‹ L'Actionnariat OuvrierChapitre 7 sur 87 · RAT · texte numérisé non relu

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profit. Tous ces sycicmcs sipposent du reste que l’entrepreneur est en même temp; le bailleur de fonds, comme dans les sociétés anonymes. Mais la part respective de chacun des éléments de la production dans les bénéfices réalisés varie suivant le but du patron qui établit ce système dans son entreprise, car, si certains entrepreneurs considèrent la participation comme un droit pour le salarié, d’autres n’y voient qu’un moyen d'augmenter lc rendement du travail ; de plus, le législateur laisse à chacun la liberté de l'appliquer ou de ne pas l'appliquer, de sorte qu’elle reste une institution hybride, tenant à la fois de la rémunération due à tout service ct de la concession bénévole fondée sur un sentiment philanthropique ; ce caractère imprécis et équivoque la rendue suspecte à la fois aux travailleurs et aux patrons.

Néanmoins, quand elle est appliquée sincèrement par un chef d'industrie soucieux de rémunérer équitablement son personnel et d'assurer en même temps un meilleur rendement de son entreprise, elle peut donner de bons résultats, et, bien qu’elle n’ait été introduite que dans un petit nombre d’établissements, il serait injuste de dire avec M. Schulze Gaevernitz « qu’il est inutile de s’attaquer à la participation aux bénéfices parce qu’aucun économiste n’y croit plus ». En réalité, les échecs de cette institution sont dus le plus souvent à la maladresse des patrons qui l’appliquent avec trop de parcimonie. Si certains économistes lui dénient tout caractère scientifique, c’est, semble-t-il, en raison du caractère bénévole qu’elle revêt souvent et qui lui donne l’aspect d’une gratification ; mais l’ajustement des salaires aux profits cst un phénomène historique qui n’a rien d’anormal : il se fait également par le moyen de l'échelle mobile, qu’on ne songe pas à considérer comme contraire à la nature des choses ; le salaire pur et simple lui-même est souvent modifié avec les fluctuations des bénéfices, et alors cette graduation sur la marche des affaires ne diffère de la participation que par la fréquence des variations ; au lieu d’être semestrielle ou annuelle comme dans la participation, elle s'effectue à chaque échéance du salaire ; aussi M. Waxweiler considére-t-il ce système comme une participation instantanée dans les bénéfices ; or M. Paul Leroy-Beaulieu, qui répudiait la participation aux bénéfices, en admettait pourtant le principe quand il le trouvait appliqué dans ce procédé qu’il appelait « le salaire partiellement variable ».

Les avantages matériels et moraux que lon attend de la participation aux bénéfices sont si considérables que

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beaucoup d'hommes d'Etat s’en déclarent partisans. D’abord pour ceux qui préconisent l’actionnariat ouvrier, elle est un des procédés qui permettent de réaliser leur idéal, et en fait les sociétés commerciales anglaises qui l'ont appliquée ont le plus souvent créé par la suite des actions de travail ; or le monde politique se montre en général assez favorable à l’idée d’admettre les ouvriers à devenir actionnaires de la société qui les emploie, comme nous le verrons plus tard. Ceux qui, avec M. Léon Bourgeois, voient dans la coopération une forme de l’organisation du travail justifiée par la solidarité qui nous unit à notre insu, estiment que la participation aux bénéfices, qui n’est qu’un aspect de la coopération, s’impose logiquement ; ce même point de vue est adopté par M. Thomas Burt, président des mineurs du Northumberland et membre du Labour Party, qui, quoique appartenant au parti socialiste ami de la lutte de classes, voit dans cette institution une étape vers les formes les plus parfaites de la coopération. M. le comte de Mun, qui n’avait aucune sympathie pour les institutions susceptibles d’ébranler les principes de notre organisation sociale, n’a pas hésité pourtant à prôner la participation comme un système commandé par l’équité, et il a manifesté son opinion devant la Chambre des députés le 15 juin 1896. Le but d’apaisement de ceux qui s’en déclarent partisans lui a attiré bien d’autres sympathies encore : M. Paul Doumer la considère comme un moyen de ménager l'outillage humain, trop sacrifié par l’employeur ; la déclaration ministérielle du 12 juin 1906 est inspirée de la même pensée.

Enfin une propagande active est ne en faveur de ce système par la Société pour l'étude de la participation aux bénéfices, formée à Paris en 1878 par un groupe de chefs d'industrie ; présidée jusqu’en 1899 par M. Charles Robert et depuis cette date par M. Paul Delombre, elle publie un Bulletin trimestriel, des livres, des brochures, tient des congrès ; si ses efforts ne sont pas toujours couronnés de succès, ils n’en sont pas moins louables ; son secrétaire, M. Albert Trombert, est l’auteur de trois éditions successives d’un Guide très détaillé sur la question. Le Musée social s’est associé à ses travaux par un concours ouvert en 1895, à la suite duquel, sur le rapport de M. Levasseur, les ouvrages de MM. Waxweiler, Vanlaer, Bureau et Merlin ont été couronnés.

Un nombre aussi important de partisans dont la compétence ne peut être mise en doute prouve que, si l’idée

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