‹ L'Actionnariat OuvrierChapitre 20 sur 87 · SECTION II. —— EFFETS A L'ÉGARD DE L’EMPLOYÉ · texte numérisé non relu

SECTION II. —— EFFETS A L'ÉGARD DE L’EMPLOYÉ

Le patron qui introduit la participation aux bénéfices dans son établissement a pour but essentiel la satisfaction de ses ouvriers : quand il réalise cette réforme comme une œuvre de justice et d'équité, l'intérêt de son personnel est évidemment son unique préoccupation ; même quand c’est son intérêt propre qu’il poursuit, il ne recherche sa satisfaction personnelle que par l’intermédiaire de la satisfaction des salariés ; au surplus, lintroduction de ce mode de rémunération dans une entreprise est presque toujours présentée comme inspirée exclusivement par la sollicitude de lemployeur pour ses cmployés. Il importe donc de savoir si les effets matériels et moraux que la participation est censée produire au profit des ouvriers se trouvent réalisés.

Matériellement, ce système doit entraîner une augmentation de la rémunération totale du travail. Or ce résultat est contesté par des adversaires et même par certains partisans du procédé, qui considèrent : d’une part, le supplément de prix accordé au travaïlleur pour son labeur ; en second lieu, le surcroît d’activité fourni par lui ; enfin, le salaire ordinaire qui continue à lui être payé.

Et d’abord, si l’on s’attache à l'examen de la rémunération supplémentaire payée au travailleur sous forme de participation aux bénéfices, on ne tarde pas à s’apercevoir qu’elle est compensée par un surcroît d'activité, tout au moins dans les premières années de son fonctionnement ; alors se pose la question de savoir si la part de bénéfices attribuée à l’élément travail constitue bien une rémunération supplémentaire, au sens où les participationnistes prennent ce mot, c’est-à-dire une augmentation du prix payé pour chaque unité de travail. Pour répondre à cette question, il faudrait pouvoir évaluer dans chaque cas particulier le travail supplémentaire

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