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Richer, ouvrage cité, p

2. Comptes rendus des séances et mémoires île la Société de Biologie 1882, p. 786. Voir aussi Magnan. Des hallucinations bilatérales de caractère différent selon le côté affecté (extrait des Archives de N eu * rologie) .

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possible des systèmes psychiques l. On trouve clés faits très curieux à cet égard dans les dépositions des camisards, qui ont formé le Théâtre sucré des Cévennes. Les camisards, quelques-uns au moins, prophétisaient, prêchaient dans des langues qu'ils connaissaient à peine ou qu'ils ne connaissaient pas dans leur état normal. Il paraît s’être produit chez eux de véritables dédoublements

de la personnalité. « le les prie, au nom de Dieu, de

se souvenir de ces choses terribles qui ont été prononcées contre ceux qui, après avoir été rendus participants du Saint-Esprit, rejettent autant qu’il est en eux le don céleste qu’ils avaient goûté. Et je leur déclare solennellement eL sans équivoque, par cet acte public, et sur le serment que je fais devant Dieu, que je ne suis point l’auteur des agitations que je souffre dans mes extases, que ce n’est point moi qui m’agite moi-même, mais que je suis mû par une force qui est au-dessus de moi. Et pour les paroles qui sont prononcées par mes organes, je déclare, avec les mêmes protestations de vérité, qu’elles se forment sans dessein de ma part, et qu’elles découlent inopinément de ma bouche, sans que mon esprit participe à cette opération merveilleuse par aucune méditation précédente, ni par aucune volonté présente de parler surle-champ. » Durand Fage dit aussi : « Ma langue et mes lèvres furent subitement forcées de prononcer avec véhémence des paroles que je fus tout étonné d’entendre

1. Pierre Janet. Les actes inconscients et le dédoublement de la personnalité pendant le somnambulisme provoqué. Revue Philosophique, décembre 188G, et L' anesthésie systématisée et la dissociation des phénomènes psychiques. Revue Philosophique. Mai 1887. Voir aussi Ribot, les Maladies de la personnalité ; Richet, les Mouvements inconscients ; Bail, le Dualisme cérébral , (dans le volume intitulé la Morphinomanie ), etc..

LEUR activité INDÉPENDANTE ’W

n’ayant pensé à. rien, et ne m’étant pas proposé de parler » h

Ce n’est pas seulement dans ce qu’on pourrait appeler les dédoublements simultanés de la personnalité, mais aussi dans les dédoublements alternatifs, que l’on peut voir se manifester l’indépendance relative des systèmes psychiques. Ici encore nous voyons certains faits, certaines impressions devenir le point de départ d’une série systématique d’actes et d’idées en contradiction avec la série d’actes et d’idées qui avait précédé et avec celle qui suivra. Un homme vient de parler ou d’agir dans un sens, en lui suggérant telle ou telle idée, on le voit quelquefois parler et agir en sens inverse sans avoir conscience de ses contradictions. J’ai insisté ailleurs sur ces variations de la personnalité à l’état normal 2. A l’état morbide, de pareils faits 11e sont pas rares. Griesinger a cité un professeur qui se croyait empereur romain et qui continuait à lire un cahier du cours d’histoire qu’il faisait dans son collège Des faits de ce genre et de plus marqués se rencontrent à chaque pas dans les ouvrages de pathologie mentale ; ils sont d’ailleurs bien connus et je 11’ai pas besoin d’y insister 4.

Des faits qui se rattachent aux précédents et qui montrent comme eux l’indépendance possible du système psychique

•1. P. 93 et lit. J’emprunte ces faits à une réimpression du 'Théâtre sacré des Cèvennes , réimpression remaniée, mais dont l’éditeur affirme, dans sa préface, qu'il n’a fait que changer l’ordre des morceaux sans toucher au texte.

2. Revue Philosophique de 1882. Voyez aussi, plus loin, le chapitre sur la personnalité.

3. Griesinger. Traité des maladies mentales . Trad. Doumic, p. 385.

4. Voir Griesinger, Traité des maladies mentales ; Bail, Leçons sur les maladies mentales ; Azam, Hypnotisme , double conscience et altération de la personnalité ; Ribot, Les maladies de la personnalité; Richet, L’homme et l'intelligence ; Berjon, La grand ; hystérie chez l'homme ; Bourru et Burot, Variations de la personnalité.

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et le rôle primordial de l’association systématique comparée aux principes de contiguïté et de ressemblance, sont ceux qui nous montrent un système psychique, ou bien encore des systèmes restés à l’état latent, dont ni la ressemblance ni l’activité ne peuvent réveiller les éléments et qui se réveillent d’emblée à un moment donné, selon la loi de l’association systématique.

On sait que chez les déments certaines facultés restent parfois intactes ; ils peuvent, par exemple, jouer aux cartes ou aux dames, bien que leur esprit soit généralement désorganisé. Chez les idiots on trouve des faits analogues. Griesinger a vu, dans l’asile d’Earlswood, à Londres, un jeune homme qui avait fait tout seul un modèle remarquable d’un vaisseau de guerre ; cet individu avait un esprit très-borné, en particulier il n’avait aucune idée des nombres. « Il est plus fréquent, ajoute l’auteur, de voir des individus plongés dans une idiotie profonde exécuter d’assez bons travaux de dessin ou de peinture ; naturellement ce n’est chez eux qu’un talent mécanique. M. Morel ( Études cliniques: t. III, p. 49), parle d’un idiot qui ne prononçait pas un mot et qui avait un talent remarquable sur le tambour ; son grand-père avait été tambourmajor, et son père avait toujours eu le désir de se faire

lui-même tambour La mémoire des lieux, qui est

quelquefois très développée chez certains idiots, d’ailleurs à peu près nuis, se rapproche un peu de ces talents spéciaux L » De même dans la folie on voit persister certaines facultés dans un état très florissant. Esquirol rapporte le cas d’un général, atteint de manie, chez qui « le délire persiste tout l’été, avec quelques intervalles de rémission, pendant lesquelles le malade écrit des comédies et des vaudevilles qui révèlent lïncohérence de ses idées... ; malgré l’égarement de ses idées, le général

1 Griesinger, Traité des maladies mentales , trad. française, p. 432.

leur activité indépendante il

conçoit le perfectionnement d’une arme et en trace le dessin, il témoigne le désir d’en faire exécuter un modèle.» Un jour il se rend chez le fondeur ; à sa rentrée il est repris par l’agitation et le délire. Huit jours après, seconde visite au fondeur, « le modèle est exécuté et 1 ordre d’en faire cinquante mille est donné. Cet ordre fut le seul acte du délire qui révéla au fondeur la maladie du général. Plus tard cette arme a été adoptée. » Ainsi, au milieu de l’incohérence générale, un système important est maintenu et a pu aboutir à sa fin. Il est à remarquer que le trait du délire qui révéla au fondeur la maladie de son client ne se révèle qif après l’exécution du modèle, c’est-à-dire alors que le système, ayant abouti, devait tendre à disparaître. La finalité des éléments est ici évidente h Quelquefois, dans des états de stupeur complète, d’anéantissement total, un seul système de mouvements coordonnés survit encore. Abercrombie raconte qu’un malade « dans un état d'apoplexie complète dont il 11e guérit jamais, ajustait fréquemment son bonnet de nuit avec le plus grand soin quand il prenait une mauvaise position, l’abaissant d’abord sur ses yeux et en arrangeant le devant de la façon la plus exacte. Une autre personne, dans un état de parfaite insensibilité provenant d’une maladie grave du cerveau, fut souvent vue, le jour même qui précéda sa mort, tirer d’un petit sac, à la tête de son lit, une montre à répétition, la mettre près de son oreille, lui faire sonner l’heure et la replacer ensuite dans le sac avec la plus grande précision 1 2. » Nous pouvons rapprocher de ces faits ceux où un système ou bien un ensemble de systèmes s’éveille, interrompt les actes commencés qui reprennent quand le nouvel état disparaît à son tour. Il y aura

1. On trouvera un grand nombre de faits très intéressants dans l’ouvrage de M. le Dr Parant : La raison dans la folie.

2. Abercrombie, Inquiries on the intell ectual poivers, p. 111.

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à reprendre ces faits au point de vue de la loi d’arrêt, mais ils nous intéressent ici en ce qu’ils montrent Lien l’action isolée d’un système d’états neuro-psychiques ; ils nous montrent très Lien cette force de coordination inhérente aux éléments psychiques qui, la systématisation ne pouvant s’effectuer immédiatement, attendent, pour ainsi dire, que l’état qui les empêche d’ahoutir ait disparu pour reprendre la coordination interrompue, à peu près comme une personne arrêtée dans une course par le passage d’un régiment, par exemple, attend que le régiment ait passé et reprend sa route dès qu’elle le peut, au point où elle en est restée. 11 est difficile de dire, toutefois, jusqu’à quel point la comparaison est exacte. En effet, nous pouvons Lien voir un individu sur un trottoir, mais nous ne savons pas comment se comportent des cellules céréLrales qui sont arrêtées dans leur travail; la persistance d’une idée ou d'un souvenir à l’élat latent n'offre aucun sens parfaitement précis ; on admet qu’il reste dans les éléments nerveux une trace, un résidu, mais ce n’est guère là qu’un mot pour désigner un phénomène inconnu : autant vaut garder le mot d’association latente. Nous rencontrons très souvent ce phénomène, d’abord dans la vie normale : nous sommes à travailler, une personne nous dérange, nous ouLlions notre travail pour lui parler, et quand cette conversation est finie, si l’attention qu’elle a éveillée n’a pas été très forte, nous reprenons notre travail au point où nous l’avons laissé, et souvent alors nous perdons le souvenir de la conversation précédente pour reprendre, au contraire, les idées qui nous occupaient auparavant. 11 arrive souvent aussi à l’état normal que la substitution des deux systèmes l’un a l’autre n’est pas absolue ; un système se manifeste encore quand l’autre est en jeu par une sorte de tendance sentie, par des états de conscience faibles et vagues, qui, lorsqu’ils se fortifient un peu, c’est-à-dire quand les tendances

leur activité indépendante

enrayées ont une forte organisation et une activité impérieuse, donnent lieu à des sentiments d’impatience, d irritation, auxquels on ne réfléchit pas toujours et dont on ne se rend pas toujours bien compte. Dans les cas semipathologiques ou pathologiques, ce phénomène s exagèie. Les rêves nous fournissent beaucoup de laits de ce genre ; les choses que nous avons vues en rêve, les actes que nous avons commis nous ne nous les rappelons plus en bien des cas ; quelquefois ils nous reviennent en mémoire pendant 'un rêve. Toutes les fois qu’il y a un changement, de ce qu’on pourrait appeler l’orientation générale de l’esprit, fait très important et sur lequel j’aurai à insister, il se produit une sorte de scission d’autant plus marquée en général que le changement est plus fort. On oublie facilement ce qu’on a fait, pendant la nuit, si on s’est éveillé et levé, jusqu’il ce que quelque incident nous remette sur la voie. Lors du dernier tremblement de terre, je fus à demiréveillé par la secousse, assez faible d’ailleurs ; je pensai immédiatement à un tremblement de terre comme pouvant être la cause des oscillations qu’il me semblait éprouver, puis j’entendis du bruit, je m’imaginai qu’on cassait du charbon au rez-de-chaussée, que peut-être cela m’avait fait croire à un ébranlement du sol ; mes idées se confondirent, je me rendormis et quand je me réveillai, j’avais tout à fait oublié l’événement : ce ne fut que vers une heure de l’après-midi, lorsque j’entendis parler par d’autres personnes du tremblement de terre, que je me rappelai ce qui m’était arrivé. Voilà donc encore un exemple de système isolé. Tl faut citer en ce genre l’oubli qui suit souvent les phénomènes hypnotiques : l’hypnotisé ne sait; pas ce qu’il a fait précédemment, souvent même le souvenir ne peut être réveillé par la vue des objets qu’il a maniés pendant l’état somnambulique , et comme l’a montré M. Delbœuf dans des expériences que nous aurons encore à citer plus loin, l’association systématique peut

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seule rappeler le souvenir, si l’on réveille, par exemple, le somnambule pendant qu’il est en train d’accomplir un acte. L’épilepsie est encore une névrose remarquable pour les faits qu’elle fournit dans cet ordre d’idées. Les malades accomplissent parfois, dans l’état de petit mal, des actes dont ils n’ont aucun souvenir. Les faits de ce genre sont bien connus L Tel est celui du magistrat qui, présidant une audience, quitte son siège, s’avance, parle d’une manière incohérente, retourne à sa place et reprend ses fonctions sans avoir souvenir de ce qu’il vient de faire. Les cas les pins intéressants pour nous sont ceux où le système interrompu rentre en activité manifestement au point même de la coordination où il avait été interrompu. Esquirol rapporte le cas d’une jeune dame, dont le père est épileptique, qui est prise de ses accès au milieu d’un cercle, à la promenade, à cheval; « elle n’est point renversée, les yeux sont convulsifs, le regard est lixe ; l’accès ne dure qu’une seconde, et la malade reprend la conversation, la phrase, où elle les a laissées sans se douter nullement de ce qui vient de lui arriver » 1 2. Griesinger rapporte, d’après Pritchard, un fait analogue : il s’agit d’une dame qui « tout à coup, au milieu d’une conversation, s’arrêtait et se mettait à parler d’autre chose ; au bout de quelques instants, elle reprenait la conversation à la phrase, et qui plus est, au mot même où elle s’était arrêtée, et n’avait pas le moins du monde conscience de l'interruption qu’elle avait faite » 3.

1. Voiries observations de Trousseau, (Clinique médicale de lTIôtel- I)icu), citées par M. Luys, Actions réflexes du cerveau, p. 129; voir aussi Littré, la Double conscience, in Fragments de philosophie positive et de sociologie contemporaine ; voir aussi Jackson, les Troubles intellectuels momentanés qui suivent les accès épileptiques, (Revue scientifique, 1876.1

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