Max Simon, Ouvr. cité, p
123 LES LOIS DE l’activité MENTALE
d’une perception attendue ou habituelle. Les anesthésies partielles ou générales, produisent chez les malades certaines idées, certains jugements particuliers. « Le malade se croit mort, il croit que ses jambes sont de bois » L Quelquefois il se produit une sorte de dédoublement de la personnalité, les aliénés hémiplégiques « s’imaginent être couchés avec un autre individu, parce que le contact de la moitié paralysée et anesthésique de leur corps produit chez eux la sensation de la présence d’une personne étrangère » 1 2.
Enfin, un cas particulier est celui où la sensation détermine l’apparition de phénomènes intellectuels qui n’ont aucun rapport avec elle. Il se passe ici quelque chose de tout à fait analogue à ce que nous avons vu à propos de l’interprétation par les appareils sensoriels. Une excitation venue du dehors détermine une série de phénomènes psychiques, mais ces phénomènes résultent simplement delà mise en jeu d’une habitude psychique qui ne correspond nullement à la nature du phénomène extérieur. L’individu est, en ce cas, soit d’une manière permanente, soit d’une manière temporaire, tellement absorbé par une préoccupation dominante ou une habitude prise, que la force psychique dégagée par l’excitation venue du dehors s’emploie tout entière au profit du système dominant. Comme un nerf olfactif dilacéré donne des impressions lumineuses, une sensation auditive, musicale, arrivant à un cerveau préoccupé, déterminera une suractivité des tendances principales. C’est ainsi, je pense, qu’il faut interpréter un fait raconté par M. Legouvé, dans ses mémoires. M. Legouvé faisait une pièce en collaboration avec Goubaux, il travaillait pendant la matinée. « Après