'HoIsteinsminde (1883), créé par le comte Holsteinborg

l'instituteur Stepbansen, recueille et place garçons et filles

indonnés.

L'Asile Tabitba, à Hellerup, reçoit les petites filles en

nger.

L'Asile de Vodrobvei adopte une centaine de petites filles

is feu ni lieu.

L* Asile Bethléem adopte les orphelins mal entourés, surtout

rçons.

L'Asile de 1870 confie à des mères nourricières le soin

infants abandonnés.

L'Association pour primer Les mères nourricières poursuit

soin des nourrissons.

L'Asile Godthaab (1676) adopte des orphelins pauvres ; il

. propriétaire de cinq immeubles.

L'Asile d'Ormsler (1881) élève des orphelins pauvres de

[S les points du Jutland ; il vit d'un legs, et de contributions

communes ou de particuliers.

L'Asile de la Société de bienfoisance des femmes abrite 120

fants.

L'Association du 23 avril 1882 (les Danois aiment ces déno-

nations à dates commémoratives) adopte des orphelines et

( enfants, garçons ou filles, en péril physique ou moral :

i est entretenue par les cotisations de 1 . 100 membres .

!,'(Envre de la princesse Marie (1886) procure à des enfants

la colonie de marins Nyboder un vêtement pour b conflr-

tion et de quoi fêter Noël. ^L'Association du 30 juin 1865

les enfants à confirmer, et alloue des primes aux filles qui luite servent longtemps dans la même- place. /Association du 9 décembre 1859 fournit à des enfants paus pour la confirmation (plus de 2.000 déjà) un trousseau et

L8B PRUITB DE LA LIBERTE D ASf

un livre de prières. Elle compte 333 mem petit capital.

D'autres associations, du Saint-Esprit, du 10 octobre 1874, & la mémoire de Ma de même les enfants pauvres pour la conft

Des associations se sont organisées en pour vêtir les écoliers dans le besoin, poui des écoles communales, pour nourrir les libres.

L'Asile et l'École de Caroline-Amélie (X 1-865 d'un immeuble et en 1870 d'un legs, pa 130 enfants pauvres sont admis à L'asile, ';

L'Asile jubilaire du roi Christian IX et recueille 200 enfants.

L'Association des Asiles de Copenbague quatre asiles 875 enfants; elle possède de capital de 136.000 francs, des revenus de 1

La Société de la reine Louise (1888) a de 380 enfants, — L'Asile de la princesse bé 350 enfants et pos.sède deux maisons. - Tbyra(1887), créé par M. et M-* Heegaard — L'Asile de la princesse héritière, à Ko 1 20 enfetnts et possède un immeuble avec ui de la princesse Louise, à Noestved (1836) et possède un immeuble avec un capita princesse Caroline, & Clarbus (1836), r d'enfants.

L'Association des Asiles de Norrebro (:

enfants et possède deux maisons. — L'Ass de Frederiksberg et Vesierbro (1858) reç deux maisons qui lui appartiennent. — 1 fonder dans les quartiers ouvriers de Cope d'enfants d'écoles libres (1891) reçoit le parents sont absents ou qui échappent à elle gère 6 Asiles recevant chacun 100 à 1

L'Association de la reine Louise s'oc

BEBTK D APSOCIAl'ION BT DB FONDATION

msullations, de colonies, d'ateliers de coulure

n pour foader des colonies d'enfanls pauvres !s enfants à la campagne par groupes de 30, et gricuUure, à l'horticulture, à l'élève du bétail ; qui se distinguent comme serviteurs ruraux à ]uoi se construire une maison.

;iles pour filles (1888) donne aux enfants sortant istruction par des maîtres non rétribués ; elle

0 francs .

laire du 28 janvier 1866 entretient une centaine les écoles. :

n de la princesse Charlotte-Amélie (1773) proation chrétienne à de petites filles pauvres par. is ; son capital est de 490,000 fr. — L'École our filles, créée par la princesse héritière (1872), cuisine, ménage, couture, m pour soigner les enfants fournit aux veuves tur enfants jusqu'à l'âge de trois ans. m de 1837 pour sauver les enfants dépravés les

1 maisons d'éducation ou dans des familles. ;sPieggaard (1853 et 1866),chacun de 305,000 fr., s garçons ou filles l'éducation dans des familles on ouvrière à laquelle on les destine ; un asile .

ise adulte de la vie, une véritable multiplicité [)rivées pourvoit à l'assistance générale, m secourable de Copenhague (1874) est une :iétés de quartiers : elle secourt sans distinction e, de confession, mais après enquête, et en . ttre le nécessiteux en état de se suffire. Elle ;e sections, et dispose d'environ 200,000 fr. par

annier (1870), don d'un simple artisan « pour 1, représentent plus da 3 millions ; on prélève 2,800 fr. pour constituer im second fonds

Les Legs Larssen (1884), qui représentent 2,710,000 fr., servent à apprendre un métier à des adolescents pauvres, à faciliter les études de jeunes gens sans ressources, à défrayer des voyages de mécaniciens ou artisans, à prêter aux personnes sus-indiquées ou à des commerçants pour les lancer des sommes ne pouvant excéder 6,000 fr. à 2 "/« avec amortissement.

Le Joyeux Noël des pauvres (1875) distribue des lots de 14 fr. aux familles nécessiteuses et honnêtes.

La Fondation Hjelonstjerne Rosencrone (1809-1811-1822), dont certaines parties tendent à Tencouragement de savants et d'artistes, a une partie consacrée à adoucir la misère imméritée par des secours aux serviteurs âgés ou malades, aux filles pauvres qui épousent des ouvriers, aux veuves nécessiteuses. L'avoir dépasse 3 millions.

Le Fidéicommis Treschow (1869), qui comprend trois immeubles et un capital de 1,680,000 fr., emploie une partie de ses rentes au bénéfice de femmes non mariées ou veuves nécessiteuses.

La Fondation Raben (1871), dont le capital dépasse 2 millions avec accumulation d'une partie des revenus et une réserve déjà importante, affecte moitié de ses rentes à soutenir les associations de progrès social, un quart à contribuer aux œuvres de bienfaisance .

La tendance à localiser les libéralités, ou l'activité des associations, dans un milieu ou dans une profession qu^on connaît mieux ou qui appelle appui, est ici très frappante.

Des associations particulières fonctionnent en faveur des militaires et des marins ou de leurs survivants : la Société de secours pour les officiers (1877), l'Association des sous-oftîciers de 1870, la Caisse de secours des sous-officiers d'artillerie (1737-1833-1839), l'Association des gardes (1885), le Tronc- Bombe au profit des marins (1819) qui possède un asile, un capital de 430,000 fr. et des legs pour 157^000 fr. , l'Union des capitaines et seconds de navires, l'Union des maîtres de navires qui loge les vétérans ou leurs veuves, donne des

60 LA LIBBRTU d'ASSOCUTION BT DR FONDATION

secours, et possède 570,000 f r., 1* Association du 8 avril 1873 qui loge les sous-offlciers et ouvriers retraités de la marine, l'Union des marins fondée par un matelot (1856) qui secourt les marins dans le besoih et possède 350,000 fr., l'Union des sous-officiers de marine qui loge et secourt.

La Fondation du prince héritier Frédérik (1865) ^ide les familles dont le chef a perdu la vie ou les moyens de travailler en sauvant des naufragés, les sur vivants de marins ou pécheurs morts à la mer, les marins ou pécheurs estropiés*

Le Comité des Invalides secourt les invalides et les survivants des soldats qui ont péri .

L'Institution Wilhelmine (1828) fournit chaque année par les mains du roi trois dots de 1,400 fr. pour trousseau à des filles de fonctionnaires pauvres, et quatre allocations de 500 fr. pour aider à s'établir à des compagnons de métiers.

Les Fondations Getreuer (1786), qui représentent 330,000 fr., servent à secourir les malheureux, avec préférence pour les maîtres peintres ou leurs veuves.

Les Legs Shur (1850) allouent : 1* sur un capital de 560,000 fr., des pensions viagères de 150 fr. à 840 fr. à d'anciens fonctionnaires ou députés tombés dans la gène ; 2"" des prêts de 1,200 fr. à 2,900 fr. à des artisans nécessiteux ; 3"" 40 pensions viagères de 280 fr. et 40 de 140 fr. à des filles non mariées de fonctionnaires défunts; 4^ des pensions viagères de 280 fr. et 140 fr. à des bourgeois de Copenhague déchus ou à leurs veuves, avec préférence pour des brasseurs.

La Société coopérative de bienfaisance (1832) subvient aux besoins de familles nécessiteuses de bourgeois et de fonctionnaires par des aliments, du chauffage, des prêts gratuits, un enseignement gratuit ; elle a un capital de 260,000 fr.

L^^ssociation des fonctionnaires et employés de la Cour (1886) procure à ses membres ou à leurs veuves des prêts, des secours de loyer, le logement gratuit ou à baa prix ; elle possède un immeuble de 100,000 fr., des terrains, un capital, et dispose de legs.

L'Association mortuaire du 11 juillet 1884 utilise l'aide

LBS FRUITS DK LA LIBERTÉ D^ ASSOCIATION 61

mutuelle des mêmes employés de la Cour pour contribuer à leurs frais d*obsèques ou à ceux de leurs veuves.

Les médecias ont l'Union secourable des médecins danois (1855), qui possède 155,000 fr., la Caisse infirmière des médecins danois (1873) qui indemnise des pertes dues à l'interruption de service par cause de contamination, et des associations que nous verrons plus loin pour les veuves.

L'Union des journalistes (1880) a une caisse de secours et une caisse de vieillesse.

La Caissede secours des libraires (1856) possède 125^000 fr.

Pour les étudiants: la Pbiladelphia (1836), qui subventionne les étudiants pauvres afin de leur permettre d'achever leurs études ; la Société des Herloviens (1850), qui aide par dons ou •prêts las anciens élèves de l'Ecole d'Herlafsholm ; la Société soraine (1862), qui fait de même pour les élèves ou maîtres de l'Académie de Sorœ.

Pour les instituteurs : la Société secourable du corps enseignant de Copenhague (1834), qui aide par pensions, secours ou prêts et possède 93,000 fr, ; l'Union des institutrices (1867), qui dispose d'un immeuble, d'un capital, et de legs ; l'Union pour l'entretien des institutrices (1867), qui secourt en cas de maladie et facilite l'assurance pour la vieillesse ; la Caisse 4u bailliage selandais pour instituteurs.

Pour les négociants : le Fonds de secours de l'Association des négociants, qui distribue des allocations semestrielles et possède près de 450,000 fr., en outre d'un immeuble avec capital attaché de 95,000 fr., et des logements gratuits pour les commerçants pauvres ou leurs veuves ; l'Union des commerçants et employés /l'Union commerciale du 5 juin 1864, qui possède 170,000 fr. et a des caisses de maladie, de prêts, d'assistance, avec une agence de placements ; l' Associalion pour les commerçants des places autres que Copenhague (1874), dont l'avoir est de 283,000 fr. ; l'Association des voya- *geurs de commerce (1866), qui possède plus de 200,000 fr. et soutient ses membres malheureux, ainsi que leurs veuves ou enfants*

3 LA LrBERTÊ D'ASSOCIATION ET DB FONDATION

Pour les courtiers : l'Union secourable des courtiers (1865), ! Fonds de secours de la corporation des courtiers qui est e près de 120,000 fr. et distribue des aliocatioDs scmes- ■ielles.

Pour les avocats et procureurs ; l'Union des avocats danois. Union des procureurs de Copenhague (1832) qui vient en ide à ses membres et à leurs veuves ou enfants sur un fonds e 120,000 fr., le Fonds de secours pour les défenseurs des iridîctlons inférieures (1869).

L'Union des fonctionnaires des forêts (1868), divisée en 19 Irconscriplions, secourt ses membres retraités ou leurs veuves t enfants, el fournit l'assistance funéraire ; elle possède 3,000 fr.

Pour les pharmaciens, la Société secourable des pharmaiens (1830), qui donne des secours, des retraites, des pen* ions de veuvage, et possède 250,000 fr. ; la Fondati(Hi pour tvoriser les études pharmaceutiques (1873), qui aide les tudiants sans ressources.

Pour les vétérinaires, l'Association secourable des vétériaires (1873), qui soutient ses membres malheureux et leurs euves ou orphelins.

L'Union des acteurs (1880) procure aux artistes dramatiques es soins de maladie, les frais funéraires, un fonds de secours e vieillesse.

La Fondation pour les gens de ballet (1869) aide ceui qui erdent leur place sans droit k pension ; elle a un capital de 17,000 fr.

L'Association des musiciens (1865) répartit des secours et

bûti une maison pour loger gratuitement ; l'Union des maires ou maltresses de musique nécessiteux (1891) donne des ecours.

L'Union secourable des jardiniers (1859) possède près de 00,000 fr.

L'Association mercière (1667) assure des pensions à ses lemhres âgés ou & leurs veuves ; son actif atteint 200,000 fr.

LES FRUITS DK LA LIBERTÉ d'aSSOCIATION 63

L'Associalion des garçons de bureau (1853) a un capital de 225,000 fr« et dispose de legs : elle assiste ses membres et leurs veuves.

L'Union des douaniers (1894) a un fonds de secours en faveur des veuves et des tilles non mariées.

L'Union des agents des postes (1872) agit par voie de secours, et surtout de prêts. — La Caisse de sépulture et de veuvage pour les facteurs (1818) contribue aux frais d'obsèques, paye le loyer des veuves, alloue des secours annuels de 80 à 140 fr. ; elle possède 120,000 fr .— L'Union des facteurs ruraux (1897) fournit des secours pour vieillesse, infirmités et veuvage. — L'Union des télégraphistes (1886)assiste les veuves.

L'Union des employés de la police (1875) secourt ses sociétaires et leurs veuves ; son avoir est de 110,000 fr.

L'Union des maîtres mécaniciens (1893) place les membres sans emploi, répartit les ressources d'une caisse de pensions et de veuvage qui possède 168,000 fr., gère des fonds d'assistance et de logement, assure les avaries pour les objets portés eu mer par les mécaniciens de navires,

La Société des ouvriers (1840), qui a pour but le progrès ouvrier, gère une caisse de secours pour ses membres et Jeurs veuves. — L'Association des travailleurs (1860), qui a pour but de répandre l'instruction dans les milieux ouvriers, a une caisse de maladie.

La Société des sauveteurs médaillés (1884) secourt dans le besoin ou la vieillesse ses membres ou leurs veuves et les survivants de personnes qui perdent la vie dans un sauvetage.

L'Association pour secourir les survivants de Tordre du Danebrog (1888) possède 60,000 fr. — L'Association des hommes de Danebrog (1871) secourt ses membres et leurs veuves ; son avoir est de 105,000 fr.

La coopérative l'Amie des citoyens (1788) assiste par des prêts sans intérêt, des secours, des pensions ; elle possède 630,000 fr.

La Communauté judaïque de Copenhague (1814) soutient ses coreligionnaires nécessiteux • — La Société d'encouragé-

LA L1BBRTK D ASSOCFATION ET DE FONDATION

nt pour foriner les jeunes israéliles aux métiers procède prêts ; elle possède 288,000 fr.

<a faiblesse féminine, qui trouve appui, on l'a vu, dans la part de ces organisations d'assistance générale, a, en outre, 1 disposition des œuvres particulières, 0(1 souvent le bien 'allpar les femmes joour les femmes.

<a Société de cbaritë des femmes (1S15), indépendamment lires objets, secourt ou prime les servantes anciennes et lies ; elle possède un immeuble, un capital de 350,000 fr., legs de 70,000 fr. — L'Association protectrice des femmes ées(1880) les reçoit dans sa maison Béthania, et facilite . convalescentes des séjours à la campagne. — La Société protection des personnes non mariées dont la condition ne lond pas à l'éducation (1792) accorde des secours après te du chef de famille ; son avoir est de 131,000 fr. — La idationde Holst(1879), de 320,000 fr., sert des subsides luels aux Ûlles non mariées.— La Société pour l'insïtion gratuite des Ûlles de fonctioonaires sans ressources 04) possède 112,000 fr.— L'Alliance en faveur des serites assiste les vieilles et les infirmes sur un fonds de 1,000 fr. — L'Association pour aider les personnes en conon (1881) récompense les domestiques ' fldèles et a une îse de secours ; elle possède 190,000 fr., et s'étend sur circonscriptions. — L'Association du 4 novembre 1865 isle dans les circonscriptions de Prœstœ et de Soroe les vantes âgées. — L'Association secourable des femmesde nage, qui possède 115,000 fr., subvient à celles qui, par illesse, maladie ou accidents, ne peuvent plus gagner leur . — L'Alliance des Asiles de Copenhague pour enfants et Vantes (1873) occupe les filles sans place et leur fournit un 1 de réunion le dimanche. — L'Union mutuelle des ouvriè- (1867) a un fonds de secours pour les convalescentes ou incurables, une caisse de maladie, une caisse de prêts irl'acliat de machines à coudre, une caisse de sépulture. — Fondation pour aider les femmes non mariées laborieuses 89) agit par secours et par prêts ; elle a des sections dans plupart des villes de province.

Les paysans, dont nous avons constaté Tactivité si remarquable dans les voies de la prévoyance et du progrès professionnel, ont aussi leurs institutions d'assistance : l'Association pour secourir les nécessiteux des campagnes du Jutland et leurs survivants (1881), qui a un représentant dans chaque district; l'Association des petits cultivateurs jutlandais (1883), subventionnée par les associations agricoles et les caisses d'épargne ; l'Association pour les anciens agriculteurs de Pionie et leurs survivants (1884), etc.

La bienfaisance danoise a enfin assuré des interventions adaptées aux crises qui constituent dans la vie de l'adulte une sorte d'état pathologique : la maladie, les accidents, le manque involontaire de travail, les difficultés judiciaires, les chutes morales, le veuvage de la femme.

La maladie. — L'Œuvre de Marthe (1882) fournit aux malades pauvres de Norrebro literie^ vêtements, nourriture, soins à domicile ; elle est propriétaire du Marthalijemraet. — L'Institution alimentaire de Norrebro nourrit malades et convalescents pauvres d'après les prescriptions des médecins. — Le Legs Cari et Sophie Brockdorff(1890), de 583,000 fr., sert à soigner par des infirmières les malades pauvres de Fionie. — L'Association de 1853 au profit des malades et vieillards, fondée par des ouvriers, possède 152,000 fr. — L'Union fraternelle ouvrière (1854), qui compte 6,000 adhérents, fournit des consultations à domicile et l'entretien dans les hôpitaux.

Les accidents. — Laissons de côté, cela va de soi, la loi de responsabilité entrée en vigueur le !•' janvier 1899 et qui fonctionne sans protestations sérieuses de l'industrie. — Le Legs Niels Andersen (1880), de 206,000 fr,, sert à allouer des secours de 280 fr. à 1,100 fr. à des ouvriers victimes d'accidents du travail, et des subsides périodiques de 140 fr. à 700 fr. à des estropiés ayant perdu la capacité de travail. — Le Legs Ny-Carlsberg (1883), des époux Jacobsen, est de 140,000 fr. et est affecté à aider des ouvriers qui souffrent des suites d'accidents.

Le manque involontaire de travail. — Une Maison de avail, la Lade^aard, reçoit les sans-travail ; elle est impornte, puisqu'elle occupait quand je l'ai visitée 600 hommes 100 femmes ; les travaux j sont variés, et elle m'a paru en organisée ; mais c'est une instilulion municipale, qui Tt de notre cadre {'). L'assistance par le travail est peulre moins nécessaire à Copenhague qu'en d'autres pays, n'y ant pas de dépopulation véritable des campagnes. — Néanoins, indépendamment des moyens de travail que nous avons 1 procurer par beaucoup d'teuvres générales d'assistance, li noté l'Association ouvrière de Saint-Etienne (1876), qui mne aux mërea de famille pauvres du travail h domicile, et de à trouver de l'ouvrage, à obtenir matériaux ou outils, à iudre les produils de la petite fabrication, L'Alliance des moïses (1871), en dehors de ses buts de féminisme, a des ireaux de placement et d'engagement.

Les difficultés judiciaires. — L'Assistance juridique du rp3 des étudiants, qui ont une activité sociale très vive, [le gratuitement plus de 20,000 indigents par an : le nom- ■e des coopérants est de 100.

Les chutes morales , — L'alcoolisme, réel, quoique moins loquant qu'ailleurs (parce que le commerce des boissons est uvent mêlé à d'autres), e>. dont je m'étonne que si près de ithemburg on ne se soit pas préservé par le célèbre sysme, est combattu par la Société danoise de tempérance, qui oupe 862 sections locales, et par la Société pour le progrès lia sobriété (1885), qui, outre sa tâche de propagande, a ^ux asiles d'alcooliques. — La Maison de Madeleine (1877) cueille des femmes déchues pour les relever et les reclasser. Association pour sauver les jeunes filles (1877) agit surtout Copenhague. L'Asile de Lindcranz date de 1877 ; il fournît

I) De même qu'un Bureau inuhiclp:tl de placement gratuit ouvert à ipenhague eu I9DI.

aux jeunes femmes atteintes de condamnations un refuge pour les relever et les placer en condition ; il reçoit 35 femmes. — La philanthropie pénitentiaire s'exerce largement par la Société des prisons de Copenhague (1843), la Société de la prison (cellulaire) de Vridslœsellitl© (1860), la Société des prisons sélandaises (1889), ta Société des prisons floniennes (1858), la Société des prisons de Laaland Falsler (1893), la Société des prisons de Viborg (1860), la Société des prisons de Uorsens (1859). Les associations ainsi vouées à secourir ou à placer les libérés ont depuis 1885 une administration commune, qui sert d'intermédiaire entre elles et les autorités publiques, suit le mouvement k l'étranger, répartit les dons qui n'ont pas d'affectation locale, dirige un bureau de contrôle et de placement ouvert à Copenhague en 1892.

Le veuvage de la femme. — Nulle part on n'a senti avec une charité plus touchante la cruauté de cette épreuve. La Fondation de la reine Anne-Sophie (1743), dont le capital est de 600.000 fr., le FidéicommisJacobsen (1840-1883), qui s'élève à 1.600.000 fr., la Fondation Klarup (1759;, distribuent pensions et secours à des veuves pauvres. La spécialisation reparait ici . Les veuves de militaires et marins, outre que nous les avons vues aidées par les associations de ces catégories, ont la Caisse pour les veuves de militaires (1847), la Caisse de retraites et secours pour les veuves de capitaines et seconds de navires (1844J, l'Association de logements pour veuves de marins, le Legs de Georges I" (1888) sur lequel sont alloués des subsides aux veuves de soua-ofllciers de la marine, la Caisse pour les veuves de sous-otTiciers et musiciens de la garde>(1853). La Caisse pour les veuves de médecins (1835) possède 400.000 fr. et des legs pour 220.000 fr. ; à cdté, fonctionnent l'Union secourable des veuves de médecins (1877) et l'Association de'logements pour veuves de médecins (1893).Nous avons déjà rencontré la part des veuves, dans les Associations de fonctionnaires, de négociants, d'avocats, de pharmaciens, de vétérinaires, de courtiers, de voya-

68 LA LIBERTÉ d'aSSOCIATION ET DB FONDATION

geurs de commerce, de marchands, d'instituteurs, de jardiniers, de garçons de bureau, de libraires, de douaniers, de facteurs, de télégraphistes, de mécaniciens, d'employés, d'agriculteurs. Le Legs Deichmanns (1878) aide les veuves de libraires et de bourgeois ; le Legs Schœtt (1874), les veuves de négociants ; la Fondation Larssen (1884), les veuves d'hommes d'alTaires ; le Legs Wiborg, les veuves de directeurs de postes ; le Legs Brunn (1870-1885), les veuves de fonctionnaires de ministères ; le Legs du 1" août 1829, les veuves de bourgeois ; le Legs du district de Viborg, les veuves de fonctionnaires. Les Caisses pour les veuves d'ecclésiastiques sont nombreuses : deux dans le bailliage de Sélande, l'une (1829) qui possède 1.600.000 fr., l'autre (1791-1853) 393.000 Fr. ; trois dans le district d'Aarhus ; trois dans le district d'Aalborg ; celle de Fionie (1883), qui possède 534.000 fr. ; celles des districts de Salling, de Vinding, de Ribe, de Viborg, etc.

La vieillesse est soutenue par la plupart des Associations ou Fondations d'assistance aux adultes que nous venons de parcourir, surtout les spécialisées : elles lui procurent pensions, secours, fréquemment l'habitation.

C'est une sollicitude danoise que de ménager un foyer & bas prix ou gratuit à l'âge incapable de travail. Nous avons rencontré, en nous occupant du mouvement d'amélioration des logements populaires, une Association pour loger gratuitement les vieillards, qui calcule le loyer de manière à atteindre la gratuité dans la vieillesse. L'Association pour fournir des logements aux artistes (1873), la Retraite des institutrices (1878), l'Association des maisons d'éducation (1872), fournissent des logements à leurs membres âgés. La Fondation de l'amiral Winterfeld (1805) loge des vieillards à bon marché dans trois maisons, et secouit de vieilles filles ; la Consolation de la vieillesse (1862) offre à des ouvriers âgés ou à leurs veuves, dans deux immeubles qui représentent 1.900.000 fr., 448 appartements, dont 210 gratuits (les autres le deviennent peu à peu), et des subventions de loyers ; elle dispose de 775.000 fr. de legs. La Fondation pour les vieu-s maîtres demé-

tiers (1835) loge 64 familles, qu'en outre elle soutient, et distribue des secours; elleaun immeuble de 125.000 fr. etun capital de 550.000 fr. Les Fondations Hjorth et Ubrichen (1849-1857) logent les filles non mariées de bourgeois ou fonctionnaires. La Fondation Ole Thorup (1859) recueille des personnes âgées ; elle possède deux immeubles de 135.000 fr., un capital de 86.000 fr., et dispose de 257.000 fr. de legs pour de vieux époux , ou de vieilles filles ayant vécu du travail de leurs mains. La Fondation Moerk (1805), qui a un capital de 133.000 fr., loge des veuves ou filles dont les resso jrces ne correspondent pas à leur condition. La Fondation Frederik VII logvî des ouvrières âgées. L'Association des facteurs pour leur habitation (1872) donne des secours de loyer aux retraités, en attendant de loger gratuitement dans trois maisons d'une valeur de 388.000 fr. ^^'Association des instituteurs communaux pour leur habitation ^^^73) donne le logement aux maîtres ou maîtresses en retraite ^'^ à leurs survivants dans le besoin. L'Union médicale, qui i ^ù maisons à bon marché comprenant 746 appartements, Lg%x^^ (les secours à ses locataires les plus âgés.

C»^ Legs de la princesse Caroline fournit des secours à des înftrïJnières âgées. L'Avenir (1865), association d'hommes et de femmes s'occupant de lettres, d*enseignement, d'arts ou de questions techniques, a pour but de faciliter à ses membres pair des versements annuels l'épargne d'un petit capital qui, acoria de subventions, adoucira leur vieillesse ou celle de leurs veuves (pensions, prêts, secours de loyers, frais funéraires).

Un système de secours communaux de vieillesse a été introdutt par la loi du 9 avril 1891 ; mais cette organisation, dont on or^sint qu'elle n'ait une influence affaiblissante sur les habitudes de prévoyance, sort comme institution publique du cadre dans lequel notre dessein est de nous tenir. O'est un développement considérable de solidarité que celui dont nous venons de donner un aperçu ; ne perdons pas de vtte <ju'il s'agit d'un très petit pays, 2 millions d'âmes, et presqae exclusivement d'une ville. Que de fondations délicatement généreuses, et aussi que d'aide mutuelle, ne devant rien aux

budgets publics, ni iDéme ft la bienfaisance privée, mais tout à la libre union de créatures humaines qui s'aiment 1

Bien d'autres causes font l'aisance, visiblement générale, de cette nation. Mais un tel déploiement de philanthropie, parallèle à l'effort de prévoyance que nous avons observé, contribue certainement à ce résultat qu'elle ne connaît point le paupérisme s'avilissant dans la mendicité d'habitude (je n'en ai pas vu ti'ace), et a peu de misère réelle, ou plutôt non soutenue.

Dans l'ensemble, on aura remarqué les traits caracléristiques que je signalais en commençant : l'action en tous sens, l'intervention préventive, la tendance à spécialiser. La multiplicité des dévouements pourvoit à la diversité des besoins ; l'aide au bord de la détresse empêche d'y glisser, ce qui vaut mieux que d'avoir à en tirer ; la spécialisation, au lieu de libéralités vagues ou trop diffuses qui risquent d'apporter peu de secours sensible, s'exerce avec ingéniosité dans la cité, le quartier, la profession, le milieu social. Ainsi la bienfaisance est plus efficace.

Et tout cela, — retenons-le, nous que nos lois présument incapables et en perpétuelle enfance, nous qui n'osons ni nous associer ni fonder de peur de commettre quelque délit ou de voir nos sacrilices perdus, — tout cela est le fruit de l'initiative individuelle libre, de la liberté d'association, et de ce qui en est le support, la liberté de fondation.

Toute cette œuvre de l'esprit d'association et de liberté, qu'à l'honneur du petit peuple danois nous avons trouvée si vivace et si ample dans l'activité agricole, la prévoyance, l'épargne, l'amélioration des foyers populaires, la bienfaisance, est-elle une panacée sociale ? Non certes. Elle n'empêche pas de surgir les incidents de l'évolution économique, ni le socialisme d'être et d'irriter. Mais la question n'est pas, pour les efforts du progrès social pratique par la liberlé, d'arrêter le cours naturel des choses humaines, ou d'étouffer tel

LES FRUITS DE LA LIBERTE d' ASSOCIATION 71

système utopîque : rien ne peut cela, et oportet hoàreses esse. Leur fin est de résoudre les difficultés inévitables pir le jeu de forces libres se contrebalançant^ et de maintenir les conceptions fausses ou régressives dans l'impuissance par le contraste entre Tirréalisation de l'erreur et le mieux-être introduit de plus en plus dans l'existence des masses, entre l'aléa douloureux des lu tles aiguës et la sécurité des rectifications pacifiques ou des perfectionnements graduels.

Un de ces conflits accidentels entre le travail et le capital, en dépit de pronostics pessimistes, vient de se dénouer par le simple fonctionnement de la liberté d'association. L'exemple mérite d'être cité.

L'organisation professionnelle des ouvriers danois a été facilitée par le développement de l'instruction et par la concentration des éléments industriels à Copenhague. Les Unions dé métiers se sont groupées autour d'un Syndicat central ; elles ont des cercles, des salles de conférences, une boulangerie et une boucherie coopératives. Les salaires ont atteint des taux élevés, la limitation des heures de travail a été librement obtenue dans beaucoup de métiers^ l'épargne est active, l'aisance répandue. Malheureusement un parti, le parti socialiste, a voulu accaparer et forcer ce mouvement naturel. Un certain trouble s'en est suivi dans les rapports de la main-d'œuvre et des entrepreneurs : en 1897, dans les métiers du fer et des machines, lock-out terminé par un arbitrage du président du tribunal de commerce et de délégués des associations ; en 1898, grève de boulangers close par un arbitrage du président du conseil municipal ; puis, grève des travailleurs du port imposant concessions sur concessions. Par-dessus tout, les chefs d'industries constataient que la direction commerciale et technique des entreprises était compromise, les ouvriers s'y immisçant, quittant les tâches à

neltant sans cesse le marché à la main, sans violletirs, avec la bonne humeur du tempérament

le tension un heurt devenait inévitable. Il se proirintemps de 1899 à la suite de malentendus autour ï insignifiante de menuisiers de province : irritée s des grévistes d'exécuter un accord conclu avec cat central, mais plutôt encore excédée par un état le ne justifiait aucun malaise et qui ne précisait an grief, l'Association centrale des patrons pré- Itimatum dont quatre points sur huit tendaient fl isemble des relations. L'Union des syndicats rejeta, et les patrons déclarèrent pour le 34 mai ' pour les industries du bâtiment, du fer, ou conlessein était de restituer des relations normales, n prouvant à l'Union des syndicats qu'elle avait tort ' sur son fonds de résistance pour devenir si exi- IX critiques, qui ne manquaient pas, les palrons t qu'ils se considéraient comme en état de légitime . droit et même tenus d'opposer coalition à coalition lir une application exacte du contrat de louage de ,000 ouvriers environ étaient compris dans le

jline syndicale fut exemplaire. Alimentées par les nsdes métiers Indemnes (parfois jusqu'au quart du iidien), les caisses de secours fonctionnaient chaque !S appels avaient été adressés au dehors : les syndois et norvégiens se saignaient : des subsides l'Allemagne, d'Angleterre, des États-Unis, de rmi les patrons, la solidarité n'était pas moindre, us remarquable que, de ce côté, elle est souvent ; quoiqu'une fraction de l'opinion leur reprochât de r épuisé les procédés conciliateurs, de nombreuses is patronales jusqu'alors non fédérées adhéraient ilion centrale ; celles de Suède et de Norvège écar- )uvrieis désignés par le tock-out ; celles du nord

de rAllemagne firent de même. Le mécontentement des syndicats s'aviva au mois de juin par la publication dans l'organe du socialisme allemand, le Vorwcerts, d'une lettre par laquelle les industriels demandaient à leurs collègues allemands de ne pas admettre les ouvriers danois compris dans le lock-out ; certains termes de la lettre, inopportuns au moment où avaient recommencé les expulsions en SIesvig, servaient de prétexte aux socialistes pour accuser les patrons, qu'ils confondaient systématiquement avec les partis de droite, de trahison envers la cause patriotique ; les patrons ripostaient en rappelant les perpétuels recours internationaux des syndicats ouvriers aux frères de l'étranger ; et, comme il arrive toujours en pareil cas, c'est sur ce point à côté que dérivait le débat, avec une acrimonie peu propre à ramener l'entente.

Cependant, le 9 juin, l'Union des syndicats ouvriers et r Association des patrons, sans consentir encore à un arbitrage, autorisèrent à écouter les deux parties une commission mixte fondée le 26 avril 1898 pour la solution d'un différend. La commission exprima Tavis que le lock-out était imcompa* tible avec les espérances légitimement placées dans l'accord antérieur, tout en déclarant qu'aucune sanction n'était possible. C'était blâmer le lodk-out au point de vue moral ; les promoteurs répétaient que la question était à envisager de plus haut, que les rapports entre employeurs et employés avaient été faussés, qu'il était devenu indispensable de les redresser dans leur vérité.

Un arbitrage fut proposé. L'Union des syndicats voulut y introduire la fixation d'une journée maximale; les patrons refusèrent, soutenant que ce sujet n'avait rien à faire avec le .conflit, ce qui, du reste, n'était pas moins vrai de quelques-unes de leurs conditions. Ils en présentaient onze nouvelles : la plupart furent repoussées par les ouvriers. On était à la mi-juillet.

Quelques personnalités du monde des affaires s'entremirent. Un banquier, M. Heide, un agent de change, M. Bing, et le président du conseil municipal, M. Trier, élaborèrent -un

LV LIBERTÉ D* ASSOCIATION BT DK FONDATION

t de convenlioli que l'Association des patrons accepta, et ;l l'Union des syndicats allait souscrire, lorsque, par d'une indiscrétion inexpliquée, les syndicats eurent ilssance d'un règlement d'ateliers préparé en vue de la }e du travail, et dont plusieurs clauses leur semblaient en adiction avec l'accord proposé. Dès lors, ils n'adhéraient ju' avec des réserves. Les patrons exigeaient une adhéerme, disant que le règlement dont on s'ofFusquait n'était ncnt adopté, que les appréhensions des ouvriers n'étaient indées, que des réserves feraient douter de leur sincé- A quoi les ouvriers répondirent qu'en l'état du règlement :é leurs précautions n'étaient pas superflues. Uue fois e le lock-out était maintenu, et même élargi : 10,000 îrsde plus, notamment les tailleurs, et 3,000 ouvriers Itement, y étaient englobés.

moitié de la population ouvrière du pays se trouvait en âge.

ggravation du mal suscita dos médiations nouvelles. avocats, MM. Busch et Orthmann, reprirent le projet de Heide, Bing et Trier, qui avait été, en somme, virtuelt accepté des deux parts, et y ajoutèrent des observations lées à prévenir les surprises. Le 4 septembre, les assemgénérales des deux fédérations volaient une convention, I me parait utile et opportun (') de traduire et faire coule texte, très intéressant comme type de réglementation ictuelle du droit de suspension collective, ouvrière ou lale, du travail, et aussi des rapports des chefs d'indus- >'ec le personnel de la main-d'œuvre :

. les accords concernant les heures de travail, les salaires, les prix ts, les règles d'arbitrage, etc., qui existaient lors de la ce^ssation irail, demeurent en vigueur, sauf les modifications déterminées stipulations ci-après, deux organisations de patrons et d'ouvriers se reconnaissent

'opportunité en est accrue par le projet de loi rrançais du U novem- 10 sur I le règlement amiable des dilTérendH relatlfâ aux couditîoittt

LBt> FRUITS DE LA LIBERTE D AËS0CIATI0I4

mutuellement le droit de décider ou d'approuver une CMSttion de Cependant aucun lock-out ou aucune grève ne pourra être di approuvé s'il n'est adopté à la majorité des trois quarts au moins de par une assemblée compétente aux termes des statuts de l'orgar La proposition doit en être notifiée par lettre au comité ( de l'autre organisation au moina quinze jours d'avance, et la ri de l'assemblée sera également notifiée à l'autre partie au me jours avant la cessation efTective du travail.

Chaque partie s'engage à n'approuver ou soutenir aucune g lock-out 'établi contrairement aux règles qui précèdent. On ci qu'il y a grève ou lock-out quand les ateliers ou chantiers soi en une fois ou graduellement sur l'intervention d'une organisât! traie ou de l'une de celles qui lui sont subordonnées, ou de sa soit formel, soit tacite, l'autre partie étant informée.

Seront considérées comme ayant contrevenu au présent aC( organisations de patrons ou d'ouvriers placées en dehors des oi tions centrales, ou qui s'en seraient séparées, et qui recevraient u de l'une des parties liées par le présent.

Les accords conclus entre les deux organisations centrales ser pectés et exécutés sous leur responsabilité par toutes les orgat placées sous leur direction.

L'Union des syndicats ouvriers reconnaît et garantira éventuc ]n droit des patrons de diriger et de régler le travail, et d'y const main-d'œuvre qui leur paraîtra convenable. Lorsqu'un travai confié par convention à un ou plusieurs ouvriers, et que ceux-( plissent leurs obligations, les patrons ne peuvent changer les co de ce travail sans indemniser les ouvriers de la perte économiqm changement pourrait leur faire subir ; en cas de désaccord sur c il y a lieu à médiation ou à arbitrage, de même qu'en cas de plai patrons ou des ouvriers sur l'application de la règle fondamental

Les contremaîtres ou chefs d'ateliers rétribués, tant qu'ils s* fonctions, auront pleine liberté de ne pas être membres des organ ouvrières. Pur ces désignations, il faut entendre les hommes de c< des patrons vis-à-vis dM ouvriers, qui ne participent p:ia auï ace qui ne sont pas intéressés dans l'excédent pouvant résulter de ces t

(1) Le projet de loi français du li iiovambre 190» rend la grève obi à la majorité de moitié plus un des vutauts si elle représente te t ouvriers de l'atelier (art. ITI. Il s'agit en outre d'un régime légal gé permanent, dont l'acceptation n'est contractuelle que de forme acceptation d'un avis imprimé), avec cessation rapide du travail : la tion danoise du i septembre 1899 est un accurd libre et temporal: deux fédérations d'associations, la suspension de travail y est préQ longs préavis, etc.

Ëlui de dénonciaiion des arrangcmcnls relatifs uux prix couranui lutres conditions du travail sera de trois moh au moins, tandisque e de dénonciation sera fixé par accord dana chaque cas particulier, icords existants qui prévoient un antre délai demeureront ea r jusqu'à leur expiration.

s le règlement du conQit, il n'y aura aucun boycottage ni k des patrons, ni i l'égard des ouvriers. Les ouvriers à ce moment ont dans leurs anciens ateliers, et, de mSme que les ateliers se ont aussitôt et aussi largement que possible, les ouvriers repren- .utantque possible le travail dans leurs anciens ateliers.

de soi que les syndicats ouvriers se joindront aux patrons pour

:r la paix et la stabilité dans le travail, que notamment aucun

e ne sera apporté au droit de chaque ouvrier de travailler autant

i bien qu'il est dans ses moyens, enSn qu'il est de la plus haute

snce que les syndicats ouvriers s'efTorcent, de concert avec les

I, d'empêcher l'abus des boissons alcooliques.

élai de dénonciation est, en outre, reconnu utile dans divers corps

iers, dans l'intérêt des deux parties. Il en est de même pour le

ent du salaire du travail supplémentaire, du salaire des apprentis,

- l'adoption de réglée uniformes sur l'arbitrage dans loua les corps

iers.

leux organisations s'obligent k unir leurs efforts pour régler les

ns d'une manière satisfaisante.

as de violation de ces stipulations par l'une quelconque des orga-

ns secondaires, ou par un patron ou un ouvrier quelconque, et

a pas dans le présent compromis ou ceux à intervenir de règles s, ou si ces règles n'ont pas permis d'aboutir & la solution de la té, les comités directou s des urbanisations centrales seront appelés miner. S'ils échouent, chacun d'eux pourra porter la question

le tribunal de première instance, adopté comme juridiction com ' ; pour connaître de l'action introduite contre l'autre comité. Si la m des clauses du présent est imputable i l'une des deux oi^ni-

centrales, l'alTaire pourra être portée par l'autre devant ta mâmo tion.

résente convention sera signée par 1ns deux organisations centrales e compte des organisations secondaires. Aucune de celles-ci ne , soit avant, soit après la conclusion du présent accord, se souslux obligations qui en résultent en se séparant de l'organisation e. Ces obligations auront force de loi tant que l'accord n'aura pas loncé par l'une des organisations centrales.

points actuellement en litige seront examinés et réglés par une ssion mixte de huit membres qui choisiront parmi eus leur pré-

LRS FRUITS DB LA LIBKRTIi D'ASSOCIATION aident. La n^ociation éventuelle comprendra toutes les oi^anisati ouvriëreE comprises dans le conflit, qu'elles fassent partie ou non l'organisation centrale.

Le lock-out sera levé au plus tard trois jours après la conclusior présent accord et de celui qui réglera le conflit de la menuiserie.

Le 6 septembre, un avenant additionnel était signé en termes :

En vue de se conformer aux prescriptions de la convention cMes le comité exécutif de l'Association centrale des patrons et celui de l'Ui dies syndicats ouvriers ont de plus adopté, en leur donnant force obli toîre pour les deux organisations cenirales, les stipulations ci-après

a) Dans le règlement des conditions pratiques du travail, les d organisations centrales s'interdisent de prendre ou d'approuver auc disposition contraire à l'accord ci-dessus ;

b) Dès qu'une des deux organisations centrales estimera qu'il a contrevenu à cette prescription, elle pourra porter la question devan tribunal de première instance, en attendant qu'on puisse s'adresser i tribunal d'arbitrage permanent devant lequel la toi Gxerail pour témoins les mêmes obligations que devant les tribunaux ordinaires, tribunal d'arbitrage sera comp se de sept membres ; chacune des d parties élira trois membres choisis en dehors de l'administration de organisation, et les six membres ainsi éins choisiront leur présic parmi les juriscoosulLes du pays (i) ;

C; Dès que ce tribunal d'arbitrage sera constitué, il fonctionnera lieu et place du tribunal de première instance dans tous les cas > par l'accord qî-dessus ;

d) Tous les accords écrits actuellement existants entre patront Ouvriers concernent le règlement du travail dans les divers corpe métiers demeurent leJs quels, sans être alTectés par le» règles y relat dans la convention ci-dessus, et ne peuvent cesser d'être valables ( la suite d'une dénonciation conforme i la loi.

Ënlln, le règlement du conflit spécial aux menuisiers j landais, qui avait été la cause initiale du lock-out, était coi à un arbitrage de MM. Bing, Heide et Trier.

(I) Combien ce tribunal d'arbltrag'e prévu diffêre des sections des c< 4u travail auxquelles les art. H à ii du projet de loi fraticais du 14 n bre 1900 remettent le droit de • trancher le dinSrend > 1

»)rd des 4-6 septembre 1899, qui perd et qui gagne ? isez malaisé de le dire, et peut-être est-ce le plus loge qu'on en puisse fair^. Les patrons ont fait reconur droit de diriger et de régler le travail ; ils auront iiK une organisation centrale responsabledes affiliées ; 1, par contre, accepter le principe de l'arbitrage, vers s montraient peu de propension. Pour les deux parprincipes rationnels sont substitués, quant à l'interlu travail, aux aventures du caprice ou delà violence. Faits se dégagent, qui seront peut-être le résultat pral'affaire plus encore que les règles formulées. D'une patrons avaient souvent menacé du lock-out, mais t jamais réalisé leur menace, et les syndicats en ent, non sans raison, que l'organisation patronale las assez solide pour soutenir une lutte ; aujourd'hui, ans ont montré leur force : pendant quinze semaines, .enu compacts ; c'est là une réalité que l'Union des s est bien obligée de noter ; elle a un partenaire aussi , aussi discipliné qu'elle, et c'est un élément qu'elle re entrer dans les prévisions des différends éventuels, part, les patrons s'imaginaient que les ouvriers ne ;nt pas plus de six semaines, c'est le terme qu'ils Eixé au lock-out ; or, les ouvriers ont continué pendant em aines, sans défaillance, une lutte très cruelle pour prouvé qu'on s'était mépris sur leur capacité de résis- 'Association des patrons devra, à son tour, compter a. Est-ce sur cette sorte de paix qu'il est désirable se fonder les relations entre le capital et le travail ? lent, mieux vaut une entente inspirée par l'intelligence nonies économiques et morales ; mais, si ce n'est pas ase idéale, peut-être n'est-ce pas une base négligeaespect mutuel et la notion des forces respectives étant conseillers : n'est-ce pas eux qui, dans l'ordre inter- , écartent depuis trente ans de l'Europe les grands ?

eiirs, ù un point de vue plus élevé, on ne saurait nier

LES FRUITS DE LA LIBERTÉ d'aSSOCIATION 79

que la convention des 4-6 septembre 1899 ne soit, comme traité de paciftcation, une page remarquable. Avec le sens de la dignité de chaque partie, un esprit de raison et d'équité l'anime ; on n'y rencontre de parole de guerre que contre l'alcoolisme, et c'est un détail qui a sa noblesse. On aura observé aussi la tendance à la constitution d'une juridiction permanente d'arbitrage.

Le long conflit que je viens de résumer me semble avoir offert quelques traits caractéristiques qu'il n'est pas inutile de signaler à dés lecteurs français. C'est d'abord l'observation inaltérée de l'ordre. J'étais h Copenhague quand éclata le lock-out ; on ne se serait pas douté de l'étendue qu'il avait, tant la ville demeura tranquille. Plus tard, sous l'excitation du parti socialiste^ les représentants des organisations ouvrières parlèrent avec quelque violence : j'ai sous les yeux les manifestes signés du président de l'Union des syndicats, M. J. Jensen, et adressés aux syndicats français pour solliciter leur

aide ; on y retrouve les thèmes habituels, les affirmations sans base concrète^ les généralisations âpres, la phraséologie du socialisme ; mais ce sont des manifestes, fort bien écrits au surplus, de lettrés ; la masse entière demeurait calme. En second lieu^ aucune intervention de ce que nous appelons les pouvoirs publics ; personne ne leur demandait de se mêler de l'affaire ; elle se déroulait entre deux grandes associations libres. L'équité de l'opinion fut frappante aussi, et son impartialité entre les deux camps^ selon que plus ou moins de raison ou de tort apparaissait dans Pun ou dans l'autre. Une particularité originale et singulièrement honorable

fut encore l'effort xles chefs des syndicats, et non seulement du parti socialiste, mais d'autres partis, avec le concours de professeurs dévoués, pour détourner les ouvriers inactifs de glisser dans l'oisiveté ou l'alcoolisme : on s'y attacha tantôt par des lectures scientifiques ou historiques^ tantôt par des récitations de poésies ou de drames, tantôt par des visites dans les musées. Enfin il importe de voir nettement que la paix fut rétablie sans aucune coacition légale, sans fonction-

80 LA LIBBRTB D ASSOCIATION ET DK FONDATION

nement d'arbitrage obligatoire, par une médiation libre de bous citoyens conscients du devoir social, médiation plusieurs fois ébauchée, avortée, toujours reprise sans découragement.

Il y a eu là, en définitive, non pas « la crise exceptionnelle » qu'avait cru voir une fraction de la presse française, mais un de ces phénomènes accidentels qui sont inévitables dans ta vie industrielle moderne, oii il n'est plus de ■ tentes dressées pour le sommeil ». Il s'est résolu de lui-même, par le jeu de la liberté d'association, et grâce à l'initiative individuelle, dans le respect des droits respectifs et de la paix publique.

A l'origine du conflit, comme en certaines de ses phases, ceux qui ont bien voulu suivre notre sommaire récit ont certainement perçu l'intrusion et l'influence du socialisme : dans l'état d'esprit anarchique et exigeant sans mesure qui en fut la cause réelle, plus tard dans les efforts pour aigrir et les déclamations d'antagonisme qui retardèrent le rapprochement. Les manifestes écrits sous sa dictée sont, k cet égard, expressifs.

Par son journal quotidien le Social Demokraten, rédigé avec talent, et dont le tirage atteint, dtt-on, 30.000 exemplaires, le parti socialiste exerce une action incessante sur les idées, les rêves, les passions de la masse ouvrière. Il publia, le 1" mai 1899, un numéro illustré, ingénieusement combiné pour frapper la foule, et dont je me rappelle cette statistique, probablement peu rigoureuse, mais très exci~ tante (comme les statistiques socialistes en général), des lecteurs de la presse socialiste proportionnellement à la population des pays mentionnés : Danemark 2.8'/,, Belgique 1.4 •/•• Allemagne 0.9 •/., Autriche 0.7 °/»t Suisse 0.4 •;„ Hollande 0.3 7., France 0.3 •/,, Hongrie 0.2 V- Ita'ie 0.2 °/..

Je revois ce jour-là tes groupes en fête réunis dans les champs hors de la ville, avec leurs étendards, chantant, mangeant, buvant, sur le bord des chemins, à la journée de huit heures, et aussi à l'abolition du capital individuel, mais avec calme. Ils renouvelèrent le 5 juin, pour le cinquantenaire de la Constitution, que par conséquent ils respectent, ces agapes en

plein air, où beaucoup de familles ouvrières trouvent l'occasion d'iiti joyeux délassement.

Peut-on dire que la formation et la croissance d'un parti socialiste, évoluant d'ailleurs dans l'enceinte de la Constitution et des lois, aient été secondées par un certain socialisme d'État dans le Parlement depuis quelques années?

J'ai déjà cité la loi qui auloiise l'État à des prêts agraires, et celle du 26 février 1898, qui lui a permis des prêts aux communes ou aux sociétés pour la construclion d'habitations salubres k bon marché. On pourrait y ajouter la loi du 9 avril 1891, quia institué non point, comme on l'a dit en France, des retraites générales d'État ou une assurance étaliste de vieillesse et d'invalidité, mais des secours de vieillesse qu'en certaines conditions de pauvreté, d'honnêteté, etc., les communes servent soit en argent, soit en logement, soit par d'autres modes,avecunconcoursderÉlatlimitéàun maximum global. Ce n'est point parler avec précision scientiûque qu'appeler cela socialisme d'État, nous abusons un peu du mot. Il n'y a pas socialisme à permettre aux communes de soutenir, même avec une subvention de l'État, leurs vieillards misérables et méritants, en appréciant par espèces. 11 y en a moins encore à aider les efforts des humbles pour devenir propriétaires d'une petite maison de famille ou d'un lopin de terre par une combinaison d'avances à intérêt, puisque c'est, au contraire, tendre à généraliser la propriété individuelle et l'épargne libératoire de l'emprunt, deux choses haïes et deux antidotes du collectivisme. Mais on peut craindre que la loi des secours de vieillesse n'affaiblisse le ressort de la prévoyance, et que les autres ne diminuent l'activité de l'association, ou que les concours d'État ne soient exagérés par les surenchëi'es du parlementarisme. La législation interventionniste est ainsi inférieure à l'action libre.

Les instincts droits de ce peuple, son bon sens, le dévelop-

82 LA LIBERTÉ d' ASSOCIATION ET DE FONDATION

pement extraordinaire de l'instruction, le respect universel des lois, un loyalisme constitutionnel qui se double de la popularité du roi Christian et de sa famille, la sage gestion des affaires publiques en un heureux pays où Tintérôt de la Dette figure au budget 1899-1900 pour un dixième à peine des dépenses, la diffusion visible de Taisance, nous paraissent des contre-poids suffisants à la propagande du socialisme et aux à-peu-près des solutions parlementaires.

Par quelles constatations résumées pourrait-on conclure ces notes, coin de l'étude comparée qui applique aux questions sociales la méthode d'observation, la moins décevante ? Dans le pays considéré, le développement normal de la civilisation s'est opéré par l'union des éléments sociaux, l'initiative privée, l'effort individuel, la liberté d'association et de fondation. Le socialisme, qui se croit un propulseur, y crée plutôt des obstacles à la marche en avant, la gène et la retarde. L'œuvre de Tinterventionnisme est peu de chose auprès de l'œuvre de l'action libre. Il semble donc rationnel que les amis sincères de ce peuple attachant lui souhaitent de ne se laisser, sous aucun prétexte, détourner de ses traditions saines et viriles.

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