‹ L'action sociale par l'initiative privée, avec des documents pour servir à l'organisation d'institutions populaires et des plans d'habitations ouvrièresChapitre 81 sur 102 · L ASSISTANCE PAR LE TRAVAIL · texte numérisé non relu

L ASSISTANCE PAR LE TRAVAIL

travail normal, et rien n'égalera pour cela l'aiguitlon de so intérêt ; 3" pour ne pas préjudîcier, et injustement, b l'ouvrie ou à l'employé en travail normal. L'auteur d'un livre récem ment publié sur le sujet voudrait que le salaire approchât I plus possible du taux local courant : belle intention, qu'il ei trop facile d'avoir, qu'aurait tout cœur sensible aus souffrance du chômage, mais pure erreur, car elle conduirait à d résultat faux, paupérisant, et injuste tout ensemble. Qu'j est plus délicat d'organiser des œuvres sociales que d'e parler !

Le salaire sera-t-îl payé en argent ou en nature? Ceux qu croient bon d'hospitaliser les chômeurs prêchent le payemen eu nature sous forme de nourriture et de logement. Ces risquer avec ceux que ia détresse rend soupçonneux de fair croire aux alius du truck-st/siem ; c'est surtout un paterna lisme, o\ip\alt)t an maternatisme, excessif et puéril. Quan le chômeur a gagné son salaire à faible taux, il n'y a qu'à I lui remettre en monnaie : c'est plus net, plus franc, plu digne pour les deux parties, plus conforme à la liberté d l'homme qui est un être responsable, et qu'il est vain d vouloir guider par des lisières ou habituer à un mode factic d'existence qui doit bien, un jour ou l'autre, prendre lin.

Même inférieur au taux normal, le salaire excédera encore au moins pour le gros des chômeurs, la valeur du travail Le plus sage sera donc de le faire acquitter par les adhérent sur bons remboursables, chèques de travail émis par ie socié taire et qu'on lui présente à la fm du mois dans le cas sGuI oi le travail a eu lieu. Nous avons déjà signalé ia portée morali de cette union active si préférable à la charité par abonne ment ou aveugle. La solidité financière qui en résulte pou l'institution est évidente, et les calculs industriels qui pré tendent y suppléer sont toujours des à-peu-près chanceux puisque par nature le travail ici ne vaut point son prix, C'es le mécanisme combiné par la philanthropie suisse, qui allii heureusement le sens pratique aux vues morales. Le bon que laissera la vente du produil, dans laquelle on n'aura plu!

que le coût de la matière et les frais géiiéraux, Ire aux ressources générales nécessaires pour IX autres services, ofQce de bienfaisance, place-

mtages financiers et moraux, ce fonctionnement iticité. Que le chômage s'élargisse, la solidarité accroître l'émission des bons, en proportion des t l'œuvre n'aura qu'à assurer les locaux, les emièi'es, la surveillance, les débouchés de vente.

irée assigner au travail d'attente? On est ici entre Ités: éviter l'acoquinement de certains caractères ne occupation qui doit rester transitoire, ou aider lent ù franchir la crise.

premier risque, la meilleure garantie est le taux salaire : car, quoi qu'on dise, celui qui se conten- ■availler à ce taux ne peut être, sauf exception , qu'un malheureux.On y joindra l'interdiction de ) séjour, en général, au delà d'un délai à déterminer.

second risque, le mieux sera de se garder de limi- > absolues. Le principe posé d'un délai assez Imettra les exceptions Justidées, on accommodera

l'âge, à l'effort de reclassement qu'il n'est nulossible de contrAler. La réadpiission se réglera mêmes vues.

té de l'aide sera complétée, sans qu'il soit besoin atîon pour cela, par l'offre, en même temps que emporatre, de l'appui moral destiné à soutenir le ndant son épreuve et à l'en tirer.

l'assistance par le travail 651

Le chômeiir sera averti qu'au siège social, à dès heures choisies pour qu'elles ne gênent ni son travail d'attente; ni sa recherche d'emploi normal, un service de secrétariat et de conseil sera à sa disposition pour recevoir la confidence dé ses peines et de ses besoins, discerner avec lui le moyen d'adoucir les unes et de satisfaire aux autres, le guider dans les difficultés de toute sorte qui peuvent l'embarrasser, rédiger pour lui les correspondances ou les demandes nécessaires; entreprendre les démarches utiles.

L'objectif est ici de solutionner rapidement. chaque cas de détresse créé par le manque de travail. Les rapatriements rendront au coin de terre natal le déraciné, ou le dirigeront vers un centre d'emploi. De minimes avances sur l'honneur, dont l'expérience prouve que beaucoup sont remboursées (et qu'elle est belle, l'épargne formée petit à petit par le pauvre pour s'acquitter !), permettront de procurer l'outil, ou la robe décente, ou la minime somme indispensable pour payer une dette de maladie, d'aliments, de loyer. D'après les documents recueillis et classés par les œuvres locales ou de l'extérieur, on orientera, s'il y a besoin spécial, vers l'auxiliaire approprié.

Tout cela coûte cher. Le budget de l'institution doit le prévoir ; et on touche ici du doigt la sottise de ceux qui se< récrient sur les bénéfices parce que la main-d'œuvre est payée par les sociétaires. Si le crédit budgétaire est trop modique, l'action pourra être étendue par des amis bienfaisants qui' confient en compte-courant la disposition de leurs libéralités.

Aussi logiquement conforme à l'esprit de ^institution sera un service d'enquêtes faites à la demande des adhérents. De quoi s'agit-il, en effet? De distinguer entre les éléments dont se compose la masse ccinfuse des sans-travail, d'y établir une sélection qui assure aiTx plus intéressants une aide plus suivie, quoique l'acceptation du travail à faible salaire fasse présumer déjà pour tous la sincérité. ^

Et l'ensemble très complexe de ces services constituera un Office d'organisation de la bienfaisance éclairée, sur le type

65^ LKS CBI6B8 DE LA VIS OUVRIERE

de eelui qu'a fondé à Paris M. Léon Lefébure et qu'il a si puissamcaeot développé. Il va de soi que les divers Offices sont appelés à corre3poadre entre eux, à se relier et & multiplier leurs moyens d'action par un réciproque concours.

Tout oet appui latéral & la prestation de travail, pleinement libre et facultatif, offert au chômeur non seulement sans aucune obligation ni pression, mais même sans la moindre des impulsions directes que la vie d'asile amène, nous apparaît comme infiniment plus d'accord avec une conception qui repose sur Tappel à l'énergie que les rééducations éphémères exercées dans un atelier-refuge à effectif systématiquement très restreint.

Nous ne sommes plus là dans un domaine étranger & l'objet de l'assistance par le travail ; nous sommes dans le cercle même de sa fonction propre.

Au plus vif de celte fonction, le replacement dans le travail normal et le salaire normal la consomme et la couronne. C'en est une partie si importante et si difficile que nous conseillons de lui affecter une branche distincte, un service spécialisé, qui soit en mesure de s'en occuper exclusivement.

Un agent choisi à raison de qualités de dévouement et de goût du bien à faire, mais rémunéré (car sa tâche comporte une continuité qu'il est impossible d'exiger d'une fonction gratuite), sera chargé de classer les demandes d'emploi, de les instruire avec diligence, et de s'appliquer à placer chaque postulant le plus promptement possible dans son cadre professionnel. Il sera dirigé et fréquemment assisté par des administrateurs de l'institution. En relations avec les entrepreneurs, les patrons, les commerçants, son pouvoir d'action dépendra du crédit que son honnêteté et la réserve de ses recommandations lui ac|uerront auprès de ceux qui disposent du Aravail.

l'assistance par lb travail 653

Qu'on le remarque, indépendamment de la gratuité absolue^ Korgane de placement joue ici avec le maximum d'utilité le rôle d'intermédiaire entre la demande et l'offre de travail, parce que la notoriété, l'influence, le sérieux, le désintéressement intégral de ceux qui le dirigent lai assurent la confiance des deux intérêts en présence.

Il nous reste à examiner les objections qui se renouvellent par intervalles contre l'assistance par le travail ou tels de ses procédés, et les opinions qu'a émises sur quelques points le Congrès de 1900. Nous voudrions dissiper les doutes^ écarter les complications, activer un développement qu'on peut appréhender de voir ralentir ou rétrécir par des subtilités.

Je ne connais pas d'heures plus satisfaisantes pour la conscience que les heures passées à écouter, après leur avoir assuré le travail d'attente, la plainte des chômeurs innocents, et à s'efforcer de les remettre à flot. Cet ouvrier qui sort d'une longue maladie a perdu sa place, et a beau faire, il n'en retrouve pas : on l'accréditera auprès d'un patron au cœur ouvert. Ce cultivateur fourvoyé dans la ville veut revenir h la terre : on l'y ramènera. Cette pâle jeune femme est certaine de gagner sa vie si elle pouvait acheter une machine & coudre: un prêt sur l'honneur, que restituera petit à petit son délicat honneur, la lui fournira. Cette orpheline poussée à la misère par la mort prématurée d'un père vit de six sous par jour avec sa mère, et le sombre rêve du suicide la hante : quelques leçons d'une machine à écrire acquise par le bureau pour employés lui procureront une place bien rétribuée, le salut, . . Oh ! les émotions poignantes ou douces ! et qui ne voudrait les goûter ?

Contre ce mode incomparable de solidarité active qu'est Tassistance par le travail, comment s'étonner que quelques objections se soient produites, et se renouvellent de temps en temps ? Il n*est aucune conception qui n'en soulève : celleci, par surcroît, touche à des idées complexes et délicates.

Pesons ces objections une à une.

P On concurrence certaines branches de f industrie privée. — Analysons. Sous le régime de la liberté du travail, en quoi A, B, C qui exploitent une industrie sont-ils fondés à se plaindre que D ou E l'entreprenne aussi ? Or, ua atelier d'assistance par le travail ne fait rien autre que D ou E, avec cette différence que la concurrence de D ou E tendrait à un lucre individuel et que la sienne a pour but un service désintéressé! Où quelque méconteatement de^AjB,'C de^ viendrait admissible, c'est si D- ou E, commandité par des fonds de bienfaisance, vendait au-dessous de la valeur normale (encore est-ce le droit de D ou E agissant par intérêt d'abaisser les prix, et ils ne s'en privent pas) ; mais, par un scrupule surérogatoirè, l'assislance par le travail bien conçue s'impose une condition que nul autre n'accepterait : elle s'interdit de* venrfre ses produits au-dessous des ' pria) courants du marché local. Dès lors, comment prétendre qu'elle fasse à aucune industrie une- concurrence qui- ne soît strictement? légitime ? :

2° On concurrence le travail normal. — Autre noiisens, puisque le salaire est rigoureusement maintenu très inférieur au taux du travail normal.

3* Mais alors on déprécie la 7nain-d^ œuvre , on avilit les salaires (c'est un grief des milieux socialistes). — Le salaire n'est pas trop faible, puisque d'après les statistiques du rendement, il dépasse la valeur du travail. Et non seu*

l'assistance par le travail 655

lement on ne peut l'élever, parce qu'il importe au chômeur d'être poussé vers le travail normal ; mais on ne le doit^ pas élever, parce que ce serait injuste à l'égard de l'ouvrier' normal, là serait le préjudice à la main-d'œuvre normale.

4* Le travail produit est peu utile. — Pourquoi ? C'est affaire d'administration . Il dépend de ceux qui administrent d'employer les chômeurs à un travail utile ;

5* On aide des éléments douteux plutôt que de vrais ouvriers, des demi-paresseux s'acoquineront à un travail facile, — Tout sans-travail, avec ou sans métier déterminé, avec ou sans capacité professionnelle, doit être mis en mesure de gagner son pain, et c'est pourquoi le gros du travail doit être accessible à tous. Mais cela n^empêchepas d'offrir aux. ouvriers de métier et d'art une occupation mieux adaptée^ par exemple avec des outillages rudimentaires pour les métiers du bois et du fer.

A ces objections générales on peut joindre celles qui visent tel ou tel système d'application : elles ne sont pas plus solides .

Contre l'atelier libre et ouvert, oo argue d'une inefficacité morale. — Nous avons vu pourtant comment l'atelier libre et ouvert peut être entouré de toutes les formes de l'appui moral destiné à soutenir le chômeur durant l'épreuve et à l'en tirer ; aller plus loin, jusqu'à la vie d'asile et aux procédés de rééducation factice ou éphémère, c'est une erreur, et contraire aux principes qui sont le fond même de l'organisme, l'appel à l'énergie, le soutien de l'être libre et responsable.

Contre le remboursement de la main-d'œuvre par les bons, on allègue qu'il fractionne trop le salaire, qu'il peut donner lieu à trafic, qu'il crée des bénéfices. — Un salaire de quelques heures par jour est suffisant parce qu'il laisse le temps de rechercher l'emploi normal, et, moins fractionné, il excéderait la volonté ou les facultés des émetteurs de bons. — Le trafic ne peut être qu'une rare exception négligeable : si une fois par hasard se présente un porteur de bon acheté à moitié.

6S(t LES CBiees DE I.K VIE OUVRIERE

prix, comment le cas pourrait-il se répéter ou s'étendre puisque les châmenrs savent qu'il leur est aisé de se procurer des bons à pleine valeur? et même pour cette hypothèse exceptionnelle, dans laquelle l'acle d'effort a été accepté à rétribution partielle, le bon n*a-t-il pas démontré, en aidant un chômeur plus dénué ou plus courageux, qu'il est le seul mode de secours qui ne puisse être complètement déçu? — Quant aux bénéfices, il est difficile d'en prévoir, la faible productivité du travail étant ici essentielle, et c'est pourquoi le remboursement de la main-d'œuvre est prudent, car à défaut il y aurait nécessité de réduire trop le salaire ou certitude de déficit. Mais s'il y a des bénéfices, ils alimenteront les activités auxiliaires dont l'institution bien organisée doit entourer la prestation de travail, et qu'il coule cher d'entretenir.

Ainsi, aucune de ces arguties ne résiste à la réflexion impartiale et attentive.

Comprenant le prix de l'idée, le Congrès international d'assistance publique et de bienfaisance privée qui a été tenu à Paris du 30 juillet au 5 août 1900 réserva à l'assistance par le travail toute une section, la quatrième. Il était inévitable que les dogmatisants et les chercheurs de points de vue nouveaux y apportassent leurs thèses; ils le firent avec une ardeur extrême, servis par l'absence de plusieurs de leurs contradicteurs (]).

Hors de l'hospitalisation pas de salut, payement en nature, excommunication du système des bons remboursables, actioo intensive, rééducation, telles étaient leurs conclusions principales. Heureusement, ils ne réussirent pas à transformer la réunion en concile arrêtant un credo selon des vues contesta-

(1) Notamment celle de M. de Crisenoy, qui consacrait un dévouement si oompétent et Bt expérimenta ii l'Dnion du 18* airondisBement de Paris.

L*A8SI8TANGE FAB Lfe TBAVAIL 057

bles. Les seules concessions qu'ils obtinrent furent celles-ci : à) dans une résolution qui recommandait le système des

bons (comme éliminatoire de la pauvreté feinte), on glissa qu'il est c sans efficacité pour le relèvement moral t^ ce qui ne signifie rien, car ce n*est pas sur ce point que porte l'utilité du système, et, d'autre part^ l'aide morale s'y réalise, nous l'avons vu, comme le reclassement; 6) on conseilla l'hospitalisation pour un cas unique (et encore « sauf exception »), celui des isolés « sans famille ni domicile » ; comme si, en admettant qu'on présutte ceux-là incapables de tout par anémie de volonté, l'assistance du chômage involontaire pouvait se limiter à cette catégorie I

En dehors de ces deux à-peu-près sans utilité, le Congrès, sous l'impulsion libérale de son président, M. Casimir- Périer, qui s'était avec clairvoyance donné tout entier à cette section, et grâce aux efforts d'esprits larges, pondérés, comme le secrétairtf, M. Louis Rivière (^), laissa les voies libres et n'a guère formulé que des opinions exactes.

Voici les plus intéressantes, classées dans un ordre un peu différent de celui du Congrès, où elles s'enchevêtraient souvent.

Sur les conditions d'admission et de séjour :

L^attistance par le travail étant à la fois un moyen de sélection et un moyen de reclassement, on peut se montrer très large pour l'admission.

Toutefois, pour écarter les professionnels, on doit avoir un règlement très sévère et rigoureusement appliqué. En outre, on ne doit admettre que les valides; les infirmes doivent être dirigés sur les établissements privés ou publics appropriés à leur état.

Un délai d'épreuve de quinze jours au minimum est nécessaire en principe pour étudier le patronné et le reclasser ; mais un séjour pffis prolongé, quand cela est possible, ne présente que des avantages.

Imposer à l'assisté une somme journalière de travail suffisante pour déjouer les calculs des professionnels et épargner aux autres Toisiveté.

(1) Signalons loi, parmi d'autres, les rapports de MM. Ouërin-Pellissier, Boy-feistier, J. de Pulligny, oh ringônloslté des aperçus n'exclut pas la JiMteite.

LES CRISES DK LA. VIB UUVKlÙRB 658

'ayer de préférence le secours en .argent, même si ies aliments et le mt sont fournis dans ou par l'établîsieinent, sauf à prendre certairanties conti'e l'alcoolisme et la iltssipatiou immédiate du pécule. lie.-" ■■'■■'. ■ ' ' .

e subordonner la râàâmigsio'n à àuciin délai de rigueur, 6i l'assisté ' Irë de la bonne volonté et est de nouveau victime d'un cbAmige', 'assistance par lé travail ne peut contribtier etiicacement a:u e ment des assistés qu'à Ja condition d'Ctre d'une certaine durée mtant le temps d'éprpuvo nécessaire pour apprécier la lionne ; de ceux qu'elle secourt.

' l'assistance pai> le travail de la terre : i

Le Congrès, considérant les résultats économiques et moraux, tant B relèvement de l'individu que pour l'avenir de la famille et dii atal, obtenus grâce à l'assistance par le travail de la terre, connue nom de jardina ouvriers, approuve, félicite, encoura^^e les peret les sociétés qui ont fondé, développé et fait connaître cette

■ Le Congrësémet les vœux suivants :

le les personnes cliaritables, les œuvres d'assistance privée, les

s de bienfaisante publique, suivant les ressources dùiit elles dîspb-

lea locaHtée oii elles se trouvent, prélèvent sur leiïriavoir de qtioi xiur les indigents valides, et surtout pour lies pères de 'famille, IJH n d'un coin de terre & cultiver ; ne les propriétaires de biens-fonds, les sociétés industrielles qui

vastes terrains, les communes et les établissements public^ qui ont

ns disponibles, réservent autant' que possible sur leurs propriétés dîns pour les ouvriers et les indigents ;

l'ils établissent des sociétés locales de jardins ouvriers, qui prenta location la terre et se feront intermédiaires entre les ouvriers

bénéficiert et les œuvres ou personnes qui veulent les en faire

ue les sociétés dites de jardins ouvriers se transforment autant que e en sociétés ayant la personnalité civile, afin d'assurer la permar de l'œuvre, et qu'elles puissent acquérir, vendre et louer des ter-

ue, dans la répartition des terrains, des avantages soient accordé* milles les plus nombreuses ;

ue le^ œuvres d'assistance par le travail de la terre sous toutes ormes et avec toutes leurs annexes soient reJiées entre elles pflr des ns générales pour mettre à profit les expériences acquises et faire

l'assistance par lk travail 659

de la propagande, qu'elles prennent part aux congrès où il s'agit d'assiâtance, et qu41 existe entre elles un lien permanent par des communications dans un bulletin ou dans les réunions ou journaux.

Sur les services latéraux à la prestation de travail :

—* Gréei*, dans chaque grande ville, au moyen de Tinitiativc pdvée, un ûtiice central analogue à celui qui fonctionne à Paris.

Sut Tassistance du chômage féminin :

— Une des sections sera dirigée par des femmes, et s'occupera de procurer un travail rémunéré aux fenunes valides indigentes.

Sur Torganisation de la bienfaisance^ les rapports à établir entre les œuvres, le concours que beaucoup d'entre elles trouveraient dans l'assistance par le travail :

1* Pour conjurer le parasitisme professionnel et tirer le meilleur parti possible des ressources et des dévouements dont elle dispose, la charité doit s'organiser méthodiquement ;

. 2* Tout en restant distinctes et autonomes, les œuvres doivent avoir entre elles des rapports étroits» de manière à se renseigner mutuellement, et à mettre en action dans chaque cas celle qui détient le remède approprié ;

3* Toutes les œuvres qui ont en partie affaire à des pauvres valides Capables de travail, telles que Thospitalité de nuit, les bureaux de bien* fiaisancè, l'assistance aux militaires libérés, lès patronages d'adolescents, les maisons de refuge ou dépôts de mendicité, le patronage des prison^* niers libérés, les associations amicales, etc., ont intérêt à recourir à Tas* sistahce par le travail, qui leur rend le service de trier leur clientèle en écartant les professionnels et en retenant les chômeurs intéressants, de diminuer leurs charges en réservant leurs sacrifices à ceux qui en sont dignes, afin de relever les assistés, de tendre leur ressort moral, et de préparer leur reclassement.

Sur Tobjectif final :

— Organiser un service de placement appuyé sut un sérieux service d'enquête.

Délivrer un certificat de séjour aux assistés qui le demandent et dont ia conduitia n'a donné lieu à aucun reproche.

xm

:de ce côté, dans l'organisation du reclassement, que iitutions d'assistance par le travail trouveront leur pernement sain, en vue de remplir leur fonction de façon s plus adéquate, et non dans des modifications qui en ïient le viril esprit.

tupériorité de la méthode est incontestable. Il s'agit ent de la développer dans aon cadre, sans suivre Itts ments incessants d'orientation propres & troubler les ions plus empiriques que réfléchies^ k décourager les ves, k nuire auprès des négateurs du progrès prali- &ts à exploiter les doutes ou les critiques les mieux innées.

re le chômage involontaire, les socialistes prônent une e, la journée de huit heures. C'est une illusion, et ils le trent eux-mêmes, puisqu'ils déclarent qu'il n'en résulucune diminution de la production ; si en un temps -e le même nombre d'ouvriers exécute le même e, comment s'en suivrait-il une disponibilité d'em- Cherchons donc ailleurs le moyen défensif. Kn attenissurance, aidons, sans rien demander à sa liberté ni & é juste, le chômeur innocent à gagner l'indispensable liante pendant Ventre-temps périlleux, et à reconquélacement normal.

ne voudrait rapprocher le jour où, dans un grand pajs , on ne verrait plus une seule créature humaine cher-' lu travail, et glissant, parce qu'elle n'en trouve pas, à jsseî N'est-ce pas un remords pour la civilisation que ;ides par la faim ? Il faudrait qu'il n'y en eût- plus de e, sinon par ignorance de la ressource utilisable, ou faillance irrémédiable de l'àme. Il faudrait que quile veut fût certain d'obtenir aussitôt, sans difficulté ni perdu, l'occupation d'attente, et le réoonfort, «t l'cide

l'assistance par le travail 661

pour ressaisir l'emploi normal. Dans la masse mobile et flottante que tant de causes involontaires d'interruption du travail laissent sans moyen de vivre, sans point d'appui, sans lendemain, qui peut dire combien de fois l'offre constante du travail immédiat préviendra la chute ou le désespoir? Contribuer à activer et à étendre l'effort en ce sens, c'est une tâche digne de séduire les bonnes volontés et les cœurs épris de justice •

Li MUTUALITE

LA MUTUALITE

Page 1