CHAPITRE V
L’Evolution de la Participation aux Bénéfices vers l’Actionnariat Ouvrier
Dans les entreprises où la participation aux bénéfices a été introduite, elle a donné des résultats diversement appréciés par les patrons ; certains chefs d’entreprise estiment qu’elle a produit tous les bons effets qu’ils en attendaient et qu’elle est un incomparable instrument de progrès social ; d’autres ont été absolument déçus et la considèrent comme une institution absurde, contraire aux intérêts de l'employeur et à ceux de l'employé; naturellement ces derniers l’ont supprimée au bout d’un temps plus ou moins long. Par ailleurs, cette méthode de rétribution du travail n’a pas eu un grand retentissement, puisqu'il n'existe actuellement pas dans le monde entier 400 maisons qui l’appliquent ; ses partisans reconnaissent que les statistiques ne sont pas très encourageantes. Donc, si on ne peut pas dire que la participation est un système sans consistance auquel personne ne croit plus, il est néanmoins certain qu’elle n’a pas obtenu le succès qu’on espérait. Quelles sont les causes des échecs de la participation, là où ils se produisent, et du petit nombre de ses applications ? Comment peut-on faire disparaître ces causes ? Telles sont les deux questions que doit nécessairement se poser quiconque estime qu’il faut ürer de toute institution sociale les avantages qu’elle peut contenir. Or un examen de ces deux questions montre, d’une part que la cause essentielle de cette situation est la défiance du monde ouvrier à l’égard de la participation, d'autre part que le remède en est recherché dans le contrôle des salariés sur les bénéfices et même dans leur participation à la gestion, étape vers la participation intégrale réalisée par les actions de travail.
SA