Spurzlieim. Observations sur la phrénologie, p. ltiJ
l’inhibition systématique — TENDANCES 265
Enfin, des faits intéressants d’inhibition nous sont fournis par les cas de monomanie homicide que j’ai déjà eu l’occasion de citer et dans lesquels nous voyons les malades tâcher, par divers moyens, d’arrêter le développement de la tendance qui les assiège. La moindre influence peut quelquefois empêcher celle-ci d’aboutir à des actes. Un malade se fait attacher les pouces avec un ruban l, un autre prévient la personne qu’il est tenté de frapper et s’enfuit 2, un troisième se fait des remontrances, crie à ses amis de se Sauver et les remercie de la résistance qu’ils lui opposent 3, etc.
De même que l’inhibition empêche les tendances de naître et de se développer, de même elle peut en interrompre les manifestations et peut-être à la fin les faire disparaître. Au milieu d’un diner, si quelqu’un raconte une histoire fort intéressante, le mouvement des fourchettes se ralentit. Si pendant qu’un promeneur se livre à ses méditations le vent lui emporte son chapeau, aussitôt ses méditations cessent ; quand deux personnes causent en marchant, si la conversation devient très animée, il est rare qu’il n’y ait pas inhibition de l’activité locomotrice, etc. Cette influence inhibitrice des systèmes psychiques est employée dans l’éducation . si un enfant manifeste de mauvaises dispositions passagères, s’il s’entête à faire un acte qu’on lui interdit et s’il n’obéit pas aux conseils ou aux ordres, ou peut, si par exemple sa mauvaise santé fait craindre de mauvais effets de l’obéissance imposée , agir sur lui et inhiber ses tendances actuelles en détournant son attention , en suscitant en lui des perceptions, des idées, qui l’intéressent et qui l’empêchent de continuer à désobéir. On agit de même sur les