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L'ADMINISTRATION CENTRALE APRÈS LA PERTE DES ÉTATS-UNIS D'AMÉRIQUE

Ce n’est pas sans raison qu’on a adopté ici dans ce sommaire historique de l’administration centrale des colonies britanniques une division concordant avec la guerre d'indépendance et la perte des colonies d'Amérique.

La séparation est nettement tranchée, et la politique coloniale anglaise évoluera d’une façon complète à partir de la fin du xvirr° siècle. Jusque-là c'était l’asservissement des colonies à la Métropole, et le triomphe du système mercantile. Désormais ce sera l’acheminement progressif vers une politique de liberté, de décentralisation complète, vers l’application raisonnée des principes nouveaux de l’école de Manchester et des idées de Lord Durham.

La leçon si rude que donnèrent à leurs gouvernants ces colons de même origine, ne devait pas être perdue. Elle avait coûté trop cher à l'Angleterre pour qu’elle ne portât ses fruits. Des transformations importantes furent successivement apportées dans la méthode primitive du gouvernement. La guerre d'fndépendance est le grand abime qui sé-

pare les vieilles méthodes coloniales de celles radi-

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calement opposées qui firent peu à peu le triomphe mondial de la politique anglaise.

Pour en montrer l'esprit essentiel, il suffit de considérer son aboutissement qui est aujourd’hui l’Empire actuel, basé sur les colonies constituées en immenses fédérations à gouvernement responsable.

Le Canada ouvrit la voie en 1841 et en 1867, successivement par son union du Haut et du Bas Canada et l’Act impérial qui établira la confédération (30-31 Victoria c. 3) (1).

Mais nous sommes encore loin de cet état nouveau au lendemain du traité de Versailles de 1783 où l’Angleterre reconnaît l’indépendance des États-Unis.

Examinons les changements successifs de l’administration centrale.

Le mouvement de réforme se dessine dès 1780.

Cette année-là Burke propose une loi pour réduire les dépenses de la liste civile, en supprimant le Secrétaire d'État pour les colonies et le Conseil du Commerce et des Plantations, car, disait-il: « Il n’y a pas « plus besoin d’un Secrétaire d’État pour les colonies « ou d’un Conseil du Commerce et des Plantations « qu’iln’y en a d’un Secrétaire ou d’un Sous-Secrétaire « d’État pour administrer le comté de Durham. »

1. On désigne les lois en Angleterre par la session législative datée de l’année du règne du monarque. (30-31 Victoria c. 3 signifie donc : session législative de la 30 et 31° année du règne de Victoria,

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