Lu)s, ouvr. cité. p. 72,73, voir aussi p
LA VIE DES ÉLÉMENTS PSYCHIQUES
Un dément avait eu un duel au pistolet à Toulouse trente ans auparavant ; « l’impression violente de la scène du duel, à la suite de laquelle il était tombé malade, était restée gravée dans son esprit d’une façon persistante, et tout en répondant avec justesse aux questions courantes de la vie ordinaire, il ne pouvait faire autrement que répéter ces mots sacramentels qui revenaient itérativement: «En attendant que le pistolet se fasse à Toulouse. » On lui disait : « Bonjour, Monsieur, comment allez-vous ? — Pas mal et vous ? En attendant que le pistolet se fasse à Toulouse. — Voulez-vous vous promener? — Oui, en attendant que le pistolet se fasse à Toulouse. » Une dame ayant cru être volée en 1870 eut, à la suite de cette émotion, un accès de manie et répétait sans cesse qu’on l’avait volée. Plus tard on lui rapporta ses valeurs, elle les toucha, les reconnut, et malgré cela, « tombée dans un état de manie chronique elle répéta itérativement pendant deux années consécutives avec une grande placidité de physionomie : « Je vous dis, Monsieur, que l’on m’a tout volé et que je suis dépouillée ^ h
Dans ces faits nous voyons comment l’intensité, la violence d’une émotion peut faciliter l’organisation d’un système, rendre sa reproduction facile au point de déformer réellement l’organisation générale de l’esprit. Les éléments dont l’intensité a été considérable ou ceux qu’ils ont logiquement suscités, acquièrent une telle sensibilité que la moindre excitation les met en jeu. Chaque fois que de la force nerveuse se dégage, elle prend la forme imposée par l’émotion violente qui a depuis longtemps disparu, mais dont les traces subsistent , au grand détriment naturellement de la cohérence générale des phénomènes psychologiques.
D’autres exemples sont fort propres aussi à nous montrer