L EMPRUNT SUR GAGES
des gages estimés au-dessous du minimum légal de 3 francs, d'autre part linaliénabilité des reconnaissances et l'interdiction pénalement sanctionnée (comme en Belgique) de tout commerce, direct ou déguisé, sur les reconnaissances (i).
L'attribution totale ou partielle des bénéfices aux hospices civils ou à l'assistance publique nous semble un à peu prè^ irrationnel. Il serait plus correct et plus juste de laisser lés bénéfices à l'institution qui les produit, de manière à restreindre peu à peu les emprunts à intérêt et à réduire encore par le roulement d'un patrimoine gratuit le taux déjà graduellement diminué des avances.
Bien qu'une organisation de prêts sur gages exige intini* ment d'ordre, de méthode et de précautions, il est difficile de contester que l'esprit bureaucratique français exerce ici son influence habituelle (*). S'il y a trop d'objections à l'engagement anonyme qui se pratique à Anvers, on peut souhaiter plus de discrétion encore, des formalités accélérées et simplifiées.
Sans méconnaître les services que rendent les monts-depiété non seulement aux ouvriers et employés qui forment le gros de leur clientèle, mais à beaucoup de petits commerçants et fabricants (3), il est impossible de ne pas considérer comme rudi mental re et arriéré dans notre état de civilisation une
(1) Des mesures en ce sens ont fait l'objet de projets de lois que rindiflfërenceet le décousu parlementaires laissent dormir depuis 1898.
(2) On De peut nier qu'il n'y ait sur ce point une part de vérité dans les critiques de certains articles anglais de 1894. D'ailleurs, l'excellent Manuel de M. E. Duval, par le détail môme de ses dispositions, laisse entrevoir cette part. Mais Tadmlnistration du Mont-de-Piété de Paris ne cesse, sur ce point aussi, d'améliorer et de perfectionner. .
(3) Par cet appoint s'explique que le mouvement des monts de-piété, contrairement à l'opinion courante, est plus actif quand les affairas vont bien
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sorte de crédit qui ftle i l'emprunteur l'usage tl'objets indispensables au travail ou â ia vie (vêtements, linge, matelas, outils).
Quelle supériorité économique, morale, sociale, dans le crédit populaire pei'sonnetj dont les gages sont la probité, la capacité proressionnelle, l'énergie tenace, le labeur courageux !
Pour les petits commerçants, les petits patrons, les artisans momentanément embarrassés, les marchands qui ont besoin pour pourvoir aux échéances d'escompter leurs factures sur des clients égolstement lents à s'acquitter, la coopération de crédit, qui a pris en Allemagne et en Italie une sî admirable expansicn (<); — pour les humbles ouvriers ou chétifs employés à qui une maladie, un imprévu rend nécessaire quelque avance sur le salaire de la semaine ou du mois, pour les chAmeurs învolontairesqui résistent à l'assistance, ces prêts sur l'honneur dont le fonctionnement trouve dans la société de secours mutuels des conditions si favorables (t), et qui laissent là où on lespratique bien moins de mécomptes que les pessimistes ne Je croient, — voilà les vraies formes modernes de la démocratisation du crédit.