Bail. Leçon sur les maladies mentales, p
2. Esqnirol . Ouvr, cité, t. II. Mémoire sur la monomanie homicide.
l’association par contraste simultané 359
Griesingcr en donne d’autres exemples et, comme Kussmaul, il a, au moins partiellement, généralisé ses observations. Il explique, au moyen de l’association par contraste, certaines formes morbides : « La mélancolie avec idées de possession du démon, dit-il, paraît ne survenir que cliez les femmes (presque toujours chez des hystériques) et chez les enfants. L’explication la plus facile de ce phénomène psychologique se trouve dans tous les cas, qui ne sont pas rares, où les séries d’idées, à mesure qu’elles arrivent, s’accompagnent d’une contradiction intérieure qui s’attache involontairement à elles, et qui a pour résultat d’amener une division, une séparation fatale de la personnalité. Dans les cas très développés où ce cercle d’idées, qui accompagnent constamment la pensée actuelle en lui faisant opposition, arrive à avoir une existence tout-à-fait indépendante, il met en mouvement de lui-même le mécanisme de la parole, il prend un corps et se traduit par des discours qui n’appartiennent pas au
moi (ordinaire) de l’individu » Par exemple, chez une
paysanne, entre trente et quarante ans, il se développa une maladie revenant par accès et qui bientôt devint de plus en plus fixe. La malade « est obligée de garder le lit, tombe dans une apathie complète, elle ne peut plus rassembler ses idées, et l’anomalie mentale se présente chez elle sous forme de contradiction intérieure contre ses propres pensées et ses déterminations, une opposition immédiate, constante contre tout ce qu’elle vient de penser ou de faire. Une « voix intérieure, » mais qu’elle n’entend pas dans son oreille, se révolte contre tout ce qu’elle veut, par exemple déjà contre le simple séjour au lit auquel son état la condamne ; en particulier contre toute élévation de sentiments, la prière, etc., la voix veut toujours le mal quand la malade veut le bien, et lui crie parfois tout à coup, mais sans qu’on puisse l’entendre extérieurement : « Prends un couteau et tue-toi. » La
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malade, qui est une femme raisonnable, dit qu’elle a de la peine à croire que ce soit un être étranger, un démon qui est dans son corps, bien qu’elle ait la certitude que ce n’est pas elle-même qui fait tout cela » b
Ainsi pour les sentiments et les tendances comme pour les phénomènes intellectuels, — et les uns etles autres sont bien souvent mêlés ensemble, comme on a pu le voir, entre autres cas, par celui qui précède — les phénomènes pathologiques nous permettent de mieux comprendre le fonctionnement normal et en nous montrant l’effet produit par l’affaiblissement ou l’exagération d’un mode d’association, nous montrent l’effet produit par son mécanisme habituel. Nous voyons que pour les impulsions, les tendances, les actes, etc., l’association par contraste est une condition de précision et de complexité. Une tendance qui réveille des tendances opposées a des chances de n’arriver que si elle s’accorde avec un nombre très considérable de phénomènes psychiques, et à moins qu'elle ne soit très violente la lutte des impulsions opposées est une raison pour que l’orientation définitive de l’esprit ne s’établisse pas à la légère.
Et nous voyons encore ici que la tendance au contraste est une loi générale de l’esprit. A moins que les tendances ne soient parfaitement organisées, que l’esprit n’en soit arrivé à un véritable automatisme, une tendance est toujours quelque peu entravée dans son fonctionnement — et même elle l’est probablement à quelque degré dans l’automatisme le plus parfait que nous connaissions. Mais cet arrêt suppose l’influence d’une tendance différente et il sera principalement exercé par la tendance opposée à celle qui cherche à se manifester, tendance qui sera