Esquirol. Maladies mentales, T. II, p. 03 et suiv
2. Cf. les chapitres sur la personnalité comme synthèse systématique.
LES LOIS DE L’ACTIVITÉ MENTALE
dont je vois les choses ne me rend pas compte de ce qu’elles sont ou qu’elles existent, d’où le doute » h
Dès qu’un acte intéresse une tendance dominante chez le sujet, cette tendance paraît réagir d’une manière exagérée et l’idée contrastante surgit. Le malade craint de n’avoir pas fait ce que en réalité il vient de faire ; on voit la présence d’une perception, ou le souvenir d’un acte qui suit immédiatement l’acte lui-même évoquer ainsi l’idée que cette perception est fausse, que cet acte n’a pas été accompli1 2. Un médecin atteint de la folie du doute, après avoir soigneusement examiné les malades qui venaient le consulter, leur remettait des ordonnances rédigées avec le plus grand soin ; mais à peine le client était-il sorti de son cabinet qu’il se précipitait pour lui arracher le papier des mains dans la crainte d’avoir commis quelque faute , d’avoir prescrit une dose toxique de quelque médicament, ou d’avoir contrevenu sous d’autres rapports aux indications du traitement. » D’autres fois le doute se présente, comme je l’ai dit, sous forme d’une interrogation que l’esprit se fait à lui-même. Un prince russe se demandait pourquoi les hommes n’étaient pas aussi grands que des maisons. « Un autre malade se demande pourquoi le poêle qui réchauffe sa chambre est appuyé contre le mur , au lieu d’être au milieu de la pièce ; un troisième , pourquoi il n’existe qu’une lune au lieu de deux » 3. Ici l’idée du contraste, le doute au sujet de la réalité perçue se présente seulement comme une tendance de l’esprit cà imaginer la possibilité de la non existence d’un fait, et cette nouvelle idée entraîne des associations d’éléments coordonnés.
Les exemples de l’affaiblissement et de l’exagération de