CHAPITRE IV
L'Influence de la Participation aux Bénéfices
Le patron qui introduit dans son entreprise la participation aux bénéfices est guidé par l'espoir d’en tirer les avantages matériels ou moraux qu’elle est censée présenter, soit pour lui-même, soit pour son personnel, soit pour la collectivité. Les arguments invoqués en faveur de cette institution sont, en effet, d’une part, l'intérêt de l'employeur qui, grâce à elle, obtiendra de ses employés un meilleur rendement et de meilleurs sentiments ; en second lieu, l'intérêt de l’ouvrier, dont la condition matérielle se trouvera améliorée et dont le sens moral s’élèvera d'autant ; enfin, l’intérêt social qui demande une meilleure entente des classes formant la collectivité. Ces avantages économiques et moraux sont-ils réalisés en fait ? Il est difficile de se prononcer sur ce point en présence des témoignages divergents des théoriciens et des hommes d’affaires : si la participation aux bénéfices constitue, selon M. Justin Godart, un complément logique du salariat, elle n’est, d’après M. P. Leroy-Beaulieu, qu’un simple condiment du salariat. Pour opter entre ces deux opinions, il convient de rechercher quels effets sont produits par ce système d’une part à l'égard de Femployeur, d'autre part à l'égard de l'employé ; quant à l'intérêt de la société, il dépend seulement de celui de chacune des parties en présence et ne comporte pas un examen particulier.