Baillarger, Mémoire sur les hallucinations , p
CAUSES QUI FAVORISENT LEUR ACTIVITÉ
vaincre les perceptions actuelles, puisque la gaze sein blait « couvrir les objets ». Ces exemples suffisent a montrer les effets de la persistance, on voit que la répétition v intervient aussi. Les analogies de ces deux conditions me dispensent au reste d’insister davantage.
Nous ne saurions avoir l’idée d’énumérer toutes les circonstances, même les circonstances générales qui favorisent ou entravent l’activité personnelle pour ainsi dire, relativement indépendante des éléments psychiques ; à côté de l’organisation particulière des systèmes psychiques et des autres systèmes auxquels ils se rattachent, de l’attention, de l’intensité, de la répétition, de la persistance, il y a d’autres conditions générales qui agissent suite système nerveux et tout en excitant d’une manière générale l’activité cérébrale, donnent la prédominance à tel ou tel système psychique par l’effet de conditions assez souvent inaccessibles, telles sont les circonstances quiactivent modérément la circulation du cerveau, les substances qui, d’une manière ou d’une autre, activent le fonctionnement de certains centres nerveux : le café, le vin, le haschich, etc.; ou qui irritent ou engourdissent, — etl’un de ces effets est souvent la suite de l’autre, — certaines parties de l’encéphale : la paralysie générale au début, certaines maladies nerveuses ou mentales. Il faut joindre à cela les dispositions anatomiques et les circonstances physiologiques qui permettent à la force nerveuse excitée de se répandre plutôt dans tels passages que dans d’autres (ceci n’est qu’une métaphore), et quelques associations physiologiques dont la raison est à peu près inconnue. On peut ranger dans cette catégorie de faits la plupart de ces phénomènes qu’on a appelés pendant longtemps des sympathies et que l’on a reconnus être dus à des actions réflexes, une partie des faits d’inhibition et de dynamogénie
8*2 LA VIE DES ÉLÉMENTS PSYCHIQUES
étudiés par M. Brown-Séquard et M. Féré, et aussi les phénomènes que dans son ouvrage sur l’expression des émotions, Darwin a étudiés comme déterminés par l’influence directe du système nerveux. Cette classification est, du reste, très-vague, et, comme on l’a fait remarquer, tous les phénomènes psychiques pourraient se ramener, à l’action du système nerveux. Mais Darwin voulait dire sans doute qu’il était impossible de les rattacher à un principe déterminé, à une forme particulière de la mentalité. Peut-être cependant pourrait-on trouver un sens à certains de ces phénomènes en se plaçant au point de vue synthétique de la finalité générale de l’esprit et de l’organisme.
On a dit que le Darwinisme avait abusé des causes finales. Si l’on veut dire que Darwin a mis admirablement en lumière un grand nombre de schématisations naturelles et qu’il a été conduit à rechercher à propos de tous les phénomènes leur utilité possible c'est-à-dire leurs relations harmoniques avec d’autres phénomènes, on a parfaitement raison, sauf qu’il n’y a pas abus à les constater, mais il y a finalité et finalité. 11 ne faut pas confondre la finalité immanente consistant dans une coordination d’éléments avec la finalité qui résulterait de la réalisati m d’un plan divin antérieur au monde. Si cette dernière finalité existait, elle serait un cas particulier de la première.
Il n’est pas toujours facile d’ailleurs, de savoir si un phénomène psycho-organique est produit par une association systématique, ou bien s’il est dû à ces actions nerveuses mal coordonnées qui sont encore assez fréquentes dans l’organisme. Par exemple, le tremblement a été considéré tour à tour comme devant être rangé dans l’une et l’autre de ces catégories. D'après Darwin « le tremblement, n’est d’aucune utilité, souvent il est nuisible 1 ».
1. Darwin, L’ Expression des émotions , trad. Pozzi et Benoit.
CAUSES QUI FAVORISENT LEUR ACTIVITÉ
M. Mantegazza, au contraire, a pensé que le tremblement, sous l’influence de la peur, offre des avantages en ce qu’il contribue à produire de la chaleur en réchauffant le sang que l’influence de la peur tend à trop refroidir. M. Mosso, qui examine l’opinion de Darwin et de M. Mantegazza, se range du côté de Darwin, en se fondant sur les faits qui nous montrent le tremblement se produisant dans des circonstances ou un réchauffement du sang ne pourrait qu’être nuisible, et sur ce que le tremblement de la peur, empêchant l’animal de fuir ou de se défendre, ne peut lui être avantageux. On peut admettre, je crois, avec Darwin et M. Mosso, que le tremblement ne saurait rentrer dans la loi de l'association systématique ; mais cette recherche ne rentre pas dans notre sujet actuel.
Les faits qui ne peuvent manifester aucune finalité générale , ne sauraient intéresser la psychologie que comme étant susceptibles de montrer l’activité relativement indépendante des éléments psychiques, qui paraissent en certains cas exister en eux-mêmes et pour euxmêmes, sans relation de finalité, soit avec d’autres systèmes psychiques, soit à l’ensemble de l’organisme ou de l’esprit. S’il en existe réellement ainsi d’ailleurs, ils ne sauraient nous arrêter longuement, car leur enchaînement, leur production n’intéresse pas la psychologie, n’étant soumise à aucune loi psychologique. La psychologie ne commence, en effet, qu’avec les formes propres et régulières de l’esprit. Une série de phénomènes psychiques dont chacun serait déterminé successivement, par un processus purement mécanique, ou physiologique, n’appartient pas en tant que série, à la psychologie, — les éléments sont des éléments psychiques, mais ils ne sont reliés en ce cas que par une circonstance qui n’a rien de psychologique U