‹ L'Actionnariat OuvrierChapitre 21 sur 87 · CARE · texte numérisé non relu

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accompli et la rétribution supplémentaire perçue, établir une comparaison entre ces deux valeurs : si louvrier fournit ainsi une valeur égale ou supérieure à celle qu'il reçoit en échange, on ne peut pas dire que son salaire se trouve vraiment augmenté. Or il semble bien qu’il en soit ainsi dans la majorité des cas ; du reste, quand il en est autrement, le patron supprime la participation, à moins qu’il l'ait établie dans un sentiment de justice ou de philanthropie, ce qui est évidemment l'exception. Le produit du surcroît d'activité du salarié participant ne profitera pas intégralement à celui qui laura créé ; souvent l’effet de son surtravail sera neutralisé par une cause extérieure, telle qu’une crise commerciale, et nous savons déjà que ce sera pour l'employeur une oceasion d’abandonner le système ; d’autre part, même quand ce surtravail se traduira par un bénéfice net, le patron en prélèvera une portion et le restant sera réparti entre tous les salariés, y compris ceux qui n’auront fourni aucun cffort additionnel ; aussi le système des primes est-il généralement préféré par le monde ouvrier. Les travailleurs, s’apercevant de l’inutilité de leurs peines, se départiront peu à peu de leur ardeur, et le patron, ici encore, supprimera la participation. Nous nous trouvons donc en présence d’un dilemme peu réconfortant : ou bien le produit du surtravail provoqué par la participation reviendra à ceux qui l’auront fourni, et alors le chef d’entreprise supprimera ce procédé, faute d'intérêt ; ou bien e produit du même surtravail ne leur reviendra pas, et alors les travailleurs cesseront d'apporter à leur labeur une sollicitude accrue, et le chef d’entreprise, voyant que la participation ne lui rapporte plus rien, la supprimera encore ; nous nous plaçons ici dans l'hypothèse la plus générale où le patron ne recherche que son intérêt propre. Ainsi l’on peut dire que presque toujours, tant que la participation fonctionne, la part attribuée au travail est une simple apparence de rémunération supplémentaire ; dès qu’elle devient une réalité avantageuse pour le salarié, l'employeur la supprime.

À un second point de vue, on a dit que ce système n'était pas profitable au travailleur ; il s’agit mainte-

nant de ce surcroît d'activité tant attendu du patron ; on a prétendu qüe ce serait un surmenage pour louvrier ; cette idée, aujourd’hui abandonnée, a été souvent développée autrefois dans des journaux socialistes révolutionnaires. En réalité la participation ne semble pas devoir amener le salarié à se surmener : elle a pour but, non de le faire travailler plus, mais de le faire travailler mieux, avec plus d’attention et moins de

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