Tolstoï. Mémoires. Trad. Halpérine, p
l’association par contraste simultané 355
accès, faisait et disait ce qu’elle voulait précisément ne pas dire et ne pas faire. Sous l’empire de la crainte qu’aucun mot inconvenant ne sortit de sa bouche, elle prononçait, malgré elle et sans bien savoir ce qu’elle disait, des mots obscènes. Traversant, le soir, une longue galerie solitaire de son château, un bougeoir à la main, elle était prise d’une peur extrême de se trouver là dans l’obscurité ; et à peine cette pensée lui était-elle venue qu’elle soufflait sa bougie. On observe encore dans le phénomène du vertige des faits de même ordre » 1.
Kussmaul cite un certain nombre de faits qui peuvent se rapprocher du précédent au point de vue de Tassociation par contraste — ce sont ces phénomènes morbides qu’il a appelés dysphasies par trouble du pouvoir d’arrêt et qui consistent en ce que « le moi n’a pas le pouvoir de réfréner le cours de certaines séries d’idées qui sont en mouvement. » Voici comment est décrit le fait qui nous intéresse : « Un autre phénomène reposant sur un affaiblissement du pouvoir d’arrêt de l’âme est celui qui survient dans des états de fatigue et de faiblesse physique ; par hasard, une pensée ou un évènement qui coïncide avec elle éveille une idée de contraste qui ne se laisse pas étouffer et qui cherche à se manifester avec une grande puissance. Un fait de ce genre se produit quand une femme nerveuse, ébranlée dans tout son être par des nouvelles tristes, se met à rire d’une façon spasmodique. Tout l’auditoire peut, au milieu d’un long sermon très fatigant, être pris d’un accès de gaité invincible par suite d’une circonstance insignifiante , un ronflement , par exemple. A côté de ces faits nous pouvons placer le suivant : « MmeB..,, belle-mère d’un médecin très recom- » mandable, sans jamais avoir éprouvé d’accidents para- » lytiques, arriva assez rapidement à des troubles d’intel- » ligence fort singuliers. Un visiteur entre chez elle ; elle