Binet, Psychologie du raisonnement
LES LOIS DE L'ACTIVITÉ MENTALE
de rotation, etc. La contre épreuve est faite par les battements des sons inharmoniques, l'impossibilité de distinguer les objets éclairés par une lumière trop vive ; dès que la synthèse systématique des éléments ne peut plus s’opérer, la sensation disparaît ou se dédouble, l’unité perçue disparaît avec l'imité de coordination.
Avec les perceptions plus intellectuelles, la finalité générale de l’organisme, ou tout au moins de systèmes psychiques plus importants, est plus visible. Si nous étudions d’abord la perception formée, nous trouvons qu'elle est un composé de sensations et d’images h Les images servent à interpréter la sensation, à la classer, à lui assigner une place et un rôle distincts dans le jeu des tendances. Nous n’avons, pour en être convaincus, qu’à examiner la différence des perceptions éveillées par un objet qui nous est familier selon que nous le reconnaissons ou non. De loin, nous apercevons une personne sans la reconnaître, nous n’avons qu’une sorte de sensation visuelle assez vague, mais qui se précise peu à peu. Au moment où la personne approche et où nous la reconnaissons, une assez grande quantité d’images, de sentiments, d’idées, de tendances, s’éveille faiblement et constitue la perception et la reconnaissance de cette personne. Chaque perception — et toute sensation est perception à quelque degré — est ainsi constituée par l’association systématique des impressions éveillées par les excitations venues du dehors avec des images, des idées, d’autres phénomènes psychiques plus ou moins nets. Cette synthèse n’est pas toujours évidente ; cependant il faut bien reconnaître que toute impression, par cela même qu’elle est perçue, est classée ; elle prend place dans tel ou tel système, elle est reconnue apte à faire partie de telle ou telle tendance, à déterminer, selon les circonstances, tel ou tel