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l’esprit — SYNTHÈSES CONCRÈTES
Euclide me fut enseigné par un professeur particulier, et il me souvient distinctement de l’intense satisfaction que me procuraient les démonstrations géométriques» 2. D’autre part, il aimait à lire, et lisait Shakespeare, Byron et Scott. Il continuait aussi à collectionner les minéraux, « mais sans but scientifique. Je désirais avant tout posséder des minéraux nouvellement baptisés et j’essayais à peine de les classer ». A dix ans, il s’intéressait beaucoup aux insectes et se décidait presque à former une collection de tous ceux qu’il pourrait trouver morts, « car, ditil, après avoir consulté ma sœur, j’arrivais à la conclusion qu’il n’était pas bien de tuer des insectes pour l’amour d’une collection ».
Il avait déjà un grand nombre des éléments qui devaient faire de lui un homme supérieur, mais ces éléments ne s’associaient pas, ne s’accordaient pas pour déterminer une orientation de l’esprit ; il aimait l’histoire naturelle , mais en simple collectionneur ; il aimait à comprendre mais ce goût se satisfaisait avec les éléments d’Euclide ; il n’avait encore aucune idée d’une recherche scientifique portant sur les insectes, les minéraux, qui n’étaient pour lui que des objets de curiosité — la coordination mentale ne pouvait encore s’établir.
Au reste, elle ne devait pas s’établir de sitôt, en 1825 il est envoyé à l’Université d’Edimbourg pour commencer des études de médecine. On peut croire qu'il va s’v intéresser — mais non, un esprit qui n’est pas encore formé a besoin, pour s’assimiler même les éléments qui lui conviennent, que ces éléments soient présentés sous une certaine forme, faute de quoi il les rejette ; l’anatomie le dégoûte et le professeur lui parait fort ennuyeux. Deux opérations auxquelles il assiste l’impressionnent au point de le faire renoncer à suivre le service de