‹ L'activité mentale et les éléments de l'espritChapitre 112 sur 133 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

INTRODUCTION

Pour étudier maintenant dans le domaine du concret les lois que nous avons étudiées sous leur forme abstraite ; pour vérifier, par une expérience plus complète, les faits généraux que l’observation et l’analyse nous ont montrés , nous avons deux moyens — d’abord prendre une portion quelconque de la vie mentale de l’homme, le langage, par exemple, ou l’amour, ou l'imagination du peintre ou du musicien, etc., et voir comment s’y combinent les différentes lois de l’esprit — ou bien suivre l’évolution d’une personnalité, depuis l’enfance jusqu’au développement complet et voir encore si ce développement est suffisamment exprimé par nos lois abstraites. Si nous pouvons arriver à interpréter l’un et l’autre cas au moyen de ces lois, si elles nous permettent de ne négliger aucune partie importante du processus, nous aurons le droit d’en conclure qu’elles expriment bien la vie de l’esprit. Nous ferons donc les deux tentatives, l’une après l’autre, en commençant par l’étude la moins complexe. Nous tâcherons d’en tirer ensuite une conception synthétique de l’esprit, en faisant la synthèse abstraite des lois, déjà ébauchée, au reste, dans les pages précédentes, après en avoir étudié la synthèse concrète. Enfin, nous aurons à rapprocher la psychologie des autres sciences , en

l’esprit

recherchant s’il n’y a pas certaines lois générales de la nature qui se retrouvent dans tous les ordres de phénomènes connus, et en essayant de déterminer, en tant que cela sera possible, les ressemblances et les différences de ces lois diverses. Par là, l’esprit se trouverait rattaché à la nature, et la psychologie aux autres sciences. Notre conception de la partie ne peut être complétée que par la conception du tout, et si imparfaites que puissent être ces conceptions, si imparfait, par suite, que soit le résultat de la comparaison, il n’y a pas à douter que nous ne soyons obligés de la faire — on la fait toujours implicitement quand on ne la fait pas autrement. Chaque science a son couronnement dans la philosophie, et peut-être ne faut il pas attendre qu’une science soit terminée pour en esquisser la portée générale, en supposant même que l’attente soit possible. Les généralisations les plus élevées se forment peu à peu bien souvent, comme les généralisations qui résultent des observations les plus simples ; la partie philosophique d’une science se forme parallèlement à sa partie expérimentale. Mais restons pour le moment dans la psychologie, et cherchons la manière dont s’incarnent les lois abstraites.

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