‹ L'Actionnariat OuvrierChapitre 78 sur 87 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

Comment convient-il d'apprécier l'attitude du législateur à l’égard de la participation ? À n’en pas douter, son œuvre est jusqu’à présent insuffisante, mais il ne semble pas qu’on doive le blâmer de n’avoir imposé aux entreprises ni l’actionnariat ouvrier ni la participation aux bénéfices pure et simple ; la diversité des résultats obtenus par ceux qui ont appliqué ces modes de réconciliation du capital et du travail doit nous faire redouter la généralisation d’un système unique.

Devons-nous pour cela conclure à labstention du législateur en cette matière ? Nullement. Nous estimons que la participation doit être encouragée, puisqu'elle s’est révélée un moyen susceptible d’amener l’union des classes dans la poursuite de leurs intérêts communs et d'améliorer le sort des travailleurs ; or la loi est un facteur puissant de propagande, même si son application est facultative ; mais, au lieu d’un système unique comme celui de 1917, nous voudrions voir établir un certain nombre de procédés différents, entre lesquels chaque entrepreneur pourrait choisir celui qui lui conviendrait le mieux. Quand cette œuvre législative sera accomplie, peut-être sera-t-il possible de rendre la participation obligatoire, car chacun aura encore la faculté d'opter entre plusieurs modalités ; mais l’heure n’est pas encore venue d'envisager lobligation, puisque, actuellement, la loi ne propose qu’un système à l’agrément des initiatives privées, et encore le texte qui le prévoit est-il bien imparfait.

Telle est notre conclusion ; elle est modeste, mais, dans une matière aussi délicate, il est prudent de limiter ses vues au présent et de ne songer à exercer une action sur l’avenir que dans la mesure où l’on est certain que les résultats réalisés seront bien ceux qu’on attend.

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