Bail, Leçons sur les maladies mentales
LES LOIS DE L’ACTIVITÉ MENTALE
certaines affections organiques comme la phtisie, paraissent donner à l’esprit une orientation particulière.
Les maladies du cerveau et du système nerveux offrent
des faits très intéressants à notre point de vue, par exemple
la ressemblance des accès d’une maladie chez une môme
personne. « Il est des malades, d’après Dagonet, qui
commettent, chaque fois qu’ils reprennent leurs habitudes
de boisson, les mêmes actes, les mêmes tentatives de
suicide » L M. Bail cite des faits analogues à propos
des dipsomanes 1 2. M.Ritti, à propos des folies intermitten- *
tes, note qu’un de leurs caractères les plus importants est que « l’accès ultérieur, ainsi que l’a dit Falret, ressemble en tous points, par les symptômes psychiques, intellectuels etmoraux et même par les idées délirantes exprimées, ainsi que par sa marche, aux accès précédents. Le malade passe habituellement par toutes les phases de son état antérieur. Ce caractère s’observe aussi dans la folie à double forme, tous les accès se ressemblent à tel point que si l’on en a observé un avec soin, on retrouve dans ceux qui suivent les mêmes symptômes, les mêmes conceptions d’éléments, les mêmes actes, la même marche, etc. La durée de chaque accès ne présente que peu de variations. Aussi toutes ces conditions permettent-elles, si les accès antérieurs ont été bien observés, d’indiquer, pour ainsi dire d’avance, dès le début de l’accès, les différentes manifestations qui vont se produire, et même d’assigner l’époque à laquelle le malade passera d’une période à l’autre3». On sait la part que M. Maudsley attribue au tempérament épileptique dans la formation de certaines idées religieuses. « Le tempérament épileptique par luimême, abstraction faite des accidents convulsifs habituels,